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En considérant attentivement la conduite des mages, nous

y trouverons tout ce dont nous sommes redevables à la grâce de Dieu : obligation d'écouter la voix de Dieu quand elle nous appelle, d'obéir courageusement après qu'elle nous a appelés, et de marcher fidèlement, sans nous retourner dans aucun sens, jusqu'à ce que nous soyons au but. Nous ferons un bon usage de la grâce de Dieu si, comme les Mages, nous sommes attentifs avant de nous décider, courageux dans l'exécution de nos desseins, et persévérants jusqu'à leur entier accomplissement. Attentifs, nous écouterons la voix de Dieu ; courageux, nous obéirons à sa voix ; persévérants, nous triompherons de tous les obstacles et atteindrons le but.

24. Jusqu'ici nous avons montré par des exemples comment la méditation peut trouver et rassembler les matériaux d'un sermon ; maintenant nous allons faire voir comment on peut trouver et recueillir ces mêmes matériaux : 4 ° pour un sujet dogmatique, 2° pour un sujet de morale, 3° pour un sujet historique, 4° pour le développement d'un texte donné.

§ I. — Des sujets dogmatiques.

25. Quand on doit prêcher sur un sujet dogmatique, il y a surtout quatre points de vue où l'on peut se placer.

Premièrement , il faut considérer le contenu, le sens, l'idée fondamentale de la doctrine ;

Deuxièmement, la vérité et la certitude de la doctrine ;

Troisièmement, le rapport de la doctrine avec la sagesse, la vertu et le bonheur de l'homme;

Quatrièmement, l'union de cette doctrine avec d'autres enseignements du christianisme, surtout avec son idée centrale.

Quand je comprendrai suffisamment le sens, la vérité, l'importance et le rapport de la doctrine avec d'autres vérités chrétiennes et avec l'idée fondamentale du Christianisme, je n'aurai pas besoin d'en demander davantage.

Prenons pour exemple la sainteté de Dieu.

26. D'après les quatre points de vue indiqués, on peut: 1° expliquer le sens de cette doctrine : Dieu est la sainteté même.

Théol. past, I. 24

2° exposer la vérité de celte doctrine; 3° en montrer Fimpor" tance ; 4° indiquer le rapport qui existe entre elle et d'autres doctrines chrétiennes. Nous ne voulons pas dire par là qu'il faille former le peuple d'après ces quatre catégories; ce que nous prétendons, c'est que celui qui enseigne la religion, le guide du peuple, doit les connaître, afin de savoir comment il doit envisager telle vérité. Quant à la manière de la présenter au peuple, après l'avoir découverte, c'est une tout autre question.

Nous ne parlons encore ni du sang, ni des muscles, mais seulement de la charpente du discours.

i. Que signifient ces mots : Dieu est saint, souverainement saint, la Sainteté même ?

Tout ce que l'homme peut bégayer relativement à celui qui est la Sainteté même, c'est que Dieu est le Bien le plus pur et le plus parfait, exempt, par conséquent, de tout ce qui est souillure et péché. Étant la Bonté et la Pureté par excellence, il déteste tout ce qui est mal dans les autres, et il aime en eux tout ce qui est bien. Étant la Bonté et la Pureté par excellence, il empêche le mal hors de lui-même, et favorise le bien comme il convient à sa souveraine bonté et à sa souveraine sagesse de le faire. Étant la Bonté par excellence, il récompense le bien et punit le mal.— En un mot, là où est la sainteté parfaite, là est : 4° la parfaite bonté et l'exemption complète de tout mal; 2° l'amour du bien et l'horreur du mal ; 3° l'appui de l'un et l'obstacle de l'autre ; 4° le bonheur du juste et le châtiment du méchant.

il. Dieu est souverainement saint.

4 ° En Dieu il n'y a point de péché. — C'est ce qu'attestent : Moïse : « En Dieu il n'y a point d'injustice » [Deut., xxxn, 4) ; saint Jean : « Dieu est la lumière, en lui il n'y a point de ténèbres » (I Jean, i, \ 5); la conscience de. tout homme de bien, qui lui dit que Dieu a horreur du mal, qu'il est la Pureté même.

2° Dieu aime tout le bien et déteste tout le mal qui se trouvent dans les hommes. C'est là ce que nous disent, David : « Vous n'êtes pas un Dieu qui aimiez l'iniquité (Ps. v, 5). Dieu est juste

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et il aime la justice » (Ps. x, 8) ; Isaïe : « Lavez-vous, purifiez ~ vous, ôtez de devant mes yeux la malignité de vos pensées, cessez de faire le mal; assistez l'opprimé, faites justice à l'orphelin. . . puis venez et plaignez-vous de moi »(i, 46, 17,18). Mais il faut lire le chapitre en entier. « Je hais vos solennités des premiers jours des mois et toutes les autres; elles me sont devenues à charge, je suis las de les souffrir. Lorsque vous étendrez vos mains vers moi, je détournerai mes yeux de vous, et lorsque vous multiplierez vos prières, je ne vous écouterai point, parce que vos mains sont pleines de sang » (ls., i, 1 4, 1 5). Il est évident d'ailleurs, même aux yeux de la saine raison humaine, que si Dieu est l'être le plus pur, il doit aimer la pureté dans ceux qui sont purs, et détester l'impureté dans ceux qui sont impurs.

3° Dieu favorise le bien et empêche le mal avec une sagesse et un amour souverains. C'est là ce que proclament à la fois la nature, le monde, la raison ; c'est ce qu'énoncent la conscience, la loi, l'Évangile; c'est^ce qu'enseignent Moïse, Jésus-Christ, etc.

4° Dieu aime et récompense les bons, ou plutôt il est lui-même leur récompense et leur bien souvet'ains.

C'est ce qui ressort des doctrines et des faits divins :

Des doctrines : « Seigneur, qui demeurera dans votre tabernacle 1 ou qui reposera sur votre sainte montagne ? Celui qui vit sans tache et qui pratique la justice; qui parle selon la vérité qui est dans son cœur ; qui n'a point usé de tromperie dans ses paroles ; qui n'a point fait de mal à son prochain et qui n'a point écouté les calomnies contre ses frères ; qui regarde le méchant comme un néant et qui honore ceux qui craignent le Seigneur ; qui, ayant fait un serment à son prochain, ne le trompe point ; qui n'a point donné son argent à usure et qui n'a point reçu de présent pour opprimer l'innocent. — Celui qui fait cela ne sera jamais ébranlé (Ps. xiv). Vous aimez la justice et vous haïssez l'iniquité ; c'est pourquoi Dieu, votre Dieu, vous a oint d'une huile de joie plus excellente que tous vos compagnons (Ps. xliv, 8). Voilà pourquoi aussi on célèbre une fête au ciel, chaque fois que l'entrée d'un pénitent y augmente le nombre

des bons (Luc, xv, 7). Si quelqu'un aime la vie et désire avoir des jours heureux, qu'il empêche que sa langue ne se porte à la médisance et que ses lèvres ne prononcent des paroles de tromperie. — Qu'il cherche la paix et qu'il travaille pour l'acquérir; car le Seigneur tient ses yeux sur les justes, et ses oreilles sont attentives à leurs prières. Qui sera capable de vous nuire si vous ne pensez qu'à faire du bien ? »

Des faits divins. — Parmi la foule innombrable d'exemples, citons-en seulement quatre : La destinée d'Abraham, celle de Joseph et de Daniel, la glorification de Jésus-Christ prouvent ce que devient celui qui exécute fidèlement la volonté de Dieu.

Chaque chrétien doit se figurer que Jésus-Christ, du haut de son trône de gloire, lui adresse ces paroles : Soyez bon comme je suis bon, et vous serez heureux comme je suis heureux; vous voyez par moi comment mon Père aime, sauve, honore, rend heureux ceux qui préfèrent sa volonté à tout ; vous voyez par moi comme celui-là est bien traité qui se confie entièrement au Seigneur ; vous voyez par moi que ceux qui sont bons, qui obéissent à la voix de Dieu, nulle souffrance, nulle infamie, nulle douleur, nul genre de mort ne sauraient leur nuire ; vous voyez par moi comment le Seigneur soutient les siens de sa main, pour que nulle puissance, nul enfer, nul démon ne les lui ravissent ; vous voyez par moi que le bonheur du Père consiste à rendre heureux ses enfants.

in. Dieu est la sainteté par excellence. — Vérité d'une souveraine importance pour tous les hommes.

Dieu est un être souverainement pur ; Dieu voit avec complaisance tout ce qui est bon; Dieu ri a aucune fart au péché ; Dieu aime et favorise le bien, déteste et empêche le mal ; Dieu donne la force et l'amour du bien ; Dieu applaudit au bien ; Dieu récompense chaque vertu en lui accordant le degré de bonheur qui lui correspond. Cette vérité, crue indubitablement et conservée fidèlement dans l'âme, est pour nous une règle vivante et un modèle continuellement présent qui nous invitent à la charité et à la pratique de la vertu. Puisque Dieu est tout sainteté et tout pureté, qu'il aime

et favorise cette pureté dans les hommes, nous devons nous efforcer de la développer en nous et dans les autres, c'est-à-dire aimer tout ce qui est bon, haïr tout ce qui est mal, et travailler de toutes nos forces à ce que les autres aiment tout ce qui est bien et détestent tout ce qui est mal. Cette vérité, crue indubitablement et conservée fidèlement dans rame, nous détournera de tout péché secret, de toute injustice cachée ; elle nous excitera à la pratique secrète de la vertu, à la pureté d'intention, à des sentiments et à une conduite agréables à Dieu.

Ici se rapportent les passages classiques de la Bible : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (J\îaith., v, 48). « Soyez saints dans toute la conduite de votre vie, comme celui qui vous a appelés » (I Pierre, i, I 4) .

iv. Cette doctrine : Dieu est la sainteté même, se rattache :

1° A la doctrine qui dit que Dieu est partout; car si l'œil de l'Éternel voit tout le bien et tout le mal ; si l'amour éternel de Dieu aime tout le bien et détruit tout le mal, récompense tout le bien et punit tout le mal, il faut de toute nécessité qu'il soit partout présent ;

2° A la doctrine de la miséricorde et de la justice infinie de Dieu ; car ce même amour saint et éternel qui excite le méchant à la pénitence, pardonne au pécheur repentant, récompense le juste, est encore le même qui repousse tout ce qui n'est pas saint, et châtie le pécheur qui refuse de se convertir;

3° A la doctrine delà sainteté de Jésus-Christ; car la sainteté qui est invisible en Dieu est la même que celle qui est visible en Jésus-Christ;

4° Cette doctrine répond aux sentiments délicats des âmes pieuses, qui ne font rien de ce qui pourrait blesser la sainteté de Dieu, ou qui font tout de la même manière que si elles étaient en sa présence. Telles étaient les nobles dispositions du chaste Joseph, de la pudique Susanne, qui, lorsque la tentation s'offrit à eux, cherchèrent aussitôt auprès de la sainteté même les forces de résister. Marchons donc toujours, mes amis, en pré*

sence de celui qui voit tout, et nous traverserons le monde sans en contracter les souillures ;

5° Cette doctrine est conforme à cette prière du Seigneur : « Que votre nom soit sanctifié! » C'est-à-dire que tous les hommes confessent que vous êtes saint ; que tous les hommes méditent combien vous êtes saint ; que tous les hommes maniesteut publiquement par leur extérieur que leur intérieur est saint ; que tous contribuent à ce que les autres le deviennent de plus en plus;

6° Elle est conforme à notre destination future. Devenez purs, afin que vous puissiez voir un jour combien le Seigneur est pur;

7° A ces paroles de Jésus -Christ : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. »

27. C'est ainsi que, dans la pensée du prédicateur, les idées accessoires se rattachent et se lient à l'idée fondamentale de son discours. Mais ce n'est pas à dire qu'elles ne puissent encore s'y rattacher d'une autre manière : la liberté bien entendue n'a pas besoin de règle, ou plutôt elle est à elle-même sa propre règle.

28. Ajoutons qu'il est des doctrines auxquelles il faudrait faire mie grande violence si l'on voulait les faire entrer dans la forme indiquée sous le no 26; par exemple cette proposition évangélique : « Il faut aller à Jésus-Christ comme le malade va au médecin.» Ici l'orateur chrétien fera bien de se contenter d'exposer la figure et de montrer la vérité qu'elle renferme ; en d'autres termes, de résoudre simplement ces simples questions: « Comment un malade va-t-il au médecin?» et «Comment devons-nous aller à Jésus-Christ? »

i. Le malade va trouver le médecin — quand cette démarche doit lui être utile ; il y va avec le sentiment de sa faiblesse, avec la foi et la confiance au médecin, avec la résolution d'observer ponctuellement ses prescriptions. En effet, quand le sentiment de ma faiblesse physique ou d'une maladie réelle ne me force pas d'aller au médecin, je n'y vais pas. Quand je n'ai nullement foi en l'habileté du médecin, et nulle confiance en lui, je ne vais pas le trouver. D'autre part, si je n'observe pas ses près-

criptions, cette démarche m'est tout à fait inutile. Toutes ses ordonnances ne me serviront de rien, si je ne m'y conforme pas.

ii. Eh bien! voilà exactement comment le pécheur doit aller trouver son médecin, Jésus-Christ. Pour obtenir du secours, le chrétien doit :

Premièrement, aller à Jésus-Christ. 11 a, en effet, suffisamment de puissance et de bonté pour effacer tous les péchés, détruire toutes les faiblesses, et pour donner à l'âme malade la santé, la force et la vie. Lui-même invite tous les malades à se rendre auprès de lui : «Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués, et je vous soulagerai. »

Deuxièmement, le pécheur doit aller à Jésus-Christ avec le vif sentiment de sa faiblesse et de son indignité. — Car, si nous nous croyons sains et vigoureux, nous n'éprouverons pas le be soin d'aller au médecin. Il nous faut donc reconnaître la faiblesse et la misère qu'engendre en nous l'iniquité, sentir l'état malheureux où nous nous trouvons : ce sentiment nous conduira à Jésus-Christ.

Ce qui manque à la plupart, c'est qu'ils ne connaissent pas leur misère et l'état malheureux où ils sont ; ils n'ont pas le sentiment de leur impuissance : voilà pourquoi ils vivent dans l'indifférence. On ne saurait donc rien conseiller de mieux au pécheur que le calme et la solitude ; c'est le véritable moyen de le réveiller de sa torpeur, de l'arracher à ses dissipations, de le faire rentrer en lui-même pour lui apprendre à sentir sa faiblesse. Aussi les tribulations sont-elles très-salutaires au pécheur: elles le réveillent comme malgré lui de son sommeil, et le font réfléchir sur le triste état de son âme. Il faut y joindre encore :

La prière, qui étant le retour de l'homme en lui-même, et de là son élévation vers Dieu, est absolument indispensable pour sa conversion. La cause pour laquelle toutes leurs prières, leurs lectures, leur fréquentation des églises sont si peu profitables à un grand nombre, c'est qu'ils font tout cela non dans le sentiment de leur misère, mais par habitude, entraînement, routine.

•J/b THEOLOGIE I'ASTOSAIE.

Voilà pourquoi parmi les pratiques préparatoires à la pénitence, le catéchisme place celle-ci : Vous devez invoquer le Saint-Esprit et examiner votre conscience. Sans une lumière d'en haut qui éclaire notre conscience, il n'y a point de connaissance de ses péchés et de leurs suites; sans cette connaissance, nul sentiment profond de sa misère; sans ce sentiment, point de retour vers Dieu. Voilà pourquoi Saul dut commencer par avoir conscience de sa situation et comprendre qu'il était un persécuteur de Jésus-Christ. Voilà pourquoi l'enfant prodigue dut, avant tout, sentir son malheur, et reconnaître que les manœuvres qui travaillaient dans la maison de son père étaient plus heureux que lui, avant de se lever et de dire : « J'ai péché ! » Voilà pourquoi l'humilité est le point de départ du changement de dispositions dans le cœur de l'homme. Car qu'est-ce que cette vertu, sinon le sentiment profond de ses propres faiblesses, de ses défauts, de ses imperfections, de ses péchés, etc.?

Troisièmement, le pécheur doit se rendre auprès de son médecin, Jésus-Christ, en ayant foi et confiance en lui.

Quiconque n'a pas cette foi et cette confiance, languira dans le sentiment de sa misère, et n'ira pas trouver le médecin.

La foi et la confiance donnent le courage, elles arrachent à la bouche l'aveu sincère de ses péchés, et inspirent au cœur la résolution de se faire guérir.

Voilà pourquoi l'Évangile insiste si fortement sur la foi et la confiance. Voilà pourquoi la rémission de ses péchés est promise à celui qui croit en Jésus-Christ. C'est que, sans foi ni confiance, nous ne pouvons ni aller à lui, ni lui faire l'aveu de notre misère, et encore moins accepter de lui notre guérison.

Quatrièmement, le pécheur doit aller trouver le médecin avec la ferme résolution de suivre ses prescriptions. La foi en Jésus- Christ produit la résolution de se confier entièrement à lui, et cette disposition, cette soumission du malade, amène son salut, sa guérison et sa santé. Toute la science du médecin m'est inutile, si je ne veux pas admettre les doctrines

qui sont le fruit de cette science ; les miséricordes de Jésus- Christ me sont inutiles, si je ne me laisse pas diriger par elles ; la puissance de Jésus-Christ m'est inutile, si ne je me laisse pas guérir par elle ; Jésus-Christ tout entier m'est inutile, si je n'accepte pas ce qu'il me donne, si je ne fais pas ce qu'il me commande. — Que sert-il, par exemple, à l'avare de confesser de bouche et par écrit devant le monde entier « qu'il croit en Jésus-Christ, » s'il ne détache pas son cœur de Mammon, dont l'amour le rend malade, c'est-à-dire avare, et dont l'influence doil être neutralisée par cette médecine de Jésus : « Celui qui aime mieux l'argent que moi, ne saurait être mon disciple? » Il est manifeste que cette profession de foi servirait aussi peu à l'avare qu'il servirait peu au malade de faire constamment l'éloge du médecin et de lire cent fois ses recettes.

Dans d'autres circonstances , le prédicateur peut aller plus avant, et montrer dans son action unique et grandiose , aussi bien que dans son origine, la foi vivante dans la charité et dans l'espérance, selon ce passage de saint Jean : « Tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde; votre foi, voilà ce qui a vaincu le monde. » Le disciple éclairé du Seigneur veut dire parla que notre foi est divine dans son origine, puisqu'elle est née de Dieu; divine dans ses œuvres, puisqu'elle triomphe du monde.

29. Entre une foule d'autres moyens propres à faciliter l'invention et la disposition des matériaux d'un sermon, il en est un surtout qui mérite d'être recommandé ; il demande, il est vrai, beaucoup d'application ; mais, en retour, il aboutit à de précieux résultats.

Voici ce moyen :

Les jeunes élèves de l'éloquence chrétienne doivent lire attentivement quelques travaux sur des sujets religieux, ensuite les analyser, et enfin les critiquer :1e premier est un travail du cœur; le deuxième de l'intelligence, et le troisième du jugement. La pre mière lecture grave la vérité dans le cœur, la deuxième décompose le tout en ses différentes parties, et la troisième prononce sur la vérité, sur la valeur de l'ensemble et sur celle des par-

ties. De cette manière, une foule de propositions courtes et claires viennent se lier entre elles dans l'intelligence du lecteur et se rattachent à la proposition principale.

Nous allons donner ici un exercice de ce genre sur un sermon de Fabbé Poule, où il traite de la Loi. Nous analyserons d'abord le discours, puis nous en apprécierons la valeur.

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