QUATRAINS
Délivre-moi Seigneur.
Des filles de Paris qui ne disent, sinon : Je ne vous entends point, cela vous plaît à dire Qui ne répondent rien que oui et voire et non Et au partir de là se mêlent de médire, Délivre-moi Seigneur.
De celle qui vous jure, étant entre vos bras. Que vous êtes tout seul qu'elle aime et favorise Et si vous la laissez seulement de trois pas, Vous trouvez aussitôt que votre place est prise, Délivre-moi, Seigneur.
De celle-là qui dit qu'elle n'échauffe pas Si elle est seule au lit, qu'elle y meurt, qu'elle y glace, Qui veut avoir quelqu'un pour réchauffer sa place. Qui ne craint nullement que l'on use ses draps, Délivre-moi, Seigneur.
De celle-là qu'on dit commenter (1) l'Aretin, Qui fait fort bien les vers, qui écrit bien en prose, Qui trouve fort mauvais qu'on touche à son tétin Et ne se fâche point que l'on touche autre chose. Délivre-moi, Seigneur.
(1) Texte : commencer...
De celle-là qui veut quelques tapisseries Avant que de vouloir vous donner ce qu'elle a, Kt quand ello en n eu, il fiiul des pieri'erics Kt puis une niaisou, avnnt d'en venir là, Délivre-moi, SeUjneur.
Do celle qui s'en va, balayant les églises, La chandelle à la main et un ^rand chapelet. Et si vous l'épiez, vous la verrez aux prises, Dedans un cabinet, avec quelque valet, Délivre-moi, Seigneur.
De celle-là qui feint s'enfermer tout le jour, N'ayant d'autre plaisir que d'être solitaire. Qui trouve fort mauvais que l'on parle d'amour, Qui n'en veut rien ouïr, mais qui le veut bien faire, Dilivre moi, Seigneur.
De ccllc-li\ qui dit qu'elle est fort bien pucelle, Qu'elle n'en quitte rien à fille de Paris, Et a toutes les nuits son ami auprrs d'elle, Non pas pour faire mal, mais de peur des esprits, Délivre-moi, Seigneur.
Voici quelque chose d'un peu plus scabreux, mais cela ne va pas encore très loin :