‹ Théologie pastorale (volume 2)Chapitre 49 sur 172 · Moyens de conserver l'innocence · texte numérisé non relu

Moyens de conserver l'innocence

^^^ La délicatesse de conscience et la vigilance dans les relations ; s'attacher toujours aux meilleurs hommes qui composent une société; car telles nos fréquentations, tels nous-mêmes, sinon maintenant, du moins plus tard.

2° Éviter de se trouver souvent seul avec une personne de l'autre sexe pour laquelle on se sent de l'inclination. Car aussi longtemps que vous resterez près du feu, aussi longtemps vous serez exposé au danger de voir la flamme dévorer le faible et inflammable édifice de votre vertu.

3<> Repousser sur-le-champ avec un mépris héroïque et par une parole ferme et brève, toutes les tentations personnelles, les attaques extérieures.

« Je ne veux pas, je ne voudrai jamais. »

i*» A la moindre excitation venant de l'extérieur, prendre la fuite sans délibérer longuement avec soi-même ; car chaque délai peut éveiller une passion qui dort encore, et alors ce serait fait de la victoire.

5<* Ne point se charger de mets ou de boissons, surtout le soir; quant au repas de midi, il est ordinairement suivi de travaux qui calment de nouveau le feu de la passion.

6° Dans les divertissements publics surtout, s'abstenir de tout ce qui peut mettre le sang dans une agitation extraordinaire, éviter les sorties et le vagabondage nocturne ; car les puissants attraits du péché agissent alors dans toute leur force, et la honte et la pudeur sont presque toujours sacrifiées.

7<> Chercher à se maintenir dans un état de vigilance, par la prière, la préparation au combat, la fuite, etc.

8** Renoncer totalement à la lecture de ces sortes d'écrits qui représentent des scènes scabreuses, ravissent à l'âme les sentiments encore innocents de l'amour et de la tendresse, et font

consister le paradis dans le sentiment aveugle du plaisir. 9*^ Les limites bornées de notre sagesse et de notre volonté ne nous permettant pas de prédire, ni de vaincre tous les dangers auxquels la vertu et l'innocence sont exposées, nous devons demander à l'Amour éternel de nous conserver purs, d'éloigner les dangers auxquels succomberait notre vertu, et de nous donner le courage de vaincre ceux que nous ne pouvons éviter. Conserver le calme, la piété et la pureté du cœur est une grâce de Dieu ; car il y a certains moments, certaines circonstances où les vertus les plus héroïques faibliraient, si une sagesse supérieure ne détournait la tentation, ou ne relevait, par des événements imprévus, les forces chancelantes de nos bonnes résolutions.

10° Nourrir l'imagination des plus belles images de la vertu, etc.; par exemple : Que la conduite de l'héroïque Joseph ^'arrachant ^ux élreinles de la volupté, ne sorte jamais de votre pensée. Qu'elle soit pour vous comme un ange protecteur, qui vous dise au fond du cœur, au moment du danger : « Fuyez, votre Dieu vous contemple. »

\\^ Renoncer à certains plaisirs permis, afin d'acquérir par cet exercice d'abnégation , la force de mépriser les plaisirs défendus.

42" Fuir l'oisiveté et la fainéantise, surtout à certaines heuj^es où l'esprit est moins disposé à veiller sur lui-môme.

i 3<» Chercher à se procurer un ami de l'esprit, du cœur et de la conscience qui soit en même temps un ami éprouvé de la vertu ; hU avouer les plus petites excitations de la sensualité, les germes naissants de la tentation, et se laisser diriger et iortifier par sa main.

Une fois le cœur de la jeunesse mis en rapport familier avec Dieu et fortifié dans ce commerce intime par le secours d'une éducation chrétienne, il trouvera, dans chaque regard élevé vers Jésus- Christ, des forces et des armes pour le combat^ comme aussi le courage nécessaire pour vaincre.

C6. Il sera bien facile à l'ami de la conscience de généraliser c^li moyens propres à préserver le jeune âge de la peste de la

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volupté: « Apprenez à veiller, à combattre et à prier : à veiller, pour que le péché ne vous surprenne pas ; à combattre, pour n'être point vaincu par le péché ; à prier, pour que vous ayez toujours la force de veiller et de combattre. »

§ V. — • De la conduite du confesseur envers ceux qui ont passé de l'état d'innocence U l'état de péché.

67. Connaître sa situation est chose salutaire à tout homme, mais principalement à celui qui vient d'être séduit. Il faut donc lui faire comprendre à quels dangers il s'est exposé en passant de l'état d'innocence à Fétat de péché; combien ce passage a été rapide, combien il a perdu par là, combien il est malaisé de se défaire du péché quand on l'a pris en affection ; qu'il ne doit plus se lier à son propre cœur, puisqu'il vient d'apprendre à connaître le péché par expérience ; qu'avoir commis un premier péché c'est avoir frayé les voies à un second, à un troisième, etc.; qu'un second péché serait beaucoup plus terrible et moins pardonnable, puisqu'il n'aurait plus pour excuse l'inexpérience du cœur; que toute répétition d'un péché ne fait qu'en affermir les chaînes, qu'un premier péché devient facilement péché d'habitude, et que ce péché d'habitude devient bientôt plus fort que toutes les résolutioiis qu'on prend de ne pécher plus ; par conséquent, qu'un premier péché se transforme en servitude honteuse du pécheur, si l'on ne met pas la plus sévère vigilance à se préserver de la rechute.

68. Quand le cœur du pénitent est ouvert à de sincères sentiments de repentir, il faut lui inspirer des sentiments de confiance en la miséricorde éternelle, afin qu'après être devenu digne de recevoir la grâce de Jésus-Christ, il renouvelle devant Dieu le vœu sacré : a, d'interrompre pour jamais tout rapport avec la personne séduite ou séductrice ; b, de combattre vaillamment l'inclination du péché ; c, de s'habituer à se rappeler continuellement les doctrines fondamentales du christianisme, à avoir constamment devant les yeux Dieu, Jésus- Christ et l'éternité, à se servir de la prière et du renoncement à soi-même

comme la seule arme divine que nous devions opposer à toutes les tentations ; e, d'éviter, autant que possible, toutes les occasions propres à réveiller lap;ission assoupie, et de les fuir avec la plus grande fermeté ; d^ de réparer, selon la mesure de ses forces, tous les scandales, dommages et conséquences de son péché.

69. Quand cette résolution s'est bien affermie dans Fâme du pénitent, le confesseur n'a rien de mieux à faire qu'à vivifier, par quelques paroles énergiques, ces sentiments de foi, de confiance, de repentir, d'amour et de reconnaissance, et à les renouveler par de ferventes prières. Jésus-Christ étant lui-même le condamnateur et le destructeur dupéché,la foi en ses miséricordes, l'espérance en ses promesses, et l'amour que son esprit répand en nous, ces trois vertus célestes donnent suffisamment de force pour vaincre le mal, pratiquer le bien, supporter l'adversité et mépriser tous les charmes du péché.

§ VI. — De la conduite du confesseur envers ceux qui retombent par faiblesse.

Un libérateur doit connaître les écueils qui menacent la vie de ses amis, ainsi que les moyens de les sauver.

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