‹ ThéophileChapitre 5 sur 48 · A PHILIS · texte numérisé non relu

A PHILIS

STANCFS

Ha ! Philis, que le ciel me fait mauvais visage ! Tout me fâche et me nuit, Et réservé l'amour et le courage, Rien de bon ne me suit.

Les astres les plus doux ont conjuré ma perte, Je n'ai plus nul soutien ; La cour me semble une maison déserte, Où je ne trouve rien.

Les hommes et les Dieux menacent ma fortune ; Mais, en leur cruauté, Pour mon soûlas tout ce que j'importune Ce n'est que ta beauté.

Les traits de tes beautés sont d'assez fortes armes

Pour vaincre mon nmllioiir, Kl dans la afc^nc, assisté dp tes charmes, Je mourrais sans douleur.

Dedans rextrémité de la peine où nous sommes, Soupirant nuit et jour, Je feins que c'est la disgrâce des hommes, Mais c'est celle d'amour.

Parmi tant de dangers, c'est avec peu de crainte Que je prends garde à moi, Kn tous mes maux, le sujet de ma plainte C'est d'être absent de loi.

Pour m'ôter aux plus forts qui me voudroient poursuivre Je trouve assez de lieux, Maïs quel climat m'assurera de vivre.

Si je (piille tes yeux.

Le soleil meurt pour moi, une nuit m'environne, Je pense que tout dort, Je ne vois rien, je ne parle à personne, N'est-ce pas être mort ?

STANCES

Mon espérance refleurit, Mon mauvais destin perd courage Aujourd'hui le soleil me rit Et le ciel me fait bon visasre.

Mes maux ont achevé leur temps, Maintenant ma douleur se range, A la fm mes vœux sont contents :

Amour a ramené mon auge.

Dieux, que j'ai si souvent priés, Sans me vouloir jamais entendre,

Je vous ai bien injuriés D'être si longs à mêla rendre.

J'excuse votre cruauté ; Je perds le soin de vous déplaire:

Le retour de cette beauté A fini toute ma colère.

STANCES

uand tu me vois baiser tes bras, ^'Oue tu poses nus sur tes draps, B^nVas blancs que le linge même;

Quand tu sens ma brûlante mam Se pourmener * dessus ton sein, Tusensbien, Cloris, quejet'amie.

Comme un dévot devers les cieux, Mes yeux tournés devers tes yeux,

A genoux auprès de ta couche, Pressé de mille ardents désirs, Je laisse saus ouvrir ma bouche Avec loi dormir mes plaisirs.

Le sommeil, aise de l'avoir.

Empêche tes yeux de me voir Et te retient dans son empire Avec si peu de liberté Que ton esprit tout arrêté Ne murmure ni ne respire.

La rose en rendant son odeur, Le soleil donnant son ardeur, Diane et le char qui la traîne, Une Naïade dans l'eau, Et les Grâces dans un tableau, Font plus de bruit que ton haleine.

Là, je soupire auprès de toi, Et, considérant comme quoi Ton œil si doucement repose, Je m'écrie : O Ciel ! peux-tu bien Tirer d'une si belle chose Un si cruel mal (juo le mien !

4o THÉOPHILE

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