Théologie pastorale
1 . Si le pasteur des âmes annonce le seul et unique Évangile, comme prédicateur à tout le peuple, comme catéchiste aux enfants, et cela principalement aux jours de dimanches et de fêtes, Tesprit de sa doctrine trouve presque journellement, dans Técole y^ du village, un troisième cercle d'activité publique. Ici, il appa-
raît comme le civilisateur et le père de sa paroisse qui naît et se développe dans le monde des enfants. Ici, son ministère enseignant prend une double forme : il enseigne par lui-même, chaque fois qu'il en sent le besoin, qull en trouve l'occasion ou le loisir, et il enseigne continuellement par l'instituteur qu'il forme, dirige et retient dans les limites de ses attributions et de ses devoirs.
2. Mais le pasteur des âmes ne se contente pas d'enseigner à l'école, il y exerce encore le rôle de surveillant, en faisant en sorte que l'enseignement ne manque pas son but : il est l'âme qui anime le corps tout entier. Les services qu'il rend à l'école se mesurent sur l'étendue de son amour sans bornes ; tout ce qu'il peut faire pour l'établissement, l'amélioration, le maintien d'une bonne institution scolaire dans sa paroisse, il le fait, sans se demander s'il y est obligé : la charité ne se limite pas à la nécessité du devoir; elle est à elle-même sa propre loi,
3. L'école peut être envisagée à un double point de vue : comme institution où l'on forme des hommes, et comme institution où l'on forme des enfants. Sous ces deux rapports l'école
Théol. past, il 1
est pour le pasteur une œuvre d'une sérieuse importance.
4. En tant qu'on y forme de jeunes chrétiens^ il doit à FÉvangiie^ qu'il y faut aussi prêcher, de travailler avec une sollicitude toute paternelle à donner de la vie à cette institution. Il doit y présenter aux forts, le pain ; aux faibles, le lait : voilà ce que demande de lui le royaume de Dieu, qui est proprement le royaume des enfants, puisqu'on n'y saurait entrer sans devenir semblable à eux. Il le doit au Sauveur des hommes, qui bénissait les enfants et aimait tant à faire retentir dans leur bouche la louange de Dieu; il le doit à FÉglise chrétienne, qui va prendre dans les écoles des rejetons nouveaux; il le doit à la paroisse, qui donne au pasteur le temporel pour qu'il dispense à tous, par conséquent aux enfants aussi, les biens spirituels; il le doit à son ministère pastoral, puisque l'influence qu'il exerce sur les écoles lui facilite l'éducation et le gouvernement de sa paroisse.
5. En tant que l'école a pour but de former des hommes, le pasteur doit à la portion inculte de l'humanité, de consacrer sa sollicitude paternelle à vivifier cette institution ; car sans les écoles, l'humanité inculte ne saurait sortir de son état de barbarie; il le doit à l'État qui a confié à sa smreillance la formation des germes précieux d'où naît l'humanité ; il le doit à la postérité, qui attend de sa main la civilisation d'un âge meilleur.
6. A ces deux points de vue, la sollicitude paternelle du pasteur pour les écoles publiques s'étend à tout ce qui peut contribuer à ce que la jeunesse studieuse ait à son service :