‹ Théologie pastorale (volume 2)Chapitre 2 sur 172 · V. Il en éloigne toute influence pernicieuse du siècle · texte numérisé non relu

V. Il en éloigne toute influence pernicieuse du siècle

VI. 11 met à profit toutes les bonnes influences du temps où il vit.

DE LA MAISON d'ÉCOLE.

7. Autant il est certain qu'un édifice sain, propre, spacieux est une des conditions indispensables à la bonne tenue des écoles, autant il est affligeant de voir des paroisses sans école ni instituteur, et les enfants obligés pendant les rigueurs de Fhiver, de faire jusqu'à une demi-heure ou une beure de marche, ou de les voir parqués dans une salle obscure, étroite, basse et malsaine, semblable aux prisons &' autre fois. Je dit autrefois ; car une législation jr^/ws humaine a voulu que les prisons fussent des habitations humaines, saines et spacieuses.

Pour que l'affaire des écoles fût sur un pied irréprochable, il faudrait :

1« Bâtir des écoles où il n'y en a point;

2° Établir des salles spacieuses et bien éclairées là où elles font défaut ;

3° Organiser un fonds scolaire, ou améliorer celui qui existe déjà, afin de pouvoir entretenir un maître pieux et habile.

8. Mais voici la difficulté universelle : Où prendre de l'argent? Le peuple des campagnes est accablé de calamités et ruiné d'impôts ; les revenus des paroisses, dans une foule d'endroits, suffisent à peine aux dépenses nécessaires; le luxe insensé, suivi de son cortège la pauvreté, va grandissant sans cesse ; l'amour des plaisirs ne permet plus de faire quelques modestes dotations en faveur des écoles, et les autorités n'ont pas toujours la force ou la volonté de travailler activement à l'amélioration des institutions scolaires.

Quoi qu'il en soit, le pasteur qu'anime une charité industrieuse et inépuisable, ne néglige aucune occasion de travailler à cette œuvre importante. 1 ^ Il donne lui-même autant qu'il peut; T les pieuses congrégations, là où elles existent, donnent ce qu'elles peuvent à son instigation ; 3<> les autorités, entraînées par ses supplications et son exemple, donnent quelque chose ;

4» la commune, gagnée par le pasteur, contribue pour sa part ; 5° les riches, sur sa représentation, font çà et là un legs en faveur des écoles.

Quand toutes ces ressources manquent, le pasteur fait luimême récole dans sa propre maison.

En effet, si le soin des veuves n'empêchait pas les apôtres d'annoncer la parole de Dieu, le pasteur saura, lui aussi, au milieu de ses travaux apostoliques, trouver le temps et avoir le courage de tenir Técole.

Le pasteur est l'inspecteur né de sa paroisse, dira-t-on, mais il n'en est pas le maître d'école ! — Dans la nécessité, la charité est tout.

9. En ce qui concerne la maison d'école, le pasteur veille à ce que, 1*> les enfants ^ au lieu d'avoir la tête couverte par des tables qui les cachent tout entiers, soient assis sur des bancs qui ne les soustraient pas aux regards du maître ; 2*> que les garçons soient séparés des filles, et les plus petits enfants des autres plus grands ; 3** que les fenêtres soient ouvertes tous les j8urs deux fois, même en hiver, afin que les enfants reçoivent de l'air pur et renouvelé ; 4» qu'en hiver les enfants ne soient pas trop rapprochés du fourneau. — La santé et la pudeur des enfants sont deux objets qu'un véritable ami du jeune âge ne doit jamais perdre de vue.

ÉTABLISSEMENT d'uN MAÎTRE CAPABLE.

<0. Se choisir un maître capable, ou le former soi-même ; faire en sorte que celui qui a de la valeur obtienne la place qui lui convient, sont deux choses soumises à de nombreuses difficultés.

1 1 . L'aptitude aux fonctions d'instituteur comprend :

i° Une piété éprouvée ;

^° Une conduite irréprochable et l'habitude de se vaincre soi-même dans toutes les conjonctures de la vie ;

3® Une connaissance exacte de la religion, sans prétention

aux allures d'un savant^ et le don d'en communiquer aux enfants les premiers principes ;

4*» La connaissance de la lecture^ de récriture, du calcul, etc. et le talent de l'enseigner aux enfants ;

5° La docilité et la soumission envers l^nspecteur local de récole, le pasteur ;

6° L'amour du travail, et le contentement dans son état ;

7° La sociabilité et l'amour des enfants.

C'est à juste titre que nous mettons pour première condition a une piété éprouvée, » parce que toute la science possible, sans la piété, ne saurait donner autre chose aux enfants qu'une mauvaise éducation. La docilité et la soumission envers le pasteur font partie des principales qualités d'un maître. Sans elles, ce dernier ne tarderait pas, dans son orgueil, à vouloir s'élever au-dessus du pasteur et à détourner de lui sa paroisse.

i%. L'influence la plus légitime du pasteur sur l'établissement d'un bon instituteur peut elle-même occasionner des divisions dans la paroisse; par exemple, quand un nouvel instituteur rend l'ancien inutile en le surpassant en connaissances ou en vertus.

\3. Quand un pasteur, ayant remarqué de bonnes dispositions dans un enfant pauvre du village, le sépare de la foule de ses camarades pour l'élever dans la crainte de Dieu, et le faire initier à toutes les connaissances propres à en faire un bon instituteur, ce pasteur forme pour lui-même et pour sa paroisse un excellent maître.

1 4. Si le pasteur ne peut former lui-même ce nouvel instituteur, il ne négligera rien pour lui faire donner les connaissances qui lui manquent encore.

4° Avant tout, il éveillera en lui le sentiment religieux, et après l'avoir éveillé il s'efforcera de le vérifier ; car c'est de là que découle tout bien.

2** Il lui enseignera à se préserver de la colère, de la mollesse, de l'indolence, de la présomption et de la mauvaise humeur qu'engendre la paresse.

3° Il lui montrera en action comment il pourra introduire Tordre et la soumission dans son école ; il Thabituera à promulguer tous les mois les quelques règles courtes et nettes qui composent le règlement de Técole, et à insister sévèrement sur leur observation.

4*> Il lui montrera par un exemple et avec beaucoup de ménagements, comment il faut tenir Técole et exciter Tattention, savoir :

a Par le silence, qui est une conséquence de Tordre,

h Par un débit intéressant,

c En mettant les enfants en action, en les faisant répondre, raconter ce qu'ils ont appris, résoudre publiquement les difficultés, et en questionnant ceux qui les ont résolues.

o*> 11 Tinstruira, par la pratique, à stimuler Tardeur des enfants, en louant sobrement ceux qui sont diligents ; en avertissant sérieusement les parents et en leur montrant les suites de Toisiveté ; en donnant aux enfants des places suivant leur mérite ; en leur distribuant des récompenses que la bonté du pasteur saura procurer; en menaçant, en punissant, en donnant quelques jours de vacances; en établissant des examens publics.

6" Il Texhortera à ouvrir et à terminer la classe par une prière récitée du fond du cœur, afin que les enfants la repètent après lui avec les mêmes sentiments.

T'» Il se Tattachera par la noblesse de ses procédés, en honorant sa personne, en appréciant ses mérites, en le secourant dans ses besoins avec une générosité mêlée de reconnaissance et pleine de ménagements ; et c'est ainsi qu'il en fera un modèle de science, de probité et de vertu pour tous les instituteurs.

Remarque. Nous recommandons ici Texcellent ouvrage de Bernard Overberg sur la Pédagogie (1).

(4) Cet ouvrage étant déjà traduit en français, et se trouvant entre les mains d'une foule de nos lecteurs, nous ne dirons rien de sa méthode scolaire. {-Note au Trad..)

Page 1