CHAPITRE III
Des effets du sacrement de Baptême.
67. Les deux principaux effets du Baptême sont la grâce et le caractère qu'il imprime dans notre âme. D'abord, ce sacrement confère à tous ceux qui le reçoivent, aux enfants comme aux adultes, la grâce sanctifiante qui les rend agréables à Dieu. Cette grâce détruit le péché originel que tous les enfants apportent en naissaut; il efface en outre, dans les adultes, les péchés actuels qu'ils ont commis avant le baptême, et remet toutes le» peines spirituelles du péché, soit originel, soit actuel, qu'ils devaient subir en ce monde ou en l'autre. « In renatis nihil odit Deus, dit le concile de » Trente; quia nihil est damnatioms iis qui vere consepulti sunt cum » Chrislo per Baptisma in mortem... ita ut nihil prorsus eos ab ingressu » coeli remoretur (3). » Cependant l'ignorance, la concupiscence, l'assujettissement à la douleur et à la mort, nous restent après le Baptême : Dieu, en relevant l' homme, a voulu qu'il conservât l'empreinte de sa chute.
La grâce du Baptême est accompagnée des vertus infuses et des dons du Saint-Esprit; elle nous fait enfants de Dieu et héritiers du royaume des deux, nous donne des forces pour combattre la concupiscence et résister »ux lenlalions du démon. Ce sacrement nous fait aussi enfants de l'Église, et, tout en nous soumettant à ses lois, il nous donne droit aux autres sacrements, qu'on ne peut recevoir sans être baptisé, et nous fait entrer dans la communion des saints.
68. Le Baptême imprime en nous un caractère ineffaçable, un si"nc spirituel qui est comme le sceau des enfants de Dieu, et qui fait qu'on ne peut réitérer ce sacrement (4). Aussi les lois de l'Église défendent expressément de rebaptiser ou de réitérer le Baptême. Le faire sans raison, sans qu'il y eût au moins quelque doute sur la validité du premier Baptême, ce 6erait manquer au sacrement et se rendre coupable de sacrilège; on encourrait mémo l'irrégularité. Mais toutes les fois qu'on doute avec quelque fondement si quelqu'un a été baptisé, ou s'il l'a été validement, non-seulement on peut, mais on doit le baptiser sans condition, en disant : Si lu non es bapdzatus ou baplizala, ego le baplizo in nomine Patris, et Filii, et Spirilus sancli.
(I) Voyei le no n, cto. — (Sj Voyei le n» 18. — (S) Sess. v. can. 5. — (1 Voyez lemîc