SENS DE CETTE PARABOLE APPLICABLE A TOUS LES TEMPS
Le salut est assuré à tous les hommes qui prient avec persévérance. La prière persévérante du juste ne tardera pas à être exaucée. Si l'importunité a tant de puissance sur les hommes, que ne pourra pas sur Dieu la prière persévérante ? La prière continuelle est un devoir, et elle attire des bénédictions. Mais cette prière continuelle ne se rencontre que chez les élus.
PARABOLE DU FIGUIER (Luc, XIII, 1-9). SENS DE CETTE PARABOLE.
i . Où le Seigneur a-t-il pris le sujet de cette parabole?
Quelques-uns ayant raconté l'histoire de ces Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui des sacrifices, Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens fussent les plus grands pécheurs de toute la ^Galilée, parce qu'ils ont été traités de la sorte ? Non, je vous l'assure : Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous, aussi bien qu'eux. Croyez -vous aussi que ces dix-huit hommes sur lesquels la tour de Siloé est tombée, et qu'elle a tués, fussent de plus grands pécheurs que les autres habitants de Jérusalem? Non, je vous l'assure : Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous, aussi bien qu'eux » [Luc, xm, 1-6).
Et c'est alors qu'il leur raconta la parabole du figuier. L'occasion de cette parabole fut donc l'exécution de quelques Galiléens. Le Seigneur en profita pour dire aux Juifs des vérités d'une haute importance : la première, que les maux temporels, qui frappent quelques hommes, ne prouvent pas que ceux qui sont atteints soient de plus grands pécheurs que ceux qui sont préservés; la seconde, que si les Juifs ne font pas pénitence, ils subiront le même sort. C'est ce dernier point qu'il voulait leur faire bien comprendre.
2. D'où Jésus-Christ a-t-il tiré la figure de cette parabole ? De la vie des champs, de l'horticulture.
3. Quels sont les principaux traits de cette figure ? — Réponse : a, La position heureuse, les avantages particuliers dont jouissait le figuier, et qui étaient autant de conditions favorables à sa fertilité. Il était planté dans une vigne, confié aux soins et à la sollicitude d'un homme expérimenté ; tandis que les autres arbres étaient exposés aux vents et aux orages, sans culture et sans appui, b, L'attente légitime où était le propriétaire que le figuier porterait des fruits, et son espérance déçue : il vint, chercha des fruits, et n'en trouva point. Les justes plaintes du propriétaire. Il ne se pressa point ; il vint trois années de suite, et après avoir été trompé deux fois, il ne se fatigua point à attendre, c, Il faut dire aussi que, par sa stérilité, le figuier était devenu un fardeau inutile et nuisible à la terre; il empêchait les autres arbres de tirer du sol les sucs nécessaires à leur entretien et à leur accroissement, d, La sentence du propriétaire : « Coupez-le, car pourquoi occupe-t-il cette place ? » Le propriétaire ordonne au vigneron d'exécuter la sentence qu'il vient de prononcer, e, Le vigneron supplie le maître de patienter un peu : « Seigneur, laissez-le encore cette année, afin que je laboure au pied, et que j'y mette du fumier : s'il ne porte pas de fruit, vous le ferez couper. »
4. Quels sont les points de ressemblance entre la figure et la chose figurée ?
a, La nation juive était séparée des autres nations; elle avait
Moïse, les Prophètes, la loi et des révélations particulières ; elle était comme le figuier qui, tandis que les autres arbres croissaient sur les routes des contrées asiatiques, fut mis à part, planté dans une vigne, élevé entre les murs de cette vigne, et grandit sous les yeux du vigneron, b, La nation juive ne portait point les fruits de vertu et de sagesse que la lumière dont elle avait» été favorisée lui permettait de produire, et qu'elle devait produire, d'après la volonté de Dieu, c, Le mécontentement du Seigneur envers Israël était juste et légitime; il vint à différentes reprises et voulut voir des fruits. Il vint dans la personne de Moïse, des Prophètes, de saint Jean, de Jésus-Christ; — il chercha des fruits, et n'en trouva point. La nation juive commençait, elle aussi, à devenir un fardeau inutile et nuisible à la terre. Au lieu de servir d'exemple aux païens en leur indiquant la vraie manière d'adorer le Seigneur; au lieu d'être pour eux des modèles de probité, les Juifs, par leur orgueil et leur mépris pour les autres nations, par leur caractère hostile et par leur religion, s'attirèrent une haine universelle. Déjà à cette époque, leur condamnation ne devait pas tarder à être prononcée. Mais le Père céleste, en vue de la nation juive, avait confié le jugement au Fils. « Le Père ne juge personne , mais il a donné tout pouvoir de juger au Fils. » Coupez-le, que sert-il à la terre? tel est le jugement qui devait être porté contre la nation juive, et qui, dans la suite, fut exécuté aussi littéralement que possible. L'arbre de la nation fut arraché de sa racine, et les débris en furent dispersés dans toutes les parties du monde. e, Toute l'histoire de Jésus-Christ atteste qu'il a fait des essais sur le figuier, et qu'il a tout tenté pour en tirer quelque fruit. Il allait par les bourgs, les villes et les* villages, prêchant la pénitence : « Faites pénitence, le royaume de Dieu est proche ! » Il voulait, par ses doctrines, ses miracles, ses menaces, ses prières et ses larmes, détourner le coup prêt à frapper la nation. L'Incarnation du Verbe et toute son existence sur la terre ne turent pas autre chose que la mise en pratique de ces paroles du vigneron : « Laissez-le encore cette année, afin que je la-
boure au pied, et que j'y mette du fumier ; s'il ne porte pas de fruit, vous le couperez. »
5. Quelle est donc la doctrine que Jésus-Christ a déposée dans cette parabole ?
La voici : De même que le figuier, resté stérile après tous les essais tentés pour le rendre fertile, est extirpé de la vigne ; de même, si vous ne faites pénitence, vous périrez. Vous périrez infailliblement, si vous ne profitez pas de ce peu de temps que mon Père céleste vous accorde encore pour faire pénitence, si vous êtes sourds à mon invitation, si les efforts que je fais pour vous sont inutiles ; — et vous périrez de la même manière que les Galiléens, dont Pilate mêla le sang aux sacrifices. L'enseignement de Jésus-Christ était donc en partie un sermon sur la pénitence, et en partie une prophétie conditionnelle. Or, le sermon sur la pénitence n'ayant pas produit son effet, il fallait que la prophétie se réalisât.