SIXIÈME MÉDITATION
DES SENTIMENTS QUI DOIVENT ANIMER CELUI QUI CHERCHE SON SALUT EN JÉSUS -CHRIST.
1<» L'esprit de Dieu commence par l'amener, à travers toutes sortes de voies inconnues aux yeux des hommes ordinaires, à la connaissance vivante de ses péchés. Dans cet état, le pécheur connaît, sent et voit sa misère; il est tout douleur et tout repentir. « J'ai péché, » voilà tout ce qu'il se contente de dire. Ce qui jusqu'alors avait été fermé dans sa conscience par sept sceaux, en sort maintenant librement; il se reconnaît comme pécheur devant lui-même, devant Dieu et devant le ministre de Jésus-
Christ^ en présence duquel il répand son intérieur comme de l'eau.
Remarque. L'aveu de ses péchés est une sorte de félicité que le pénitent ne saurait se refuser ; c'est de cet aveu que dépendent l'instruction, le calme et la force qu'il doit recevoir du confesseur.
2° De même qu'il sent ses péchés^ il sent aussi l'impuissance où il est de s'en racheter, de se les remettre lui-même, de s'élever par sa propre force à une vie nouvelle. Il soupire après la délivrance.
3° C'est dans ce double sentiment de son péché et de son impuissance à s'en débarrasser, que Jésus- Christ apparaît à ses yeux : « C'est moi, lui dit-il, qui suis mort pour vous, qui me suis offert en sacrifice d'expiation pour les péchés du monde. Dieu est tout bonté et miséricorde ; je veux être votre médecin, votre salut ; il suffit que vous me donniez votre cœur, que vous croyiez à ma parole, que vous ayez foi en ma puissance. Ici est la grâce et la vie ; il vous suffît de prendre ce que je vous offre. »
40 Cette parole, que Jésus- Christ prononce dans le cœur abattu du pécheur, par son esprit et par Torganede son ministre, dépose dans son intérieur le germe des vertus célestes, la foi, la confiance, l'amour ; la foi en l'amour éternel, la confiance en la miséricorde de Jésus-Christ, l'amour envers celui qui nous a aimés le premier. L'âme, tournée vers Jésus-Christ, reçoit le pardon, la paix et une vie nouvelle des mains de Jésus-Christ; et le pécheur entend retentir dans son cœur cette douce parole : « Vos péchés vous sont remis. »
5° En ce moment s'éveillent dans l'âme qui a trouvé grâce et miséricorde, la joie, la reconnaissance, le dévouement, la honte, la confiance ; la joie dans celui qui lui a rendu la paix et la vie; la reconnaissance envers celui qui l'a délivrée du péché, de la mort, de l'enfer; le dévouement : je veux vivre pour vous, ou plutôt ce n'est pas moi, mais vous qui vivrez en moi; la honte : pendant que je vivais dans l'oubli de Dieu, le Seigneur a jeté
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sur moi un regard de complaisance; pendant que je lui tournais le dos^ il est Tenu me cherclier ; comme je fuyais sa bonté, il m'a arrêté dans ma fuite ; la confiance ; il achèvera son œuvre.
Cette histoire se renouvelle à toutes les heures de la vie dans chaque communauté chrétienne. Le ministre de l'Eglise est en quelque sorte la bouche du Christ par laquelle Dieu rafraîchit rame abattue, en y versant les consolations de la vie éternelle, en la remplissant de joie et de paix, et en lui donnant la vertu nécessaire pour le combat.