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CHAPITRE II

De la conduite des âmes par rapport aux besoins particuliers du pénitent.

§1. — De la conduite des confesseurs envers les grands pécheurs, et ceux qui sont profondément enfoncés dans de mauvaises habitudes.

39. Il y a quatre périodes de temps selon lesquelles le confesseur peut fixer les différents traitements qu'il fera subir à l'âme du pénitent. Ce proverbe : « Chaque chose a son temps, » peut aussi s'appliquer en cette circonstance.

Première période. Jusqu'au moment où le pénitent découvre au confesseur l'état de sa conscience.

Pendant cette période, le ton et les manières du confesseur ne sauraient être trop doux, trop indulgents, trop bienveillants, trop encourageants. Un soupir, un mouvement de la tête ou de la main peuvent bannir la confiance du pénitent. Souvent le pécheur n'a d'autre but que de sonder le confesseur; il commence par parler de fautes légères; il fait un essai en petit, afin de s'assurer comment le confesseur s'en accommodera. Souvent on est obligé de venir "en aide à la honte, au travail d'enfantement, et d'arracher au pécheur un mot trop lourd, dont sa langue ne sait se débarrasser, en lui disant : « Vous ne me connaissez pas, mon cher ami; le péché que vous n'osez avouer, ou je l'ai déjà commis moi-même, ou je suis certainement assez faible pour le commettre à tout moment. Nul péché ne m'é-

pouvante; vous ne me dites rien de nouveau; ayez seulement de la franchise, et vous en éprouverez une grande joie dans votre cœur; montrez-moi votre blessure, et aussitôt elle sera guérie », etc.

Deuxième période. Depuis le moment où le pécheur a fait Taveu sincère de sa faute, et a pris la sincère résolution de commencer une vie toute nouvelle.

Pendant cette période, un sage confesseur cherche :

Premièrement ; A enlever au pénitent Terreur qui lui fait croire^ ou qu'il n'a pas encore raconté assez complètement ses péchés, ou que la chose principale est faite quand il les a racontés. Cette double erreur est souverainement préjudiciable à la plupart des pénitents qui n'ont pas été suffisamment instmits. Toujours préoccupés de savoir s'ils n'ont rien à ajouter à leurs confessions, ils ne font pas même attention à la parole de Dieu que le confesseur s'efforce de répandre dans leur âme, ou bien ils se figurent qu'il leur suffit de se confesser pour remplir pleinement leur devoir, et ils ne donnent plus aucune attention sérieuse à ce que leur dit le confesseur.

Deuxièmement: Le confesseur s'efforce d'enlever au pénitent ce préjugé que, l'absolution reçue, l'œuvre de la transformation du cœur est achevée. Dans ce but, il lui dira: « Si votre cœur n'a pas véritablement en horreur le péché, mon absolution ne vous sert de rien ; et dussent tous les évoques du monde vous absoudre, mon absolution vous serait inutile, si votre cœur ne changeait pas. Vous pouvez, il est vrai, tromperie regard de l'homme, mais vous ne sauriez vous soustraire à l'œil du Tout-Puissant, qui voit tout. — Il vous voit tel que vous êtes. »

Troisièmement : Il cherche à lui faire comprendre que sans combat contre l'attrait du mal, qui est em'aciné en nous, il n'y a pas de conversion possible. Si le pénitent voit l'absolution avec d'autres yeux, et comprend qu'il lui faut absolument détourner son cœur de tout péché pour être digne de recevoir l'absolution, il deviendra timide et dira peut-être : « Oui, sans doute, il faut que j'évite le péché, je veux absolument l'éviter, » Mais

ce pénitent ne saura pas lui-même ce qu'il dira par ces paroles. 11 faut donc lui expliquer ce qui signifie : « Haïr le péché, » et lui faire comprendre que, pour cela, il faut se vaincre soi-même, s'arracher les yeux, etc., au sens de notre divin Sauveur. Il faut lui faire bien sentir qu'éviter le péché et mourir au péché sont une même chose, qu'il faut se faire violence pour échapper aux charmes séducteurs du péché.

Quatrièmement : Il tâchera de lui faire sentir la situation déplorable où il se trouve, en lui disant : « A quelle pénitence douloureuse vous vous soumettriez, si vous pouviez voir et comprendre l'état malheureux d'un pécheur ! Le pécheur qui meurt sans se corriger, récoltera ce qu'il aura semé. Si donc, étant ainsi éloigné de Dieu, vous paraissiez devant la face de la juS' tice éternelle, comment pourriez-vous subsister devant lui ? Le premier pas de la conversion du cœur est fait, quand le pécheur, sentant parfaitement sa misère, ne cherche plus autre chose qu'à prendre la résolution sérieuse de faire tout ce qu'on demandera de lui, pourvu qu'il puisse être délivré de la tyrannie de son péché.

Cinquièmement : Si le pécheur sent l'état malheureux où il se trouve, il doit sentir aussi l'impuissance où il est de se remettre à lui-même ses propres péchés, de s'en débarrasser et de créer en lui une vie nouvelle. Il faut donc lui dépeindre l'amour éternel dans la personne du Christ, qui a la puissance de remettre tous les péchés, d'en détruire le règne, et de transformer la race des pécheurs en une race d'enfants de Dieu. Le confesseur ne négligera donc pas d'exciter dans le pécheur la foi et la confiance en Dieu,

Délivrance de tout péché.

Rémission de tout péché.

Résurrection à la vertu.

Voilà, lui dira-t-il, ce que Dieu vous offre en Jésus-Christ, si vous croyez et avec confiance en lui, si vous vous soumettez à sa direction.

Sixièmement : Lorsque la confiance aux miséricordes de Dieu

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sera devenue vivante dans le pécheur^ le confesseur ne négligera pas de fortifier^par les promesses de TÉvangile^ cette résolution : « Je suis disposé à tout entreprendre^ à tout sacrifier . je ne reculerai devant aucun combat^, pour obtenir la paix avec Jésus-Christ,, et arriver à la vie éternelle. »

Remarque. Toute la conduite du confesseur, pendant cette seconde période, consiste : à enlever au pécheur tout préjugé qui rend impossible sa conversion fondamentale, à lui donner des idées sérieuses sur son état : autrement, point de conversion possible ; à lui montrer son propre cœur, pour éveiller en lui le sentiment de sa misère; à le faire soupirer après la délivrance; à lui inspirer la confiance au seul et véritable Rédempteur ; à lui faire prendre la résolution de se donner à lui sans réserve.

Inutile de rappeler que cette marche répond à Tidée de toute direction raisonnable de l'homme, qu'elle est conforme à la méthode apostolique et au mode d'enseigjiement suivi par Jésus" Christ, qui mettait toujours dans une connexion étroite la nécessité du changement intérieur et les promesses du royaume des cieux.

Troisième période. Jusqu'à l'absolution du pénitent.

Ici, le confesseur parle en qualité de médecin et de docteur.

Comme médecin, il présente au pénitent.

Premièrement : Les meilleurs moyens de correspondre à la grâce de Dieu et de se préserver du péché. Ces moyens les plus efficaces sont :

l"» De renouveler tous les jours en se levant cette résolution : Je veux aujourd'hui, avec la grâce de Dieu, m'abstenir de ce péché d'habitude, quoi qu'il m'en puisse coûter ;

2" D'éviter autant que possible les occasions du péché ;

3" De se représenter vivement à la pensée, pendant le jour, au milieu de ses travaux, l'amour de Dieu, la bonté de Jésus- Christ el les récompenses de la vie éternelle ;

4° Au retour de la tentation, qui ne tardera pas à reparaître, de lutter courageusement contre les charmes du péché, d'étouffer la première étincelle de la passion, de détourner avec force son

attention des images séduisantes qui s'offriront à son imagination ;

0° De faire, le soir en se couchant^ un sérieux examen de conscience, accompagné de sentiments de repentir et d'actions de grâces ;

De demander à Dieu en différentes circonstances Fassistance du Saint-Esprit nécessaire pour triompher du péché ;

6° Au bout de six ou huit jours, d'entrer en compte solennel avec sa conscience, et de s'approcher de nouveau de la confession et du festin de l'Amour.

Deuxièmement : Après cet enseignement médicinal, qui est manifestement l'affaire essentielle, le confesseur, quand il le juge nécessaire, fait les fonctions de docteur, et explique au pénitent tous les devoirs qui pourraient èlre le résultat du péché commis, ou bien encore ceux que le pénitent ne connaîtrait pas suffisamment ou qu'il aurait réellement violés, par exemple : l'éducation des enfants, le support d'un voisin, la fréquentation de l'office paroissial, l'amour des ennemis.

Remarque. Ici, le confesseur comble toutes les lacunes laissées par le prédicateur, le catéchiste, l'instituteur et le docteur privé. Le confesseur fait ce que n'ont pu faire ni l'enseignement général, ni l'enseignement privé.

Troisièmement. Enfin, le confesseur impose au pécheur pour pénitence ce qu'il y a de plus important dans son enseignement médicinal, et ce qu'il juge d'ailleurs être salutaire.

Quatrième et dernière période. Avant de renvoyer le pénitent, le confesseur lui demandera : a, s'il a bien tout compris ; 6, s'il est fermement résolu à suivre tous ses conseils; c, s'il n'a plus rien au cœur qui le tourmente, et d, s'il peut quitter le confessionnal pleinement tranquilisé. Si à cette question le pénitent répond par un oui joyeux, le confesseur continuera : « Je veux donc vous donner l'absolution. Repentez-vous encore une fois de vos péchés, renouvelez en présence de Dieu la résolution de faire toujours sa volonté; excitez-vous encore une fois à la confiance aux miséricordes infinies du Père céleste, et à la bonté

de son Fils, Notre-Seigneur Jésus* Christ ; demandez-lui encore une fois la grâce de persévérer dans le bien, et de rester fidèle à vos résolutions. » Après ces paroles, le confesseur, s'il en a encore le temps, inspirera au cœur du pénitent une prière fervente où seront renouvelés les sentiments de repentir, de confiance et de reconnaissance, ainsi que toutes les résolutions que peut prendre Taraour reconnaissant. Puis il donnera l'absolution et congédiera le pénitent en Tinvitant à élever encore une fois ses regards vers Dieu, pour implorer la toute-puissance de sa grâce.

§ II. — Matériaux inconnus pour un enseignement important en faveur des pécheurs chargés de péchés énormes.

40. Il arrive souvent que ni les confesseurs ni les pénitents ne connaissent suffisamment leurs devoirs. Il importe donc de les leur mettre clairement devant les yeux.

Un péché dominant trouble tout dans Thomme et hors de rhomme. Par conséquent, le bon propos suppose dans celui qui se convertit la résolution de combattre le péché dans toutes ses conséquences, et autant que possible de Tanéantir ; car si le péché engendre des suites terribles, il suppose Tobligation d'en détruire autant que possible les conséquences.

Premier devoir né du péché.

Employez toutes les forces qui vous sont données à détruire en vous les conséquences du péchéy à y rétablir le trgne de l'amour de Dieu et du prochain qui en avait été banni j afin que les restes de vos inclinations vicieuses disparaissent de plus en plus avec le temps.

Employez toutes les forces qui vous sont données à

1 0 Effacer de l'imagination du pécheur les images du péché et de tout ce qui est profane, pour y établir l'image des choses divines ;

S° A faire disparaître de l'intelligence du pécheur toutes les fausses idées qu'il s'est faites sur les agréments du vice et les âpretés de la vertu, et à les remplacer par les saines idées que

la religion donne snr la valeur des choses, des honneurs, la richesse, la santé et la vie ;

3« A rendre la mémoire plus habile et plus apte à se représenter, dès la première excitation au mal, la vue de Dieu, la beauté de la vertu, les inconvénients du vice, les compensatioûs de réternité, et à résister aux attraits du péché ;

4» A produire dans la volonté et dans le cœur une ferme confiance au Rédempteur, un amour reconnaissant envers Tauteur des miséricordes, une forte aspiration vers l'éternité, une résistance aux ennemis du salut, d'autant plus énergique qu'elle aura été plus longue.

Mais que faut-il faire pour effacer de Timagination du pécheur l'image séduisante du péché ?

«. Nous devons faire tout ce que nous pouvons et devons, c'est-à-dire nous efforcer de graver dans son imagination de nouveaux traits du bien, en lui présentant sans cesse ce que la religion a de sublime ; la vertu, le beau ; les espérances des bons, de consolant; les conséquences du péché, d'affreux;

6. En nous efforçant d'affaiblir les anciens vestiges du péché, par l'abstention sévère des plaisirs défendus ;

c. En rendant le pécheur attentif à la voix de Dieu, par l'amour du travail, la vigilance sur les sens, la mortification du corps, par la sobriété en toutes choses, par un mépris souverain de tous les attraits du mal.

Je dis : a Nous devons nous efforcer; » car l'assujettissement complet des sens à l'esprit n'est possible que par la prédominance du bien, du Saint-Esprit.

En un mot : Si la force de la prière, qui nous met en pos« session des choses divines, et si l'abnégation, qui nous fait triompher des choses de la terre, deviennent de plus en plus vivantes en nous, la rénovation de l'homme intérieur s'opérera de plus en plus, et par conséquent les suites du péché se feront de moins en moins sentir.

Deuxième devoir qui découle du péché.

Efforcez-vous de détruire dans votre corps, autant qu'il est en

vous^ les conséquences du péché, et de réparer le dommage causé; c'est-à-dire rétablisses par la sobriété^ le travail et le triomphe sur vous-même^ votre santé compromise^ et affaiblissez Tattrait prédominant du péché qui habite en vous.

Troisième devoir qui découle du péché.

Tâchez de réparer, autant qu'il est en vous, toutes les mauvaises conséquences du péché^ tous les dommages que vous avez causés hors de vous-même; de les réparer envers ceux à qui vous les avez causés et de le faire de la manière dont vous le pouvez. Je veux dire par là qu'il faut compenser :

l'' Tout le préjudice porté à l'âme, à la religion, à la vertu, à l'éducation ; par exemple, en négligeant la culture de l'âme des enfants, en entretenant leurs erreurs et leurs préjugés, tels que seraient ceux d'un employé qui dirait au fils de la maison : « Vous êtes riche à cent mille francs, vous n'avez besoin ni de précepteur, ni de livres, ni d'études ; » en scandalisant les innocents par des chants, des peintures, des écrits ou autres moyens de séduction ; en afi^aiblissant le sentiment de la religion et de la pudeur, en exaltant le vice et en ridiculisant la vertu ; en favorisant la ruine de la vérité, et en rendant difficile le triomphe de la vertu sur le vice.

2° Tous les dommages portés aux biens du corps. Ainsi, on y est obligé non-seulement quand, sans motif, on a été cause que quelqu'un a perdu un de ses membres; mais encore quand, l'ayant prévu de quelque manière, on a occasionné à ses parents quelque grand chagrin qui plus tard abrégera leurs jours ; quand, par ses paroles et ses exemples, on a porté les autres, à l'intempérance, au vagabondage nocturne, aux jeux, et que ces excès sont devenus préjudiciables à leur santé.

3° Les dommages portés aux biens de l'honneur ; par exemple, quand on accuse faussement un innocent, quand on révèle les fautes d'aulrui, qu'on attache à de bonnes actions des intentions mauvaises ; quand on répand de faux bruits ; quand on met quelqu'un dans la difficulté ou l'impossibilité de se défendre, qu'on propage des bruits équivoques par la voie des journaux, etc.

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/i« Les dommages portés aux biens temporels : quand on s'empare du bien d'autrui par la violence ou la ruse ; quand on favorise Tenlèvement du bien d'autrui; quand on achète sciemment des choses volées, qu'on les recèle r^ qu'on aide à les consommer ; quand on fait des dettes «ans intention de les payer, ou sans prévoir qu'on le pourra ; quand on sait les défauts d'une marchandise, ou qu'on en vend de la bonne à un prix exagéré ; quand on dissimule un ou plusieurs créanciers afin de tromper les autres ; quand on refuse à l'autorité les impôts légitimes; quand, dans un contrat, on tait des circonstances que l'autre partie devait connaître.

J'ai dit, deuxièmement, qu'il fallait réparer le dommage envers ceux à qui il avait été causé. Ici, trois principes sont à observer : Réparer le dommage envers celui à qui il a été causé, s'il est connu et s'il vit encore; envers ses héritiers, s'ils vivent encore et sont connus ; envers le public, si le propriétaire et ses héritiers sont ir connus ou introuvables.

J'ai dit, troisièmement, que la restitution devait être faite par celui qui avait causé le dommage, Quand on l'a causé seul, il faut le réparer seul tout entier; quand on l'a causé collectivement, chacun doit contribuer aie réparer selon la mesure du tort qu'il a fait. Les héritiers des personnes qui ont causé le dommage sont aussi tenus à restituer tout le bien d'autrui reçu en héritage.

J'ai dit, quatrièmement, que le dommage devait être réparé de la même manière qu'il avait été causé.

On comprendra facilement cette prescription, si on l'applique au cas particulier de la défloration.

Si l'auteur est en même temps le séducteur, il doit :

I. Mettre la personne dans une situation où elle puisse se marier aussi avantageusement que si elle n'avait pas été déshonorée;

II. Faire son possible pour Tempêcher de mener dans la suite une vie criminelle; car comme on lui a enlevé son innocence et son honneur, bien plus précieux que Ter, il en résulte souvent l'obligation :

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m. D'épouser la personne déshonorée ; par exemple, quand c'est l'unique moyen de l'empêcher de s'adonner à une vie criminelle.

IV. Par rapport aux enfants, le père (qu'il ait été ou non séducteur) est obligé de se charger de leur éducation complète, autant que ses ressources le lui permettent, tl est astreint à payer non- seulement les sommes fixées par les lois civiles, mais encore tous les frais d'entretien, de nourriture, d'éducation, etc.

Ces devoirs du séducteur envers la personne séduite, le confesseur ne saurait les représenter trop vivement au pénitent ; car, s'ils ne sont pas remplis, de quelle injustice ne se rend-il pas coupable envers la mère, qui est livrée aux soucis , à la pauvreté et au vice; envers l'enfant, qui végète dans la misère et l'ignorance, orphelin et pour ce monde et pour l'autre ; envers la société, qu'il prive d'un membre utile, et charge d'un membre onéreux.

Voici ce qu'il y a, dans cette doctrine importante, de plus remarquable, par rapport à la destruction des suites du péché.

1® Le péché, principalement celui d'impureté, cause dans les familles et dans l'État des désordres généralement incalculables, mais surtout irréparables. Voilà ce qu'il faut représenter aux faibles, afin de les détourner du péché.

2^ Ceux-là même qui se convertissent sincèrement ne pouvant effacer les conséquences de leurs désordres, tombent dans les inquiétudes de conscience les plus terribles, inquiétude qui souvent les tourmentent toute leur vie.

3<» Le confesseur a besoin de toute sa prudence, d'une part, pour exciter le pécheur à réparer les|conséquences de son péché; de l'autre, pour ne point le jeter dans le désespoir en lui représentant ses devoirs.

i'» Le confesseur doit baser entièrement la sentence qu'il portera quant à la manière de réparer les suites du péché, sur les circonstances où il a été commis, et sur le plus ou le moins de coopération que le pénitent y a pris.

S*» Nous et tous les hommes, car nous sommes tous pécheurs.

avons besoin d'un Rédempteur pour un double motif : d'abord, parce que nous ne louvons nous relever du péché si lui-même ne nous relève ; ensuite^ parce que nous ne pouvons pas dé^ truire nous-mêmes les conséquences du péché si lui-même ne les détruit.

Parmi les dommages qu'il est rare de pouvoir réparer, et qui inquiètent tout particulièrement le pécheur, il faut compter Taffaiblissement delà santé produit par les désordres d'une volupté féroce, affaiblissement qui 'a pour autre conséquence Timpuissance des organes générateurs.

Quel triste spectacle pour un pore, de voir grandir sous ses yeux des enfants mal formés et rachitiques, et d'être obligé da se dire :

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