DEUXIÈME CLASSE
Exercices ayant pour objet immédiat de favoriser la méditation édifiante de l'Écriture, mais qui demandent déjà plus d'efforts et d'habileté.
57. Si les grands sacrifices de l'homme produisent toujours de grands résultats, pourquoi en serait-il autrement quand il s'agit de la recherche de la vérité? En toutes choses ce qui est difficile devient insensiblement plus facile au moyen d'exercices. Pourquoi cette loi serait-elle inapplicable alors seulement qu'il s'agit de l'étude de la Bible ? Partout, les conseils, les exemples, les observations d'un ami font avancer le commençant qui poursuit énergiquement son but. Or, pourquoi n'en serait-il pas de même quand on cherche l'esprit qui vivifie la lettre morte ?
I. Réunissez dans une seule galerie les divers tableaux que vous trouverez dans un sujet important, et placez à chaque tableau une inscription qui lui convienne [indication du trait caractéristique) .
L'histoire évangélique de Jésus-Christ nous fournit, entre autres, trois tableaux d'une haute signification : Jésus baptisant dans le Saint-Esprit et dans le feu ; — l'Agneau de Dieu effa-
çant les péchés du monde ; — Jésus ayant le van à la main et nettoyant son aire). [Luc, m, 4 6, 17; i, 20.)
Jésus baptisant dans le Saint-Esprit et dans le feu. — Jean baptise avec l'eau, Jésus avec le feu. L'eau a la propriété de laver, le feu a celle de fondre, de purifier, de transformer. Or, de même que Faction de laver, qui enlève les taches extérieures, diffère de celle de fondre et de purifier, qui pénètre dans l'intérieur et crée à neuf; de même le baptême de feu donné par le Seigneur diffère du baptême d'eau donné par son précurseur. Le baptême de saint Jean consacre les pécheurs à la pénitence ; le baptême de Jésus transforme les pécheurs repentants en des créatures nouvelles. Le baptême de saint Jean enlève de l'image de Dieu, qui est l'âme humaine, les souillures grossières du péché ; le baptême de Jésus restitue à cette image de Dieu sa beauté première. Saint Jean baptise avec l'eau; Jésus baptise avec le Saint-Esprit. Saint Jean oblige les pécheurs à corriger leur vie ; Jésus donne la vertu qui sanctifie. La parole de saint Jean prêche le changement du cœur; l'esprit de Jésus-Christ corrige les dispositions mêmes du cœur. Saint Jean n'est envoyé du Ciel que pour annoncer le Fils de Dieu ; Jésus- Christ est le Fils même de Dieu. En Jésus-Christ habite toute la plénitude du Saint-Esprit; son baptême n'est pas seulement le signe de ce qui doit arriver, il n'est pas seulement le symbole de ce qui doit être ; il est encore l'acte de Dieu même, la communication de sa vertu : c'est une création nouvelle. L'eau dont se compose le baptême de saint Jean ne saurait purifier que le corps, et n'est que la figure de la purification des âmes, tandis que Jésus-Christ purifie réellement l'âme avec le Saint-Esprit, et opère ce que l'eau signifie. Le baptême de saint Jean et le baptême de Jésus se distinguent donc par le signe , par Y intention, par la vertu et par Y efficacité intérieures.
Jésus, l'Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde. — Que de choses dans ce tableau ! J'oserais dire que Jésus y est peint tout entier en traits vivants. L'Agneau est l'image de la souffrance, de la patience, de la douceur, du silence. Qui est-ce
qui a souffert comme Jésus, avec autant de patience, de douceur, de silence? Cet Agneau, à quoi Dieu l'a-t-il destiné? A effacer les péchés du monde. Or, cette tâche était celle de Jésus de Nazareth. Il devait effacer j les péchés du monde nonseulement par sa doctrine, non-seulement par ses exemples de vBrtus;mais encore par ses souffrances, par son immolation, par sa mort, et sans doute aussi par son esprit vivifiant : car l'Agneau immolé ressuscita vivant dans le nouveau Pasteur de Fhumanité. Cet effacement, cet anéantissement, cette suppression du péché, cette destruction de toutes les conséquences du mal, comment les exprimer mieux que par l'image d'un animal destiné au sacrifice, par un Agneau immolé ? 0 Chrétiens ! restez étroitement attachés au Sauveur Jésus. Celui qui nous enlève le Sauveur, qui nie qu'il ait offert par son sang le sacrifice de la réconciliation en faveur du monde pécheur ; celui qui n'exalte en Jésus que le Docteur, qui ne le préconise que pour les exemples de sainteté qu'il nous a légués, et qui laisse dans l'ombre la rédemption, la délivrance du monde, celui-là nous enlève l'Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde; celui-là ne connaît pas la volonté éternelle de l'éternel Amour.
Jésus, le van à la main et nettoyant son aire. — Le van purifie les grains, en les jetant en l'air ; le bon grain, le grain pur, tombe à terre, — à côté du van, tandis que la paille s'envole au loin. Or, cet homme qui a le van à la main, c'est Jésus- Christ ; il sépare et purifie. Ce qui est bon s'attache étroitement à lui ; ce qui ne vaut rien s'en sépare. Voilà ce qu'il a commencé quand il était encore sur la terre, voilà ce qui durera jusqu'à la fin du monde et finira là. Son nom partage l'humanité en deux parts. Celui qui ne ramasse pas avec lui, dissipe, etc.
IL Dans les passages importants et féconds, exposez d 'abord un à un les détails, en analysant le tout ; ensuite rassemblez les vé~ rites générales qui s'y trouvent manifestement, et rattachez le particulier au général par des réflexions puisées dans votre cœur , autant qu'il dépendra de vous, afin d'en graver le contenu aussi profondément dans votre urne que dans votre intelligence.