‹ Théologie pastoraleChapitre 114 sur 209 · DOCTRINES DES DEVOIRS · texte numérisé non relu

DOCTRINES DES DEVOIRS

c. Travailler a ramener soi etles autres dans la voie du salut :

d. Sacrifice de soi-même pour le bien des autres membres. Humilité, obéissance, union avec les supérieurs ecclésiastiques soit immédiats soit médiats.

Zèle calme et pur à chercher Dieu dans la nature, dans la Bible, dans la tradition, et, après l'avoir trouvé, le louer, surtout en imitant son inépuisable amour envers toutes les créatures, en aimant tous les hommes, etc.

Saisir la vie éternelle, qui nous mettra en état de triompher des souffrances du temps, des séductions de ce monde passager, et de la mort.

La Providence divine, La justice éternelle, La charité qui parfait tout La mort, le jugement, La résurrection, La rétribution, La plénitude de toutes choses.

Ce tableau, dans lequel l'idée centrale et unique du christianisme se trouve développée en sept points dogmatiques et moraux, contient, par cela même, les notions directrices qui doivent présider au choix d'un bon thème de sermon. Cependant ces notions directrices ne conduisent que celui qui les comprend et qui veut se laisser diriger par elles.

\ 2. Dans le cas où, vous trouvant dans quelque occasion de prêcher, il ne vous viendrait pas de suite un thème convenable, vous n'auriez qu'à prendre le but de la fête pour sujet de votre sermon, en le considérant, ce but, sous son plus bel aspect, et

vous auriez suffisamment de matériaux pour votre discours. Un exemple :

Dans une foule d'endroits, le peuple célèbre la fête de saint Léonard, pour demander que le bétail soit préservé de la peste et autres maladies. Plus d'un chrétien ne manque pas, sans doute, de mêler à cette prière quantité de pensées terrestres. Néanmoins, comme le peuple ne se réunit que pour témoigner à Dieu qu'il est placé sous sa souveraine dépendance, et pour implorer la bénédiction de la toute-puissance divine, sans laquelle nulle entreprise humaine ne réussit; comme le sentiment de notre dépendance vis-à-vis de Dieu, et la foi à l'efficacité des bénédictions divines, constituent l'essence de la religion, une âme chrétienne trouvera d'elle-même le plus beau thème de sermon, dès qu'elle portera ses regards sur l'essentiel de la religion, par exemple : Le Seigneur est riche pour tous ceux qui V invoquent, et : le Seigneur veille sur vous tous.

I. Cherchez d'abord ce qui est éternel, et cherchez-le dans le Seigneur ; car le Seigneur est riche pour tous ceux qui l'invoquent.

II. Ne soyez point dans l'inquiétude par rapport aux choses temporelles ; car le Seigneur veille sur vous tous et bénit le travail assidu.

Une autre fois, le prédicateur pourra apprendre à ses auditeurs comment ils doivent chercher Dieu dans la vie des champs, et comment ils peuvent l'y trouver. Il pourra montrer aussi combien l'homme des champs, lorsqu'il est vraimentchrétien, peut vivre heureux et content.

Quelques-uns ont commencé dans leurs sermons à parler plus de la nature que de Dieu, plus des prés et des champs que de Jésus-Christ, plus du temporel que de l'éternel. Il est inutile de démontrer ce qu'il y a d'insensé dans de pareils écarts. Cependant, dans des circonstances analogues à celles de la fête de saint Léonard, le prédicateur pourra profiter de l'occasion pour réconcilier le peuple avec la vie des champs ; car autant il serait préjudiciable qu'en glorifiant les choses de la matière les chrétiens s'éloignassent des choses de Dieu, autant il est sa-

lutaire d'apprendre à connaître, à aimer et à imiter Dien dans les choses naturelles.

« Ne fuyez point les ouvrages laborieux ni le travail de la campagne, qui a été créé par le Très-Haut » (Eccli., vu, 16).

Apprenez à voir la vie des champs telle qu'elle est, telle qu'un chrétien doit la voir. Le chrétien voit du bien où un grand nombre n'en voient aucun, il ne voit aucun mal là où plusieurs ne voient que cela, et dans ce qui est réellement un mal, dans la souffrance, il voit la main de Dieu qui l'enlève ou l'adoucit, et qui sait chaque fois le racheter par un bien infini.

I. La vie des champs renferme, aux yeux du chrétien, beaucoup de bien qu'une foule d' habitants des campagnes ne connaissent ni n'estiment.

11 est manifeste : 1° qu'il y a plus d'application et moins d'oisiveté à la campagne que dans les villes. Le chrétien voit en cela une bénédiction divine , bénédiction pour le corps et pour l'âme. Vous devez vous-mêmes le savoir : quand êtes-vous le plus assaillis par de mauvaises pensées? est-ce quand vous suivez votre charrue, ou quand vous n'avez rien à faire ?

Il est manifeste : 2° que , par cela même qu'on trouve à la campagne plus d'application et une nourriture plus simple, il y a plus de santé, plus de forces physiques et moins de maladies que dans les grandes villes. Là encore le chrétien voit une nouvelle bénédiction du ciel.

Il est manifeste : 3° que les enfants de la campagne reçoivent une meilleure éducation que ceux des villes. Le travail endurcit, les pieux exemples d'une mère fructifient ; privés du spectacle des vices honteux et dégradants, les enfants conservent plus facilement et plus longtemps leur innocence.

Il est manifeste : 4° qu'à la campagne il y a moins d'occasions et d'entraînement au péché, et surtout moins de corruption et plus de loyauté française que dans les grandes villes. Les théâtres, qui corrompent les mœurs sous prétexte de les polir ; les sociétés qui pratiquent le vice comme un art et l'enseignent comme une science, les maisons dont la volupté est l'unique moyen de sub-

sistance, manquent encore, dieu merci, dans la plupart de nos villages.

Il est manifeste : 5° qu'il y a à la campagne plus de piété que dans la ville. Quand Fherbe resplendit dans les prairies, quand les épis dorés inclinent leur tête majestueuse et semblent appeler la main du laboureur, quand les arbres plient sous le poids de leurs riches ornements, on assiste en quelque sorte au travail de la Providence ; on la voit répandre à pleines mains la bénédiction.

11 est manifeste : 6° que la culture des champs est pour vous une école de sagesse qu'on ne trouve pas dans les villes. L'agriculture est un commentaire vivant de la plus belle parabole de Notre-Seigneur : Le champ, c'est le monde ; la bonne semence, ce sont les enfants de Dieu; l'ivraie, ce sont les méchants; l'homme qui sème le bon grain, c'est le Fils de Dieu; celui qui sème le mauvais grain, c'est Satan; les moissonneurs, cesontles anges; la moisson, c'est la fin du monde.

II. Aux yeux du chrétien, la vie des champs est dépourvue d'une foule de maux qu'y aperçoivent des yeux ordinaires.

« Dans les villages, il n'y a pas autant d'églises, de pratiques de dévotion, de sermons, que dans les villes. » — Une église de village suffit à celui qui est pieux, qui veut écouter et conserver la parole de Dieu, et qui veut devenir lui-même un temple de Dieu ; les nombreuses églises des villes ne servent de rien au méchant qui y apporte et en emporte l'enfer avec lui.

« Les habitants de la campagne, dit-on, sont attachés à la glèbe comme des bêtes de somme, et les sueurs qu'ils répandent ont peu de compensations. » — Les travaux, si pénibles qu'ils soient, qui apportent un morceau de pain dans la maison, valent mieux que l'ennui et l'oisiveté, qui n'enfantent que le vice et la mort. La culture des champs fait partie des lois établies par le Seigneur; elle est pour la ville comme pour la campagne une source de bénédictions.

« On méprise les habitants de la campagne. » — Les insensés, oui; les gens raisonnables, non. Un paysan qui craint Dieu et

qui fait le bien, vaut mieux devant Dieu que tous les grands, tous les riches, tous les savants qui, au milieu de leur grandeur, de leurs richesses, de leur science, oublient qu'ils ont une âme. Dieu, qui voit tout, bénit du haut de l'éternité la vertu cachée sous les haillons, et punit le vice qu'abritent les vêtements de soie.

III. Dans ce qui est réellement un mal, une souffrance, l'œil du chrétien voit la main de son Père qui supprime, adoucit et rend chaque fois au centuple ce qui est enduré avec patience.

Par cela seul que l'agriculteur est endurci par le travail et la souffrance, chaque nouvelle douleur lui est plus facilement supportable qu'à l'homme efféminé. Quand éclatent des inondations, des pestes, des calamités générales, la compassion des voisins est d'autant plus grande que le mal est plus intense. Dieu sait proportionner la générosité des cœurs à l'étendue des besoins ; et si la nécessité élève les âmes vers Dieu, elle en fait aussi descendre la force et la consolation. Quand les souffrances deviennent plus vives et plus opiniâtres, elles conservent le trésor du ciel, la perle de la vie éternelle, dans l'âme qui, tourmentée par la terre, cesse de s'attacher si étroitement à elle. Or, si les souffrances affermissent et purifient le saint amour pendant les jours de notre pèlerinage sur la terre, quelle récompense la Bonté souveraine et éternelle n'accordera-t-elle pas là-haut à la patience éprouvée?

Alors, chers habitants des campagnes, vous bénirez avec reconnaissance les souffrances qui auront été vos bienfaitrices. Croyez- vous, en effet, que les souffrances soient inutiles à l'homme, — qu'elles ne soient pas indispensables à sa vertu ? Si tout nous réussissait constamment, nous oublierions bien vite Notre-Seigneur, nous mépriserions ses commandements, nous nous enorgueillirions de notre santé, de l'abondance de nos greniers, de la quantité de notre argent, de la beauté de notre bétail, des semences de nos champs, etc. Mais quand une calamité publique abat sur un lit de douleur le robuste habitant des campagnes, enlève les bestiaux qu'il a dans son étable;

quand un incendie détruit ses greniers, que ia disette vide ses coffres-forts, qu'une inondation ravage la semence de ses champs, alors il tourne ses regards vers Dieu, alors il espère en lui, alors il s'affectionne à ses commandements et commence à les estimer par-dessus tout....

43. Pour faire la critique d'un thème que l'on a choisi, il suffit de se demander : a, si la pensée qui est l'âme du sermon et qui forme le thème proprement dit, est vraie, claire, pratique, édifiante; b, si elle répond aux besoins des auditeurs et aux légitimes attentes des hommes de bien, par conséquent si elle offre de l'intérêt pour les auditeurs ; c, si elle vous paraît suffisamment féconde pour que, après nne préparation convenable, vous puissiez parler là-dessus pendant une demi-heure, sans offenser la raison de ceux qui pensent, et sans impatienter les gens de bien ; d, si vous n'êtes pas trop recherché, trop maniéré.

Souvent le thème, ainsi que sa division, sont déjà fournis

par un passage de l'Écriture : dans ce cas, il suffit d'expliquer les mots. C'est ainsi qu'est exposée la doctrine la plus importante du christianisme :

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