XV
Act. X. 11.
S. Aug. In S. Joann.
viii. 35.
2 Tira. ii. 20, Catena in Act. Oxon.
prophetissa et simulacrorum escae et fomicationes increpantur. Et tamen omnes hos ad Pœnitentiam Dominus hortatur sub comminatione quoque futurse pœnae nisi convertantur .... Numquid dixit, Rehaptizentur, qui in Nicolaitarum fide baptizati sunt ?" Hooker, Ecclesiastical Pality, liv. V. chap. Ixviii. 6.
^. Vous avez fait mention des Paraboles de l'Ecriture ; comment donc cette condition mélangée de l'Eglise ressort-elle de ces Paraboles ?
M-. iNTotre adorable Seigneur décrit l'Eglise sous l'image d'un champ, où le froment et l'ivraie (c'est-àdire les ffcjavta, que l'on peut à peine distinguer du blé) continuent à croître ensemble jusqu'au moment de la moisson. L'Eglise est une aire, où se trouvent ensemble^ le grain et la balle, la balle séparant et cachant souvent le grain. L'Eglise est une bergerie, avec des brebis et des boucs ;^ elle est décrite comme un filet, où sont renfermés des poissons de toute espèce, bons et mauvais ; comme un festin de noces, avec des convives bons et mauvais ; une vigne, avec des sarments, les uns fertiles, les autres stériles ; la nappe ^ de saint Pierre s'abaissant du Ciel, renfermant des animaux, les uns purs, les autres impurs ; une grande maison, où il y a non-seulement des vases d'or et d'argent, mais des vases de bois, les uns pour des usages honorables, les autres pour des usages vils.^
^ Fxilgent. De Fide ad Petrum, c. 43. " Firmissimè tene Aream Dei esse Catholicam Ecclesiam, et intra eam usque in finem seculi frumento mixtas paleas contiaeri, hoc est bonis malos Sacramentonim communione misceri."
* S. Angust. Contra Faust, lib. xii. 15. "Quod cuncta animalium gênera in arcâ clauduntur : sicut omnes gentes quas etiam Petro demonstratus discivs ille significat, Ecclesia eontinet.j, Quod et munda et immunda ibi sunt animalia : sicut in Ecclesiae Sacramentis et boni et mali vei*santur."
^ S. Cyprian. Ad Antonian. Ep. Iv. p. 112.
S. August. In S. Joann. Evangel. %1.—De Fide et Oper. c. v ; 7» Ps. ^2^\}^ viii. et Iv ; et In Tichonii Regidam de permixtâ Ecclesiâ, t. iii. p. 101. Ed. Paris. — Contra Faustum, viii. p. 386.
Hooker, Ecdesiastical PoUty, liv. V. chap. Ixviii. 6. " L'hérésie et plusieurs autres crimes, qui nous séparent complètement de Dieu, ne nous séparent que partiellement de l'Eglise [visible] de Dieu . . . Voilà la signification, et il n'en existe pas d'autre, de ces Paraboles que Notre-Seigneur nous présente dans l'Evangile, touchant le mélange du vice et de la vertu, de la lumière et des ténèbres, de la vérité et de l'erreur."
Voyez plus loin, p. 14 ; Part. ii. chap. ix ; Part. iii. chap. iii.
^. Quelles sont les leçons morales et religieuses que doit nous enseigner cet état mélangé et imparfait des choses?
1^. Nous devons le considérer comme étant propre à exercer notre foi. Le mélange présent doit nous faire réfléchir au temps futur où s'opérera la séparation finale. Le champ doit nous faire songer à la moisson. Nous devons détourner nos regards de Yaire terrestre pour les reporter vers le grenier céleste ; de Yunion présente des brebis et des boucs à leur séparation future ; du filet nous devons détacher nos yeux et les jeter sur le rivage où il sera traîné un jour. Cet état des choses a aussi pour but de nous enseigner d'autres leçons, par rapport à nos semblables et à l'Eglise en général.
^. Quelles sont ces leçons ?
3^. Nous devons y apprendre les devoirs qui consistent à donner des preuves d'indulgence et de patience ;^ à nous rappeler que tandis qu'il y a plusieurs hommes méchants dans l'Eglise, qui pa- i Rois, xix. raissent tels, il en existe plusieurs bons qui ne sont Rom. xi. 4. pas connus certainement de l'homme comme tels ; à prendre garde que, pendant que nous communiquons
Part. I.
, avec les pêcheurs, nous ne communiquions avec eux en aucun péché j"^ à ne pas censurer, à ne pas condamner une Eglise, encore moins à nous en séparer,^ à cause des erreurs ou des vices de quelques-uns de ses membres ou de ses Ministres, mais à tâcher d'avancer son bien-être, et d'amener, par nos prières et par notre exemple, nos frères égarés à se repentir et à amender leur conduite.
1 s. August. iv. 497 (s'adressant aux Donatistes). "Toléra et zizania si triticum es ; toléra paleam si triticum es ; toléra pisces malos inter retia si pisciè bonus es. Quare ante tempus ventilationis avolâsti ? Quare ante tempus messis frumenta eradicâsti tecum ? quare, antequam ad littus venires, retia disrupisti ? " — S. August. V. 129. " Geme in areâ ut gaudeas in horreo."
^ S. August. Epist. cv. 16. "Quos autem corrigere non val émus, etiamsi nécessitas cogit pro sainte cseteronim ut Dei Saci'amenta nobiscum communicent, peccatis tamen eorum non communicemus, quod non fit nisi consentiendo et favendo. Sic enim eos in isto mimdo, in quo Ecclesia catholica per omnes gentes diffunditiir, quem agrum, suum Dominus dicit, tanquam zizania inter triticum, vel in hac unitatis areâ tanquam paleam permixtam frumento, vel intra retia verbi et sacramenti tanquam malos pisces cum bonis inclusos, usque ad tempus messis aut ventilationis aut littoris toleramus, ne propter illos eradicemus et triticum, aut grana nuda ante tempus de areâ separata, non in horreum mittenda purgemus, sed volatnibus colligenda projiciamus ; aut disruptis per schismata retibus, dum quasi malos pisces cavemus, in mare perniciosaî libertatis éxeamus."
3 S. Cyprian. De Unit. Eccles. p. 111. " Nemo existimet honos Ecclesia posse discedere. Triticum non rapit ventus ; inanes palece tempestate jactantur." — S. Cyprian. Epist. liv. p. 99. "Nam etsi videntur in Ecclesia esse zizania, non tamen impediri débet aut fides aut caritas nostra, ut, quoniam zizania esse in Ecclesia cernimus, ipsi de Ecclesia recedamus. Nobis tantummodo laborandum est ut frumentum esse possimus, ut, cum cœperit frumentum Dominicis horreis condi, fructum pro opère nostro et labore capiamus. Apostolus in Epistolâ suâ dicit : In domo autem magnâ non solum vasa sunt aurea, et argentea, sed et lignea, et fictilia, et quœdam quidem honorata, quœdam vero inhonorata. Nos operam demus, et quantum
possumus laboremus, ut vas aureum vel arr/enteum slmus : ceterum Chap. II. ^ fictilia vasa confringere Domino soli concessum est, Cui et virga Apoe. ii. 27. ferrea data est,"
S. Cyprian. Ep. liv. p. 99 ; et S. August. v. p. 131, sur le devoir de prier pour ceux qui sont égarés.
©» Quel nom donne-t-on à l'Eglise, dans cette condition mélangée sur la terre ?
î^. On l'appelle Y Eglise Visible.
® . Pourquoi la nomme-t-on ainsi ?
ÎX» Parce qu'elle est une "Assemblée" visible "de fidèles" ou de personnes qui croient, "dans laquelle " la Parole pure de Dieu est prêchée publiquement, et " les Sacrements administrés^ visiblement selon l'ordon- " nance de Jésus-Christ, quant à toutes les choses qui " sont absolument nécessaires," et qui jouit du véritable usage de la Discipline"^ ecclésiastique.
1 S. August. Brev. Coll. 3. " Eccleaia est corpus vivum in quâ est Anima et Corpus : Anima significat interna dona Spiritûs Sancti; Corpus vero extemam fidei professionem et sacramentorum communîonem."
XXXIX Articles, Art. xix.— Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. III. chap. i. 14.
^ Homilies, p. 428. {Homélie sur la Pentecôte.) — Voyez le passage cité plus loin, chap. xiii.
King Edicard VIth's Catechism, 1553. " Les caractères de cette Eglise sont, d'abord, la prédication pure de l'Evangile; ensuite, l'amour fraternel ; en troisième lieu, lïxsage pur et sincère des Sacrements du Seigneur ; enfin, la correction fraternelle et l'excommunication, ou bannissement de l'Eglise de ceux qui ne veulent pas réformer leurs vies. Ce caractère était appelé par les saints Pères du nom de discipline'* — Voyez encore Certain Conférences between Ridley and Latimer, en 1555, et le Cinquième Sermon de Hooper sur Jouas.
D'oîi il paraît que, bien que, dans son dix-neuvième Article cité plus haut, l'Eglise dAngleterre ait seulement spécifié deux caractères, celui des Sacrements et celui de la Parole de Dieu, cependant elle ne les considère pas comme suffisants par eux-mêmes pour constituer une Eglise visible, si l'on ne tient compte de la note de la
Part. I. ^ discipline et de celle du gouvernement, à propos desquelles]il est bon de citer les expressions de Cassandre sur la Confession d'Augsbourg, Art. vii. " Quod autem subjicitur, ad veram Ecclesise unitatem satis esse consentire de doctrinâ evangelii et administratione sacramentoi^m, id non satis est ad schismaticos ab Ecclesise societate segregandos, Requiritur ad hanc ixnitatem Ecclesiae praeter doctrinœ et morurn similitudinem etiam unitas animorum in quâ potissimum spectanda est obedientia quse debetur Ecclesiwum Prœfectis, qui inde usque ab Apostolis per successionem Ecclesiam Dei gubemandam et verbo vitœ pascendam susceperunt, qui etsi non semper eâdem fide officium suum praestiterunt, in illis tamen quse officii sunt obtemperari illis necessum est, tum, in auditu verœ doctrinœ, tum in légitima usu sacramentorum, tum in disciplina et correctione ecclesiasticâ. — Hanc tertiam notam necessai-io requiri etiam hujus Confessionis (Augustanse) auctor posteb, agnovit, qui multis in locis, ubi de signis Ecclesise agit, tertio loco addit ohedientiam debitam ministerio Evangelii seu Catholicse Ecclesise."
Grotius, Opéra, t. iii. p, 566-7. — Voyez aussi sa propre adhésion aux remarques de Cassandre sur ce sujet, ihid. p. 617.
^. Existe-t-il une autre raison ?
îK,, Oui, comme se distinguant de YEglise invisible}
1 S. Hieron. Ad Galat. i. p. 120. '^Noscendum Ecclesiam dupliciter dici posse, et eam quse non habeat maculam et rugam et vere corpus Christi sit, et eam quse in Christi nomine absque plenis perfectisque virtutibus congregetur."
Cranmer, Œuvres, t. iv. p. 278. Ed. Oxford, 1834.
Taylor, Œuvres, t. x. p. 333. Ed. 1828.
Barrow, On the Unity of the Church, p. 296.
Eph. ii. 19. ©. Qu'entendez-vous par l'Eglise invisible ? 22!2'3.^"* 31» J'entends la famille de Dieu, non-seulement s.^jekn.'iii. * sur la terre mais encore dans le Ciel ; la cité du Dieu
Apoc.xxi.2; vivant ; l'Epouse de Jésus-Christ, sans tache ni ride ; Epii. V. 27. le Corps mystique de Jésus-Christ, dont les membres Eph. iv. sont connus de Dieu et de Dieu seul, et dont les noms
Col. ii. 19. sont écrits dans le Ciel.^
s. Jean, x.
14- ,. 1 Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. III. chap. i. ii. 4 — 8. "Ce
S. Luc, x! 2o! corps n'est composé que de véritables Isx'aélites, de véritables fils
d'Abraham, de véritables serviteurs et saints de Dieu." — Voyez . ^"^J- ^; aussi liv. VIII. chap. i. 6.
®. Vous parlez de l'Eglise visible et de l'Eglise invisible ; y a-t-il donc deux Eglises ?
3^. Non ; ces deux termes ne désignent pas deux Eglises, mais l'Eglise unique considérée sous deux différents états. L'Eglise est visible, en ce sens qu'elle contient des personnes qui existent seulement sur la terre, et qui sont connues des hommes par certains signes visibles ; elle est invisible en ce qu'elle se compose de personnes qui se trouvent dans le Ciel et sur la terre, depuis le commencement jusqu'à la fin du monde, personnes connues de Dieu,^ mais que les ^-"^g?"'^hommes ne peuvent clairement distinguer. I^'Eg^ise i cor.vni.^3. est visible, jusqu'au point seulement où elle est vue ^;j.^\g"^par les hommes ; elle est invisible, telle qu'elle est ^^^^- ^^"• connue de Dieu. L'Eglise visible contient à la fois des méchants et des justes ; l'invisible n'est composée que de justes. Dans l'Eglise visible, on trouve du froment et de la balle, du froment et de l'ivraie mêlés ensemble ; dans l'invisible, il n'existe que du froment. L'une est l'Eglise de ceux qui sont appelés, l'autre celle des élus de Dieu seulement.^
* S. August. In Evangel. Joannis Tract, xii. 12. " Novit enini Dominus qui simt ejvs : novit qui permaueant ad coronara, qui permaneant ad flammam ; novit in areâ suâ triticum, novit paleam ; novit segetem, novit zizania."
S. August. Breviculus Collât. 3. 10. "Eadem ipsa una et sancta Ecclesia nunc est aliter, tune auteni aliter futura; nunc habet malos mixtos, tune non est habitura."
2 Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. III. chap. i. 9. " Faute d'observer avec diligence la différence qui existe, d'abord, entre l'Eglise mystique de Dieu et l'Eglise visible ; ensuite entre l'Eglise visible pure, et la même Eglise visible corrompue, quelquefois plus et
18 l'église comme visible
Part. I. quelquefois moins, les erreurs qui ont été commises ne sont ni en petit nombre ni de peu d'importance."
Pearson, Exposition of the Creed, Art. ix. " Une seule et même Eglise, selon la diflFérence des temps, admet ou rejette le mélange des méchants, ou l'imperfection des justes."
Eph-g^i- 10, (^^ Sous quel autre nom l'Eglise visible est-elle Héb. xii.22. connue sur la terre?
Apoc. u. 10.
26;vii. 9. ^^ On l'appelle quelquefois l'Eglise militante^ comme existant à l'état de guerre contre le mal, et pour la distinguer de ce qu'elle sera dans sa condition future, comme triomphante ou glorifiée.
^. Existe-t-il sur la terre un Chef Visible de l'Eglise?
Col. il. 10. 1^^ Non. Jésus-Christ est le Chef de toute prin-
Eph. i. 22. cipauté et de toute puissance ; il est au-dessus de toutes choses par rapport à l'Eglise, qui est son
s^jean, iii. épousc, ct qui n'a d'autre Chef, d'autre Epoux que Jésus-Christ. Celui qui possède F épouse est l'époux} Il est le Souverain Pasteur.
1 S. Pier, V. 4.
S.Matth.
xxiii. 8. 1
Theophilaet. In S. Joan. iii. "OtîSels &\\os êa-rl vvfKplos ei fi-fj (juôvos 6 Xpiaràs, irdvres Se ol SiSdcTKovres vvfx<pa'yù}yoi eîtriv âtrirep 6 TTpéSpofxos' ovSeïs yàp âWos Sorrjp icrri r<Si/ àyaQwv et firi ô Kvpios' oî Se âWoi irdvres fjLeaÎTai koÏ rœu Trapà rov Kvpiov deSo/xévwy dyaOùSv SiaKovoi."
(Bi, Pourriez-vous développer ce point en vous appuyant sur l'Ecriture ?
^. Oui. Si Jésus-Christ avait institué un Chef Visible quelconque au-dessus de son Eglise, nous trouverions certainement dans l'Ecriture des avis ayant rapport à notre propre devoir envers ce chef suprême, puisqu'elle nous parle tant de notre devoir envers les souverains temporels, et envers nos guides spirituels. Mais on ne saurait y trouver de tels avis ;
et Jésus-Christ n'a jamais nommé personne chef de .^"^^- ^^l'Eglise Catholique sur la terre, pas plus qu'il n'a nommé un seul monarque du monde entier. L'Eglise Chrétienne n'entendit jamais parler d'une telle suprématie sur elle-même pendant les six cents années qui suivirent la naissance du Sauveur ;i et lorsque l'on commença à réclamer cette suprématie, celle-ci entraîna avec elle des calamités''' innombrables.
^ Crakanthorpe, Defensio Ecclesiœ Ânglicanœ, p. 167.
Bull, Œuvres, t. ii. p. 242. " Si un Chef Visible était nécessaire, l'Eglise n'eut pas d'existence pendant les six premiers siècles après Jêsus-ChHst, durant lesquels on n'entendit jamais parler de ce titre."
^ Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. VIII. chap. iii. 6. Voyez la note, p. 23.
Overall, Convocation BooTc, p. 285—306. Ed. Lond. 1690.
Laud, Conférence loith Fisher, sect. 26. " L'Eglise d'Angleterre ne croit pas qu'il y ait aucune nécessité h, posséder un Pape, ni un Evêque au-dessus du monde Chrétien tout entier; et cela fût-il possible, elle ne saurait croire que ce fût convenable."
•Leslie, Letter on an Universal Bishop, xi. " Jésus-Christ n'a point nommé un Evêque Universel pour gouverner son Eglise, pas plus qu'il n'a institué un monarque universel dii monde."
Voyez plus loin. Part. ii. chap. ix.
^. Mais puisque l'Eglise est toujours une Société visible d'hommes unis par des signes visibles (voyez plus haut, p. 15), et puisque toute Société exige un pouvoir gouvernant, dans l'intérêt de sa propre conservation, quel est le pouvoir qui gouverne l'Eglise visible ?
jd. L'Eglise, comme un tout, est sujette, sous Jésus-Christ, aux lois qui lui ont été données dans les Saintes Ecritures, ainsi qu'à celles qui (n'étant pas contraires à TEcriture) ont été promulguées par elle pour elle-même, et qui ont été généralement adoptées c 2
et mises en pratique avec l'assentiment des fidèles dans l'Eglise.
®. Mais les lois exigent des interprètes et des exécuteurs vivants : qui donc est chargé de ces fonctions dans l'Eglise ?
i^. Ce sont spécialement les Evêques^ de l'Eglise ; particulièrement lorsqu'ils sont assemblés en Conciles, et qu'ils basent leurs décrets sur l'Ecriture Sainte.
^ Overall, Convocation BooTc, p. 256. Ed. Lond, 1690. ''Nous avons auparavant cherché à rendre manifeste, que notre Sauveur Jésus-Christ est le Créateur du monde, et qu'il en est le Gouverneur ; qu'il a racheté et sanctifié en lui-même son Eglise, dont il est le seul Monarque; qu'il n'a nommé personne Empereur sous lui pour gouverner le monde entier, ni Prêtre, ni Archevêque pour diriger toute l'Eglise Catholique ; que comme, par rapport à Jésus- Christ, le Créateur, le monde entier ne forme qu'un seul Royaume, dont il est l'unique Roi ; de même, par rapport à Jésus-Christ, notre Rédempteur, tous ceux qui croient en son Nom, en quelques lieux qu'ils soient dispersés, ne forment qu'une seule Eglise Catholique ; et que cette seule Eglise Catholique n'est pas autrement visible dans ce monde que ne l'est ce seul royaume universel de Jésus- Christ, qui en est le Créateur, si ce n'est par leurs parties séparées et distinctes, comme par telle ou telle Eglise îsTationale, par tel ou tel royaume temporel. Car notre Sauveur Jésus-Christ, ayant créé le gouvernement extérieur de son Eglise Catholique en harmonie avec le gouvernement de sa monarchie universelle répandue sur le monde entier, il a ordonné, par l'institution du Saint-Esprit, de placer dans chaque Royaume, des Archevêques, des Evêques et des Ministres subalternes, pour gouverner les Eglises particulières qui y sont établies .... de même qu'il a nommé des Rois et des Princes souverains, avec les divers genres de Magistrats subalternes, pour diriger et gouverner son peuple sous lui, dans chaque royaume, chaque contrée et chaque pi-incipauté soiiveraine." — Voyez aussi Mason, De Ministerio Anglicano, p. 278, 279, 419, 425. — Casaubon, De Lih. Eccl. c. 11. Epist. p. 179. — Barrow, De Pot. Clavium, t. iv. p. 46—49.
Stillingfleet, Rational Account oftJie Grounds of Protestant Religion, éd. in-fol. 1665, p. 301 — 303, sur ces paroles de saint Cyprien : Episcopatus unus est, cujus a singuUs in solidum pars tenetur. " Lorsque
Cyprien réduit le gouvernement universel de l'Eglise h, n'être qu'un Chap. IT. seid office épiscopal, et qu'il délègue cet office dans ses différentes parties avec pleins pouvoirs aux Evêques particuliers, quelqvi'un peut-il être assez dénué de sens pour s'imaginer que saint Cyprien ait jamais eu la pensée que le gouvernement de l'Eglise en général dépendît d'une Eglise particulière quelconque en qualité de chef des autres ? Les mots cités attribuent réellement de tels pleins pouvoirs aux Evêques particuliers, sur cette partie du troupeau qui leur est confiée ; et cela ressort de la vraie signification de la phrase iu solidum; phrase empruntée à la loi civile, où l'on établit une grande différence entre une obligation in partem, et une obligation in solidum, et ainsi proportionnellement entre une tenure in partem et une tenure in solidum : on tenait in solidum ces choses qui étaient tenues en vertu d'un plein droit et d'un plein pouvoir, sans paiement ni reconnaissance. Dans ce discom's, saint Cyprien compare le gouvernement de l'Eglise à une propriété tenue par plusieurs franctenanciers, dans laquelle chacun d'eux a un plein droit à cette j)oi'tion qui lui appartient. Tandis que, selon le principe Romain, le gouvernement de l'Eglise est comme un manoir ou seigneurie, dont les divers habitants ne tiennent du Seigneur tout au plus que par une copie des rôles, et les adhérents de la Papauté voudraient bien que la tenure ne fût aussi qu'une tenure à la volonté du Seigiieur."
^. Et les Evêques ont-ils le droit de mettre ces lois en vigueur?
3^, Oui, in foro conscientiœ, par la censure spirituelle.
Voyez la note annexée à la question suivante, et plus loin, Part. i. ' chap. xiii. xiv ; Part. iii. chap. v. vi. vii.
^. Mais puisque l'Eglise, en tant que teUe, n'exerce pas de pouvoir séculier, comment ces lois peuventelles avoir un effet temporel ?
ïl. Jésus-Clirist, comme Créateur, Eédempteur et Souverain du monde, a délégué à chaque puissance suprême gouvernante, dans un état Chrétien, une juridiction externe qui régit, dirige et contrôle, et dans l'exercice de laquelle aucun étranger, soit Prélat,
Part. 1.
22 l'église comme visible
soit Prince, soit Potentat, ne peut intervenir. Cette juridiction est ce que l'Empereur Constantin appelait la juridiction d'un Episcopus ah extra ;'^ et elle consiste non-seulement à maintenir et à doter l'Eglise de Jésus-Christ dans ses propres états, mais à la régler et à la gouverner ;^ non pas cependant en vertu d'un nouveau code de lois, mais conformément à celles de Dieu et de l'Eglise. Et ainsi Jésus-Christ a pourvu au maintien de l'Unité dans l'Eglise, par l'exercice distinct bien qu'harmonieux du pouvoir spirituel et du temporel, mais sans remettre ces deux pouvoirs, ni l'un des deux, aux mains d'un seul homme.^
* Gerhard, Loci Communes, VI. p. 589. " Distinguendum inter potestatem Ecclesiasticam internam et externam, quœ distinctio colligitur ex verbis Constantini apud Euseb. lib. iv. JDe Vitâ Constant. c. 24. Vos Episcopi in Ecclesiâ, ego extra Ecclesiam seu templum Episcopus a Deo constitutus sum, ; illa ministris EcclesiaB in solidum relinquitur, hsec vero magistratiii Christiano communis est : Distinguendum inttr eorum, quce ad divinum cultum pertinent, administrationem et externam eorundem dispositionem ; illa ministrorum Ecclesiaî est; hœc verè magistratûs. Minister prsedicat verbum, utitur gladio Spiritûs, et ore pugnat adversus hostes et impios ; magistratûs custodit verbi prsecones et confessores, vibrât gladium conti-a hostes Christianœ Reipublicaî et manu armatâ eosdem oppugnat. Ut ergo cris et nianuum ministeria distincta manent, licet ad eundem finem, corporis scilicet incolumitatem, conspirent, sic Ministerii Ecclesiastici et Magistratûs politici officia distincta manent, licet ad eundem finem Reipubl. se. Christianse, quse itidem mysticum aliquod corpus constituit, salutem, tutelam et incolumitatem utraque sint directa."
2 Overall, Convocation Booh, p. 262. "Sous une telle forme de gouvernement ecclésiastique, le magistrat Chrétien est devenu en même temps le principal membre de l'Eglise et son principal gouverneur; pour contenir lesdits Archevêques dans leurs bornes et leurs limites, ainsi qiie tout le reste du Clergé et des Chrétiens, Evoques, Ministres et Paroissiens, afin que chacun, dans ses différentes positions, puisse exécuter et remplir les fonctions et les devoirs distincts qui sont dans ses attributions." — Voyez aussi Beve-
ridge, Discourse upon the XXXIX Articles, Art. xxxvii ; et plus Chap. HT. loin, Part. iii. chap. v. et vî.
3 Hooker, Ecclesiastical Polity, liv, VIII, chap. iii. 5. "La dissimilitude dans les grandes choses est de nature à entraîner après elle de graves inconvénients. Et le moyen de la prévenir n'est pas, comme quelques hommes l'imaginent, de remettre le pouvoir suprême au-dessus de toutes les Eglises entre les mains d'un seul pasteur, mais de formuler partout leur gouvernement, spécialement pour les matières d'importance, selon les règles d'une seule et unique loi, pour régner avec non moins de force que la loi des nations, pour être adoptée dans tous les royaumes. . . . Cette mesure fera naître l'uniformité, même'Hans des états séparés, et elle sera exempte de ces malheureux inconvénients auxquels l'état de la Chrétienté avait été sujet jusqu'ici, par la tyrannie et l'oppression de ce Nemrod universel [le Pontife Romain] qui seul gouvernait tout.
"Et jusqu'à ce que le monde Chrétien se décide à entamer quelque consultation paisible et sincère, à propos d'une telle sorte de loi générale, sur les choses graves et importantes qui forment aujovird'hui l'objet de nos différentes opinions, si une Eglise n'a pas le même ordre qu'une autre Eglise, que chaque Eglise s'en tienne le plus près possible à l'ordre tel qu'elle doit l'avoir, et qu'elle en remette la juste défense à Dieu, en suivant l'exemple que nous a donné la tribu de Juda, lorsqu'elle différait dans l'exercice de la religion de la forme suivie par Israël."
Voyez encore sur ce sujet plus loin, Part, ii, chap, ix. vers la fin.
CHAPITEE III.