CHAPITRE VI
Des règles à suivre pour la célébration des saints Mystères.
503. On doit, pour la célébration des saints mystères, se conformer en tout aux prescriptions de lÉglise. Outre les règles que nous avons eu l'occasion de citer, il en est d'autres qui sont généralement comprises sous le nom de Rubriques Ces règles regardent le lieu où l'on doit célébrer, l'autel et sa décoration, les vases sacrés, les ornements sacerdotaux, les rils el les prières, les cérémonies et la manière de dire la messe.
ARTICLE i.
Du lieu où l'on doit dire la Messe.
504. Généralement, on ne peut dire la messe que dans les lieux spécialement consacrés au culte divin. C'est dans les églises ou dans les chapelles qu'on doit offrir le sacrifice. 11 ne convient point de célébrer les saints mystères dans un lieu profane. « Missarum celebraliones non alibi » quam in sacratis Domino locis, absque magoa necessilate, lieri debent (5). » Aussi le concile de Trente recommande aux évèques de ne pas souffrir qu'on dise la messe dans les maisons des particuliers ou anima lieux qui ne soient pas dédiés au service divin ( l). Mais cette règle souffre plusieurs exceptions : 1° dans les champs éloignés de l'église, il est d'usage de célébrer la messe aux jours de dimanche et de fête de commandement, <■!■ pleine campagne. Nous avons à regretter que cela ne s'observe plus dans l'armée française. 2° En vertu d'un privilège qui ne peu! être accordé que par le souverain pontife, on peut dire la messe sur les vaisseaux qui sont en mer, mais aux conditions et avec les précautions prescrites pour prévenir tout accident. On exige que le ciel soit serein el la mer tranquille, que le vaisseau soit éloigné du rivage, el qu'il y ait a coté du célébrant un prêtre ou un diacre qui veille sur le calice. 3" On peut célébrer la messe
(i) De sacro-sancto Missse sacrificio, lib. m cap. 1C. no U.— [t) S.Alphonse, lib. vi. n" 53:;. — (5) Décret, part. m. dist. I. cap. 1 eH2. — (4) .sess. mil Décret, de observandis et evitaudis in celebratione Missse.
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ailleurs qu'à l'église, quand le lieu saint est inondé, que l'église est détruite ou qu'elle menace ruine. On le peut encore, disent les théologiens, lorsque l'église est de beaucoup trop étroite pour contenir tout le peuple; mais alors il vaudrait mieux que l'évêque autorisât le curé à dire deux messes dans la même église. 4° Les princes et princesses du sang royal jouissent du privilège de faire dire la messe dans leurs appartements, quand ils sont malades. 11 est aussi d'usage, lorsqu'ils viennent à décéder, d'offrir pour eux le saint sacrifice dans les salles où leurs corps sont déposés. 5° Un autre privilège, confirmé par les souverains pontifes, donne aux évêques le droit de dire ou de faire dire la messe dans tous les lieux où ils se trouvent, même hors de leurs diocèses : ce privilège étant personnel, ils peuvent en user partout. Mais on ne peut, en aucun cas, dire la messe sans un autel portatif.
Ô05. On peut dire la messe dans les églises ou chapelles des communautés religieuses, des grands et petits séminaires, des collèges, des hospices, et généralement dans toutes les chapelles où se fait le culte divin avec l'autorisation de l'évêque. On peut encore la dire dans les oratoires ou chapelles domestiques, en se conformant exactement aux clauses du rescrit, qui permet d'y célébrer les saints mystères. Enfin, l'Ordinaire peut permettre de dire la messe dans la maison d'un fidèle, lorsqu'il y a quelque raison grave de donner celte permission : tel est le cas d'un malade animé d'une foi vive, qui lient beaucoup à entendre la sainte messe de temps en temps. On ne peut objecter le décret du concile de Trente, qui paraît ôter aux évêques le droit d'accorder ladite permission, car ce décret doit s'entendre de la faculté de célébrer indéfiniment dans les maisons particulières : « Communiter senliunt doclores hoc intelligendum » esse de licentia perpeluo cdebrandi per modum habitus; at minime est » episcopis velitum hujusmodi concedere licenliam per modum actus pro » aliquo tempore, si jusla adsit causa (1). »
Les chapelles domestiques doivent être absolument séparées de tout usage et de tout endroit profane. On ne doit y déposer que les choses qui servent au sacrifice; et il ne doit y en avoir ni au-dessus ni au-dessous de la chambre à coucher. Il faut qu'une chapelle soit au moins assez grande pour que les saints mystères s'y célèbrent commodément, et qu'à l'introït, le prêtre étant au bas de l'autel, ne soit pas dans un endroit profane. Elle doit être décorée avec décence, entretenue avec propreté, et munie de tout ce qui est nécessaire à l'oblalion du saint sacrifice. La permission d'y dire la messe n'emporte point celle d'y exercer les autres fonctions du ministère sacré, à moins de permissions particulières. Il n'est pas permis d'y administrer le Baptême, le sacrement du Mariage, d'y relever les femmes en couches, d'y entendre les confessions, si on excepte les confessions des personnes qui sont tellement infirmes qu'elles ne peuvent se rendre à l'église.
506. L'église destinée au culte doit être consacrée ou bénite. La consécration ne peut se faire que par l'évêque; la bénédiction peut se faire par tout prêtre à qui l'Ordinaire en a donné la commission. On ne consacre point les chapelles. Mais il est d'usage, du moins parmi nous, de les faire bénir par l'évêque ou par son délégué. On juge qu'une église a été au moins bénite, à défaut d'autres documents, par l'usage où l'on est d'y célébrer l'office divin. Quant à la consécration, on en jugera par les titres de la paroisse, ou par la tradition orale du pays, ou par une inscription,
(i) S. Alphonse de Liguori, lib. vi. n° 559. Suarcz, Barbosa, Laymann, Quaiti, etc.
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ou par les croi\ pointes ou sculptées sur les murs intérieurs de l'église. 11 n'est pas permis de dire la messe dans une église qui a perdu sa consécration ou sa bénédiction; elle n'est plus qu'un lieu profane. Cependant, on pense communément que l'évéque, pouvant donner la permission de dire la messe dans un lieu non consacré lorsqu'il y a nécessité, peut de. même accorder celle permission pour une église profanée. « In ecclesia » interius violala, nisi prius reconcilielur, non licebit sub gravi peccato, » nisi in necessilate, cum vcnia episcopi (si is adiri possit, alioquin sine » ea), celebrare. Nécessitas autem sufliciens censetur, si populus non ha- » bel aliam ccclesiam, ubi missam audiat (1). »
507. Une église cesse d'être propre à la célébration des saints mystères lorsqu'elle est exécrée ou polluée. Elle devient exécrée ou perd sa consécration, quand elle tombe en ruine. Toutes les fois que les murs d'une église sont renversés, de manière qu'il faut les rebâtir en entier ou dans leur plus grande partie, elle a besoin d'une nouvelle consécration, lors même qu'elle aurait été rebâtie avec les mêmes matériaux. Il n'en serait pas de même si on ne reconstruisait qu'une petite portion des murs, quand même on les aurait successivement, dans le cours de quelques années, relevés en entier. Dans ce cas, les murs ont conservés leur consécration, quoique toutes les parties aient été renouvelées les unes après les autres. Si on n'est obligé de réparer que la toiture et le charpente, l'église ue perd point sa consécration. Lorsqu'on agrandit une église en longueur, largeur et hauteur, si ce qu'on ajoute à l'édifice est plus considérable ou aussi considérable que ce qui en existait auparavant, la consécration se perd et doit être renouvelée; mais si l'agrandissement n'est pas égal à l'ancienne étendue, il n'est pas nécessaire de consacrer de nouveau l'église : l'accessoire suit le principal. A plus forte raison, l'église qu'on blanchit ne perd point sa consécration. Il en est de même de celle qu'on incruste de marbre.
508. Il ne faut pas confonfondre Vexécralion d'une église avec la profanation; il y a de la différence entre l'une et l'autre. Lorsqu'il arrive une profanation dans une partie de l'église quelconque, l'église entière est profanée; le cimetière même qui y est conligu perd sa bénédiction; tandis que Vexécralion de l'église n'emporte ni la profanation du cimetière, ni Yexécralion des autels fixes qui restent dans leur entier, sans être nolablemenl endommagés. De même un autel fixe peul être exécré sans que l'église le soit.
I ne église est profanée ou polluée, 1° par l'homicide. Mais il faut que l'homicide soit volontaire, criminel, ou injurieux au lieu saint, et qu'il ait été commis dans l'intérieur de l'église. L'église n'est point profanée, ni par un homicide involontaire, ni par l'homicide que commet un homme «lui lue un injuste agresseur sans passer les bornes d'une légitime défense, ni par l'homicide qui se commettrait hors de l'enceinte du temple, dans la sacristie, par exemple, dans la tour, sur le toit ou sur la voûte, ou dans un souterrain. Pour que l'église soit profanée, il n'est pas nécessaire que la mon arrive dans le lieu saint; suivant le sentiment le plus commun, il sullil que celui qui succombe ait reçu le coup fatal tandis qu'il était à l'église. Si donc c'est dans l'église que le coup mortel a été reçu, la profanation a lieu, quand même le blessé serait mort hors du temple. Mais si le coup a été reçu hors du temple, il n'y a pas profanation, quoique celui
(1, S. AIpLonse Je Liguori, lib. vi. n» 561: — de La Luzerne, sur le Rituel de Langres, chaji. 6. an. t.
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qui a été frappé soit venu mourir dans l'église. Il en est du suicide volontaire comme de l'homicide; c'est une cause de profanation.
509. Une église est profanée, 2° lorsqu'il s'y est fait une effusion considérable de sang, causé par un acte qu'on ne peut excuser de péché mortel. Une blessure légère, quelques gouttes de sang, provenant de coups reçus dans une querelle, ne profanent point l'église! II n'y aurait pas non plus de profanation, lors même que l'effusion de sang serait considérable, si elle ne résultait que d'une faute légère ou vénielle. Une blessure, quelque grave qu'elle soit, ne suffit pas pour profaner une église, il faut qu'il y ait effusion de sang; mais il n'est pas nécessaire qu'elle ait lieu dans l'église. Si la blessure a été reçue dans le lieu saint, l'église est profanée, quoique le sang n'ait coulé qu'après que le blessé en était sorti.
L'église est profanée, -.< 5° per quameumque seminis humani effusionem » in ea volunlarie faciam, sive in copula carnali, sive non, et etiam per » actum conjugalem. Non antem violatur ecciesia pollutione seu seminis » effusione involunlaria. » Il en est de l'incontinence comme de l'homicide et de l'effusion de sang, elle n'est une cause de profanation qu'autant que l'acte, effusio seminis humani, vel actusconjugaïis, aurait lieu dans l'enceinte de l'église.
510. L'église est profanée, i° par la sépulture d'un païen, d'un infidèle, ainsi que par la sépulture d'un excommunié nommément dénoncé. L'estelle par la sépulture d'un catéchumène? Non, suivant le sentiment le plus commun. En effet, celui qui se prépare au Baptême ne peut plus être regardé comme un infidèle, un païen. Mais le sera-t-elle par la sépulture d'un enfant mort sans Baptême! Elle le sera, de l'aveu de tous, s'il s'agit d'un enfant dont les parents sont infidèles. L'enfant suit la condition de son père et de sa mère. Le plus grand nombre des canonisles veulent qu'elle soit encore profanée par la sépulture d'un enfant non baptisé, quoique les parents soient chrétiens. Néanmoins, il nous paraît difficile d'appliquer les mots infidelis et paganus, dont se sert le législateur, à un enfant qui vient de naître. D'ailleurs, comme les parents désirent le Baptême pour cet enfant, ne peut-on pas le regarder jusqu'à un certain point comme catéchumène? Aussi, Pichler, dont nous adoptons le sentiment, dit qu'il est plus propable que l'église n'est point profanée par la sépulture d'un enfant de parents chrétiens, mort sans Baptême (1).
L'église n'est point polluée par la sépulture d'un excommunié qui n'est point nommément dénoncé, ni par celle d'un suicide, d'un duelliste, ou de tout autre pécheur public, mort dans l'impénitence finale. Autre chose est d'être indigne des honneurs de la sépulture, autre chose que la sépulture de celui qui en est indigne profane le lieu saint. On doit, dans ces matières, s'en tenir à la lettre de la loi. Aussi, quoique nous pensions que l'église ou le cimetière ne soient point profanés par la sépulture d'un enfant de parents chrétiens mort avant d'avoir reçu le Baptême, nous reconnaissons avec tous les canonisles qu'on ne doit point l'inhumer dans le lieu destiné aux sépultures des fidèles.
Ce que nous avons dit des églises ne s'applique point aux oratoires privés, aux chapelles domestiques (2).
511. Les mêmes causes, les mêmes faits, qui profanent l'église, profanent le cimetière. Ainsi un cimetière est profané par le meurtre, par une
(l) Jus canonicum, lib. vu. tit. -10.— Voyez, sur cette question, Lacroix, Theol. Moral., lib. vi. part. 2. n» 287: Ferraris, Bibliotheea cauonica , au mot Ecciesia, art. i; Schmalzgruber, C.lorus ssecularis et regularis, tome II. part. o. n° 74; Ugolin, Wiestner, Sayr, Mazzotta, etc. — (.2) Collet.
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effusion de sang en quantité notable, per effusionem seminis humant, et parla sépulture d'un infidèle , ou d'un excommunié dénoncé. Il l'est encore par la sépulture d'un hérétique nommément dénoncé comme tel, et par là même comme excommunié. Mais il est important de remarquer qu'il n'y a profanation, soit pour le cimetière, soit pour une église, qu'autant que l'acte ou le fait qui en est la cause est public ou notoire. L'adultère, par exemple, ou le péché de fornication a été commis secrètement à l'église ou sur le cimetière : il n'y a pas profanation, ou la profanation n'a pas de suite, tandis que le péché demeure occulte, ou qu'il n'est connu que de quelques personnes. Si au contraire le péché devient public, on doit regarder l'église ou le cimetière comme profané. La notoriété de fait suffit. Ne perdons pas de vue que la profanation de l'église entraîne celle du cimetière qui est contigu. Mais il en serait autrement s'il y avait la moindre séparation entre l'église et le cimetière. La profanation d'un cimetière n'emporte point celle de l'église; elle n'entraîne pas non plus la profanation d'un autre cimetière, quand même les deux cimetières seraient contigos, el qu'il y aurai! on passage de l'un à l'autre.
51-2. Aussitôt qu'une église a été polluée, on doit en ôter le Saint Sacrement, si toutefois il se trouve dans la paroisse, ou dans la ville, ou à une distance peu éloignée, une autre église où l'on puisse le déposer. On doit aussi cesser d'y dire la messe, jusqu'à ce qu'elle soit réconciliée. Si l'église profanée n'a pas reçu précédemment de consécration cpiscopale, elle peut être réconciliée par l'évêque on par tout autre prêtre qui en aura reçu la commission. Mais si l'église avait été consacrée, elle devrait être réconciliée, ou par l'évêque, ou par un prêtre délégué par le pape (1), suivant le rit du Pontifical romain. Cependant, si on ne pouvait sans de graves inconvénients interrompre la célébration des saints mystères dans cette église, l'évêque qui ne serait pas libre de la réconcilier pourrait permettre au curé ou à un autre prêtre de la bénir et d'y faire les offices divins, se réservant d'en faire plus tard la réconciliation : « Pollula eliam conse- » crata ecclesia potest, ex permissu episcopi aut ejus vicarii, ablui aqua » benedieta per sacerdotem, adhibilis ordinariis benediclionem precibus, » et poslea inlra eam divina officia celebrari, donec perepiscopum conse- » cretur (reconcilietur) (2). » Quelques docteurs ont pensé que pour réconcilier une église il suffisait d'y célébrer le saint sacrifice; mais cette opinion est généralement rejetée comme étant dénuée de fondement.
315. Si, pendant que le prêtre est à l'autel, l'église vient à être profanée, il doit se retirer, à moins qu'il n'ait commencé le canon : « Si sacer- » dote célébrante violetur ecclesia anic canonem, dimiltatur missa; si post » canonem, non dimiltatur (3). » Si cependant la chose arrivait un dimanche, un jour de fêle, ou de première communion, et que le curé prévit île graves inconvénients à ne pas achever la messe, nous pensons qu'il pourrait continuer, lors même qu'il n'aurait pas encore commencé le canon, si d'ailleurs le calme s'était rétabli dans l'église.
51 i. Dans le doule si l'église ou le cimetière est profané, le curé aura recours à l'évêque; il lui exposera le l'ail le plus exactement possible, et s'en rapportera à sa décision. S'il s'agit de l'église, il peut y célébrer, en attendant la réponse de l'Ordinaire; s'il s'agit du cimetière, il peu! continuer d'y faire les (trières et les cérémonies d'usage pour la sépulture des
;t léqua. De conserrationc écoles Tel. altaris. — (2 Cabassut, Juris canonici theoria et praxis, lib. v. cap îl. n« U. - (S] Kubricœ Missalis romani, De Pefeclibiu. Voyez aussi Collet, Traité des saints Mystères, cb. 7. nu 17.
d56 de l'euch.vristie.
fidèles. Quant à ce qui regarde l'évêque, nous pensons que dans le doute s'il y a profanation, soit qu'il s'agisse d'un doute de droit, soit qu'il s'agisse d'un doute de fait, il n'est point obligé de réconcilier l'église ou le cimetière; nous ne les croyons point profanés : en matières odieuses ou pénales, il ne faut pas étendre la loi : Odia sunl reslringenda. Ainsi, par exemple, les docteurs étant partagés sur la question de savoir si un cimetière est profané par la sépulture d'un hérétique notoire, qui n'est pas nommément excommunié, il n'est pas nécessaire de rebénir le cimetière où il a été inhumé contrairement à la pratique et aux règlements de l'Église. La profanation d'une église et du cimetière n'a lieu , pour cause de sépulture, que dans les cas exprimés par le droit. Or nous n'avons aucune loi , aucun décret, aucun canon, qui déclare l'église et le cimetière profanés par la sépulture d'un hérétique. Ni le droit, ni les canonistes qui s'en tiennent au droit, ne font mention de la sépulture d'un hérétique comme cause de profanation. Il ne peut donc y avoir profanation par la sépulture d'un hérétique qu'à raison de l'excommunication. Mais de l'aveu de tous, l'église ou le cimetière n'est profané par la sépulture d'un excommunié que dans le cas où il était nommément dénoncé. Ce que nous disons de la sépulture d'un hérétique s'applique à celle d'un enfant de parents chrétiens mort sans Baptême. Comme il est douteux si la sépulture de cet enfant entraîne la profanation, on peut se comporter comme s'il était certain que le cimetière n'est point profané. Un excommunié dénoncé, étant mort avant d'avoir reçu l'absolution de sa censure, mais après avoir donné des marques de repentir, doit être réconcilié avec l'Église, selon la formule qu'on trouve dans le Rituel, avant d'être inhumé en terre sainte.
515. En France, il est défendu par les lois civiles d'inhumer dans les églises; nous n'avons donc pas à craindre qu'elles soient profanées par la sépulture des infidèles et des excommuniés. Mais l'autorité municipale se trouvant aujourd'hui chargée de la police extérieure des cimetières, il peut arriver que le lieu destiné aux inhumations des fidèles soit profané par la sépulture d'un juif, d'un infidèle, ou d'un excommunié dénoncé. Dans ce cas, on ne doit, suivant les canons, réconcilier le cimetière qu'après avoir exhumé le corps qui l'a profané. Si l'autorité civile s'oppose à l'exhumation malgré les justes et légitimes réclamations de l'autorité ecclésiastique, l'évèque pourra permettre de réconcilier le cimetière par une nouvelle bénédiction. L'Église n'oblige pas à l'impossible. Mais que fera le curé, si, avant d'avoir reçu la décision de l'Ordinaire, quelque fidèle de sa paroisse vient à mourir? Pourra-t-il accompagner le corps au cimetière et y faire la cérémonie religieuse? Il le pourra, à raison des graves inconvénients qu'il y aurait à ne pas le faire; mais il bénira la fosse où le corps doit être déposé. Les temps ne sont pas les mêmes; il ne faut donc pas s'étonner si les règles, en matière de discipline, varient dans leur application.
Quoique la réconciliation d'une église ne doive se faire que dans les cas que nous avons exposés, il est cependant une circonstance où il est convenable de la bénir de nouveau, c'est lorsqu'elle a été pendant quelque temps occupée par les hérétiques ou abandonnée à des usages profanes. Il convient de la rendre à sa destination par un acte public de religion.
de i/el'ciiaristie. 157
De l'autel, des nappes, du crucifix et des chandeliers.
516. Soit qu'on dise la messe dans une église, soit qu'on la dise ailleurs, il est nécessaire de la dire sur un aulel consacré. On ne peut jamais, pour aucun motif offrir le saint sacrifice sans autel (1). On dislingue deux sortes d'autels : les autels fixes et les autels portatifs ou mobiles. Ils doivent les uns et les autres être de pierre. L'autel lixe est ainsi appelé parce qu'il est attaché à sa base; sa partie supérieure, c'est-à-dire la table, est d'une seule pierre. L'autel portatif est un marbre ou une pierre que l'on peut transporter d'un lieu à un autre. Cette pierre doit être bien unie et assez grande pour que la sainte hostie et le calice puissent commodément tenir dessus, et que l'on puisse même, dans l'occasion, y placer le saint ciboire. On l'appelle communément pierre d'autel ou pierre sacrée. On L'incruste dans une table non consacrée, soit de pierre, soit de bois, et on la met de niveau, afin que le calice ne soit point exposé à être renversé. Il n'est pas permis de célébrer les saints mystères sur un autel qui n'a point été consacré. Cette consécration est tellement réservée aux évéques, qu'ils ne peuvent confier leur pouvoir à de simples piètres. Ceux-ci ne pourraient consacrer un autel qu'en vertu d'un pouvoir spécial, émané du souverain pontife.
517. Les autels, soit fixes, soit mobiles, perdent leur consécration : 1° lorsque le sépulcre, c'est-à-dire l'endroit où sont renfermées les reliques, est ouvert, quand même les reliques s'y trouveraient encore; c'est le sentiment le plus commun parmi les canonisles : d'ailleurs la sacrée congrégation des rite l'a formellement déclaré dans ses décrets du 5 mars de l'an 1G03, du 2i juin de l'an 1610, et du 5 mars de l'an 1625 (2). Aussi, comme le dit le cardinal de La Luzerne, il s'est établi, par l'usage commun de l'Église, qu'un autel dont le sépulcre a été ouvert doit être consacré de nouveau, et qu'on ne doit pas se contenter d'y placer des reliques (5). Mais un autel ne serait point exécré, s'il n'y avait que le sceau, c'est-à-dire l'empreinte du cachet de brisé. 11 suffirait alors d'y apposer un cachet quelconque, pour consolider ce qui retient les reliques dans le sépulcre.
518. Les autels sont exécrés, 2° quand ils sont brisés, ou qu'à raison d'un changement survenu, on ne peut plus les considérer comme étant les mêmes autels. Ainsi, pour ce qui regarde l'autel lixe, il perd sa consécration lorsque la table est notablement endommagée, ou lorsque, quoique entière, elle est séparée de sa basse ou des pieds sur lesquels elle avait été posée. Il n'en est pas de même quand on transporte l'autel entier d'une chapelle à une autre; ou lorsqu'on le soulève de dessus les pieds auxquels il n'était point adhérent; ou que le mur contre lequel il était appuyé s'écroule; ou qu'il se détache quelques-unes des pierres qui lui servaient de base, pourvu (pie ce ne soien* point celles qui touchent immédiatement la table, et sur lesquelles s'est faite l'onction. Dans tous ces différents cas, l'autel conserve sa forme et demeure le même, étant d'ailleurs toujours aussi propre à la célébration des saints mystères. Quant à l'autel portatif, il perd sa consécration lorsque la pierre est tellement brisée, qu'aucune
0) C. Concêdimiu, De consecratione. — (2) Voyez S. Alphonse de Liguori, Iib »i. n» 369 (i) Instructions sur le Rituel de Langres, ehap. G. art i.
138 de l'eucharistie.
partie n'est plus assez grande pour contenir la sainte hostie avec le calice. Il la perd également lorsqu'elle est rompue par le milieu, quoique chaque partie restante soit assez grande pour contenir le calice de l'hostie. Il en serait autrement s'il n'y avait que les angles de cassés.
Les autels sont profanés lorsque l'église a été polluée; mais ils sont réconciliés en même temps que l'église, et sans qu'il s'iit besoin d'une cérémonie particulière. Mais si un autel a été exécré sans que l'église le fût, on consacre de nouveau cet autel, sans consacrer l'église une seconde fois.
519. Un autel ayant perdu sa consécration de quelque manière que ce fût, il n'est plus permis de s'en servi • pour la célébration des saints mystères. On doit se procurer, le plus tôt possible, une pierre sacrée, à moins qu'on ne puisse dire la messe à un autre autel. Mais que fora le curé, qui, au moment de célébrer, un dimanche ou un autre jour où il est obligé de dire la messe, s'aperçoit que la seule pierre sacrée qui se trouve dans son église est brisée, ou que le sépulcre qui contient les reliques est ouvert? Nous pensons qu'il peut alors dire la messe, à raison des graves inconvénients qu'il y aurait à ne la pas dire, faute de pouvoir, généralement, faire comprendre aux fidèles pourquoi il ne la dit pas dans le cas dont il s'agit. Pour prévenir toute difficulté, le curé qui n'a q'i'un autel dans son église doit toujours avoir en réserve une pierre sacrée, qu'il peut déposer dans une des armoires de la sacristie.
Nous ferons remarquer qu'il n'est pas permis de démolir un autel consacré, pour en ériger un autre, sans la permission de l'Ordinaire (1).
520. L'autel où l'on dit la messe doit être couvert de trois nappes, ou au moins de deux, dont une soit en double. On exige ce nombre, afin, que si le précieux sang venait à se répandre, il ne pénétrât pas jusqu'à l'autel. De ces trois nappes, une au moins doit couvrir tout l'autel; les deux autres peuvent être plus courtes; il suffit absolument qu'elles couvrent exactement la pierre sacrée, ou si c'est un autel fixe, le milieu de la table, de manière qu'en cas d'accident le précieux sang n'arrive pas jusqu'à la pierre de l'autel. Les nappes doivent être de lin ou de chanvre. La Rubrique veut qu'elles soient bénites par l'évêque ou par un prêtre qui en a reçu la permission. Cependant, dans un cas de nécessité, si, par exemple, il fallait célébrer pour pouvoir administrer le viatique à un malade, ou pour ne pas priver une paroisse, une communauté, d'une messe d'obligation, et qu'on n'eût pas de nappes bénites, on pourrait se servir de nappes ordinaires ou communes (2). On suppose que ces nappes ne sont point destinées au service de l'autel; car, si elles devaient avoir cette destination, nous pensons que le curé ou le prêtre qui serait dans le cas de s'en servir pourrait les bénir d'après le consentement présumé de l'évêque.
324. Il n'est pas permis de dire la messe sur un autel où il n'y a pas un crucifix; , et au moins deux cierges allumés. « Super altare collocelur crux y> in medio, et candelabra sallem duo cum c.indelis accensis hinc et bine » in u troque lalere (5). «Quoique la Rubrique se serve du mot crux, une simple croix ne suffit pas; il faut une croix avec l'image en sculpture de Jésus-Christ. On la place an milieu de l'autel, entre les deux chandeliers. On doit conserver le crucifix sur l'autel, même pendant la messe où le Saint Sacrement est exposé (î); cependant on peut l'ôter dans les églises où l'usage contraire a prévalu (5). Nous ajouterons que, suivant le sentifil C Ut calix. De consécrations - (-2 S. Alphonse de Lignori, lib vi. n° 575; Collet, Traité des saints Mystères, cb. 8. iv ^i, etc. — 'ô1 Rubriese Missalis romani. — vi) S. Alphonse, lib. vi. n° 595. — (5) Collet, Traité des saints Mystères, cl). 7. n° I».
inent le plus commun, l'obligation demeure une croix sur l'autel où l'on offre le saint sacrifice n'est point une obligation grave (1). On pourrait même se passer de croix dans un cas de nécessité. On convient d'ailleurs que la bénédiction de la croix qu'on place sur l'autel n'est point nécessaire; elle n'est prescrite par aucune loi (2).
522. On ne doit point dire la messe sans avoir au moins deux cierges; mais il suffit d'en avoir deux aux jours ordinaires : l'article de la Rubrique, qui en demande un troisième depuis le Sanclus jusqu'à la communion, est tombé en désuétude non-seulement en France, mais même assez généralement en Italie (5). On convient aussi qu'un seul cierge suffirait dans un cas de nécessité. Mais on ne peut jamais, par aucun motif, se passer de flambeau; il y aurait péché mortel à célébrer sans lumière. C'est pourquoi, comme l'enseignent communément les U.éologiens, si la lumière venait à s'éteindre avant la consécration, et qu'on ne pût s'en procurer, il faudrait quitter l'autel. Ce serait autre chose si la consécration d'une des espèces était déjà laite; on devrait achever le sacrifice (4). On ne doit se servir à l'autel que de cire; cependant on peut se servir d'huile ou de suif, dans un cas de nécessité : ce qui a lieu, dit Collet, d'après plusieurs canonistes, « uon- » seulement à raison du besoin de communier un malade ou de dire la » messe à un peuple qui autrement ne pourrait l'entendre, mais encore » pour vaincre une tentation fatigante, ou même, selon quelques-uns, pour » se procurer un honoraire sans lequel on aurait peine à vivre (5). » Mais il ne serait pas permis d'user d'huile ou de suif s'il ne s'agissait de célébrer que pour satisfaire sa dévotion. On ne doit placer sur l'autel que ce qui concourt à sa décoration, ou qui sert au sacrifice : « Super altare nihil » omnino ponatur, quod ad miss* sacrificiiim, vel ipsius altaris ornatum, » non pertineat (6). » Il serait indécent d'y placer un chapeau , une barrette, un mouchoir, un Bréviaire, un Rituel. On ne doit pas même y laisser les burettes, ni la boîte des hosties.
article m.
Des vases sacrés, du eorporal , de la pale et du purificatoire .
323. Les vases sacrés nécessaires pour la célébration des saints mystères sont le calice et la patène, consacrés par i'évèque. On ne peut sans pèche mortel se servir pour la messe d'un calice et d'une patène non consacrés. Suivant la discipline actuellement en vigueur, le calice et la patène doivent être d'or ou d'argent; il faut au moins que la coupe soit de l'un de ces deux métaux. Si la coupe est en argent, elle doit cire dorée en dedans. Le dessus de la patène, si elle n'est (m'en argent, doit également être doré. « Calix débet esse vel aureus, vel argenteus, aut saltem habere cuppam » argenteam inlus inauratam, et simul cum patena itidem inaurata ab » episcopo coasecralus (7). » Tout calice d'airain, de cuivre, de bois, de verre, est absolument interdit. Mais m peut avoir une coupe d'argent sur un pied d'étain, de cuivre, ou d'airain. On pourrait même, dans un cas de nécessité, se servir d'une coupe d'étain (8). C'est à I'évèque à consacrer les calices et les patènes; il ne peut en donner la faculté à personne. Cependant un simple piètre peut les consacrer, en vertu d'un pouvoir spécial du
M S Alphonse, lib. vi n» 3'15; Collet, Ti aité îles saints Mystères, cli 7 B« 18; Suarei, de LogO, Quarli, Merati. etc. — >3) S. Alphonse ibidem ; Collet, ibidem, etc. — (5 S Ajphoosa, lib vi n» 594. - I *> Mphnnse, ibidem: Collet, ete N Trait* des saints Mvsl-res. eh K. n- («: Ouarti , etc. —
| 0 Rubricse Missalis romani , etc — (71 S. Alphonse, lib. vi. n» 3!U. — (8 Rubricie Missalis romani.
■140 r>E l'eucharistie.
pape. On ne regarde pas comme suffisamment fondée l'opinion de ceux qui prétendent qu'un calice acquiert la consécration par l'usage qu'on en fait à l'an tel (1).
524. Le calice et la patène perdent !e:ir consécration, 1° quand ils sont percés, fendus ou brisés de manière qu'on ne peut plus s'en servir convenablement pour le saint sacrifice. Un trou, quelque petit qu'il soit, à la partie inférieure de la coupe, lui fait perdre sa consécration. Mais une légère fente à l'orifice, une bosse, un dérangement qui peuvent se raccommoder avec quelques coups de marteau, ne réclament point une nouvelle consécration. Il en est de même de tout changement qui u'est qu'accidentel, qu'on mette ou qu'on ne mette pas le calice au feu pour le réparer. 2° Quand le pied du calice, étant adhérent à la coupe, vient à s'en séparer. Mais si la coupe ne tient au pied que par une vis, la séparation qu'on en peut faire ne change en rien la substance, et laisse par conséquent subsister la consécration. Le calice et la patène conservent encore leur consécration lors même qu'on s'en serait servi à des usages profanes et sacrilèges.
325. Mais le calice qui perd sa dorure perd-il sa consécration? C'est une question controversée. Les uns (2) pensent que, la dorure étant entièrement effacée, la consécration est perdue; parce que, disent-ils, la consécration a été appliquée sur la dorure. Les autres, au contraire, croient que la perle de la dorure n'entraîne point celle de la consécration. Ce second sentiment nous paraît beaucoup plus brobable que le premier. « En effet, » comme le dit Collet, quoique l'onction par laquelle on consacre un calice » ne touche physiquement que sa partie extérieure, toute sa masse est ce- » pendant consacrée. Or la masse subsiste, quoique l'accident s'en aille; » comme il paraît à l'égard d'une église bien peinte ou bien blanchie, qui » garde toujours sa consécration quoique la peinture ou la blancheur dis- )) paraissent (3). » Les docteurs ne s'accordent point non plus sur la question de savoir si le calice perd sa consécration par une nouvelle dorure. Il nous paraît plus probable qu'il ne la perd point. C'est encore le sentiment de Collet, qui s'exprime ainsi : « Les raisons (qui sont en faveur de celte » opinion) se tirent de deux principes de droit, dont l'un établit que de » l'huile non consacrée acquiert la consécration qu'elle n'avait pas, avec le » mélange qu'on en fait avec une plus grande quantité d'huile qui l'avait )> reçue. L'autre déclare que quand les murs d'une église demeurent en » entier, elle n'a pas besoin d'une nouvelle consécration, quoiqu'on y » ajoute un toit et tout ce qui manque à un édifice dont il ne reste que les » quatre murailles. Or la masse, et pour ainsi dire le tout du calice, est, » par rapport à la dorure qu'on y ajoute, ce qu'est une notable quantité » d'huile par rapport à une beaucoup plus petite qu'on y mêle , ou ce que » sont les murailles d'un temple par rapport au reste de l'édifice. Donc en » supposant, ce qui est très-vrai , que le droit ne résiste point dans le cas » présent, il faut dire que la consécration passe du calice à la dorure qu'on » y ajoute, comme d'une partie beaucoup plus considérable à une qui l'est » beaucoup moins. » D'ailleurs, continue le même auteur, « le calice dont » il s'agit ne peut avoir besoin d'une nouvelle consécration, ni pour avoir » été refait, puisque c'est le même et qu'on n'en a changé que la superfi- » cie; ni pour le changement qui y a été fait, puisqu'il n'est qu'accidentel, » et qu'un pur accident ne détruit point la substance; ni enfin pour avoir » été profané, puisqu'il ne l'a été ni par l'ouvrier ni par le feu, vu qu'on
(i) Riihiicse Missalis romani, De Defcctihus, § 10. n° 1. — (2) Le rédacteur des Conférences d'Angers, de La Luzerne, etc. — (3) Traite des saints Mystères, ch. 9. no 3. Voyez aussi S. Alphonse de Liguori, Suarez, de Lugo, Laymann, Quai ti , etc.
de l'eucharistie. 141
» l'ait lous les jours passer par l'un et par l'autre des vases sacrés, dont la » consécration ne donne point d'inquiétude. Si on dit qu'il l'a été par l'ad- » diliou de la dorure, qu'on nous dise donc pourquoi, quand on blanchit, » on dore ou on peint une église, elle ne perd peint sa consécration (1). » Néanmoins on doit, dans la pratique, s'en tenir à l'usage du diocèse ou aux instructions de l'Ordinaire.
326. Le saint ciboire et l'ostensoir ne sont point consacrés. Mais l'usage veut qu'ils soient bénits par l'évéque ou par le prêtre qui en a reçu le pouvoir. Les évèques peuvent eux-mêmes permettre aux prêtres de faire cette bénédiction. On bénit au moins le croissant, qui touche le Saint Sacrement quand on l'expose à la vénération des fidèles.
527. Les linges dont se sert le prêtre pour la célébration de la messe sont, outre les nappes d'autel dont nous avons parlé plus haut (2), le eorporal, la pale, le purificatoire et Pessuie-main , vulgairement appelé la vubo. Le corporal est un linge carré, assez ample pour qu'on puisse commodément placer dessus l'hostie, le calice elle ciboire. Il n'est pas permis de le faire de soie ni de coton ; il doit être tissu de fd de lin ou de chanvre. Il faut une toile fine et unie, sans aucun ornement ni broderie. Le prêtre l'apporte enfermé dans la bourse, et le déploie pour le placer sous l'hostie et le calice, qui doivent rester sur le corporal, surtout depuis la consécration jusqu'à la communion inclusivement. La pale, dont la destination est de couvrir le calice, se compose de deux linges qui enveloppent un carton. Elle doit être de toile unie, du moins quant à la partie qui touche le calice, et d'une grandeur convenable pour pouvoir être placée et déplacée facilement. Il est nécessaire de bénir le corporal et la pale avant de les faire servir au saint sacrifice. Cette bénédiction est faite par l'évéque ou par un prêtre qui en a reçu la permission. Ces linges ne doivent pas être regardés comme bénits pour avoir été employés à la célébration des saints mystères. On ne pourrait excuser de péché mortel celui qui dirait la messe sans corporal, ou sans un corporal bénit, à moins qu'il n'y eût nécessité de célébrer (5). S'il y avait nécessité de dire la messe, le prêtre pourrait célébrer avec un corporal non bénit, ou il pourrait, à notre avis, le bénir, d'après le consentement présumé de l'Ordinaire. Quant à celui qui, hors le cas de nécessité, célébrerait sans une pale bénite, il est probable qu'il ne pécherait que véniellemenl; car la pale ne touche pas immédiatement les saintes espèces (i). Le coporal perd sa bénédiction quand il est déchiré de manière à ce qu'aucune de ses parties ne puisse plus contenir l'hostie et le calice. Pour éviter toute négligence à ce sujet, on ne doit point se servir d'un corporal, pour peu qu'il soit troué, avant qu'il n'ait été raccommodé. De même la pale perd sa bénédiction lorsqu'elle est assez déchirée pour ne pouvoir plus servir convenablement.
528. Le purificatoire est un petit linge oblong qui sert à essuyer les doigts du prêtre et le calice. Il doit être de toile, c'est-à-dire d'un tissu de fil de lin ou de chanvre. Il n'est pas permis de se servir d'un purificatoire de coton. Les uns veulent que le purificatoire soit bénit; les autres pensent avec plus de fondement que cette bénédiction n'est point nécessaire, car elle n'est prescrite nulle part. Cependant, comme les purificatoires touchent immédiatement le calice, il est convenable de les bénir avant de les affecter au culte divin. Quant au lavabo, on ne le bénit pas.
529. Les laïques ne doivent toucher ni les vases sacrés, ni le corporal ,
(1, Traite des saints Mystères, no 6. Voyez, aussi les Consultations canoniques de Gilbert sur l'Eucharistie, tome 111, consult. 53, etc. — (î) Voyez le n« 520. — (3) S. Alphonse de Liguori, lib. vi. n» 587. — 4) S. Alphonse, ibidem.
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ni la pale, ni le purificatoire, qui oui servi à la célébration des saints mystères, à moins qu'il n'y ait nécessité, ou qu'ils n'aient reçu de l'évèque la permission de les loucher. Mais on convient assez généralement que celui qui les toucherait sans qu'il y eût mépris de sa part, ne pécherait que vénieliemenl. Cependant, il y aurait péché mortel à toucher les vases sacrés tandis qu'ils contiennent les espèces eucharistiques : cela n'est permis qu'aux prêtres et aux diacres. Les sous-diacres peuvent les toucher, mais seulement lorsqu'ils ne renferment pas les corps de Jésus-Christ. Le clerc qui a reçu l'ordre d'acolyte peut aussi les loucher, quand il prépare les choses nécessaires à la céléhralion de la messe : « Non liceal cuilihel mi- » nisteria langere, nisi sub diacono, aut acolytho in sacrario vasa domi- » nica (1). » Enfin, d'après l'usage, tous les clercs, ceux même qui ne sont pas tonsurés, peuvent loucher les vases sacrés, lorsqu'ils ont quelque raison de le faire; lorsque, par exemple, il s'agil de les nettoyer, ou de préparer le calice au prêlre qui va dire la messe : « Diulurna consuetudine » factnni est, dit Benoît XIV, ut ordinati omnes et qui sola tonsura praediti » sunl, si aliqua causa intercédai, sacra vacua, dum vacua sunt, extra al- » laris ministerium conlingant (2). »
550. Les linges de l'autel doivent être propres et blanchis avec soin. Les corporaux, les pales el les purificatoires, ne peuvent être lavés que par ceux qui ont le droit ou la permission de les toucher. On les lave trois fois dans des eaux différentes, que l'on jelle à chaque fois dans la piscine. Lorsqu'ils ont été ainsi lavés, on les fait blanchir el préparer par d'autres personnes. Quoiqu'ils ne cessent pas par le blanchissage d'être bénits, une fois blanchis, ils peuvent être touchés par des laïques tandis qu'ils n'ont pas servi à l'autel.
ARTICLE IV
Des ornements sacerdotaux.
551. Les habits et ornements dont le prêlre doit être revêtu pour dire la messe sont au nombre de six; l'aube, la ceinture, le manipule, l'étole et la chasuble. Il n'est jamais permis, dans quelque cas que ce soit, de célébrer sans ornements : on ne pourrait non plus excuser par aucun motif le prêtre qui aurait la témérité de dire la messe sans aube ou sans chasuble. Mais s'il s'agissait de célébrer pour pouvoir administrer le saint viatique à un moribond, ou pour procurer la messe à une paroisse entière, un jour de dimanche ou de fête de commandement, nous pensons qu'on pourrait le faire sans l'amict, sans la ceinture, sans le manipule et même sans l'étole , si on était dans l'impossibilité de se procurer ces ornements. Mais hors le cas de nécessité, il y aurait péché mortel à célébrer sans étole. En serait-il de même si on célébrait sans amict, ou sans ceinture, ou sans manipule? Les uns disent que oui, les autres disent que non. Ce second sentiment est assez probable; car l'omission de l'un de ces trois ornements ne nous paraît pas matière grave, ni en elle-même, ni dans ses résultats. Les fidèles n'en seraient point scandalisés, ou ne le serait que faiblement.
552. Les ornements sacerdotaux doivent être bénits ou par l'évèque ou par son délégué. On croit assez communément que le prêlre qui se servi-
(1) Décret, part. 1. dist. 23. can. 3-2. — (2) Instit. eccl. xxrc. u° 18. Voyei aussi S. Alphonse, lit. VI. n° 582; Mgr Bouvier, De Eucharistia, etc.
de l'eucharistie. 143
rail des principaux ornements non bénits, de l'aube ou de la chasuble, pécherail mortellement. Nous exceptons le cas où il y aurait nécessité de dire la messe. Il pourrait alors, ou se servir d'ornements non bénits, ou les bénir lui-même, d'après la permission présumée de l'évéque. On doit bénir aussi la tunique et la dalmalique dont se servent les diacre et sousdiaere. Mais on ne bénit point le surplis, ni les rochets, ni les chapes, ni les bourses, ni les voiles du calice.
533. Les ornements perdent leur bénédiction en perdant la matière ou la forme sous laquelle ils ont été bénits. L'aube cesse d'être bénite quand on y a mis de nouvelles manches, ou qu'une de ses manches s'est détachée. Mais si, avant que cette manche se soit entièrement séparée du corps, on la recousait, l'aube conserverait sa bénédiction. Quand la ceinture est séparée en deux morceaux, de manière qu'aucun d'eux n'est plus assez long ponr ceindre le corps, elle cesse d'être bénite. L'amict, le manipule, l'étole et la chasuble perdent leur bénédiction quand, en les raccommodant, on y a mis tant de nouvelles pièces, que le neuf l'emporte sur le vieux. Il n'en serait pas ainsi si on ne les raccommodait que peu à peu ; les premières parties feraient sur les dernières ce que fait l'eau bénite sur celle qu'on y ajoute en moindre quantité. II faut observer que lorsqu'une chasuble, une élole et un manipule sont doubles et ont été bénits des deux côtés, le côté qui reste en entier, et qu'on sépare de l'autre qui est hors d'état de servir, conserve sa bénédiction. Quand la doublure seule d'un ornement est déchirée, on n'y a point égard; on se contente de le réparer, sans faire bénir l'ornement.
55 i. Les liages et les ornements d'église doivent, autant que possible, être conservés dans la sacristie, et enfermés dans le lieu le plus sec qu'il se pourra, afin qu'ils ne soient exposés ni à la poussière ni à l'humidité. Ils ne doivent jamais retourner à des usages profanes : lorsqu'ils sont usés de vétusté, ou tellement dégradés qu'on ne peut plus en tirer aucun parti pour le service divin, il faut les brûler et jeter les cendres dans la piscine, ou dans un lieu décent, qui ne soit point foulé aux pieds par les passants.
article v.
Des rils et des prières de la Messe.
355. Les rits et les prières que prescrivent les Rubriques pour la célébration de la messe sont d'obligation. Il s'agit des prières et des cérémonies qui font partie de la messe, et non de celles qui appartiennent à la préparai ion et à l'action de grâces. Les premières sont de précepte, les secondes ne sont que de conseil. Le concile de Trente déclare analhème à quiconque dira que les rits établis dans l'Église pour l'administration des sacrements peuvent être changés ou omis à volonté (1), et veut que les évoques décernent des peines contre les prêtres qui, au mépris des règlements, célébreraient à une heure indue, ou qui substitueraient d'autres rits, d'auhes cérémonies ou d'autres prières, aux rits et aux prières approuvés par l'Eglise et consacrés par l'usage : « Ediclo et pœnis propositis ca- » veant (episcopi) ne sacerdoles, aliis quam debitis horis célèbrent; neve j> i itus alios aut alias cajrcmonias et pièces in missarum celebratione ad- » hibeant, prai'ler cas qua? ab Ecclesia probataî ac frequenti et laudabili » usu recepta; fuerint (2). » Aussi le pape saint Pie V, dans sa bulle de
I S«M. vu. De sacramentis in génère, can. 13. — (î) Sess. sxn Décret. De observandis et evitandis in celebratione Misse.
144 de l'eucharistie.
l'an 1570, qui se trouve à la tèle du Missel romain, commande à tous les prêtres en général et à chacun en particulier, en vertu de la sainte obéissance, de dire ou de chanter la messe, selon le rit et la règle que prescrit le Missel. « Mandantes, ac districte omnibus et singulis ecclesiarum pne- » dictarum patriarchis, administratoribus, aliisque personis quacumque » ecclesiaslica dignitate fulgeniibus, etiamsi S. R. E. cardinales, aut » cujusvis alterius gradus et prseeminentise fuerint, illis in virtute sanctae » obedientiœ praïcipienles, ut, caeteris omnibus rationibus et ritibus ex » aliis missalibus quantumvis velustis observari consuelis, in posterum » penitus omissisac plane rejeclis, missam juxta rilum, modum, ac nor- » mam, quaî per missale hoc a nobis tradilur, décantent ac legant; neque » in missLB celebratione alias ccremonias, vel preces, quam quae hoc mis- » sali conlinentur, addere, vel recitare présumant. » Quant aux rils propres à une église particulière, concernant la célébration des saints mystères, on ne peut les conserver qu'autant qu'ils ont pour eux une prescription légitime ou l'approbation du saint-siége. Ainsi donc, on ne doit rien changer de ce qui est prescrit par les Rubriques du Missel; on n'en doit rien retrancher, on n'y doit rien ajouter. On ne peut excuser de tout péché le moindre changement que l'on se permettrait volontairement, soit de propos délibéré, par une ignorance ou une négligence coupable. Il y aurait péché véniel à omettre, par exemple, les bénédictions, les inclinations, les génuflexions prescrites dans Yordre de la messe (1). Il n'y a que la nécessité et l'inadvertance involontaire qui puissent servir d'excuse.
356. Une omission grave contre les Rubriques peut être péché mortel; mais il est difficile de déterminer ce qui est ou ce qui n'est pas matière grave. Cependant, on regarde comme faute grave l'omission volontaire, 1° de la confession que fait le prêtre au bas de l'autel, au commencement de la messe; 2° de l'épître ou de l'évangile, ou des collectes principales; 5° de l'oblation du pain et du vin; 4° de la préface; 5° de l'une des six oraisons qui composent le Canon. Ces oraisons sont : Te igilur; Ha ne igiiur oblationem; Quam oblationem; Unde et memores; Mémento etiam, Domine; Nobis quoque peccatoribits; 6° du Pater, ou de la prière Libéra nos, ou de VAgnus Dei; 7° du Domine, non sum dignus , ou des trois oraisons qui précèdent la communion; 8° des prières que l'on récite depuis la communion jusqu'à la fin de la messe. Mais il n'y aurait que péché véniel si on n'omettait que le Gloria, ou le Credo, une ou deux collectes, les commémoraisons, le trait, le graduel, ou si on ne disait pas la préface, le Communicantes, l'oraison Hanc igilur, propres au jour dont on dit la messe. Nous ne parlons pas des paroles sacramentelles; nous en avons parlé plus haut (2).
557. Il en est des rils comme des prières : leur omission est plus ou moins coupable, selon que la cérémonie qu'on omet est plus ou moins importante eu égard à sa signification, à laquelle on doit surtout faire attention. De ce principe on infère communément qu'il y a péché mortel à négliger de mettre de l'eau dans le calice avec le vin pour la consécration; 2° de faire l'élévation de l'hostie et du calice; 5° de rompre une parcelle de l'hostie pour la mêler avec le précieux sang; 4° de purifier le calice ou la patène. Pour ce qui est des autres cérémonies, tels que sont les signes de croix, les inclinations, les génuflexions, l'élévation des mains ou des yeux, et autres cérémonies semblables, elles ne sont pas par elles-mêmes matière à péché mortel. Mais il est bon de remarquer que le prêtre qui omettrait
(I) S. Alphonse de Liguori, liv. VI. n° iOO. — (2) Voyez, ci-dessus, le n° 179.
de l'eucharistie. i 45
habituellement, comme oiseuse ou inutile, une cérémonie, une prière prescrite, quelque peu importante qu'elle fût en elle-même, pécherait mortellement; car il y aurait évidemment mépris. 11 eu serait de même de celui qui , en célébrant la messe, ne ferait aucune des inclinations ou des génuflexions indiquées par la Rubrique. L'omission deviendrait alors grave (1).
On doit dire la messe tout entière, et dans la langue consacrée par l'Église. En Occident, c'est la langue latine. L'Église, attachée à son ancienne discipline, a voulu conserver dans le culte divin la langue dans laquelle elle a célébré primitivement; elle a craint de l'exposer aux variations auxquelles sont exposées les langues vivantes. Elle a jugé qu'il était facile de remédier à l'inconvénient résultant de ce que le vulgaire n'entend pas la langue latine, en ordonnant aux curés et aux autres prêtres d'expliquer souvent aux fidèles les cérémonies et les prières qui appartiennent au culte divin.
338. Le devoir du prêtre, en offrant le saint sacrifice de la messe, est d'inspirer aux fidèles, par sa piété et son recueillement, le respect dont ils doivent cire pénétrés pour les saints mystères, pour l'acte le plus excellent de la religion. L'air léger et dissipé éloigne le peuple de la vénéralion et de la dévotion dues à la plus grande des actions; les mouvements de tète, les gestes, les postures brusques ou affectées, dissipent les assistants, les scandalisent, et les détournent de la piété. On doit dire la messe avec gravité, mais sans lenteur; évitant également et la précipitation et la lenteur, qui dégoûte et rebute l'attention (2). Pour ce qui regarde la précipitation, saint Alphonse de Liguori croit qu'il est diflicile d'excuser de péché mortel le prêtre qui met moins d'un quart d'heure à dire la messe, lors même qu'il s'agit de la inesse de la sainte Vierge In sabbalo, ou d'une messe de Requiem. Il est moralement impossible, dit ce célèbre docteur, de terminer la messe en moins d'un quart d'heure, sans commettre une irrévérence grave et sans être la cause d'un grand scandale pour le peuple. En effet, les cérémonies de la messe étant prescrites dans le but d'entourer la célébration des saints mystères du respect qu'ils méritent, comment n'y aurait-il pas uuefaute grave de la part du prêtre qui, en célébrant avec tant de rapidité, doit infailliblement manquer à ce respect, en mutilant les paroles, les bénédictions et les génuflexions; ne faisant presque pas une cérémonie comme il faut, ou ne joignant presque aucune action aux paroles qui y répondent; ou plutôt joignant les paroles à des actions ou à des mouvements qui doivent en être séparés? Aussi, les fidèles en sont grandement scandalisés; ils ont de la peine à se persuader qu'un prêtre qui traite si légèrement ce qu'il y a de plus saint, déplus sacré, n'ait pas perdu la foi (3). Mais on peut dire la messe en vingt minutes; et il y aurait des inconvénients, surtout pour un curé, un vicaire, un aumônier, a rester à l'autel plus d'une demi-heure pour une messe basse.
ô39. Parmi les prières de la messe, il en est qui se récitent à intelligible voix; d'autres qui se disent à voix basse. Voici ce que porte la Rubrique : « Le piètre doit être très-soigneux de prononcer distinctement et d'une » manière convenable ce qui doit être dit à voix claire. 11 faut qu'il ne » parle ni trop vit»*, afin qu'il puisse faire attention à ce qu'il lit: ni trop » lentement, dans la crainte de causer de l'ennui à ceux qui entendent la » messe; ou d'une voix trop élevée, pour ne pas troubler ceux qui pour-
l Voyez S Alphonse, lib. vi. n° 400. — (2 Instructions sur le Rituel Je Langrcs, ch. 6. art 4. — 3 I licol, moral, iib. vi. n» 400.
i46 de l'eucharistie.
» raient célébrer en même temps dans la même église; ni trop bas, car » il doit être entendu des assistants. Mais il doit prononcer d'une voix » médiocre et grave, qui excile la dévotion, et qui suit tellement à la por- » tée des assistants qu'ils entendent ce qu'on lit. Quant ace qui doit être » dit tout bas, qu'il le prononce de manière à s'entendre lui-même et à » ne pas être entendu de ceux qui sont autour de lui : Quœ vero .secrète t) dicenda sunl , ila pronunlicl ul ipscmet se audiat, el a circumsUuilibus » non audialur (i). » C'est dans ce sens que l'on entend dans l'Église les mots submissa voce dont le concile de Trente s'est servi en parlant du canon et des autres parties de la messe, qui doivent être récitées à voix basse. Ce serait donc une affectation réprébensible de dire d'une voix assez forte pour qu'elles fussent entendues, les paroles de la consécration ou celles du canon et autres prières que le iMissei indique comme devant être dites tout bas.
510. 11 n'est pas permis de dire la messe sans Missel. Le prêtre doit s'en servir, quelque sûr qu'il puisse être de sa mémoire. Cependant, il est probable que celui qui pourrait compter sur sa mémoire ne pécherait point en célébrant, sans Missel, une messe qu'il saurait par cœur, si d'ailleurs il y avait quelque nécessité de célébrer (2). Ici se présente naturellement une question. On demande si un prêtre qui est aveugle peut célébrer, lorsqu'il sait par cœur les prières d'une ou plusieurs messes. 11 le peut, en vertu d'une permission spéciale du souverain pontife; le sainl-siége s'est réservé le droit d'accorder cette permission (5). Cependant, lorsqu'il y a quelque forte raison d'autoriser ce prêtre à dire la messe, nous pensons que l'évêque peut lui accorder cette autorisation, sauf à la faire ratifier par le pape.
Ce que nous avons dit de la nécessité du Missel ne s'applique poini aux tableaux ou canons d'autel qui contiennent quelques prières de la messe : quoique vraiment utiles, ils ne sont point nécessaires pour la célébration des saints mystères (A).
Le Missel dont on se sert à l'autel doit, autant que possible, être conforme au Bréviaire. Dans les voyages, on prend le Missel romain, si on le trouve; ou, à son défaut, le Missel du diocèse par lequel on passe. Mais un prêtre séculier, aumônier ou chapelain d'une communauté de religieuses qui ne se servent pas du Bréviaire romain, peut-il dire la messe du saint dont elles font l'office, quand il fait lui-même l'office d'un autre saint? Il le peut, mais à condition qu'il se servira du Missel romain, et qu'il dira la messe du commun, quoique l'Ordre en ait une propre au saint dont il célèbre la mémoire (5).
MX. La messe doit, autant que possible, s'accorder avec l'office du jour. On peut cependant s'écarter de temps en temps de cette règle générale, et dire une messe de Requiem, ou une messe de Mariage, ou une messe à l'honneur de la sainte Trinité, du Saint Sacrement, du sacré Cœur, du Saint-Esprit, de la sainte Vierge ou de quelque saint, pour obtenir une grâce particulière, pour suivre sa dévotion ou celle des fidèles. Voici ce que nous lisons dans les Bubriques : « Omnes missae votivae in missis pri- » vatis dici possunt pro arbilrio sacerdolum, quadocumque officium non » est duplex aut dominica, cum commemoratione ejus de quo factum est » officium, et commemoratione item fesii simplicis, si de aliquo occurrat » eo die iieri commemorationem in officio. Id vero passim non fiai nisi
(1) Hubricae générales Missalis romani. — (2) Voyez S. Alphonse, lib. vi. n» 590; de Lugo, Suarez, Laymann,Vasquez, Sporer, etc — 5) Collet, TiaiU-'des saiuls Mystères, ch. 6. n» 12.— (4) S. Alphonse de Liguori, lib. vi. n«590. — (5) S. Alphonse, Collet, etc.
de l'eucharistie. 147
» ralionabili de causa, ut, quoad fieri potest, missa cum officio eonve- » niât fl). » Ainsi il n'est pas permis de dire une messe votive ni les dimanches, ni les jours dont l'office est double. On ne le peut non plus pendant les octaves de l'Epiphanie, de Pâques, de la Pentecôte et de la Fête-Dieu; ni le mercredi des cendres, ni pendant la semaine sainte. On peut encore moins, ces jours-là, dire une messe des morts, si ce n'est le corps présent; car on peut dire la messe des morts, prœsmte drfuncfi corpore, tous les jours de l 'année, excepté les solennels majeurs et les trois jours avant Pâques. Mais y aurait-il péché mortel à dire une messe de Requiem ou une messe votive à un jour où la Rubrique le défend? Quelques théologiens pensent qu'il y aurait péché mortel; mais on croil plus communément qu'il n'y aurait qu'un péché véniel, à moins qu'il n'y eût mépris da la part du célébrant, ou scandale pour les fidèles. Il y aurait scandale si on voyait un prêtre dire une messe des morts un dimanche ou un jour de solennité, sans que le corps lût présent (2). Quant au prêtre qui dit une messe votive ou une messe de Requiem aux jours permis, sans raison aucune, uniquement pour avoir plus tôt fait, nous pensons qu'on ne peut l'excuser de tout péché véniel; car il s'écarte de l'esprit de l'Église : « Id vero passim non fiât, nisi ralionabili de causa.. » .Mais le vœu <|rs fidèles qui demandent une messe des morts ou une messe votive, est pour le prêtre une raison suffisante de la dire, quand c'est d'ailleurs un jour où cela n'est point défendu.
343. 11 est absolument défendu à un prêtre de dire la messe seul, sans assistants qui lui répondent, et qui lui administrent les choses nécessaires. Ainsi, pour les messes basses, il doit y avoir au moins un répondant ou servant . Celui qui, sans nécessité, aurait la témérité de dire la messe sans répondant, pécherait mortellement : « Cerlum est apud omues, dit saint » Alphonse, esse mortale celebrare sine miuisfro (3). » Nous avons dit, sans nécessité, car un prêtre peut célébrer sans servant : i° quand il s'agit de dire la messe pour procurer le saint viatique à un moribond; 2° lorsque, le sacrifice étant commencé, le servant se retire, et laisse le prêtre seul à l'autel. 11 n'est pas nécessaire que le prêtre soit déjà au canon; 5° les canonistes ajoutent le cas où il est nécessaire de célébrer pour qu'une paroisse entende la messe. Mais il paraît difiieile de ne pas trouver alors une personne qui puisse assister le célébrant, lui présenter les bureiit -s, porter le livre, et le servir dans les cérémonies. Il ne faut pas une aussi grande nécessité pour dire la messe avec un servant qui ne sait pas répondre, que pour la dire sans servant (i). Mais alors le prêtre supplée les prières qui devaient être dites par le répondant.
A défaut d'homme, on ne «luit point se servir à l'aute! du ministère d'une femme; cela ne convient point, et les conciles l'ont défendu. Ainsi, dans les différents cas de nécessité dont nous avons fait rénumération, il vaut mieux célébrer seul que de se faire servir par une personne du sexe. Celle-ci pourrait cependant répondre de sa place ou d'un lieu assez éloigné, comme le tout quelquefois les religieuses. Mais il ne lui serait pas permis de présenter l'eau et le vin, ni de faire aucune fonction qui l'approchât de l'autel. Il faudrait que le prêtre se servit lui-même, ou se fit servir par un homme.
On doit préférer les clercs aux laïques pour le service de l'autel; mais on n'en trouve que rarement, surtout dans les paroisses de la campagne.
I) Uubricœ Mlssalis romani. — (2) Voyez S. Alphonse de Liguori, lib. vi. n» 420. — (3) Id., tib. vi. il" 3'JI. — (4) Id , lib. vi. il» 391; de Lugo, etc.
■148 de l'eucharistie.
C'est donc un devoir pour les curés d'apprendre ou de faire apprendre aux jeunes gens de la paroisse à répondre convenablement la sainte messe. Le plus souvent, c'est leur faute s'ils n'ont pour assistants que des enfants malpropres, dissipés, qui se font un jeu de ce ministère respectable, qui précipitent ou tronquent leurs paroles, et en passent une partie. Choisissant ceux des jeunes gens qui montrent le plus d'intelligence et de piété, ils doivent les former et les mettre en état de remplir avec édification un ministère qui les associe à la célébration du saint sacrifice.
34-5. On ne doit point interrompre la messe; lorsqu'elle est commencée, on doit la dire tout entière. Il n'est pas permis ni de l'abandonner sans la finir, ni de la suspendre pour la continuer au bout de quelque temps. Celui qui, hors le cas de nécessité, n'achève point le sacrifice, pèche trèsgrièvement : « Si quis extra casus necessilatis intégra sacramenta non » sumpserit, gravissime peccat (1). » Mais on peut l'interrompre quand on ne peut faire autrement sans de plus graves inconvénients. Les cas où l'interruption de la messe est permise sont : 1° celui où il faut administrer le sacrement de Baptême ou de Pénitence à un mourant. Mais alors, pour ce qui regarde le Baptême, le célébrant se contentera de le conférer sans faire les cérémonies d'usage, se réservant, si l'enfant survit, de les suppléer après avoir fini la messe. Nous ne pensons pas que le célébrant qui a commencé le canon doive interrompre le sacrifice, pour administrer le saint viatique ou l'Exlrême-Onction, ces deux sacrements n'étant point, comme le Baptême et la Pénitence, nécessaires au salut de nécessité de moyen. 2° Le cas où l'église vient à être profanée pendant la célébration de la messe, si le prêtre n'a pas encore commencé le canon : mais si le canon est commencé, il doit poursuivre la messe jusqu'après les ablutions, se retirer ensuite dans la sacristie, et y réciter les prières qu'il aurait dites à l'autel. On tient la même conduite dans le cas où un excommunié nommément dénoncé entre à l'église pendant la messe, et refuse d'en sortir (2). 5° Lorsque le prêtre, en continuant le sacrifice, expose les saints mystères à une sorte d'irrévérence, ou sa personne à quelque grand danger. Quand, par exemple, le lieu saint est menacé, ou de l'ennemi, ou d'une inondation, ou d'un incendie, le célébrant peut et doit tout quitter, s'il n'a pas encore consacré. Si la consécration est faite, il peut communier et se retirer aussitôt (5). Si, effrayé du danger, il ne croit pas avoir le temps de communier, il peut laisser tout là, et prendre la fuite {&). 4° Lorsqu'il s'agit de sauver la vie à un malheureux qui va succomber sous les coups d'un assassin, d'un furieux, ou d'arrêter une inondation, un incendie, si d'ailleurs on manque de secours, si la présence du prêtre qui dit la messe est jugée nécessaire, eu égard aux circonstances. Ce cas peut arriver dans les communes rurales. Alors le célébrant ferait comme dans le cas précédent. 5° Lorsque, avant la consécration, le prêtre remarque qu'il n'est pas à jeun, qu'il s'est rendu coupable d'une faute mortelle, qu'il a encouru quelque censure ou quelque irrégularité; si toutefois il peut quitter l'autel sans danger de se diffamer ou de scandaliser les assistants : mais il est rare, comme nous l'avons fait remarquer plus haut (5) , que ce danger n'existe pas. 6° S'il tombe malade au point de ne pouvoir la continuer. Mais il faut examiner à quel point il en est de la messe. S'il n'a pas encore consacré, on doit en rester là; il n'est pas nécessaire que la messe soit terminée. Il en est de même si le malheur n'arrive qu'après la commu-
r' (41 r.uhricse générales.— (2) Voyez ce que nous avons dit au n° 315. — (3) Rubiieae générales. — (1) Tolet, Sylvius, Collet, etc. — (5) Voyez le n» 190.
de l'eucharistie. 1 49
nion, sous les deux espèces. Cependant, si, dans le dernier cas, l'incommodité qui est survenue est de nature à pouvoir se passer promplementet à permettre au prêtre de continuer, il doit, aussitôt qu'il sera remis, reprendre où il a cessé, et achever la messe. On suppose qu'il est encore à l'église; car si on l'avait emporté hors du lieu saint et qu'on lui eût ôté les ornements sacerdotaux, il ne serait pas nécessaire, à notre avis, qu'il retournai à l'éylise pour finir la messe. Si le prêtre meurt entre la consécration et la communion, il faut aller chercher un autre prêtre qui reprendra la messe, s'il est encore temps, au point où le premier l'a laissée, et l'achèvera. On doit tenir la même conduite dans le cas où le célébrant se trouve mal au point de ne pouvoir absolument continuer.
544. Le prêtre qui, pour des raisons légitimes, a interrompu l'action du sacrifice, après la consécration doit reprendre où il en est demeuré, lorsque l'interruption n'a pas été assez longue pour rompre l'unité morale de l'action. Or on regarde probablement comme capable de rompre cette unité toute interruption qui dure une heure. Ainsi le prêtre qu'une nécessité pressante éloignerait de l'autel pendant l'espace d'une heure, ne devrait point achever le sacrifice; il faudrait garder les espèces pour être consommées le lendemain. On suppose qu'il n'a pu se faire remplacer par un autre prêtre. Si on a été obligé de quitter l'autel avant la consécration ou après la communion, et qu'on revienne dans l'espace d'une heure, on doit reprendre où l'on a quitté. Si on revient plus tard, il vaut mieux, en cas que l'heure le permette encore, commencer une nouvelle messe, que de tenter d'unir des parties trop séparées pour faire un tout moral.
Lorsque le prêtre qui dit la messe est surpris, après la consécration, d'une indisposition qui ne lui permet pas de continuer, le prêtre qui se trouve présent doit la terminer. C'est une obligation grave dont il ne peut se dispenser. 11 y serait obligé, à défaut de tout autre ministre, lors même qu'il ne serait plus à jeun, qu'il serait excommunié, suspens, interdit, irrégulier; à moins cependant qu'il ne dût y avoir scandale pour les fidèles, à raison de son indignité : « Etiam sacerdos excommunicatus at- » que irregularis supplere débet, si alii desinl; et ipse possit sine gravis- » simo incommodo {[). »
Nous ferons remarquer que le prêtre qui tombe en défaillance ou qui se trouve mal à l'autel, après la consécration, au point de faire craindre un accident grave, peut prendre ce qui est nécessaire pour faire cesser son indisposition; il De doit pas être arrêté par la crainte de n'être plus à jeun pour la communion, et s'il revient à lui-même, si son indisposition cesse à temps, il doit achever lui-même le sacrifice, de préférence à loul aulre prêtre, même à celui qui serait encore à jeun.
Nous ajouterons que ce n'est point interrompre moralement la célébration des saints mystères que de faire une instruction, même très-longue, après la lecture de l'Évangile, ou de conférer les saints ordres, de bénir la sainte huile, ou de recevoir les vœux d'une personne qui se consacre à Dieu.
545. 11 n'est pas permis de dire la messe à toute heure; généralement, on ne peut la dire que depuis l'aurore jusqu'à midi : « Missa privata qua- » cuinque hora ab aurora wsque ad ineridiem diei polesl. » Ainsi s'exprime la Rubrique du Missel, conformément à la pratique générale de l'Église. Par aurore on entend, non pas le lever du soleil, mais le moment du crépuscule où le jour commence à luire. On convient aussi, d'après l'usage,
I S Alphonse, lib. vi no 335.
d 50 de l'eucharistie.
que la défense de célébrer avant l'aurore doit se prendre dans un sens moral, et non dans une rigueur mathématique; de manière que le prêtre qui commence la messe pendant la nuit, mais la finit quand l'aurore commence, ne peut être regardé comme transgresseur de la loi. Il en est de même de celui qui commence la messe un peu avant midi; il n'est point en défaut. 11 peut y avoir péché mortel à s'écarter de la Rubrique concernant l'heure de la messe; le concile de Trente le suppose évidemment : « Edicto et pœnis propositis caveant episcopi ne sacerdotes aliis quam » debilis horis célèbrent (1). » Mais pour qu'il y ait ici péché mortel, il faut qu'il y ail matière grave; et, suivant le sentiment le plus commun et le plus probable au jugement de saint Alphonse (2), il n'y a ici matière grave qu'autant qu'on commence la messe, sans raison légitime, une heure avant ou une heure après le temps où il est permis de la commencer, à s'en tenir à l'explication qu'on vient de donner (3)
546. La défense de dire la messe avant l'aurore et après midi admet plusieurs exceptions. On excepte : 1° la messe qui se dit à minuit le jour de Noël. Mais peut-on ce jour- là dire la seconde et la troisième messe avant l'aurore? Il ne le paraît pas, à moins qu'on ne puisse invoquer l'usage contraire : car, selon la Rubrique, la première messe se dit la nuit, la seconde à l'aurore, et la troisième au jour. Aussi, nous avons un décret de la sacrée congrégation des rits, du 18 décembre 1702, qui ne permet pas de célébrer successivement plusieurs messes à minuit le jour de la Nativité de Notre-Seigneur : « Non licel in média nocte Nativitatis Domini » celebrare successive alias duas missas (i). » 2° Le cas où il faudrait dire la messe, pour administrer le saint viatique à un malade qui est dans un danger pressant; on peut alors célébrer et avant l'aurore et après midi, si on est à jeun. 5° Le cas où, à raison d'une solennité extraordinaire ou de quelque cérémonie publique, on est forcé de renvoyer après midi la messe qu'on a coutume de dire à l'issue de la messe paroissiale : autrement, un bon nombre de personnes courraient risque de ne pas entendre la messe. 4° Le cas où un voyageur tenant à dire ou à entendre la messe, un jour de fête, ne pourrait le faire qu'autant qu'il la dirait ou qu'il pourrait l'entendre quelque temps avant l'aurore ou après midi (5). On peut encore s'écarter de la Rubrique pour l'heure de la messe, soit en vertu d'un privilège émané du souverain pontife, soit en vertu d'une permission de l'Ordinaire. Un évèque peut dispenser de l'heure pour des cas particuliers.
Dans les cathédrales et dans les églises où il y a plusieurs prêtres, les évèques, les curés et les supérieurs doivent avoir soin que les messes ne soient pas dites toutes en même temps, mais avec ordre et successivenu ni, même les jours ouvrables. Us veilleront surtout à ce qu'on ne célèbre aucune messe particulière pendant la messe de paroisse ou pendant la messe capitulaire.
La même Rubrique qui règle l'heure de la messe veut qu'on récite au moins matines et laudes avant de monter à l'autel, et l'on regarde assez généralement celte disposition comme obligatoire. Mais oblige-t-elle sous peine de péché mortel? Plusieurs théologiens le croient, et c'est l'opinion de saint Anlonin. D'autres, au contraire, dont le sentiment est certainement et beaucoup plus probable, ne font qu'un péché véniel à celui qui dit la messe sans avoir récité matines et laudes. Il ne faut pas même une bien forte raison pour excuser de tout péché celui qui célèbre avant de
(I) Sess nxii. Décret. De observamlis in eclebratione Missae. — (21 Lib. vi. no 310. — (3) Sylvius , Bonac'na, Concilia, Viva, etc. — (4) Voyez S. Alphonse de Liguori, lib. vi. n° 3-42. — (3) S. Alphonse, Sylvius, Quarti, Collet, etc.
DE L EUCHARISTIE
s'être acquitte «le ce devoir : « Excusabit qiuelibet mediocris causa ratio- » nabilis , pula si dans eleemosynam (la rétribution d'une messe] postulet » ut statim celebrelur ; si exspectet populus, aul aliijua persona gravis; si » uperior praecipiat; lempua eelebcandi transeat; «1 instet commoditas » studii, ilinotis, et similia (1). »
ARTICLE M
De la manière de dire la Messe.
547. Le prêtre qui veut dire la messe doit diriger sou intention, et se préparer par la prière et l'oraison . ormlioni alliinantulum vacet. Celui qui ne s'occupe pas sérieusement de la grande action qu'il va faire ne peut entrer dans les sentiments dont il doit eue animé quand il s'agit de renouveier le saerilice de la croix. Il faut qu'il soU uni par la foi, l'amour et l'esprit de sacrifice, à Jésus-Christ s'immolant sur nos autels. Si, comme il arrive souvent à un curé, on est surpris par l'heure, on doit y suppléer eu gémissant de l'impuissance où l'on est de faire ce qui convient, et en redoublani d'attention pendant la célébration des saints mystères. Cependant nous tennis remarquer que les psaumes et les prières qui sont marqués dans le Missel, cumule faisant partie de la préparation au sacrifice, ne sont pas de précepte : la Rubrique ne les propose que comme un moyen de faciliter eette préparation. Il en est de même des prières indiquées pour Yarlion de ordre, on peut les remplacer par d'autres. Mais il n'oubliera point qu'il doit être profondément pénétré des augustes mystères qu'il vient de célébrer.
3i.s. La préparation prochaine étant faite, le prêtre cherche dans le Missel la messe qu'il veut dire, met en ordre les signets aux endroits convenables et se lave les mains, en récitant a voix basse l'oraison Da, Domine, virlutem, etc. On la récite quand on se lave les mains à la maison, ce qui arrive lorsqu'il n'y a pas de fontaine à la sacristie. Ensuite il dispose le calice, plaçant lui-même l'hostie sur la patène, après avoir passé légèrement alentour le pouce et l'index, pour eu ôter les fragments qui se détachent; couvre la patène avec la pale; étend le voile par-dessus, de manière à ce qu'il cache, par- levant, le pied du calice, et met la bourse sur le voile, tout nanl la partie ouverte devant lui. Le corporal doit être renfermé dans la bonite. Mais un ne doit mettre aucune autre chose sur le calice, pas même les lunette-- ni la <!.!' du tabernacle (2 . Tout étant ainsi dispose , il fait , à volonté, te signe de la croix; (mis il prend l'amie! , l'aube, la ceinture, le manipule, l'etole et ia chasuble, récitant a voix basse les prières qui répondent a ces différents ornements. On pense communément qu'on ne peut omettre toutes ces prières sans se rendre coupable de péché véniel. S'il veut porter un mouchoir, il doit l'attacher à la ceinture, de manière qu'il ne paraisse point en dehors de la chasuble. <>n doit se conformer à la Rublique pour <e qm regarde la couleur des ornements , qui varie suivant les différents ollices. Cependant il n'y aurait pas failli- grave à prendre une couleur pour une autre, à moins qu'on ne le fil dans une circonstance ou l'on ne pourrait le faire Mns que les lidèles n'en lussent grandement scandahséa : ce qui arriverait infailliblement si, parexemple, on se servait d'un ornement mur le jour de l'àques, mi de quelque autre grande solennité. Vus ajouterons même que, lorsqu'on dit la messe dans une église qui fait
(1) S. Alphonse, lib. vi. n» 317. — (i) S. Alphonse de Liguori , Manuel des Preiret, etc.
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l'office d'un saint que l'on ne fait pas soi-même, il vaut mieux prendre la couleur dont on se sert dans cette église, que celle dont on se servirait dans son diocèse. Un simple prêtre doit prendre les ornements à la sacristie; il n'appartient qu'aux cardinaux et aux évéques de les prendre sur l'autel. On excepte le cas où le prêtre qui célèbre est dans un lieu où il n'y a ni sacristie ni crédence; mais alors il faut prendre les ornements, non au milieu mais au coin de l'autel, du coté de l'évangile. Les prélats inférieurs aux évéques peuvent, lorsqu'ils officient pontificalement , les prendre comme eux au milieu de l'autel , mais non dans un autre temps.
549. Dès que le prêtre est revêtu , il se couvre la tête de la barrette, prend le calice de la main gauche, mettant la main droite sur la bourse, et fait une inclination à la croix ou à l'image qui est à la sacristie, sans se découvrir. Il sort de la sacristie, marchant d'un pas grave, les yeux baissés, conservant une attitude naturelle : Procedit aulem oculis demissis, incessu gravi, ereclo corporc (1). S'il passe devant un autel où le Saint Sacrement est exposé, il se découvre et se met à genoux pour l'adoration. 11 fait la même chose s'il rencontre dans l'église un autre prêtre qui porte le Saint Sacrement; mais dans l'un et l'autre cas il ne s'arrête qu'autant qu'il le faut pour faire prostration avec une inclination profonde. S'il passe devant un autel pendant l'élévation , il se découvre, se prosterne, et ne se relève que lorsque le prêtre qui dit la messe a remis le calice sur le corporal. Il se prosterne également s'il vient à passer lorsqu'on donne la communion; mais il ne doit pas attendre pour se relever qu'on ait fini de la donner. Si on passe devant un autel où le prêtre qui dit la messe a consacré, il fait la génuflexion en se découvrant pour adorer le Saint Sacrement. En passant devant le maître-autel, on fait la génuflexion si le Saint Sacrement s'y trouve; s'il ne s'y trouve pas, on fait une inclination profonde à la croix sans se découvrir. On fait de même s'il y a exposition de quelque relique insigne du saint dont on fait la fête, ou qui est en grande vénération. Si le prêtre traverse le chœur pendant qu'on chante le Gloria Palri , ou tout autre verset où l'on fait une inclination, il s'arrête et s'incline iespeclueusement, mais il ne se découvre pas. Si le clergé s'y trouve, il le salue des deux côtés, ayant toujours la tête couverte. Quand il rencontre un autre prêtre qui vient de célébrer, il doit lui céder la droite, et le saluer sans se découvrir et sans s'arrêter. S'il passe devant un cardinal, l'archevêque de la province, l'évêque diocésain, un légat apostolique, le roi, un prince de la famille royale, il leur fait une inclination médiocre sans se découvrir. Nous avons supposé jusqu'ici que le prêtre portait lui-même le calice; car s'il ne le portail pas, il devrait aller à l'autel les mains jointes sur la poitrine, et faire, en se découvrant, les inclinations et saluts dont nous venons de parler.
550. Arrivé au bas de l'autel , le prêtre s'arrête au dernier degré, se découvre, donne la barrette au clerc ou servant, fait la génuflexion si le Saint Sacrement se trouve dans le tabernacle, ou une inclination profonde si le Saint Sacrement n'y est pas; puis il monte à l'autel, place le calice du côté de l'évangile, prend la bourse de la main gauche, en relire de la main droite le corporal, qu'il place au milieu de l'autel sur la pierre sacrée, sans le déplier, dépose le calice sur le corporal, salue la croix, va au côté de l'épilre les mains jointes, ouvre le livre, retourne au milieu de l'autel les mains jointes, fait une inclination à la croix, et se retirant un peu du côté de l'évangile, la face tournée du côté de l'épilre, il descend jusqu'au
(i' Uubricœ Missalis.
le i.'eucharistik. 153
dernier degré de l'autel (1). Il faut remarquer que le célébrant ne doit descendre de l'autel que lorsque les cierges sont allumés.
Étant debout au bas de l'autel, la tète découverte et les mains jointes devant la poitrine, le pouce droit sur le pouce gauche en forme de croix, le prêtre fait la géuutlexion ou une inclinaison profonde, suivant que le Saint Sacrement est ou n'est pas dans le tabernacle; il fait ensuite le signe de la croix de la main droite, depuis le front jusqu'à la poitrine, en disant d'une voix intelligible : In nomine Patrie, etc. Puis, sans faire attention à quiconque célébrerait à un autre autel, il dit, d'une voix claire, l'antienne Introibo et le psaume Judica me (2). La Rubrique veut que le prêtre ait la tète découverte, deleclo capiie. Le célébrant ne doit porter ni perruque ni calotte sans un privilège émané du souverain pontife, ou une dispense de la part de l'Ordinaire, qui ne l'accorde que pour des cas particuliers. Encore celui qui a obtenu celle dispense doit quitter la calolte au canon, et ne peut la reprendre qu'après la communion. Après avoir fait le signe de la croix, il dit l'antienne Introibo, et le psaume Judica me, qu'on omet aux messes des morts et à celles du lemps de la Passion. Toutefois on doit le dire aux messes des sainls et aux messes votives qu'on célèbre dans le temps de la Passion. Le psaume Judica me est suivi du Gloria Palri, et du verset Adjulorium nosirum. Puis s'inclinant profondément, les mains jointes, il dit le Con/ileor. Il se frappe trois fois la poitrine de la main droite, aux mots Mea culpa, et ne se relève que lorsque le répondant a dit le Miscrealur. Celui qui sert la messe ayant dit le Con/ileor au nom du peuple, le célébrant récite à intelligible voix le Miserealur, YlnduUjenliam, et les quatre versets qui suivent. A YIndulgentium, il l'ail le signe de la croix, et s'incline médiocrement à Deus lu cou versus, jusqu'à l'oraison Aufer a nabis. Lorsqu'il dit Oremus, il étend el joint les mains : il monte à l'autel, en disant à voix basse Aufer a nobis, el marchant assez lentement pour que celle prière soil Unie, autant que possible, lorsqu'il arrive à l'autel.
351. Le prêtre étant monté à l'autel, et s'étant médiocrement incliné, pose les mains jointes sur le même autel, el dit à voix basse Oramus te. Domine. Lorsqu'il en est venu à ces paroles, Quorum rrliquiœ hic sunl, il baise l'autel au milieu, sans faire aucun sigue de croix, mais ayant les mains étendues à droite et à gauche à une égale distance : ce qui s'observe toules les fois qu'il doit baiser l'autel; mais depuis la consécration jusqu'à la communion, il faut avoir soin de mettre les mains sur le corpoial (3), Remarquez que l'on doit baiser l'autel physiquement. Nous ferons aussi remarquer que le prêtre qui, à raison de la nécessité, est autorisé à dire, la messe sur un autel où il n'y a plus de reliques, n'est point obligé dfl supprimer les mots Quorum reliuuiœ hic sunl. Le prêtre ayant baise l'autel, va au coté gauche, qui esl celui de l'épître, s'y tient debout, l;i face tournée vers l'autel, fait le signe de la croix, commence V Introït d'une voix intelligible, et le continue les mains jointes. Lorsqu'il dil Gloria Palri. il fuit une inclination de tète à la croix. Après avoir répété 17mtroït sans faire un nouveau signe de croix, il va, les mains jointes, au milieu de l'autel, où il dit du même ton Kyrie eleison, alternativement avec le répondant, ou seul, si personue ne répond ( l).
352. Après le Kyrie, le prèlre étendant les mains, el les élevant jusqu'aux épaules (ce qui doit s'observer toules les fois qu'on élève les mains;, commence le Gloria in ejccelsis, s'il faut le dire. Au mot Deo, il fait ont
I liubr'u-ac Missalis — ,*, Ibidem. — 3, Ibidcai. — (4) Ibidem.
J54 de l'eucharistie.
inclination de lêle à la croix. Il fail la même inclination lorsqu'il dit, Adoramus le; Gralias agimits libi '., Jcsu-Christe; Suscipe deprecalionem noslram, Jesu-Ghrisle. A ces mots, Cum Sancto Spirilu, il fait sur luimême le signe de la croix, pendant lequel il achève, In gloria Dei Palris. Amen. Le Gloria se dit toutes les fois qu'il y a Te Deum à l'office du jour, mais on l'omet aux messes des morts et aux messes votives; à l'exception, cependant, des messes de la sainte Vierge, In sabbulo, de celles des Anges, et ( e celles qu'on célèbre avec solennité, Pro re gravi. On excepte aussi le jeudi et le samedi saints, où il faut dire le Gloria, quoiqu'il n'y ait pas de Te Deum à matines (1).
Le prêtre ayant terminé le Gloria, baise l'autel au milieu, joint les mains, se tourne vers le peuple par le côté de l'épître, ayant les yeux baissés, étend les mains, et dit, Dominus vobiscum. Puis il rejoint les mains, et va au livre, où il fait une inclination à la croix, en disant, Orvmus; il ouvre et étend les mains, les tient élevées à la hauteur des épaules, et dit l'oraison (2). Quand le prêtre se tourne vers les lidèles, il doit avoir les yeux baissés, demissis oculis. ï! faut remarquer ici que celui qui se sert de lunettes doit les ôter et les mettre sur l'autel, en dehors du corporal, avant de se tourner vers le peuple. Si on céièbre à un autel où le prêtre se trouve en face des assistants, on ne se tourne point, ni pour le Dominus vobiscum, ni pour V Orale, fralres, ni pour la bénédiction. Il dit à intelligible voix le Dominus vobiscum , VOremus , et l'oraison qu'on appelle Collecte. A la conclusion de l'oraison Per Dominum noslrum, on joint aussitôt les mains; si elle S' termine par Qui tecum ou par Qui vivis, on les joint aux mots In unilale. Lorsque l'oraison s'adresse directement à Dieu, elle se conclut par Per Dominum; si le nom de Jésus est au milieu, elle se termine par Per eumdem Dominum; si ce nom est à la fin, elle se conclut par Qui tecum; si l'oraison s'adresse à Jésus, elle finit par Qui vivis; si le Saint-Esprit y est nommé, elle se conclut par In unilale ejusdem Spirilus Sancti Deus, etc. Quel que soit le nombre des oraisons qu'on dise, on ne conclut que la première et la dernière; et VOremus ne se dit qu'à la première et à la seconde oraison.
355. Après les oraisons, le prêtre ayant les mains sur le livre ou sur l'autel, de manière toutefois à ce qu'elles touchent le livre, lia ut palmœ librum langanl, lit l'épître à intelligible voix; et le servant ayant répondu, Deo gralias, il continue le graduel, l'alleluia, le trait et la prose, si on doit les dire (5). Le rit romain n'admet que quatre proses : celle des Pâques, Yiclimœ paschali; celle de la Pentecôte, Yeni, Sancle Spirilus; celie de la fête du Saint Sacrement, Lauda, Sion; et celle des morts, Dies irœ. Ayant achevé ce qu'il fallait dire du côté de l'épître, il fait porter le Missel du côté de l'évangile, se rend au milieu de l'autel, lève les yeux vers le ciel, la baisse aussitôt, et, s'inclinaul profondément, il dit tout bas le Munda cor meum, le Jubé, Domxe, benedicere, le Dominus sil in corde meo; puis il s'approche du Missel, dit Dominus vobiscum, et lorsqu'on lui a répondu, il fait avec le pouce de la main droite le signe de la croix sur le commencement de l'évangile qu'il doit lire, sur son front, sur sa bouche et sur sa poitrine, en même temps qu'il dit, Sequenlia ou Inilium sancli evangelii, etc. A la fin, quand le servant a répondu, Laus libi, Christe, le prêtre soulève le livre et baise le commencement de l'évangile , en disant, Per evangelica dicta ; ce qui toutefois ne s'observe point aux messes des morts (-4). On doit avoir soin de placer le Missel, pour la lecture de l'évan-
(1) Rubricx Missalis. — (2) Ibidem. — (3; Ibidem. — (4) Ibidem.
DE \. EUCHARISTIE
gile de manière à ce qu'il soit tourné vers l'angle de l'autel : « Sic locat » Missale ut posterior pars libri respiciat ipsum cornu allaris, et non ad » paneton, sive ad parlein ejus contra se directam (1). » Nous ferons remarquer aussi que le prêtre, avant de lire l'évangile, dit, Jubé, Domne, benedieere; tandis que le diacre s'adressant au célébrant pour en recevoir la bénédiction, lui dit, Jubé, Domne, benedieere (2).
r>.')f. Quand l'évangile est dit, le prêtre retourne au milieu de l'autel, et, étendant et élevant les mains, il commence le Credo, s'il faut le dire. Aux mots In unum, il joint les mains et incline la tète à Deum. Quand il dit, Jesum-Chrislum , il fait encore une inclination de tète à la croix; et il fléchit le genou depuis ces mots, El incarnalus est, jusqu'à ceux-ci inclusivement, Et homo fœtus est. Il fait une nouvelle inclination à la croix à Si>ind adoratur. Enfin, il l'ail signe de la croix sur lui-même, du front à la poitrine, quand il dit, Et vitam venturi sœculi. Amen. Le Symbole se dit tous les dimanches, quand même on ferait ce jour-là 1'ofiice d'un saint dont la messe ne l'aurait point exigé un autre jour. On le dit aussi à toutes les fêtes de Noire-Seigneur, de la sainte Vierge, des Anges, des Apôlres, des Évangélisies, des Docteurs dont l'office est double, aux dédicaces des églises, le jour de la consécration d'une église ou d'un autel, et autres jours où il est prescrit par les Rubriques. S'il y a sermon à la messe, le prédicateur doit le faire immédiatement après l'évangile; après quoi on dit le Credo. Après lé Credo, quand il a fallu le dire, le prêtre baise l'autel ; et, les mains jointes devant la poitrine, il se tourne vers le peuple et dit, Dominus vobi:<cum. Puis, s'étaut retourné vers l'autel, il étend et joint les mains, et, s'inclinant devant la croix, il dit, Orcmus , et ensuite l'offertoire (5). Quelques prêtres disent l'offertoire à voix basse; ce qui paraît contraire à la Rubrique, qui s'exprime formellement pour les cas où l'on doit baisser la voi\.
355. L'offertoire étant lini, le célébrant découvre le calice, le place du côté de l'épître, déplie le corporal, prend la patène avec l'hostie, et, la tenant des deux mains à la hauteur de la poitrine, il lève les yeux vers Dieu, et les baisse aussitôt, en disant, Susripe, sanelc Pater, etc. Puis il fait avec la patène et l'hostie le signe de croix au-dessus du corporal, dépose l'hostie vers le milieu de la partie antérieure du même corporal, sous lequel il glisse un peu la patène du côté de l'épître. Il prend ensuite le calice, l'essuie avec le purilicaloire, et, le tenant de la main gauche, il reçoit de la droite la burette de vin qui lui est présentée par le servant. Après avoir mis le vin dans le calice, il fait signe de la croix sur la burette d'eau (on omet ce signe de croix aux messes des morts), en disant, Deus, qui hmmnm wbtkm&a ; et, en versant un peu d'eau dans le calice, il continue, Da nobis per hujus nquœ et vint mysterinm; fait une inclination vers la croix à Jesus-Christus, et s'avance au milieu de l'autel, met le purificatoire sur la partie découverte de la patène, élève le calice, qu'il tient de la main gauche par le pied, et de la main droite par le nœud, et en lait l'oblatiou, en disant, 0//i rimus libi, Domine, ayant les yeux tournés vers le ciel pendant toule celte prière. Après quoi il fait le signe de la croix avec le calice, comme il l'a lait avec la patène; puis il le pose derrière l'hostie, sur le milieu (\u corporal , et le couvre de la pale. Ensuite, tenant les mains jointes sur l'autel, et étant médiocrement incline, il dit ton: bas, In spir m lunnilitatis. \piès cette prière, il se redresse, lève les yeux, étend les mains, et les rejoint aussitôt devant la poitrine (ce qu'il
(1) Rubric* Missalis. — (i) Ibidem. — (3) Ibidem.
doit toujours observer quand il bénit quelque chose), et dit, Veni, Sanctifia çalor, etc. Aux mots Et benedir, il l'ait sur l'hostie et sur le calice tout ensemble un signe de croix avec la main droite, la gauche étant posée sur l'autel (I). Ensuite le prêtre, tenant les mains jointes, va au côté de l'épîtrc, où il se lave les mains, c'est-à-dire l'extrémité du pouce et de l'index, en disant à voix basse, Lavabo, avec le Gloria Palri, qu'il omet aux messes de morts, sans y substituer le Requiem œlernam. On l'omet aussi aux messes du temps, depuis le dimanche de la Passion jusqu'au samedi saint exclusivement (2). A Gloria Palri, le célébrant l'ait une inclination à la croix, et retourne au milieu de l'autel, en continuant, Sicul erat, etc. Arrivé au milieu de l'autel, il lève el baisse les yeux, s'incline médiocrement, tient les mains jointes sur l'autel, et dit à voix basse l'oraison Suscipe , sancta Trinilas; après quoi il baise l'autel, se tourne modestement vers le peuple; il étend et rejoint les mains, en disant d'une voix tant soit peu élevée, Orale, fralres, continuant à voix basse, Ut meum ac vestrum sacrificiutn; il se retourne non par le côté de l'épilre, mais par celui de l'évangile, en faisant un tour entier; el lorsque le clerc ou le servant a terminé le Suscipiat Dominas, il répond Amen. Le répondant doit dire, Suscipiat Dominas sacrifidum, et non pas hoc sacri/icium. Si le célébrant est obligé de répondre lui-même, il dira, Suscipiat Dominus sacrifidum de manibus meis, au lieu de dire, comme le répondant, de manibus tuis (5).
556. Ensuite le prêtre se tournant un peu vers le Missel qui est rapproché , il dit tout bas les oraisons secrètes , sans dire Oremus , au commencement, observant ce que nous avons dit des Collectes. Il dit Amen à la conclusion de la première secrète, s'il y en a plusieurs, el conclut la dernière en disant tout haut. Per omnia sœcula sœculorum. S'il n'y a qu'une secrète , il Ja conclut de la même manière ; et alors il a les mains étendues sur l'autel, hors du corporal, jusqu'à ce qu'il ait dit, Dominas vobiscam. A Sursum corda , il élève les mains à la hauteur de la poitrine, en sorte que la paume de l'une regarde celle de l'autre. Il joint les mains quand il dit, Gratias agamus Domino; lève les yeux à Deo noslro, et fait aussitôt une inclination à la croix. Quand on lui a répondu, Dignum et justum est, il élève et étend les mains, et continue la préface, propre ou commune, selon le temps. Au Sanclus, qu'il dit d'une voix médiocre, el étant incliné, il joint les mains devant la poitrine. Au BeneJiclus, il se redresse et fait sur lui le signe de la croix du front à la poitrine (-4). Après le Sanclus, le célébrant élève un peu les mains, et lève les yeux au ciel; il baisse aussitôt les yeux el les mains, s'incline profondément, et, tenant les mains jointes sur l'autel, il commence à voix basse le canon, en disant, Te igitar. A ces mots, Uti accepta habeas, il baise l'autel, se relève, et joint les mains devant la poitrine. Lorsqu'il dit, Hœc dona. hœc mimera, hœc sancta sacri/icia, il fait trois signes de croix conjointement sur l'hostie et sur le calice. Ensuite, les mains étendues comme pendant la préface, il poursuit à voix basse, In primis quœ libi offerimus. Remarquez que le prêtre ne doit commencer le canon que lorsqu'il a les mains sur l'autel, et qu'il est profondément incliné.
557. Aux mots Papa noslro N., on prononce le nom du pape vivant, en faisant une inclination simple vers le Missel. Aux mots Anlislite noslro N., on ajoute le nom de baptême de l'évèque du lieu où l'on célèbre la messe; mais on ne fait point d'inclination. Si on ne sait pas le nom de
1) Hubricae Missalis. — i) Ibidem. — (3] Ordo Missre. — (4) P.ubricae Missalis.
de l'eucharistie. 1 57
l'évêque, on dit simplement, Anlislitc nottro, en sous-entendant le nom de l'évêque du lieu. Pendant la vacance du siège apostolique, ou du siège épiscopal, on omet ce qui se rapporte au pape et à L'évêque. Dans les Missels à l'usage des églises de France, on ajoute, El pro reyc nostro N.; ce qui ne se trouve point dans le Missel romain.
3o8. En disant, Mémento, Domine, le prêtre élève et joint les mains jusqu'à la hauteur de la bouche ou de la poitrine. Il demeure quelque temps en cet état, la tête un peu inclinée ; et il l'ail, à volonté, mémoire des fidèles vivants, ou en rappelant leurs noms qu'il n'est pas nécessaire d'exprimer, ou par une simple commémoration mentale. Il peut aussi, avant la messe, se rappeler ceux pour qui il se propose de prier; et alors il n'en fera mémoire que d'une manière générale au Mémento. La commémoration des vivants étant l'aile, le prêtre baisse et étend les mains devant la poitrine, et continue en disant, Et omnium rireumstanlium. Se tenant dans la même situation, il dit le Communicantes. Aces mots, Jcsu-Chrisli, il fait une inclination a la croix; au nom de Mariai, il en fait une vers le livre; il en fait également une, mais toujours vers le livre, en nommant le nom du saint dont on célèbre la fête, s'il se trouve dans le canon. Il joint les mains à Per eumdem Cliristum; en disant, Hanc igilur oblationem, il les étend sur les dons offerts, de manière que les paumes des mains soient ouvertes sur I hostie et sur le calice, sans toutefois toucher la pale. Il les joint à Par Christum Dominum nostrum.
559. Dans la prière Quam oblationem, il fait trois signes de croix conjointement sur le calice et sur l'hostie, aux mots Benedictam , adscriptam, ratam. 11 l'ait un autre signe de cioix sur l'hostie, en disant, Ut nobis corpus. En faisant ce signe, on retire un peu la main vers soi, sans l'abaisser sur l'hostie. Puis il fait encore un signe de croix sur le calice, au mot Sanyuis. Ces deux derniers signes de croix sur l'hostie et sur le calice doivent être plus courts que ceux qui comprennent conjointement les deux espèces iVOblala. Les cinq signes de croix étant faits, le prêtre élève et joint les mains devant sa poitrine; puis il poursuit, Fiat dUcclissimi Eilii , taisant une inclination au mot Jesu; il essuie ses doigts, s'il en est besoin, non au milieu, mais aux extrémités du corporal, et continue, toujours à voix basse, Qui pridie quam pateretur. 11 prend l'hostie avec l'index et le pouce de la main droite, en disant Accepit panem; aux mots In sanclas ac reuerabiles ma nus suas, il prend également l'hostie avec le pouce et l'index de la main gauche, et en même temps il étend les autres doigts, qu'il tiendra unis ensemble. Le célébrant doit tenir l'hostie droite et non courbée; il doit rester lui-même droit au milieu de l'autel. Lorsqu'il dit, Elevatis oculis in cœlum , il lève les yeux au ciel, les lient levés tandis qu'il prononce Ad te Deum Patrem omuipotentem, les abaisse, fait une inclinalion de tête à 776; grattât agens, un signe de croix sur l'hostie ùBencdixit. Puis, après avoir dit, Mandumte ex hoc omnes , le prêtre, appuyant décemment ses coudes sur l'autel, sans toucher le corporal de ses mains, et s'élanl incliné, prononce respectueusement, et tout bas, secrelo, les paroles sacramentelles, Hic est emm cobpos mi .ni (1). En consacrant l'hostie, le prèliedoil être attentif à ne faire aucun mouvement de tête, à ne point approcher trop la bouche de l'hostie, à ne pas prononcer les paroles sacrées avec trop de force; il les prononcera dignement, sans interruption, sans intervalle entre les mots.
~>uu. Après avoir prononcé les paroles de la consécration, le prêtre te-
4 Kulu i. ■*■ Missalis.
158 de l'eucharistie.
nant l'hostie entre les deux premiers doigts de chaque main, l'adore en faisant la génuflexion. Celle génuflexion doit se faire avec plus de respect, et par conséquent avec une petit»; pause. « Mais il faut remarquer, ajoute » saint Alphonse, que lorsqu'on fait la génuflexion, on ne doit point incliner » la tête, comme font quelques-uns mal à propos (1). » Le prêtre s'étant relevé, il élève l'hostie aussi haut qu'il le peut commodément, sans la perdre de vue, et la montre respectueusement au peuple, pour la lui faire adorer; puis il la remet de la seule main droite sur le corporal, au même endroit où il l'a prise. Et depuis ce temps jusqu'à l'ahlution des doigts, il ne sépare le pouce et l'index que pour toucher l'hostie. Après avoir mis l'hostie sur le corporal, il l'adore par une nouvelle généflexion (2). Toutes les fois qu'il faut prendre ou remettre l'hostie sur le corporal, les trois derniers doigts doivent être étendus, ouverts, parce qu'on doit éviter de loucher l'hostie avec d'autres doigts que le pouche et l'index.
56!. Le prêtre, ayant adoré le Saint Sacrement, se lève, découvre le calice, y purilie ses doigts; ce qui se pratique toujours dans la crainte que quelque petite parcelle s'y soit attachée quoique la Rubrique dise seulement : « In caiieem, si opus sil, exlergil digitos; quod semper facial, si » aliquod fragmentum digilis adsehreat. » Il fait la même chose toutes les fois qu'il touche l'hostie. Ayant purifié ses doigts, c'est-à-dire le pouce et l'index de chaque main, en les frottant légèrement sur l'ouverture du calice, et se tenant debout, il dit, Simili modo, poslquam cœnatum est; prend le calice des deux mains, juxla nodum infra cuppam, l'élève un peu et l'abaisse aussitôt, en disant, Àccipiens et hune prœclarum calicem; incline la tête à Item libi gratias agens; fait le signe de la croix de la main droite sur le calice qu'il tient par le nœud de la main gauche, et continue, Dedilque discipulis suis, etc. Puis, tenant le calice des deux mains, savoir, le pied de la main gauche, et le nœud de la main droite, les deux coudes étant appuyés sur l'autel et la tête inclinée, il prononce à voix basse, attentivement et sans interruption, les paroles sacramentelles, Hic est emm calix sangmms mei, etc. Après la consécration, il remet le calice sur le corporal, en disant toujours à voix basse, Hœc quoliescumque fecerilis , etc.; fait la génuflexion pour adorer le précieux sang ; se relève, prend le calice de deux mains, le tenant par le pied de la gauche, le lève perpendiculairement aussi haut qu'il le peut commodément, en le suivant des yeux, pour le présenter à l'adoration du peuple; le repose ensuite où il était, le couvre de la pale qu'il prend de la main droite, et fait de nouveau la génuflexion (5).
562. Le prêtre, ayant replacé le calice et fait l'adoration, se lient droit devant l'autel, et, les mains étendues, il se tourne vers le Missel, en disant, Undc et memores, etc. A ce mots, De luis donis ac datif, il joint les mains devant la poitrine; et, mettant la gauche sur le corporal, il fait de la droite trois signes de croix conjointement sur l'hostie et sur le calice, en disant, Hostiam puram, hostiam sanclam, hostiam immactdatam ; ensuite séparément sur l'hostie, aux mots Panem sanclum vitœ œternœ ; et sur le calice, à Calicem salulis pcrpeluœ. Après cela, il étend les mains et continue : Supra quœ propilio. Lorsqu'il dit, Supplices le royamus, il s'incline profondément, les mains jointes sur l'autel. Aux mots, Ex hac allaris participât ione, il baise l'autel, ayant les mains placées sur le corporal; se lève, rejoint les mains, et, mettant la gauche sur le corporal, il fait le signe de croix sur l'hostie à Sacro sanclum Filii lui corpus, et sur le calice à Sanguinem sumpserimus. Il le fait sur lui-même à Benediclione cœlesti, ayant
(1) S. Alphonse de Liguori, Manuel des PrèU'es, etc. —(2) Rubricas Missalis. — (3) Ibidem.
la main gauche sous la poitrine; et joint les mains, quand il dit Per eumdem (1).
3b5. En disant, Mémento eliam, Domine, famulorum, etc., le prêtre étend et joint les mains devanl la poitrine; et, les élevant jusqu'au visage, il lait, tenant les yeux attachés sur le Saint .Sacrement, mémoire des fidèles trépassés qu'il veut recommander à Dieu, de la méaac manière qu'il a l'ail celle des vivants. Après quoi, ayant les mains étendues, iî continue, Jpsis, Domine, rejoint les mains à Ver cumdem, et fait L'inclination à Cltristum. C'est le seul cas où l'on fait une inclination au setd mot Cluisius. Remarquez que celui qui dit la messe pour un mort ne doit pas attendre au second Mémento pour lui en appliquer le fruit.
Le pi être, en disant Nobis quoque peccatoribus, élève un peu la voix et frappe sa poitrine de la main droite, ayant la gauche sur le corporal ; mais il ne fait pas d'inclination. Il joint les mains à Per Chrisium Dominum ; Eût conjointement sur l'hostie et sur le calice trois signes de croix, en disant, Saitcli/icu.s, riiijicas, benedicis; découvre le calice de la main droite, ayant la gauche sur le corporal ou mieux sur le pied du calice, et fait la gémir flexion. Puis, prenant respectueusement l'hostie entre le pouce et l'index de la main droite et tenant le calice de la mais gauche, il l'a i t avec elle par trois fois le signe de ta croix sur le calice d'un bond a i'aulre, en disant, Pir ipsum, cl ctiift ipso, cl in ipso. 11 fait ensuite avec l'hostie deux signes de croix entre le calice et sa poitrine, le premier à ces mots, Est libi \)eo l'util omnipolenli; le second, quand il dit, lu unilutc SpirilusSanrli. Après quoi, tenant de la main droite l'hostie au-dessus du calice et le calice de la main gauche, il l'élève un peu avec l'hostie, en disant, Omni s honor et (florin; ai!>>itot il haisse le calice sur le corporal, remet l'hostie à sa place, essuie ses doigts sur le calice, le couvre de la pale et fait la génuflexion (-2).
364. Le prêtre s'étanl relevé, et mettant de chaque côté une main sur le corporal, dit d'une voix intelligible, Per omnia sœcula. Au mol Oremus, il joint les mains en faisant une inclination de tète au Saint Sacrement; il les étend devant la poitrine, quand il commence le Pater, et tient les yeux lixés sur les saints mystères jusqu'aux paroles, Et ne nos induras. Lorsqu'on lui a répondu, Scd libéra nos a malo, il dit à voix basse, Amen. Mettant ensuite la main gauche sur le corporal, il prend de la droite le purificatoire sans séparer l'index d'avec le pouce, essuie légèrement la patène en la retirant hors du corporal, et laisse le puiïlicaloire du coté de l'epitre. Puis il prend la patène entre l'index et le deigl du milieu, et la tenant appuyée non sur le corporal mais sur la nappe, de manière à ce «pie la partie intérieure regarde la sainte hostie, il dit, Libtra nos qiui'sumus. Avani de dire, Du pro]>itius pare m, il prend la patène de la main droite à Omnibus sanclis. et avec elle il fait sur lui le signe de la croix, en disant, Dm pn>i>iiiiis pacem, après quoi il baise la patène. Quand il fait ce Signe de croix, il a la main gauche sur la poitrine. A a mois, I / ope misnirorrfiœ, le prêtre met l'hostie sur la patène en s'aidant de l'index de la main gauche, découvre le calice, l'ait la génuilexion, et pressant avec l'inde\ «h- la main g au< lie la partie latérale de l'hostie, il la prend par le milieu entre le pouce et l'index des deux mains, i'eleve sur le calice, puis avec h- pouce de l'index des deux mains il la rompt respectueusement en êexa parties égales, disant, Par eumdem Dominum noslrum. 11 met sur la patine la moitié qu'il a entre les deux doigts de la main droite, et de ces
I l'.uliricae Missalis. — (>] Ibidem.
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deux doigts il rompt une parcelle de l'autre moitié, en continuant, Qui tecumvivil cl régnai, remet de la main gauche cette autre moitié sur la patène, en disant, In unilale Spirilus sancti Dcus ; et tenant de la main droite sur le calice la petite partie qu'il a détachée de l'hostie, il dit à intelligible voix, Per omnia sœcula sœculorum. Le servant ayant répondu, Amen, le célébrant, tenant toujours la parcelle de la main droite lait trois signes de croix sur le calice d'un bord à l'autre, en même temps qu'il dit, Pax Domini sil semper vobiscum. Après la réponse, El ému spirilu luo, il laisse tomber la parcelle dans le calice, en disant tout bas, llœc commixlio; il purifie ses doigts sur le calice, le couvre avec la pale, (ait la génuflexion, s'incline, les mains jointes, et dit d'une voix intelligible, Agnus Dei. A ces mois, Miserere nobis, il se frappe la poitrine de la main droite, ayant la main gauche sur le corporal; ce qu'il fait aussi en disant, Dona nobis pacem. Ensuite, s'inclinant médiocrement, tenant les mains jointes sur l'autel, et les yeux fixés sur le Saint Sacrement, il dit tout bas l'oraisou Domine Jesu-Chrislc qui dixisli, qu'il omet cependant auxmesse6 des morts; l'oraison Domine Jesu-Chrislc, fili Dei vivi, et l'oraison Perccplio corporis lui (1).
565. Après avoir achevé ces trois oraisons, le prêtre fait la génuflexion, et en se relevant il dit à voix basse, Panem cœleslem accipiam. Il prend respectueusement sur la patène entre le pouce et l'index de la main droite, et avec le secours de la gauche, les deux parties de l'hostie, et les tient de la main gauche, ayant la patène dessous entre l'index, et les autres doigts sans appuyer les coudes sur l'autel, et sans toucher le corporal; puis s'inclinant un peu, il dit trois fois d'une voix tant soit peu élevée, Domine non sum dignus, disant tout bas, Ul inires, sans se tourner de côté, comme font quelques prêtres. Après cela, il prend les deux parties de l'hostie avec le pouce et l'index de la main droite, fait le signe de croix avec l'hostie sur la patène qu'il tient de la main gauche, en même temps qu'il dit, Corpus Domini noslri Jesu-Chrisli , taisant une inclination au mot Jesu. Ce signe de croix ne doit point dépasser les limites de la patène. Ensuite, il s'incline médiocrement, ayant les coudes appuyés sur l'autel, prend avec respect la sainte hostie, remplace la patène sur le corporal, se relève, joint les mains en les élevant jusqu'au menton, et s'arrête un instant à la pensée de la grande action qu'il vient de faire, Aliquanlulum quiescU in medilatione Sanctissimi Sacramenti : Aliquantulum, in instant, qui doit être très-court. Puis, mettant la main gauche sur le corporal ou mieux sur le pied du calice, il ouvre le même calice en disant, Quid rétribuant Domino, fait la génuflexion, écarte un peu le calice, s'il en est besoin, recueille avec la patène les parcelles qui peuvent se trouver sur le corporal, et les fait tomber dans le calice en purifiant la patène et ses doigts. Ensuite, prenant de la main droite le calice au-dessous du nœud, et la patène de la main gauche, il dit, Calicem salularis accipiam; fait le signe de la croix avec le calice, en disant, Sanguis Domini, incline la tète au mot Jesu, et tenant la patène au-dessous du calice, il prend respectueusement tout le précieux sang avec la parcelle qu'il y a mise (2). Si la parcelle demeurait attachée au calice, il pourrait la tirer avec le doigt sur le bord du calice, ou la prendre avec le vin qu'on y verse ensuite (5).
566. Nous avons dit plus haut ce qu'il faut faire lorsque le prêtre, en communiant sous l'une ou sous l'autre espèce, s'aperçoit que l'hostie ou le contenu du calice n'est point matière compétente du sacrifice (4). Mais
(1) Uubricœ Missalis. — (i) Ibidem. — (3. Ibidem. — (1; Voyez le no 18S.
DE L'EUCHARISTIE. 161
que fera le prêtre, lorsqu'en se préparant à prendre le précieux sang, il aperçoit dans le calice une mouche, une araignée, un insecte quelconque? Il le retire aussitôt, et prend le précieux sang, s'il ne craint pas de vomir. La messe étant finie, il lave l'insecte dans du vin, le brûle et jette le tout dans la piscine de l'église. S'il ne croit pas pouvoir communier sans s'exposer à un vomissement, il déposera les saintes espèces dans un vase et les gardera dans le tabernacle ou dans un lieu décent, jusqu'à ce qu'elles soient desséchées ou essentiellement altérées, pour les jeter ensuite dans la piscine. Mais alors il fera une nouvelle consécration, en reprenant à Simili modo, après avoir fait l'ohlalion du vin, au moins mentalement (1). Dans ce cas, il ne serait point nécessaire de renouveler la consécration du pain (2). Nous ajouterons qu'on ne devrait pas même recommencer la consécration du vin si le célébrant n'avait remarqué l'insecte dans le calice qu'après avoir pris une partie du précieux sang, ou si, l'ayant remarqué auparavant, il avait cru pouvoir en prendre un peu, sans oser prendre le tout dans la crainte d'un accident; car alors rien ne manquerait à l'intégrité du sacrifice.
On demande encore ce que doit faire un prêtre lorsqu'il vomit les saintes espèces, ou qu'il s'aperçoit dans la communion qu'elles étaient empoisonnées. Dans le premier cas, il doit les mettre dans un vase et les conserver jusqu'à ce qu'elles soient corrompues, et les jeter ensuite dans la piscine. Dans le second , il doit chercher à s'en débarrasser en prenant les précautions convenables, et après avoir vomi, il les conservera jusqu'à ce qu'elles soient altérées. Mais faudra-t-il alors renouveler la consécration? Il ne doit la renouveler ni dans le premier ni dans le second cas. La raison en est que le sacrifice a tout ce qui est nécessaire à son essence et à son intégrité (5).
507. Après avoir pris le précieux sang, le prêtre dit à voix basse, Quod ore sumpsimus, en même temps qu'il présente de la main droite le calice au servant pour en recevoir le vin de l'ablution, tenant la main gauche sur le corporal avec la patène. Il fait verser dans le calice à peu près autant de vin qu'il en a consacré, el tourné légèrement le calice en tout sens pour recueillir les restes du précieux sang; il doit prendre l'ablution du même côté par où il a communié; el, en la prenant, il tient encore la patène de la main gauche sous le menton. Ayant purifié le calice, le prêtre place la patène sur le corporal du côté de l'évangile, prend la coupe du calice à deux mains ;ivec les six doigts inférieurs, tenant les index el les pouces sur l'ouverture, fait l'inclination à la croix, va du côté de l'épître, el purifie les index et les pouces, ainsi que ceux des autres doigts qui auraient touche le Saint Sacrement , d'abord avec du vin et ensuite avec de l'eau en plus grande quantité. Il dit en même temps, Corpus tuum, Domine, quod sumpsi ({• ■■. Lnsuile, il place le calice sur l'autel hors du corporal, essuie ses doigts avec le purificatoire, prend le calice de la main droite, boit d'un seul Irait l'ablation, tenant de la main gauche le purificatoire sous le menton, et essuie sa bouche el le calice avec le purificatoire. S'il restait quelque particule de l'hostie dans le calice, ou sur la patène, ou sur le caporal, il faudrait la prendre, quoiqu'il ne fût plus à jeun (5). Après avoir pris la dernière ablution, il dépose le calice sur l'autel du côté de l'évangile et en dehors du corporal, met dessus la patène avec la pale et le voile, plie le corporal , le met dans la bourse qu'il place sur le calice, et
(4Ï Rnblieae HÎNtii*. De Dtfccl,bita.— (i) Collet, Traité des saints Mystères, ch. 14. n<> 6. — [l Ibidem, o» 13. — (4) Kubncu; Missalis. — {'■>) Voyez, le 11» 300.
162 de l'eucharistie.
remet le tout au milieu de l'autel, comme au commencement de la messe.
5C8. Le calice étant replacé sur l'autel, le prêtre va, les mains jointes, lire l'antienne ou la communion du côté de l'épître; il la lit à intelligible voix; puis retournant de la même manière au milieu de l'aulel, il le baise, se tourne vers le peuple, et dit comme à l'ordinaire, Dominus vobiscum; après quoi il retourne au livre, et dit à l'oraison Posl communionem, et toutes celles qui doivent se dire, plaçant le mol Oremus avant la première et la seconde avec l'inclination à la croix. Les oraisons achevées, il Terme le livre, à moins qu'il ne l'aille dire un évangile particulier à la lia de la messe; se rend au milieu de l'autel, le baise, et se tournant vers le peuple, il répèle, Dominus vobiscum; il joint les mains, et, sans incliner la tète, il dit du côté du peuple, Ile, misse, est, si on a dit le Gloria à la messe; ou Benedicamus Domino, si 011 n'a pas dit le Gloria. Ensuite, joignant les mains sur l'aulel, et tenanl la tèle inclinée, il dit à voix basse, Placeal libi sancta Tiinilas, étend les mains séparément sur l'autel, le baise au milieu , se redresse, lève au ciel les yeux et les mains qu'il rejoint aussitôt, et dit à haute voix en faisant une inclination, Benedical vos omipolens Deus; puis, tenant les mains jointes et le yeux baissés, Deniissis oculis ad terram, il se tourne vers le peuple par ie côté de l'épître, et, la main gauche sur la poitrine, il étend la main droite dont tous les doigts sont unis, et bénit le peuple en disant Paler, et Filius, et Spirilus Sanctus. Il ne fait qu'un seul signe de croix. Après la bénédiction, il achève le tour et se rend au côté de l'évangile. Là, il dit Dominus vobiscum, les mains jointes, et faisant le signe de la croix avec le pouce droit, d'abord sur l'autel ou sur le livre, si on peut le faire commodément, ensuite sur lui-même au front, sur la bouche et sur la poitrine , il dit l'évangile selon saint Jean, Inilium sancli evangelii, ou l'évangile propre au jour. A ces mots, Verbiim caro factum est, il fait la génuflexion vers le livre, ayant les mains séparées sur l'autel, et se relevant aussitôt il achève le resle. Quand il a fini, il ne baise pas le livre; va au milieu de l'autel, fait une inclination à la croix, prend le calice de la main gauche et tenant la main droite sur la bourse, se retourne par le côté de l'épître, et descend jusqu'au dernier degré de l'autel où il fait la génuflexion, si le Saint Sacrement se trouve dans le tabernacle, ou, s'il ne s'y trouve pas, une inclination profonde à la croix. Il se couvre de sa barrette, et retourne à la sacristie, en récitant le cantique, Benedicile, omnia opéra (1), ou quelque autre cantique. Arrivé à la sacristie, il salue la croix, se découvre et dépose ses ornements un à un, selon l'ordre inverse de celui quil a suivi en les prenant. Après avoir quille les ornements sacrés, le prêtre fait son action de grâces. Il n'imitera point Judas, qui sortit aussitôt après avoir reçu la communion : Cum acccpisscl buccellam, exivil conlinuo (2).
569. L'ordre que nous avons suivi jusqu'ici se modifie pour la me;se des morts. A celle-ci, le prêtre ne dit point le psaume Judicia me avant la confession. En commençant Y Introït, il ne fait point sur lui le signe de la croix, mais il le fail sur le livre avec la main droite, comme s'il bénissait quelqu'un sans le toucher, ayant la main gauche posée sur le livre. Il omet le Gloria Patri, le Gloria iv e.vcclsis, le Jubé , Domine, benedicerc , avec le Dominus sil in corde meo. Il ne baisse point le livre à la tin de l'évangile; il ne dit point le Credo, ne bénit point l'eau qu'il verse dans le calice; Mais il dit l'oraison Deus qui Itumanœ substanliœ. Il omet le Gloria Patri, à la fin du psaume Lavabo. A VAgnus Dei , il ne dil point, Miserere nobis,
(i) Rubrice Missalis. — (2) Joan. e J5. v. 30.
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in Dona iwbis paccm: mais il dit , Doua eis requiem chaque fois, ajoutanl » tupiicrnam à la dernière, sans se frapper la poitrine. Des trois oraisons qui se récitent avant la communion il supprime la première. À la fin de la messe, il ne dit pas, Ile, missa esl, ni Dened.icamus Domino; mais il dit, Iicquicscunl in pare. Il ne donne point la bénédiction; mais après avoir dit, Placeat, il baise l'autel; il lit à l'ordinaire l'évangile selon saint Jean.
On trouve dans les Rubriques du Missel les règles particulières aux messes solennelles, et à celles qu'on célèbre avec le Saint Sacrement, ou en présence du pape, d'un cardinal, du métropolitain, de l'évêque diocésain : on doit y recourir dans l'occasion (1). Quant aux rubriques qui concernent les messes ordinaires, nous avons cru devoir les rapporter ici, en indiquant les fautes que l'on commet le plus souvent, par cela même qu'elles sont légères. Cependant, tout est grand dans les cérémonies de l'Église, surtout dans celles qu'elle prescrit pour la célébration des saints mystères.
Des fautes que l'on commet le plus souvent en disant la Messe.
370. C'est une faute de faire une inclination au lieu de faire la génuflexion. Le prêtre doit faire la génuflexion : 1° quand il passe devant un autel où l'on dit la messe, depuis la consécration jusqu'à la communion. 2° En arrivant à l'autel et en le quittant, si le Saint Sacrement est dans le tabernacle. 3° En commençant la messe. i° Toutes les fois que, dans l'épitre, le trait ou l'évangile, le Missel prescrit une génuflexion. o° Au Credo, depuis ces mots, Et incarna tus est, jusqu'à Homo faclus est. 6° Après l'élévation, toutes les fois qu'il doit toucher l'hostie ou découvrir le calice : il fait alors la génuflexion avant et après. 7° A la fin de l'évangile de saint Jean, en disant , El rerbum caro factum est. Il fait encore la génuflexion lorsque le Saint Sacrement esl exposé, chaque fois qu'il arrive au milieu de l'autel ou qu'il le quitte, comme aussi avant de se tournée vers le peuple, et après qu'il s'est retourné. Il la fait enfin à Flcclamus genua. l'our bien l'aire la génuflexion, il ne suffit pas de fléchir le genou, on doit le fléchir jusqu'à terre.
371. C'est une faute de confondre l'inclination médiocre avec l'inclination simple, et l'inclination profonde avec le, médiocre. L'inclination simple, plus communément appelée inclination de tête, est celle que l'on fait eu inclinant la tète avec un mouvement à peine sensible des épaules. L'inclination médiocre se fait quand on incline sensiblement et la tète el 1rs épaules. L'inclination profonde est celle par laquelle on s'incline de manière à pouvoir loucher les genoux de l'extrémité des mains.
Or le céfébram doit l'aire l'inclination simple : I" quand il arrive au indien de l'an tel, ou qu'il le quille, ou qu'il passe par-devant; à moin! que la Rubrique ne l'oblige à faire une inclination plus grande, ou à baiser l'autel, ou à lieciur le genou. -1° Au Gloria Patri du psaume Judica me, à celui de Y Introït et à celui du Lavabo. 3° A ces mots du Gloria in tereelsis, savoir : Deo: Adnramus te; Gratins aqimus libi; Su.-ri]>c <!< ■pnralionem nostram; Jesu-Chrisle. 4° Toutes les fois qu'il dit Oremus; lorsqu'il rencontre le saint nom de Jésus. Cette inclination se fait toujours vers la
(1) On peut lire la Pratique des cérémonies Je l'Eglise selon l'usage romain, par Du Molin; in 8».
164 de l'eucharistie.
croix ou vers le Saint Sacrement, si ce n'est à l'évangile, où elle se fait au livre. 6° Au no:n de Marie, au nom des saints dont on dit la messe ou dont on a fait commémoration à l'office, et au nom de notre saint père le pape. Dans ces différents cas, l'inclination se fait au livre. 7° A ces mots du Credo, savoir : Deum; Jesum-Chr islam; Simul adoralur. 8° A Deo noslro, après Grattas agamus Domino. 9" Aux deux Mémento; on demeure la tète inclinée durant la recommandation qu'on fait des vivants et des morts. 10° A Tibi grattas agens, avant l'une et l'autre consécration. 11° A Per Chrislum Dominum noslrum, qui précède Nobis quoque peccaloribus. 12° En carême, à Ilumiliatc capita vestra Deo. 15° Lorsqu'il achève ces paroles, Bcncdical vos omnipolens Dcus.
572. L'inclination médiocre se fait : 1° A Deus tu conversas, jusqu'après avoir dit Oremus , de la prière Au fer a nobis. 2° A l'oraison Oremus le per mérita sanclorum, qu'on dit étant arrivé à l'autel. 5" A In spiritu humilitatis. i° A Suscipe, sancta Trinilas. 5° A Sanclus , jusqu'à Bcttcdiclus exclusivement. G0 Lorsqu'on prononce les paroles de la consécration. 7° A YAgnus Dei, jusqu'à la lin. 8° Aux trois oraisons qui précèdent la communion. 9° A Domine, non sum dignus, pendant tout le temps que dure cette prière. 10° Lorsqu'on communie sous l'espèce du pain. 1 1° A Placcal tibi, sancta Trinilas, jusqu'à la lin de cette oraison.
575. Le célébrant fait l'inclination profonde : 1° Lorsqu'il arrive à l'autel pour dire la messe, si le Saint Sacrement n'est point dans le tabernacle. 2° Lorsqu'il est descendu de l'autel pour commencer la messe, si le Saint Sacrement n'y est pas. 5° Pendant qu'il dit le Confileor, et jusqu'à ce qu'il ait répondu, Amen, au Miserealur lui du servant. 4° A Munda cor meum; Jubé, Domine, benedicere; Dominus sil in corde meo. 5° A Te igitur, jusqu'à pelimus inclusivement. 6° A Supplices le rogamus, jusqu'à ut quotquot. 7° A la fin de la messe, au bas des degrés, dans le même cas où l'on doit la faire en arrivant à l'autel.
37i. C'est une faute de faire le signe de croix en l'air sans se loucher le front, la poitrine et les épaules. C'est encore une faute de tracer la croix sur sa poitrine, comme font quelques-uns, sans porter la main à l'une et à l'autre épaule. Le célébrant fait sur lui le signe de la croix : 1° Au commencement de la messe, lorsqu'il dit, In nomine Patris. 2° Aux mots, Adjulorium noslrum. 5° A Indulgenliam. 4° A V Introït , excepté aux messes des morts, où il le fait sur le Missel sans le toucher. 5° A la fin du Gloria in excclsis. 6° Aux deux évangiles, avec le pouce de la main droite, au front, sur la bouche et sur la poitrine. C'est une faute de faire ce signe de croix, comme le font quelques prêtres, en tirant une ligne traînante du front à la poitrine, sans faire la ligne transversale qui forme la croix conjointement avec la ligne perpendiculaire. 7° A la tin du Credo. 8° A Benedictus qui venil. 9° A ces paroles du canon , Omnis benedictionc cœlesti. 10° Au Libéra nos, avec la patène, quand il dit Da propilius pacem. 11° Avec l'hostie, en disant, Corpus Domini JSostri Jesu-CJirisli , etc. 12° Avant de prendre le précieux sang, avec le calice, en disant, Sanguis Domini Noslri, etc.
575. C'est une faute de ne pas baiser l'autel, lorsqu'on doit le faire conformément à l'ordre de la messe. On baise l'autel : 1° Après y être monté, à ces mots, Quorum rcliquiœ hic sunt. 2° Avant de se tourner pour dire Dominus vobiscum. 5° A Orale, frottes. 4° A VU accepta habeas , au commencement du canon. 5° A Ex hac allaris parlicipalione, dans la prière Supplices. 6° Après avoir dit la prière, Placcal tibi, sancta Trinitas , à la fin de la messe, lors même qu'on ne donnerait point la bénédiction.
pf. l'eucharistie. 165
37G. C'esl une faille de ne point élever les yeux aux endroits marqués par la Rubrique. Le célébrant doit élever les yeux : 1° A Munda cor meum. 2° A Suscipe, sancte Pater. 3" A O/Jerimus libi, Domine, dorant toute l'oraison, -i" A Vent sanctificalor. 5° A Suscipe, suncta Trinitas. G" A Deo nostro, après Gratins agamus Domino de la préface. 7° A Te igilur, au i oinniencement du canon. 8° A Elevalis oculis, avant la consécration de l'hostie. 9° Pendant les deux élévations du Saint Sacrement, qu'il doit suivre des yeux. 10° A Benedicat vos, à la lin de la messe. C'est une faille de ne pas baisser les yeux lorsqu'on se tourne vers le peuple pour dire le Dominusvobiscum, V Orale, fratrcs, et pour donner la bénédiction ; c'est une faute que l'on ne commet que trop souvent, soit par dissipation, soit sous le vain prétexte de voir si tout se passe avec ordre dans l'église.
">T7. C'est une faute de ne pas tenir les mains comme il le faut, pendant la célébration des saints mystères. Or le célébrant doit avoir les mains jointes devant la poitrine : i° Au commencement de la messe, jusqu'à ce qu'il soit arrivé à l'autel. 2° Au Kyrie, eleison, et au Gloria in exrrlsi*. 3" Toutes les fois qu'il se tourne vers l'autel pour le Dominus robisriun, YOrate, fratrcs, et la bénédiction. 4° Pendant qu'il récite le Munda cor meum, el le Jubé, Domine, bencdicere, etc. 5° Pendant l'évangile, le Credo el l'offertoire. 6° Au Sanctus, jusqu'à Benediclus, exclusivement. 7° Aux deux Mémento, pendant lesquels il peut les élever usque ad fiic'tem, comme le dit la Rubrique. 8° Durant la méditation, immédia« lemenl après la communion sous l'espèce du pain. 9° A la conclusion des oraisons. 10° Au dernier évangile. 11° Toutes les fois qu'il va du milieu de l'autel à un des côtés, et qu'il en revient, à moins qu'une des mains ne soit occupée.
578. Il doit tenir les mains jointes sur le bord de l'autel : 1° A Oremus te, jusqu'à Sanclorum tuorum inclusivement. 2° A In spiritu humililalis. 3° A Suscipe, sancta Trinitas. 1" A Te igilur, au commencement du canon, jusqu'à pelintus inclusivement. 5° A l'adoration de l'hostie avant l'élévation 6° A Supplices le rogamus, jusqu'à Ex hac allaris. 7° Aux trois oraisons avant la communion. 8° A Vlaccal libi, sancta Trinitas.
Il élend les mains, les élève jusqu'aux épaules et les rejoint aussitôt. I" Ed disant Gloria in exceltis; il les joint à Deo. 2° En disant Credo, il les joint à In unum Deum. 5° A Ycni, sanclificator. 4" A Gratins agamus, île la préface. 3° Aux deuv Mémento. G" A Fiat deleciissimi. 7° A Benedicat rus, à la fin de la messe.
Il étend les mains el les rejoint sans les élever, lorsqu'il dit, Oremus, Dominas vobiscum, Orale, fralres.
379. Il lient les mains étendues devant lui et élevées à la hauteur des épaules : 1° Aux collectes, aux secrètes, et aux post-communions, jusqu'à la conclusion. 2° A Sursum corda, et depuis Vere dlgnum est jusqu'à la lin de la préface. 5° Au canon, sauf les exceptions indiquées dans le Missel. i" Au Pater.
Il pose les mains séparées el étendues sur l'autel : 4° Toutes les fois qu'il doit baiser l'aulel et faire la génuflexion. 2° Pendant l'épttre, à moins qu'il ne les tienne sur le livre ou sur le pupitre. 5° A Per omnia swcula, et Dominus vobiscum, de la préface. 1° Au Per omnia qui précède le Pater,
Il pose la main droite sur l'autel : 1° Toutes les fois que la gauche est occupée à tourner les feuillets du Missel. 2° A Domine, non sum dignus, si ce n'est lorsqu'il se frappe la poitrine.
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Il pose la main gauche sur l'autel : 1° Lorsque la main droite est occupée à quelque chose, à moins qu'il ne doive la mettre ou sur le livre ou au-dessous de la poitrine, comme quand il fail le signe de la croix sur lui ou sur les assistants. 2° Toutes les fois qu'il bénil l'hostie ou le calice séparément, on les deux ensemble. 3" A Mobis quoqve peccatioribiM. 4° A Libéra nos, quœsumus. 5° Depuis le premier Miserere nabis de YAgnus Dei, jusqu'à Dona nobis paeem inclusivement. 11 met la mail) gauche audessous de la poitrine, au Con/ileor, lorsqu'il se frappe la poitrine, en disant, Mea culpa; quand il fait le signe de la croix sur lui, ou qu'il bénit le peuple.
580. C'est une faute de dire à haute voix ce qui doit se dire à voix médiocre, et de dire à voix médiocre ce qu'on doit dire à voix basse ou secrète. Le prêtre dit à voix haute : 1° Les prières du commencement de la messe jusqu'à Oremus inclusivement, avant Aufer a nobis. 2° V Introït, le Kyrie, le Gloria in ecceelsis. 5° Le Duminus vubisnim, toutes les fois qu'on le dit. 4° Les collectes, l'épitre, le graduel, l'alleluia ei son verset ou le irais. ainsi que la prose. 5° L'évangile, le Credo et l'offertoire. G° La préface. 7° Per omnia sœcula, et ce qui suit, jusqu'à la lin du Pater. On répond Amen à voix basse. 8° Per omnia sœcula, cl l'ax Domini. 9° VAgnus Dei, la communion, et les posl-communions. 10° Vite, missa est, ou le Bcncdicamus, ou Requicscant inpace; la bénédiction et l'évangile.
On dit d'une voix médiocre : 1° L'Oral, fralres. 2° Le Sanclus, et le Benediclus. 5° Nobis q\ioque peccaloribus. 4° Le Domine, non sion dignus, chaque fois qu'on le dit.
On prononce à voix basse , submissa voce, secrelo, tout ce qui n'est pas marqué comme devant être dit tout haut ou à voix médiocre.
581. C'est une faute de placer le corporal sur le voile du calice, sans le renfermer dans la bourse, soit en allant de la sacristie à l'autel, soit en revenant de l'autel à la sacristie. C'est encore une faute de déplier le corporal tout entier au commencement de la messe en laissant loucher dessus l'extrémité du voile, qui peut enlever les parcelles qui se seraient dérobées à l'œil du célébrant dans les messes précédentes. Le plus sûr est de laisser le corporal plié jusqu'au moment de l'oblation. C'est une faute de retourner à l'autel sans avoir répété Y Introït, ou de dire, en allant du côté de l'épître à l'autel, le Kyrie eleison, le Munda cor meum, ou la conclusion, la post-communion.
C'est une faute de faire le signe de la croix soit avec la patène et l'hostie, à Suscipc, sancle Pater, soit avec le calice, à Offerimus tibi, avant d'avoir entièrement achevé l'une et l'autre de ces prières.
C'est une faute de dire pendant ou après l'élévation les paroles, Ilœc quotiesrumquc feceritis, etc.; car on doit les dire immédiatement après la consécration, tandis qu'on reinel le calice sur l'autel.
C'est une faute de s'appuyer sur l'autel, à Domine, non sum dignus; ou de se tourner à demi vers le peuple, ou d'étendre entièrement le bras pour se frapper la poitrine, tandis qu'on ne doit remuer que le poignet.
C'est une faute de se tourner vers la croix, à Yerbum raro faclum est, pour faire la génuflexion. On doit la faire vers le livre ou le carton qui renferme l'évangile de saint Jean. C'est encore une faute de quitter l'auiel ou défaire éteindre les cierges avanl d'avoir lu le dernier évangile.
Pour bien faire les cérémonies, il faut les savoir; pour les savoir, il faut les étudier. Le prêtre devrait lire toutes les années les Rubriques de la messe. C'est le moyen de remarquer les fautes qui nous échappent si facilement dans la célébration des saints mystères.
TRAITE DU SÂCÏîSiïIENT DE PENITENCE.
582. « La faiblesse el la fragilité de la nature humaine sont connues de » tous : chacun en éprouve assez les ell'ets chez lui-même, pour que per- » sonne ne poisse ignorer la nécessite du sac renient de Pénitence. Si donc » les curés doivent dbcotct sur l'importance de chaque chose le soin qui » est nécessaire pour l'expliquer, il est clair qu'ils ne pourront jamais en » apporter assez pour traiter le sujet qui nous occupe. Le sacrement de » Pénitence demande à être expliqué encore avec plus de soin que le sa- » crcment de Baptême: parce que celui-ci ne s'administre qu'une seule » fois et ne peut se réitérer', au lieu que sacrement de Pénitence devient )> nécessaire et doit se renouveler toutes les j'ois qu'on retombe dans le » péché après le Baptême; ce qui a fait dire au concile de Trente que le » sacrement de Pénitence n'est pas moins nécessaire pour le salut à ceux » qui tombent après le Baptême, que le Baptême à ceux qui n'ont pas en- » core été régénérés. De là aussi ce mot célèbre de saint Jérôme, répété » par ceux qui ont écrit sur cette matière, que la Pénitence est la teemés » planche du salut. Lorsqu'un vaisseau échoue, il ne reste pour échapper » au naufrage que la planche qu'on peut saisir. Ainsi, après avoir perdu )> l'innocence du Baptême, il n'y a plus, pour moyen de salut, quela/)/«Hc/ie » du sacrement de Pénitence, sans laquelle il est impossible d'arriver au » port du salut (1 1. »