QUATRIÈME EXERCICE, SUR SAINT MATTHIEU, V
« Contentez-vous de dire : Cela est, cela n'est pas. » Ce langage devrait être celui de tous les chrétiens; mais, hélas ! où entend-on un pareil langage ? Supposons des chrétiens qui, habitant une même maison, penseraient et agiraient tous selon l'esprit de cette doctrine ; comme il y ferait bon demeurer ! Un oui ou un non vaudraient mieux que toutes les poignées de mains, que tous les serments, que tous les cachets, que toutes les signatures, que tous les protocoles, etc. Là il n'y aurait aucun langage de complimenteur ; le oui signifierait oui, et le non signifierait non ; on n'entendrait jamais aucune parole insignifiante. Jamais nulle dissimulation adroite des vrais sentiments n'induirait en erreur les assistants. On se servirait de la langue pour se parler et des mots pour se comprendre mutuellement. Les mots ne seraient que des signes de la pensée ; le ton et l'accent, que des signes du sentiment; la langue ne serait que l'interprète de l'homme intérieur. 11 n'y aurait plus de vaine phraséologie. Oui et non seraient les plus courtes, les plus directes, les plus simples réponses aux questions les plus courtes, les plus directes et les plus simples. Il n'y aurait plus de mensonge. Le oui du cœur ne serait jamais le non de la bouche, et réciproquement. Comme le cœur du chrétien ne ferait jamais qu'un avec la volonté de Dieu, il en serait de même de la bouche avec le cœur ; et le cœur étant loyal, simple et sans dissimulation devant Dieu, le langage serait tel devant les hommes. Langue du chrétien, où êtes-vous ? — Elle est là où se trouve Jésus-Christ, là où est l'esprit de Jésus-Christ.
52. Comparez la doctrine avec la dignité du Docteur, et que cette dignité du Maître soit pour vous l'interprète de sa parole. N'oubliez jamais que c'est Jésus-Christ qui parle quand vous lisez sa parole.