TROISIÈME EXERCICE, SUR SAINT MATTHIEU, XI
« Mon Père m'a mis toutes choses entre les mains. — Venez à moi, yous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous soulagerai. Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes ; car mon joug est doux, et mon fardeau est léger. »
Depuis que le monde existe, toutes les langues humaines ont demandé le repos, tous les cœurs humains ont soupiré après lui. Et de fait, quel est celui qui ne désire d'être heureux et tranquille? Or, un homme apparaît en Judée, qui crie au genre humain tout entier: « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués, je vous soulagerai ; apprenez que c'est en moi que vous trouverez le repos de vos âmes; faites, non pas seulement ce que je vous ai dit, mais encore ce que j'ai fait devant vous, et vous trouverez le repos. »
Quel est celui qui promet le repos à tous ceux qui vont à lui? première question. Qui lui a donné la vertu et la puissance de procurer le repos à tons les cœurs qui le cherchent en lui? deuxième question. Gomment veut-il et peut-il procurer à tous le repos ? troisième question.
Celui qui promet le repos à tous ceux qui le 'cherchent en lui
s'appelle : Jésus de Nazareth. S'il a la volonté et le pouvoir de tenir sa promesse, c'est le plus sage, le plus puissant, le plus aimant des hommes. Que si, tout en croyant pouvoir soulager ceux qui sont fatigués, il ne le pouvait pas, il serait un insensé. Que si, tout en sachant qu'il ne peut soulager ceux qui sont fatigués, il le promettait néanmoins,, il serait un imposteur.
Jésus peut soulager tous ceux qui sont fatigués, enlever leur fardeau à tous ceux qui en sont accablés, procurer le repos à tous ceux qui sont agités. Car il en a réellement soulagé, déchargé, tranquillisé un grand nombre, comme l'attestent les expériences et le témoignage d'une foule de personnes. Quantité d'individus^ dans une foule de contrées chrétiennes, en obtiennent réellement le repos ; et s'il n'y en a pas encore un plus grand nombre qui soient soulagés, déchargés et tranquillisés par lui, il ne faut pas l'attribuer à l'impuissance de ses remèdes, mais plutôt à l'entêtement des malades. Ainsi donc, ce n'est ni un insensé, ni un imposteur; mais plutôt la Sagesse, l'Amour et la Puissance mêmes.
Or, cette vertu et cette plénitude de puissance, qui les lui a données? Le Père. 11 l'a dit lui-même: « Toutes choses m'ont été données par le Père. » Et celui qui peut ainsi soulager, décharger et tranquilliser, peut aussi se rendre témoignage à luimême, et son témoignage est digne de créance.
Enfin, quel est ce remède universel qui guérit toutes les âmes infirmes ? Ce remède, c'est : I ° daller à lui, et de chercher en lui du soulagement ; 2° d'apprendre de lui à respecter la vérité et à considérer sa doctrine comme étant la parole de Dieu ; 3° c'est principalement d'apprendre de lui l'humilité et la douceur; 4° de prendre son joug et son fardeau. — Voilà le plus court, le plus sur, le plus facile, l'unique chemin pour arriver au repos constant de l'âme.
5 1 . Développez une à une les conséquences qui découlent de l'excellence de la. doctrine de Jésus-Christ, et, afin de triompher des obstacles qui s'opposent à l'observation de cette doctrine, ayez constamment devant vous l'image du ciel.