A. FAITS DE JÉSUS-CHRIST
1 . Le naturel et le surnaturel y sont si étroitement unis, qu'on est obligé ou d'accepter Vun et f autre comme vrais, ou de rejeter l'un et l'autre comme faux. — Car : a. Comment le lépreux aurait-il
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pu adorer Jésus et lui demander avec tant de confiance sa guérison, s'il ne lui avait pas attribué la vertu divine de guérir? b. Comment le centenier aurait-il pu demander à Jésus-Christ la guérison de son serviteur, et lui épargner jusqu'à la peine de venir, s'il n'avait pas cru qu'il eût le pouvoir d'opérer même de loin? c. Comment Jésus-Christ aurait-il pu donner des louanges si extraordinaires à la foi du centenier, sans se rendre coupable de la plus ridicule prétention, s'il ne s'était pas senti assez puissant pour justifier cette confiance ? d. Comment Jésus- Christ aurait-il pu prononcer ces paroles : « Allez, votre foi vous a sauvé, » sans s'exposer à la risée, s'il ne s'était pas senti la force de guérir à l'heure même son serviteur malade ? e. Qu'aurait signifié cette exclamation de la foule : « Quel est celui-ci à qui les vents et les mers obéissent, » si les vents et les mers n'eussent point obéi à sa voix ? — Les faits miraculeux ne sont pas des pièces séparées, des hors-d'œuvre, des excroissances que l'on puisse rayer de ce Livre divin, sans lui enlever toute crédibilité. Ce ne sont ni des clous, ni des cheveux que l'on puisse ùter du corps de l'Écriture, sans détruire ce corps; ce sont des membres substantiels, dans lesquels le corps de l'Écriture se meut aussi activement et plus activement encore que dans les autres membres.
2. Tout, dans ces faits merveilleux, s'expliquait autrefois très-facilement. Ainsi, pour la guérison du lépreux, on voyait : la lèpre, l'arrivée fortuite du lépreux, les quelques paroles qui furent échangées, l'attouchement fait avec la main étendue, le renvoi aux prêtres, la purification de la peau, etc. À l'époque où fut opérée la guérison du serviteur malade, il était facile de se convaincre s'il était réellement malade lorsque son maître le quitta, et s'il recouvra la santé au moment même où le Seigneur prononça les paroles qui durent le guérir.
Il était facile de reconnaître, à l'époque où la tempête fut apaisée, si des cris trayeur et de détresse se firent entendre sur le vaisseau, si le Seigneur dormait, s'il se leva, commanda à la tempête, et si le calme se rétablit immédiatement.
3. La publicité ira pas manqué aux faits miraculeux. Lorsque le lépreux fut guéri, une foule de peuple suivait le Sauveur. Ce peuple, comme aussi la visite des prêtres, donna de la notoriété à l'événement. Les louanges adressées au centenier, ainsi que les reproches d'incrédulité faits aux Israélites qui suivaient ; le désir exprimé de recouvrer la santé, et l'assurance donnée qu'elle serait recouvrée, tout cela était public, et appelait l'attention sur ce qui s'était fait en particulier, par exemple, sur la guérison du serviteur.
I. L'imprévu des faits miraculeux, sans trace de préparation et de convention , se remarque très-facilement. Comme Jésus descendait de la montagne, un lépreux lui adressa sa demande et fut guéri par un attouchement. — Jésus arrivait à Capharnaùm, un centenier le pria de guérir son serviteur, et il le lit. — Jésus entrait dans la maison de Pierre, il trouva la belle-mère de celui-ci qui était malade, et il la guérit. — Une'tempète éclate pendant son sommeil, il s'éveille et calme la tempête.
5. Dans ce chapitre (vin), les nombreux rapports qui existent entre les faits miraculeux et d'autres faits analogues survenus antérieurement, méritent d'être remarqués. Ainsi il est dit en saint Matthieu (iv, 23-24) : « Jésus parcourait toute la Judée, guérissant toutes les maladies et les infirmités. » Or, la guérison du lépreux, celle du serviteur malade, celle de la belle-mère de Pierre, celle des deux possédés, confirment ce passage de l'Écriture, auquel elles se rapportent manifestement, et expliquent la manière dont il guérissait. Ils guérissait par un simple attouchement, et sans attouchement ; il guérissait par des paroles, et sans paroles. La guérison des maladies, considérées comme le châtiment du péché, rappelle l'ordre que donna l'ange d'appeler le Sauveur qui venait de naître, du nom de Jésus, « parce qu'il délivrerait son peuple de ses péchés » (Matth., t, 21). ïl existe un beau rapport entre l'endroit où il est dit que le Fils de Dieu dormait et qu'il calma la tempête, et deux autres passages qui précèdent, où il est écrit que « Jésus est né de Marie, et que son Père l'a déclaré son bien-aimé. » (Matth., i, 16 et ni, 17.)
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