‹ ThéophileChapitre 24 sur 48 · ODE X · texte numérisé non relu

ODE X

ossis^nol, c'est assez chanté-;

Ce parc est désormais trop sombre Je trouve Apollon rebuté D'écrire si longtemps à l'ombre.

5o THÉOPHILE

Ces lieux si beaux et si divers Méritent chacun tous les vers Que je dois à tout le volume ; Mais je sens croître mon sujet.

Et toujours un plus grand objet Se vient présenter à ma plume.

Je sais qu'un seul rayon du jour Mériteroit toute ma peine.

Et que ces étangs d'alentour Pourroient bien engloutir ma veine ; Une goutte d'eau, une fleur, Chaque feuille et chaque couleur Dont nature a marqué ces arbres, Mérite tout'un livre à part, Aussi bien que chaque regard Dont Sylvie a touché ces arbres.

Mais les myrtes et les lauriers De tant de beautés de sa race Et de tant de fameux guerriers Me demandent déjà leur place.

Saints rameaux de Mars et d'Amour, En quel si reculé séjour Vous plaît-il que je vous apporte?

C'est pour vous, immortels rameaux.

Que j'abandonne ces ormeaux Et foule aux pieds leur feuille morte.

LA MAISON nu SYLVir.

Pour vous je laisse auprès de moi L'ne losfc, aujourd'hui dcscrlc, Que jadis pour l'amour d'un roi Ces arbres ont ainsi couverte .

Sous ce toit, loin des coiu'tisans, De (jui les soiipijons médisants N'ont jamais appris à se taire, Alcandre a mille fois goûté Ce qu'un prince a de volupté Ouand il trouve un lieu solitaire.

Je dirois les secrets moments Des faveurs, des saintes malices.

Dont le caprice des amants Forme leur plainte et leurs délices :

Mais si l'œil de Sylvie un jour De cette lecture d'amour Avoit surpris son innocence. Ma prison me seroit trop peu ; Lors faudroit-il dresser le feu Dont on veut punir ma licence.

Suivant le vertueux sentier Où mon juste dessein m'attire, Je laisse à gauche ce quartier Pour le Faune et pour le Satyre.

Or, (juelque si pressant dessein Qui m'enflamme aujourd'hui le sein,

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Quelque vanité qui m'appelle, Ce seroit un péché mortel Si je ne visifois l'autel, Etant si près de la chapelle.

Que ces arbres sont bien ornés!

Je suis ravi quand je contemple Que ces promenoirs sont bornés Des sacrés murs d'un petit temple.

Ici loge le roi des rois :

C'est ce Dieu qui porta la croix, Et qui fit à ces bois funèbres Attacher ses pieds et ses mains Pour délivrer tous les humains Du feu qui ard dans les ténèbres.

Son esprit partout se mouvant Fait tout vivre et mourir au monde ; Il arrête et pousse le vent, Et le flux et reflux de l'onde ; Il ôte et donne le sommeil ; Il montre et cache le soleil ; Notre force et notre industrie Sont de l'ouvrage de ses mains, Et c'est de lui que les humains Tiennent race, et biens, et patrie.

Il a fait le tout du néant ;

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