‹ Théologie pastorale (volume 2)Chapitre 96 sur 172 · PARTICULIERS DE LA CRAINTE DE DIEU · texte numérisé non relu

PARTICULIERS DE LA CRAINTE DE DIEU

Siméon, qui avait la crainte de Dieu et attendait la consolation d'Israël, reçut du Saint-Esprit la douce espérance qu'il verrait encore avant sa mort FOint du Seigneur. Poussé par l'Esprit- Saint, il se rendit au temple, et vit le Salut du monde. C'est le Saint-Esprit qui lui avait donné cette réponse consolante, par conséquent il fallait qu'il l'eût demandée avec de vives instances. C'est le Saint-Esprit qui l'excita à aller au temple au

moment même où il y devait voir le Sauveur. Le Saint-Esprit agissait donc dans ce juste qui attendait le Salut d'Israël.

Nous apprenons par là : 1° qu'il peut exister un commerce familier entre Dieu et l'homme : les âmes pieuses interrogent, et le Saint-Esprit répond. Si, tout en ne cessant de prier Dieu, il ne nous répondait jamais, il n'y aurait entre lui et nous aucune communauté, aucune relation; car toute relation exclut le silence continuel de Tune des parties; 2° que, à en juger par l'histoire de Siméon, la crainte du Seigneur, une vie irréprochable, un vif désir d'être éclairé d'en haut sont ce qui prépare le mieux l'homme à recevoir les influences du Saint-Esprit. Tel était aussi Daniel ; il était juste, demandait à Dieu de se révéler à lui ; et comme sa prière avait pour objet ce qu'il y avait de plus élevé, le Seigneur se révéla à lui ; 3° qu'il faut surtout distinguer deux espèces de communications du Saint- Esprit; les réponses précises: « Vous ne verrez point la mort, avant d'avoir vu l'Oint du Seigneur; » et les suggestions secrètes : « Allez maintenant au temple; » 4** que les révélations de Dieu sont pure vérité : Siméon vit encore le Sauveur du monde avant de fermer les yeux. C'est là aussi la véritable pierre de touche qui permet de distinguer sûrement les inspirations de l'imagination d'avec les suggestions de l'Esprit-Saint ; les unes n'étant que folies, les autres étant la vérité même ; 5° que l'Écriture, la même ffà. elle nous enseigne sur les choses naturelles, prévient tout ce qui tient du fanatisme et de la sensibilité. Ayez la piété de Siméon, et abandonnez à Dieu le soin de vous conduire.

m. PRIÈRE EXAUCÉE, JOIES CÉLESTES ; FRUIT DE LA CRAINTE DE DIEU.

Dans rivresse de sa joie, Siméon prit l'Enfant dans ses bras et remercia le Seigneur. Les plus doux instants de notre vie sont ceux où nos plus audacieuses prières sont exaucées, nos meilleures espérances remplies; où toutes les fibres de notre âme sont à l'unisson pour célébrer la louange du Seigneur; où

notre bouche déborde d'actions de grâces, et où le regard de noire esprit aperçoit en Jésus-Christ le salut du monde.

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