‹ Théologie pastoraleChapitre 55 sur 209 · DIXIÈME EXERCICE · texte numérisé non relu

DIXIÈME EXERCICE

Saint Paul appelle le prédicateur de la parole divine, l'économe delà maison de Dieu. \ . Un économe n'est pas propriétaire; il ne fait que jeter une semence étrangère sur un terrain étranger : ainsi du prédicateur ; il annonce la parole de Dieu à la communauté de Dieu, et non pas sa propre parole à sa propre communauté. 2. L'économe n'est pas le maître de la maison; il n'est que le représentant du maître : la communauté est la maison de Dieu, et non celle du prédicateur ; celui-ci y entre comme serviteur de Dieu; il bénit et garde la maison au nom de Dieu. 3. La moisson abondante n'appartient pas à l'économe, comme aussi ce n'est pas lui qui supporte le dommage causé par la grêle. C'est pour le maître que mûrit la moisson, pour lui que la grêle la détruit. De même le prédicateur ne doit ni se décourager quand arrivent des temps stériles, ni s'enorgueillir quand de riches récoltes remplissent ses greniers : le gain et la perte sont pour le maître, qui saura utiliser l'un et réparer l'autre. Que la parole de Dieu annoncée par le prédicateur traversée cœur de milliers d'auditeurs, ou qu'elle ne fructifie dans aucun, c'est à Dieu à y pourvoir : il suffit que le prédicateur ait

fait ce qui dépendait de lui. 4. On n'exige d'un économe que la fidélité et le dévouement ; il n'est tenu de faire que ce qu'il a promis. Il en est de même du prédicateur. Il doit semer, sans vouloir donner l'accroissement, ce qui lui est impossible. 5. Le prédicateur n'est pas un économe ordinaire, c'est un économe de la maison de Dieu, auquel le maître fera rendre un compte sévère, s'il néglige les affaires de son Seigneur. C'est un économe de la maison qui sera récompensé en proportion de sa fidélité ; c'est l'économe d'un maître que peut seul faire prospérer ses

Si faciles et si insignifiants qui puissent paraître ces exercices, ils ne laisseront pas de récompenser largement le bon économe de la maison de Dieu qui saura faire fructifier le talent qu'il a reçu.

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