Partie liturgique
En ce qui concerne la forme, ce catéchisme devrait être entièrement historique, dans le genre de l'Essai de Fleury. En effet, puisque le fond de la religion est historique, pourquoi la forme ne le serait-elle pas? De plus, on entend volontiers les histoires, on les comprend facilement, elles se gravent profondément dans l'âme et y laissent d'impérissables souvenirs.
Au surplus, un catéchisme bien fait pouvant être considéré comme la Bible du peuple, et revêtant par sa généralité l'autorité d'un livre symbolique, on comprend de soi que l'intro-
duction d'un nouveau catéchisme ne saurait se faire sans Fautorisation et l'approbation des évêques.
En attendant l'introduction légitime d'un nouveau catéchisme dans son diocèse, chacun peut, avec l'approbation tacite de l'évêque, ou en adopter un nouveau pour sa paroisse, ou conserver l'ancien.
En général, le catéchisme doit être considéré comme un dépôt sacré^ où le catéchiste puise ses idées sur Dieu, sur Jésus-Christ, sur l'Église, sur la vie éternelle, et les expose aux enfants dans une forme adaptée à leur langage et à leur intelligence.
Si, comme c'est la règle, le désir qu'a le catéchiste d'introduire un nouveau catéchisme trouve un obstacle dans l'autorité épiscopale, il lui reste toujours, en ce qui concerne l'explication, un champ libre et illimité, qui n'a d'autres bornes que celles de l'orthodoxie.
On voit par là qu'un sage catéchiste fera mieux, au lieu de s'occuper à introduire un nouveau catéchisme, de choisir le plus court chemin, et d'user largement de la liberté qu'il a de puiser, selon la mesure de ses forces, la doctrine de Jésus-Christ dans le dépôt sacré de l'antiquité, et de la distribuer aux ignorants suivant leurs besoins. Cependant, tout en faisant usage de cette liberté, il n'aura garde de méconnaître les mérites des hommes de talent qui ont essayé de donner au catéchisme une forme meilleure; il profitera, au contraire, avec reconnaissance des fruits de leurs travaux, témoignant ainsi, par une nouvelle application qu'il en fera, son respect pour cet adage de l'antiquité :
Dans les choses nécessaires, unité ;
Dans les choses douteuses, liberté;
En toutes choses, charité :
In dubiis , libertas; in necessariïs, unitas; in omnibus, charitas. (Aug.)