VU ET PERMIS D’IMPRIMER
Le Recteur de l’Académie de Paris,
S. CHARLÉTY.
LES TRADUCTIONS DE LA FONTAINE DEs Lions
Voici la traduction castillane de Don Almagro Cardeñas prise dans : Inscripciones arabes de Granada, 1877.
Il faut se rappeler que l’inscription est écrite autour de la fontaine et que chaque traducteur a pu la commencer par un verset différent.
Texte espagnol :
« Bendito sea aquel que concedio al Iman Mohammed mansiones embellecidas con esplendidos adornos.
« 4 Por ventura este jardin no nos ofrece una obra cuya hermosura no quiso Dios que tuviera igual?
« Formada con perlas de tremulo resplendor, adorna su base con perlas que a ella misma sobran.
« Se desliza liquida plata entre sus alhajas sin semejante por la belleza de su blancura y brillantez,
« Confundiendose a los ojos la « plata » liquida con las solidas « joyas » de modo que no sabemos que se desliza,
« 4, no ves como el agua rebosa por los bordes y como las tuberias la ocultan al momento?
« Del propio modo un amante, cuyos parpados estan Ilenos de lagrimas, se esfuerza en contenerlas por el temor de ser observado.
« 4y en verdad? que ella sino una nube que derrama desde si, sus beneficios à los leones?
« À semeranza suya, la mano del Califa, desde que amanece, derrama tambien sus dadivas sobre leones los de la guerra;
« O! tu, que miras estos leones puestos en acecho! tal es su veneracion (hacia el Califa) que detiene su fuerza, : «o! descendiente de los Anzares, y no por linea transversal, has heredado ese grande honora cuyo lado son nada todas las grandezasl
« La salud de Dios sea contiguo : por siempre prolonguense tus festines y disipense tus enemigos. »
Traduction française :
Béni soit celui qui donna à l’Iman Mohammed des demeures embellies par des ornements splendides;
ce jardin ne nous offre-t-il pas, par aventure, une œuvre dont Dieu ne permet pas que la beauté soit égalée ?
formée avec des perles de frémissante splendeur, elle orne sa base avec des perles qui la surpassent elle-même,
de l'argent liquide coule entre ses joyaux, la beauté de sa blancheur et de son éclat est inégalable;
l’argent liquide se confond à nos yeux avec les perles (de la pierre) si: bien que nous ne savons pas ce qui coule;
ne vois-tu pas comme l’eau déborde sur les margelles et comme les tuyaux la cachent aussitôt?
ainsi un amant, dont les paupières sont pleines de larmes, s’efforce de les contenir de crainte d’être observé;
et en vérité? qu’est-elle, sinon un nuage qui déverse ses bienfaits sur les lions?
semblable à elle est la main du Calife, qui depuis son avènement verse aussi ses dons sur les lions de la guerre;
o! toi qui regardes ces lions posés sur leur socle! telle est la vénération que mérite sa valeur!
o! descendant des Anzares! et descendant en droite ligne — tu as hérité de ce grand honneur auprès duquel toutes les grandeurs ne sont rien,
le salut de Dieu soit sur toi! que soient pour toujours prolongés tes destins heureux et dispersés tes ennemis!
Ne quittons pas cette fontaine des lions sans dire un mot de Florian, dont Gautier a pu connaître le récit.
Cette campagne « enchantée où la nature semble s’épuiser pour donner à l’homme tout ce qu'il peut souhaiter (1) », cette « fontaine, cascade perpétuelle d'eau limpide », a charmé tous les voyageurs.
Florian donne d’abord de l'inscription la traduction de Duperron (2), qu'il trouve à juste titre infidèle et plate. Il en fait une luimême, en vers, que je donne ici pour l’'opposer aux précédentes et prouver le goût plus sûr de Gautier. Il est curieux de voir ce que la mode, et un talent pourtaut délicat, mais faussé, peuvent bâtir, avec des données d’une poésie rare et d’une merveilleuse fraîcheur.
Traduction de Florian, ou plutôt interprétation :
Toi qui promènes tes regards Sur ces lions, ces eaux, ces prodiges des arts, Du grand roi Mahomed tu vois ici l’ouvrage.
La paix qui règne dans ces lieux De la paix de son cœur est la fidèle image.
Semblable à ces lions, dans les champs de carnage, Il punit les audacieux.
Et comme cette eau transparente Qui s’élevant dans l’air retombe à gros bouillons, De même sa main bienfaisante Sur son peuple répand ses dons.
(1) Florian, Gonzalve de Cordoue.
(2) Duperron, Voyage d’Espagne.
APPENDICE Il 493
Enfin voici la traduction que donne Swinburne. Il parle d’un texte latin mais ne le cile pas. Ses lignes ne sont la traduction latine d’aucune des versions espagnoles que j'ai données :
Ne vois-tu pas que cette eau coule aussi abondante que si c'était Le Nil?
Ceci ressemble à une mer baignant ses rives et menaçant du naufrage les matelots effrayés ;
Cette eau coule abondamment pour donner à boire aux lions; dans les jours de bataille notre roi est terrible comme le lion;
Le Nil donne de la gloire au roi et les hautes montagnes le proclament;
Ce jardin est fertile en délices et Dieu prend soin qu'aucun animal nuisible n’en approche,
La belle princesse qui se promène couverte de perles dans ce jardin en augmente si prodigieusement la beauté que tu peux douter si ceci est une fontaine qui coule ou si ce sont les larmes de ses adorateurs (1).
Nous sommes heureux de ne pas enregistrer sous la plume de Gaulier de pareilles erreurs.
N'oublions pas que la traduction véritable est celle que j'ai donnée de Don Almagro Cardeñas.
Les mots espagnols employés par Gautier dans le voyage d'Espagne (ordre du voyage) :
Zagal; escopelero; trabuco; alpargalas ; miqueletos ; rateros;, vaya Vd. con Dios (p. 22-23).
Posada ; puchero; chorizo; verdura; garbanzos; queso de Burgos; aguardiente ; fuego; jicara de chocolate (p. 29).
Alzacuello; parador viejo ; caballero, una lismona por amor de Dios ; astentos de luna; baile nacional; muchachos; presidio; silleria; capilla del condestable (pp. 32 à 54).
Palatas; mazanas (sic); cascaras de naranja; azucarillos ; tomar el sol; mirador ; pasiega; capa de muestra (pp. 64 à 83).
Bebidas heladas; sorbeles; quesilos ; limon; fresa; guindas ; spumas ; almendra blanca; agra; cerveza de santa Barbara con limon; orchaterias de chufas; barquillos (p. 117).
Letrillas ; juego de billar ; despacho de vino; cabello de angel; jarra; cuar-
(1) Note de Swinburne : ce passage est très obscur dans la traduction latine, j'ai tâché d’y donner un sens, mais c’est toujours une pensée bien embrouillée.
tos; bucaros; tertulias; fandango; bolero; cachucha ; jola aragoneso (pp. 120 à 132).
Con mucho gusto; plazuela ; calle ancha; rateros; trascoro; le cri « agua, agua »; jefe politico (pp. 158 à 186).
Sereno ; calesero; niños de la Cuna; pandero; vieja; revieja; que calor! refrescos; patio; correo real; navajas (pp. 200 à 220).
Tendido; mirador; trecillo: novio; pelar la paba; rascar el jamon; el rey chico ; tocador ; cosario; zorongo; trabucos; bota (pp. 230 à 300).
Arrieros; andaluzades; malagueña; autos sacramentales; capas (pp. 800 à 350).
Ojear ; salada; muy finas ; muy decentes ; barco de vapor ; nada es un moro; me mareo; mala gente (pp. 350 à 430).
En plus toutes Les expressions relatives aux courses de taureaux dont il a été parlé.