‹ Théologie pastoraleChapitre 8 sur 209 · SUB. JEAN MICHEL SAILER. V · texte numérisé non relu

SUB. JEAN MICHEL SAILER. V

dans la mauvaise fortune, aux heures douces et sereines, comme dans les jours de perplexité et d'angoisses, dans les moments de la plus grande faveur, comme dans ceux de la plus grande déception, en face des caractères les plus différents, en présence des grands et des petits, des amis et des adversaires, des partisans et des envieux, des admirateurs passionnés et enthousiastes, comme en présence des observateurs froids et prévenus.

Or, je puis l'affirmer devant Dieu, je ne l'ai jamais trouvé petit, jamais inégal, jamais orgueilleux ou vain, jamais ému, jamais découragé, jamais emporté ou affligé, ni, bien qu'il" fût quelquefois profondément blessé et triste, jamais hors de lui-même, jamais ébranlé par la passion; mais je l'ai toujours trouvé digne de son caractère; toujours il a été à mes yeux un modèle où l'on pouvait apprendre à s'élever, à s'édifier, à s'instruire, à devenir homme et chrétien.

Ajoutez que cette rare égalité d'âme n'était le résultat ni d'une insensibilité stoïque, ni d'une contrainte artificielle; rienn' était plus étranger à l'âme de Sailer, dont les fibres du cœur répondaient aux sentiments les plus délicats et les plus harmonieux de la sensibilité et de la commisération. Le principe immuable de cette égalité de caractère noble et vraiment céleste, qui chez lui s'était transformée en une seconde et meilleure nature, et qui ne s'obtient qu'au prix des plus grands sacrifices, n'avait point d'autre source que son âme profondément religieuse, et l'habitude de ne se laisser influencer par les choses extérieures que lorsqu'elles avaient été adoucies et épurées dans l'atmosphère sereine d'un monde

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