CHAPITRE PREMIER
De la Notion des Indulgences.
902. Dans toute société, dans tout gouvernement , une des plus belles et des plus nobles prérogatives du chef de l'État , est le droit de faire grâce, de commuer les peines, d'accorder des amnisties. Le Souverain Pontife , le représentant de Jésus-Christ sur la terre, le chef de la Grande Société, a donc aussi le pouvoir de faire grâce, de commuer ou de remettre en tout ou en partie les peines encourues par le péché , en faveur de ceux qui sont revenus sincèrement à Dieu. De là les indulgences partielles ou plénières, particulières ou générales, les amnisties dans l'ordre spirituel, le jubilé.
(1) Sess. XXV. Décret, de indulgentiis.
DES IM)ULGÉNCES. ^07
On définit l'indulgence : la rémission de la peine temporelle qui reste à subir an pécheur pénitent, pour les fautes qui lui ont été pardonnées quant à la coulpe et à la peine éternelle ; rémission qui s'accorde hors du tribunal de la pénitence, par l'application du trésor sacré des grâces dont l'Église est dépositaire et dispensatrice. L'indulgence ne remet ni le péché, même véniel, ni la peine éternelle; elle ne tombe que sur la peine à expier en ce monde ou en Purgatoire. Ce trésor spirituel où l'Église puise ses grâces , est composé des mérites infinis de Jésus-Christ, et des œuvres surabondantes de la sainte Vierge et des saints. Dieu reverse , dans sa miséricorde, les mérites des uns sur les autres, en vertu de la communion des saints, dont nous faisons profession dans le symbole des Apôtres.
903. L'indulgence est partielle ou plénière ; temporaire ou perpétuelle; locale , personnelle ou réelle. L'indulgence partielle, de quarante jours, par exemple, de cent jours, de sept quarantaines, de sept ans, est celle qui remet une partie de la peine duc au péché. Mais il ne faut pas croire que celui qui gagne une indulgence de quarante jours ou de sept ans, obtienne la libération de quarante jours ou de sept années de Purgatoire; cette détermination est relative à la pénitence qui était prescrite par les anciens canons; en sorte que l'indulgence de quarante jours est la rémission de la peine qu'on aurait rachetée par une pénitence canonique de quarante jours. Toutefois, il peut arriver que celui qui a presque en tièrement satisfait à la justice divine, obtienne, par une indulgence partielle , la rémission entière de la peine qui lui reste à expier. L'indulgence plénière est ainsi appelée, parce qu'elle remet toute la peine temporelle due au péché, en sorte que si un fidèle la gagnait tout entière, et en recevait une application parfaite, il serait aussi pur devant Dieu (lue s'il venait d'être régénéré tu Jésus-Christ par le Baptême. L'indulgence temporaire est celle qui n'est accordée que pour un temps déterminé, pour sept ans, par exemple. L'indulgence perpétuelle est celle dont la concession est sans limite dans sa durée. Si elle est attachée à un cert^iin lieu , à une église, à une chapelle, un autel, un calvaire, on l'appelle indulgence locale. L'indulgence personnelle est celle qui est accordée directement à une ou plusieurs personnes : telles st)nt les indulgences établies en faveur des communautés, des confréries , dci associations pieuses. L'indulgence réelle est celle qui s'applique h certaines choses, auxcrucirix, par eitemple, aux chapelets , aux médailles, et autres objets de dévotion. Enfin, parmi le» Indul-