‹ Théologie pastoraleChapitre 160 sur 209 · III. DE LA MANIÈRE DE SE CONDUIRE ENVERS LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

III. DE LA MANIÈRE DE SE CONDUIRE ENVERS LES ANIMAUX

« Quand vous êtes cruels envers les animaux, vous êtes 1 ° injustes envers eux.

Vous, et plus encore vos enfants, vous prenez aux oiseaux leurs nids, leurs œufs, leurs petits, qui, loin de vous avoir rien fait, vous réjouissent de leurs chansons joyeuses et innocentes, et dévorent les vers et les insectes qui dévastent vos champs. Quelles plaintes déchirantes fait entendre ce pauvre petit oiseau quand on lui enlève ses œufs, ses petits, sur lesquels il a veillé avec tant de soins pendant plusieurs semaines ! — Mais plus criminelle encore est votre conduite quand vous traitez durement les animaux qui vous sont utiles et travaillent pour vous ; quand vous ne les nourrissez pas, que vous demandez d'eux au delà de ce qu'ils peuvent faire, quand vous les frappez inhumainement. Ces animaux font pour vous tout ce qu'ils peuvent; toutes leurs forces vous appartiennent ; ils travaillent du matin au soir ; ils n'ont aucune jouissance extraordinaire, et vous leur rendez la vie encore plus amère par votre brutalité, par un travail au-dessus de leurs forces, par les coups. Cela est-il convenable? Croyez-vous avoir le droit de les traiter selon votre bon plaisir parce qu'ils ne peuvent ni se défendre ni se plaindre?

2° Vous êtes injustes envers Dieu.

C'est Dieu, et nul autre que lui, qui a créé les animaux. Il veut que tous, même les plus insignifiants, soient heureux. Il a pourvu à l'entretien de tous; à chaque petit oiseau ses vers, ses insectes, ses petits grains. 11 a donné à chacun un talent, un instinct, des membres, des instruments particuliers pour chercher et trouver sa nourriture. « Voyez, dit notre Sauveur, les oiseaux du ciel, ils ne sèment point, ils ne moissonnent point, ils ne récoltent pas dans des greniers, et pourtant votre Père les nourrit.» Tout, sur la terre, doit ressentir les effets de sa bonté ; et vous, hommes sans pitié, vous agiriez contrairement à cette bonté divine! Vous voulez être heureux, et vous ne voulez pas que les autres créatures le soient ! Qui a donné aux oiseaux ce talent si varié pour chanter, si ce n'est Dieu ? Quand le soleil se lève et que la joie a éclaté partout dans les champs et dans les forêts; quand l'alouette dans les airs, le rossignol, le pinson et la fauvette dans les bois chantent les louanges de Dieu, cet hymne d'allégresse universelle en l'honneur du Créateur ne vous plaît pas; vous ne célébrez pas vous-mêmes les louanges du Seigneur ; le matin, vous n'avez point de cantique, et ce qui est pire, vous enlevez encore leurs plaisirs à ces pauvres oiseaux, en cherchant à les prendre ou à dévaster leurs nids. N'est-ce pas pour votre unique plaisir que ces oiseaux chantent si bien? Si vous n'y trouvez pas de récréation, ayez soin du moins de ne pas troubler celle des autres et d'empêcher vos enfants de le faire » (Muller, Sermons pour le peuple des campagnes).

Qu'est-ce qui rend ce discours populaire ?

1° L'intelligence facile du sujet;

2° La simplicité de l'expression ;

3° Les applications faciles et naturelles;

4° La répétition des questions qui animent la narration.

iv. de la piété de circonstance.

« C'est chose excellente de prier quand il fait mauvais temps ; mais ce qui n'est pas bien, ce qui ne me plaît pas, c'est de voir

que vous ne priez que par crainte , et qu'une fois Forage ou le tonnerre passé, tout se retrouve comme auparavant. Chaque fois que je pense à cette conduite, il me semble que toute votre dévotion n'a pour but que de tromper le bon Dieu et de l'engager à passer outre. A mesure que l'orage diminue, votre prière devient plus lâche, et le dernier coup de tonnerre n'a pas plutôt retenti que vous fermez tous vos livres de prières. Dans la même maison où l'on priait il n'y a qu'un instant, on entend de nouveau, comme par le passé, les propos indécents, les mauvaises plaisanteries, les jurements, les paroles injurieuses, et avant même que les pierres soient sèches, les bons sentiments, les pieuses résolutions se sont écoulés avec l'eau. Cette piété-là, je la nomme piété de mauvais temps, piété de nécessité. Cette piété n'est pas la véritable » (Zerrenner , Natur und Ackerpredigten) .

Qu'est-ce qui rend ce discours populaire ?

\ ° Les excellentes peintures qu'il renferme, et qui émeuvent les plus ignorants ;

2° La vérité, que chacun doit y reconnaître;

3° La simplicité des expressions;

4° Les comparaisons prises dans les choses que tout le monde a sous les yeux, et qui conviennent parfaitement au sujet.

Page 1