SCÈNE III
L'argent empoché, le Preneur de rats commence un air à la Paganini, impérieux et sauvage, et cependant d'une doue eurextrême, mêlé de pizzicati, de staccati et de tous les tours de force que peut exécuter sur le violon un virtuose accompli. Il se met en marche sur la place, entrant dans les maisons dont il fait tenir les portes ouvertes, puis se plaçant au milieu, le dos tourné à la cathédrale, il joue son grand air magique. De tous les côtés surgissent les rats, des caves, des gouttières, des soupiraux, des portes, des fenêtres, de toutes les issues, qui s'attroupent par légions aux pieds du personnage fantastique. Sans cesser de jouer sa mélodie, le Preneur de rats les passe en revue soigneusement, et s' apercevant qu'il manque le grand rat blanc, le vieux patriarche de la tribu des
rats de Nonvége, sans lequel le charme est impuissant et qu'il faut rendre captif à tout prix, il détache deux rats jeunes et vigoureux qui amènent le vieux rat blanc après l'avoir extrait de son trou. Gela fait, il joue un air de marche et conduit à la Hameln toute la procession des rongeurs et les noie en entrant lui-même dans la rivière jusqu'à la ceinture.