DE LA CONNAISSANCE DU PÉCHÉ
11 ne VOUS suffit pas de savoir en général que le péché est le souverain mal de Thomme ; il faut encore que vous appreniez à le voir tel qu'il est en vous-même.
Écoutez ! vous êtes séparé de Dieu, vous êtes éloigné de Dieu; oubliez maintenant ce que sont les autres hommes ; ne voyez que vous-même, et commencez par votre intérieur. Votre cœui* est attaché à la terre; les biens de la terre vous retiennent enchaîné. L'attachement à la terre : voilà votre péché. Poursuivre les richesses du monde , voilà votre idolâtrie ; les biens de la terre sont votre Dieu, et l'amour qui vous passionne pour ces richesses est une véritable idolâtrie.
Voilà donc votre péché ! créé pour les choses du ciel, vous vous ensevelissez dans les trésors de la terre, et vous-même, vous êtes devenu tout terrestre, tout matériel.
Votre cœur s'affectionne aux plaisirs de l'animal. La volupté
as THÉOLOGIE TASTORALE.
VOUS attire, vous enchaîne, vous domine. Le sens animal est donc votre péché.
Créé pour vous réjouir en Dieu, pour jouir de réternité, qui est Dieu , et que Dieu accorde à ses enfants, vous vous associez aux animaux des champs , vous êtes devenu vous-même semblable à eux, vous êtes devenu animal, bestial.
Voilà donc votre péché ! La loi sainte, qui règle et tempère les mouvements des sens, vous l'avez violée , en ne cherchant que des plaisirs sensuels; et dans cette jouissance des voluptés charnelles, vous avez perdu le sens des plaisirs éternels.
Mais non-seulement votre âme est attachée aux biens de la terre, non-seulement vous vous passionnez pour les voluptés bestiales, non-seulement votre âme se laisse captiver par le néant de la vaine gloire ; mais vous voudriez encore que vos semblables prononçassent votre nom avec respect, quils vous accordassent partout la préférence, qu'ils appelassent votre folie, sagesse; vos égarements, vertu; votre avilissement, noblesse et dignité.
Voilà donc votre péché !
Au lieu de rendre tout l'honneur à Dieu, de qui vient tout bien, vous vous faites vous-même l'objet de votre honneur. Vanité, prétention, orgueil, voilà votre péché.
Qu'est-ce donc que le péché ?
Dans les biens de la terre vous ne cherchez que vous-même et que le plaisir de vos sens; dans les plaisirs de l'animal, vous ne cherchez que vous-même et le contentement de vos sens ; dans le néant de l'honneur, vous ne cherchez à satisfaire que vous-même et votre vanité. L'amour de vous-même, Tégoïsme, est donc votre péché capital . Or, cet égoïsme aurait-il pu arriver à vous dominer, si vous aviez considéré Dieu comme le centre de toutes choses ? Ainsi votre péché, c'est de vous être séparé du vrai Dieu, du Dieu vivant , de vous être fait vous-même votre Dieu.
L'égoïsme de votre âme, séparée de Dieu, est donc le péché de tous les péchés.
L'égoïsme yous rend injuste^ inconvenant, dur envers les autres.
L'égoïsme devient en vous la source de tous les autres péchés.