CHAPITRE III
De la Conscience scrupuleuse et de la Conscience relâchée,
71. La conscience scrupuleuse est celle qui, par une vaine appréhension, regarde comme défendu ce qui est réellement permis. Elle est au contraire relâchée, si, sans un juste motif, elle croit permis ce qui ne l'est pas , ou regarde comme vénielles des fautes •{ui sont mortelles.
Celui qui est sujet aux scrupules ne doit point agir contre sa conscience; mais il peut, il doit même agir contre ses scrupules, en s'en rapportant en tout aux avis de son directeur. C'est le vrai remède, remède nécessaire pour obtenir la guérison de cette maladie
(1) s. Alphonse de Lignori, de Pœnit. n" 610. — (2) Ibidem. — (3) Ibidenî. — (4> IHdem. — {f*} ibidem, n" 16. — Voyez le t. ii.n° 528, etc.
Spirituelle, comme renseignent saint Bernard , saint Antonin , saint François de Sales , saint Pliilippe de Néri et saint Alphonse de Ligiiori(l).
Pour ce qui regarde la conscience relâchée, il suffira de fair remarquer que celui qui la prend pour règle de conduite , mal ré l'avertissement qu'il a reçu d'agir autrement, pèche toutes les fois qu'en suivant cette conscience il transgresse la loi de Dieu. Son péché est mortel en matière grave, et même en matière légère , s'il s'expose au danger de pécher mortellement. Il ne peut s'excuser par lignorance, soit parce que son ignorance elle-même est un péché, soit parce que les fautes qu'il commet par suite de son ignorance sont volontaires dans leur cause.