SUR JEAN MIGUEL SAILER. XVII
témoignait de la bienveillance à tous, mais il était tout bienveillance. Pour une âme si bien faite, les relations habituelles devenaient plus nobles et plus salutaires ; aussi vit- on souvent pendant sa vie ses meilleurs disciples se réunir autour de lui, non-seulement comme de simples auditeurs autour de leur professeur, mais comme des disciples autour de leur maître. C'est là surtout que cet homme répandit de son cœur fécond ces bonnes semences qui produisirent des fruits si précieux dans un grand nombre, devenus à leur tour propres à en produire de nouveaux pour les générations futures.
« C'est ainsi que pendant des siècles l'homme généreux agit avec force sur ses semblables, » Gcethe.
« Au milieu de l'influence prodigieuse qu'il exerça sur des intelligences si nombreuses et si diverses, rien n'était plus intéressant que d'observer sa manière de procéder. Envers ses plus intimes amis, il était d'une expansion sans bornes, et en général il réglait sa conduite suivant les personnes avec lesquelles il se trouvait. Il avait, pour apprendre à connaître les hommes et découvrir le degré de leur développement intellectuel, une habileté remarquable et une balance d'une rare justesse. Mais comme cette finesse d'observation n'était qu'un instrument au service de son dévouement absolu, elle n'était autre que ce qu'on nomme la vraie sagesse.
« Quand, dans quelque nécessitémorale,onlui demandait conseil, il était rare qu'il commençât par combattre les fautes et les erreurs qu'on avait commises ; il recher-
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