DEUXIÈME MODÈLE
Ils les tirèrent au sort , et le so?*t tomba sur Mathias , et il fut associé aux onze apôtres. (Act., i, 16.)
Tirer au sort n'était pas, dans cette circonstance, une affaire dangereuse ; qu'il tombât sur Fun ou sur l'autre , il tombait toujours sur un homme digne. — On ne confia pas non plus toute la décision au sort ; car les deux meilleurs avaient déjà été auparavant séparés de la foule : le sort ne devait fixer que ce que l'élection avait laissé indécis. Ensuite, la décision du sort n'était pas abandonnée aux chances du hasard, puisqu'elle était dirigée par une prière pleine de confiance adressée au Seigneur.
Et cette prière témoignait d'un grand abandon : « Seigneur, vous qui connaissez les cœurs de tous , montrez lequel de ces deux vous avez choisi ! » Dieu choisit ; c'est lui qui est le plus à même de le faire, puisqu'il connaît les cœurs. — Les siens demandent à Dieu un signe de son élection, et cela unanimement. Dieu peut diriger le sort de manière à ce qu'il manifeste son choix. Dieu dirige même les plus petites choses selon sa volonté, et conformément à l'avantage des siens.
Application. — Les chrétiens qui se font les esclaves du sort ne gagnent pas ce qu'ils cherchent : le repos de la conscience ; mais ils trouvent ce qu'ils ne cherchent pas : de nouveaux labyrinthes de perplexités et d'angoisses.