VOILA LE FRUIT DES PÉCHÉS DE MA JEUNESSE
Est horribilis quidem illa, sed summi momenti atque multU plicis expeiHentiœ testimoniis confirmata veritas, quodunusimmodicus atque prœmaturus voluptatum usus,prœsertim vero vaga et indomita libido sanifatem corporis et animi omnem destniat, et prœcipue vim generatricem humario generi natura insitQ,m, semenque propagando generi humano desfinafum ita enervet, atque cor" rumpat, ut succedente dein matrimonioy nonnisi imbelles, atque peste scelerum paternorum non minus quam labe corporis infecti homunculi progigni possint , non minore humani generis, quam solidœ pietatis atque masculce virtutis detrimento.
Les plus grands ennemis du genre humain, et ceux qui lui causent le plus de dommages, sont les séducteurs. Ordinairement, les devoirs qui naissent de leur séduction leur sont aussi peu connus qu'eux-mêmes sont peu disposés à les remplir. Il faut donc insister avec force et précision sur leurs obligations envers la personne séduite.
Le confesseur doit : a, les persuader de leur faute; b, leur dépeindre l'énormité de leur péché-; c, les mettre en garde contre le danger de le commettre de nouveau et contre les inconvénients qui s'ensuivent; d, les exciter à la pénitence en leur
en montrant les effets puissants ; e, prier instamment le Père des hommes de les ramener dans une meilleure voie; /, chercher à agir sur le cœur de la personne séduite, par des amis et autres moyens que suggère Tamour du prochain, en lui faisant sentir sa misère et en lui montrant les douces et pures jouissances de l'esprit.
Telles sont les obligations immenses qui naissent du péché.
Toutefois, pour que personne ne trouve cette instruction trop sévère, je rappellerai encore :
\ 0 Qu'un médecin charitable est souvent obligé de conseiller l'amputation douloureuse d'un membre, afin de sauver tout le corps ;
2° Que Jésus-Christ a enseigné la même doctrine, lorsqu'il a dit: « Si votre pied vous scandalise, coupez-le; si votre œil vous scandalise, arrachez-le; si votre main vous scandalise, coupez-la; »
3<> Qu'il n'y a qu'un pasteur prudent et exercé qui puisse juger quelle est, dans la pratique, la quantité plus ou moins grande qu'il faut restituer.
§ III. — De la conduite du confesseur envers les scrupuleux. CE qu'on entend par scrupules de conscience.
4K L'hypocrite ne saurait être scrupuleux, mais il peut feindre de l'être ; comme c'est là de la fourberie et non du scrupule, nous n'en parlerons pas ici.
Le scrupule réel de la conscience, qui a sa source dans le sentiment de sa propre culpabilité et dans une sentence de condamnation que la conscience porte contre elle-même, est ce que la honte est pour le péché : une voix qui nous rappelle à Dieu, par conséquent un bienfait. Ce n'est pas non plus dans ce sens que nous l'entendons ici.
Le scrupule, tel que nous l'envisageons, est
\'^ Un état de faiblesse intellectuelle, qui fait que nous voyons des obUgations, des péchés, des peines là où il n'y eu a pas.
Le scrupule ainsi entendu n'est pas seulement
2° Un état de faiblesse; c'est aussi une sorte de maladie de l'âme.
Le scrupuleux ressemble à une eau trouble, qu'on ne fait que rendre plus trouble encore en essayant de Téclaircir : chaque idée étrangère ne faisant que remuer le bourbier^ ajouter aux angoisses de l'âme et jeter la confusion dans les idées.
Le scrupuleux, tel que nous l'entendons, ne se trouve à son aise qu'auprès des personnes bonnes et vertueuses^ mais qui, n'ayant reçu aucune instruction solide sur Dieu, sur Jésus- Christ, sur la conscience, sur l'éternité, sur la loi, sur le péché, etc., sont également incapables de s'instruire elles-mêmes et de se faire instruire par d'autres.
42. Le scrupuleux porte en lui-même une quadruple incertitude, qui peut le tourmenter au point de lui donner la mort : incertitude sur la loi, sur le péché, sur la confession et la pénitence, sur le salut. Le scrupuleux ne sait pas si telle action est commandée ou défendue, s'il a violé tel commandement, si sa transgression est péché véniel ou péché mortel, s'il l'a complètement confessé, s'il s'en est sufiisamment repenti, ce qu'il doit espérer ou craindre par rapport à son salut.
43. Cette situation est un véritable enfer, d'autant que le scrupuleux n'y voit point de délivrance. Au reste, cet état, quelque pénible qu'il soit, n'est pas moins très-salutaire à un grand nombre, puisque l'empressement exagéré d'accomplir la loi maintient le sentiment de la religion et de la vertu, que l'esprit de relâchement détruit dans un grand nombre.
44. Cependant, bien que la Providence sache, comme pour tous les maux, faire tourner cet état d'inquiétude au bien de l'humanité, une maladie est toujours une maladie, et réclame un médecin pour la guérir, ou du moins pour la calmer.