II. SUR LA RÉFLEXION
« Que vous sert-il d'avoir la santé du corps, si votre âme est malade, c'est-à-dire si vous ne faites pas un bon usage de votre raison?
Votre cheval et votre bœuf sont encore plus robustes que vous, et cependant ils ne connaissent pas les moyens de se rendre heureux. Mettez votre bœuf sur un champ inculte, et vous verrez s'il sera en état de le cultiver ! ou bien, mettez dans son râtelier du foin pour toute la semaine, et vous verrez que dès le premier jour il mangera ou foulera tout aux pieds, sans s'inquiéter des jours suivants. Or, ce qui fait que l'homme est plus heureux que les animaux, c'est que non-seulement il sait plus qu'il ne voit et n'entend, mais qu'il peut encore savoir quantité de choses qu'il n'a pas encore vues et qu'il ne verra que plus tard.
Par exemple, quand vos parents sèment du blé dont ils pourraient se servir pour faire du pain, ils font cela parce qu'ils savent qu'ils en obtiendront beaucoup plus qu'ils n'en auront semé. Or toutes ces choses, ainsi qu'une foule d'autres, c'est la raison qui nous les enseigne. Mais cette raison, à quoi vous sert-elle, si vous n'en usez pas? Elle ne vous sert de rien; vous ressemblez alors aux animaux qui n'en ont point » (Schlosser, Petit livre pour les enfants de la campagne).
Qu'est-ce qui rend ce discours populaire ?