XVI NOTICE BIOGRAPHIQUE
Post-scriplum. — Les pages qui précèdent étaient déjà écrites, lorsqu'un ami lointain, qui avait connu Sailer bien avant moi, dès 1812, qui depuis l'avait souvent revu, et à qui j'avais demandé quelques lignes de souvenir, m'envoya les pages suivantes. Gomme elles concordent avec ma notice, elles prouvent la justesse de mon appréciation, laquelle, du reste, sera ratifiée par tous ceux qui ont connu l'illustre défunt.
« Sailer était un homme qu'on estimait d'autant plus qu'on le connaissait mieux ; son caractère si noble, si pur, si aimable, ne se démentait jamais. Il n'est pas facile de trouver quelqu'un qui, dans des conjonctures si diverses, dans la santé comme dans la maladie, dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, ait conservé une telle égalité d'âme II était comme une source qui répand avec une intarissable fécondité une eau toujours pure. De ses yeux jaillissait une lumière toujours douce et paisible. La sérénité et la paix de l'âme, qui se manifestaient dans chaque action, chaque parole, chaque regard, étaient chez lui le résultat d'une victoire conti nuelle remportée sur lui-même et une conséquence de son âme grande et élevée. Au milieu des conversations les plus animées, il se recueillait de temps en temps dans son intérieur, et on voyait alors que quelque chose de surnaturel se passait dans son âme. Mais tout cela lui était aussi naturel qu'il le serait pour un jardinier de regarder le ciel en contemplant les fleurs de son jardin. Dans ses relations avec les hommes, non-seulement il