‹ Théologie morale à l'usage des curés et des confesseurs (volume 4)Chapitre 59 sur 112 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De la notion et de l'institution du Sacrement de l'Ordre.

639. Il existe dans la loi nouvelle, d'après l'institution de Jésus-Christ, un sa* erdoce visible, un corps de ministres spécialement chargés d'offrir le saci ilice de la messe , de remettre les péchés et de gouverner l'Église de Dieu; un état particulier, essentiellement distinct de l'état des laïques ou du commun des fidèles; une hiérarchie qui comprend différents ordres, < -omiiie autant de degrés par lesquels on arrive au sacerdoce. On définit YOrdre ou ['Ordination en général, un rit par lequel ou reçoit le pouvoir plus ou moins étendu d'exercer les fonctions qui ont rapport au culte de Pieu; ou, d'une manière plus particulière, un sacrement qui confère, avec la grâce, le pouvoir de consacrer le corps et le sang de Jésus-Christ, d'administrer les sacrements, de prêcher l'Évangile, et d'exercer les fonctions qui ont rapport au culte divin.

640. Il est de foi que YOrdre ou YOrdination est un sacrement. On le piotne par les saintes Écritures, par la tradition constante de l'Eglise, par l'enseiguement des saints Pères, par les décisions des souverains pontifes,

(1) Catéchisme du concile de Trente . De Ordini* sacraroento, § 1".

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et par les décrets des conciles, notamment du concile de Trente : « Si )> quis dixerit Ordinem, sive sacrani Ordinationem, non esse vere et pro- » prie sacramentum a Christo Domino instiiulum; vel esse hgmentum » quoddam humanum, excogilalum a vins rerum ecclesiasticarum impe- » ritis; aut esse tanlum ritum quemdam eligendi ministros verbi Dei, et » sacramentorum; analhema sit (1). » Il est encore de foi qu'outre le sacerdoce, il y a dans l'Eglise catholique d'autres ordres majeurs et mineurs, par lesquels, comme par certains degrés, on tend au sacerdoce. « Si quis dixerit, praster sacerdotium non esse in Ecclesia catholica alios » ordincs, et majores et minores, per quos, velut per gradus quosdam, in » sacerdotium lendatur; anathema sit (2). »

Le concile de Trente compte sept ordres : le sacerdoce, qui comprend la prêtrise et l'épiscopat qui en est la plénitude, le diaconat, le sous-diaconat, et les ordres d'acolyte, d'exorciste, de lecteur, et de portier. Le sacerdoce, le diaconat et le sous-diaconat sont appelés ordres majeurs et sacrés; les quatre autres ordres, mineurs. Quoique spécifiquement distincts, ces divers ordres ne constituent génériquement qu'un seul sacrement, parce qu'ils tendent tous au sacerdoce, dont la fin principale est l'oblation du sacrifice, à laquelle ils concourent selon la mesure de pouvoir qui leur est attribuée (5). Quant à la tonsure, elle n'est point un ordre proprement dit, mais une préparation, une disposition aux ordres, prœambulum ad Ordinem, dit saint Thomas.

Quand on dit qu'il est de foi que l'Ordre est un sacrement, on ne prétend pas parler de tous les ordres; car l'Église n'a rien défini sur ce sujet. Néanmoins, 1° il est incontestable que le sacerdoce est un sacrement. 2° Il est moralement certain qu'on doit en dire autant du diaconat. 5° Il en est de même, très -probablement, de l'épiscopat. 4° Il est plus probable qu'on ne peut regarder comme sacrements, ni le sous-diaconat, ni les ordres mineurs (4).

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