XX
is. V. 1. Jérusalem d'en haut, qui est la Mère de nous tous.
Ps. Ixxx. 8. ' ^
17; xvi. 19; ^ Taylor, Sermon xvii. The Marriage Ring, Œuvres, t. v. p. 254. n^' ^'- 44 " ^^^^ ^^^ ^^ grand mystère, mais c'est la représentation symbolique Col. i. 13. ' et sacramentelle des plus grands mystères de notre religion. Jésus- S^ M uii Christ descendit du sein de son Père, et resserra sa Divinité dans xvi. 18 ; la chair et le sang, et il s'unit à notre nature, et nous devînmes une r'ïi^^iii 15 -^S^^^®» l'épouse du nouveau-marié, qu'il purifia de son sang, et il Héb. xii. 22. lui donna son Saint-Esprit en douaire, et le Ciel en dot ; pi'ocréant Gai. iv. 2Q.
des enfants en Dieu par l'Evangile, Cette Epouse, il se Test unie ^^hap. iv p«r vine excellente charité ; il la nourrit à sa propre table, et il la place près de son propre cœur ; il pourvoit h, toutes ses nécessités ; la console dans ses afflictions, résout ses doutes, la guide dans ses égarements ; il est devenu son Chef, et elle comme un sceau royal sur sa main droite. On trouve ici l'union étemelle, le nœud indissoluble, l'amour infini de Jésus-Christ, l'obéissance de l'Epouse, la communication des biens, l'identité des intérêts, les fruits du mariage, une génération céleste, une créature nouvelle. Sao'amentum hoc magnum est ; voilà le mystère sacramentel représenté par le saint rite du Mariage.''
^. Mais ces derniers titres n'ont-ils pas rapport à Y Eglise invisible, purifiée et glorifiée dans le Ciel ?
H. En vérité ils appartiennent spécialement à l'Eglise, telle qu'elle sera dans un monde futur dans l'état bienheureux ; mais ils sont aussi du domaine ep^. de l'Eglise Universelle existant sur la terre, car ils décrivent ce qu'elle est dans sa tendance, ses efforts, ses désirs et son attente \
} Barrow, Discourse cmiceming the Unity vf thc Churcli, p. 296-7. Ed. 1683.
Col.
CHAPITEE IV.
^. Nous avons vu que l'Eglise visible est une Société, et puisque chaque Société a quelque caractère essentiel qui sert à la distinguer des autres Sociétés, quel est celui par lequel l'Eglise se fait discerner ?
1^. La profession de la vraie Eeligion.^
^ Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. Ixviii. 6. "Voici notre persuasion à propos de l'Eglise visible de Jésus-Christ dans le monde présent : Eglise est un mot que l'art a inventé pour séparer
26 DU SALUT DANS L'eGLISE.
Part. I. ^ et distinguer cette société d'hommes qui professe la vraie religion de ceux qui ne la professent point."
^» Et quel est le caractère essentiel de cette profession de la vraie Keligion 1
i^. C'est la Foi en Notre-Seigneur Jésus-Cheist, qui distingue la vraie Keligion de la fausse, et qui sépare l'Eglise de toutes les autres sociétés d'hommes, tels que les Païens, les Juifs, les Mahométans, les Infidèles et les Apostats.^
De là vient que lorsqu'il s'agissait de donner un Act. xi. i;V nom aux membres de l'Eglise, pour les distinguer de toutes les autres personnes, ils reçurent un nom dérivé du Christ, et ils furent appelés Chrétiens.
^ Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. Ixviii. 6. " Il y a eu dans le monde, depuis les premiers temps de sa création, trois religions seulement : le Paganisme, qui régnait dans l'aveuglement de la nature corrompue et dépravée ; le Judaïsme, embrassant la loi qui réforma l'impiété païenne, et enseigna aux hommes à chercher leur salut par un Etre que Dieu devait envoyer dans les derniers temps ' et exalter, pour qu'il fût le Seigneur de tous [et le Mahométisme ; voyez Andrewes, Pattern of Catechistical Doctrine, p. 35] ; enfin, la croyance Chrétienne, qui obéit à l'Evangile de Jésus-Christ, et qui reconnaît ce dernier comme le Sauveur que Dieu avait promis. . . . Voyant donc que le mot Eglise est un nom que l'art a donné à ceux qui professent la vraie religion, la religion étant en partie matière de contemplation, en partie d'action, nous devons définir l'Eglise, qui est une société religieuse, par des différences qui soient de nature à expliquer proprement l'essence de ces choses, c'est-à-dire par l'objet ou la matière qui sont proprement du ressort des contemplations et des actions de l'Eglise. Car c'est ainsi que l'on définit toutes les connaissances et toutes les vertus. C'est pourquoi, comme le seul objet qui sépare notre religion des autres est Jésus- Christ, et que c'est lui seul que l'Eglise adore, nous voyons en conséquence que les Apôtres distinguent partout par ce moyen l'Eglise des infidèles et des Juifs, considérant ceux qui invoquent le Nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ comme formant son Eglise, " Si nous descendons plus bas, nous ne ferons qu'ajouter à ceci certains accidents passagers et variables, qui ne touchent pas
proprement à Vexlstence de l'Eglise de Dieu, maii? qui contribuent <^hap. iv. seulement à rendre son existence plus heureuse et meilleure, soit réellement^ soit dans les opinions et les pensées des hommes. Voici quelle est l'erreur de toutes les définitions papales qui ont été données jusqu'ici. Les adhérents de la Papauté ne définissent pas l'Eglise par ce qui est Vessence de l'Eglise, mais par ce qui, dans leur opinion, est plus parfait dans la leur que dans le reste des Eglises. Si nous considérons les points d'éminence et de perfection, ainsi que les points d'imperfection et de défauts dans l'Eglise de Dieu, nous en trouverons à l'infini, et il est complètement impossible de rendre un compte exact de leurs degrés et de leurs difîérences. Il n'y a pas la plus petite contention, la plus petite dispute qui ne porte quelque atteinte fâcheuse à l'unité qui devrait régner dans l'Eglise de Jésus-Christ. Celle-ci néanmoins peut avoir, sans causer du scandale et sans rompre la concorde, non-seulement ses multiples variétés dans les rites et les cérémonies de la religion, mais encore un grand nombre de querelles et de contentions, et cela à propos de sujets qui ne sont pas de petite importance ; que dis-je, elle peut avoir ses schismes, ses factions et d'autres maux d'une telle nature, auxquels le corps de l'Eglise est sujet, les parties saines et les parties malades appartenant les unes et les autres au même corps, aussi longtemps que ces deux parties retiennent, par une profession extérieure, cette substance vitale de vérité qui établit la différence entre la Eeligion Chrétienne et celle des hommes qui ne reconnaissent pas Notre-Seigneur Jésus-Christ comme l'adorable Sauveur du genre humain, qui ne croient pas à son glorieux Evangile, et qui tournent en dérision ses Sacrements, les sceaux de la vie éternelle." — Voyez aussi Sanderson, Serm. iii. 26, sur 1 Pier. ii. 17, et Serm. xv. 15. " Tous ceux qui professent extérieurement la foi et le Nom de Jésus-Christ sont dans le giron de l'Eglise visible."'
(!^. Si nous désirons être sauvés, est-il nécessaire que nous soyons membres de l'Eglise Chrétienne ? m. Oui.i
1 S. Cyprian. Ep. iv. p. 9. " Domus Dei una est ; et nemiui salus nisi in Ecclesiâ esse potest." — Voyez aussi S. Augustin, iii. 1985, 1992, 2027.
^. Sur quoi basez-vous cette nécessité ?
Part. I.
Ps. Ixvii. 7.
Is. XXV. 6 ; xxxvii. 32,
3^, Sur la nature du cas qui nous occupe. Jésus- Christ a lui-même institué une Société sur la terre, EÏédJ!'xiii. dans laquelle les hommes doivent recevoir les Joël, ii. 32. moyens de la ^ grâce et du salut, et il ne nous a 12^ * ^^' * ' pas révélé d'autre voie qui conduise à cette fin ; c'est pourquoi ceux qui ne veulent pas entrer dans cette Société et continuer à y vivre, s'excluent eux-mêmes de la participation aux privilèges de l'Evangile.
^ s. Iren. Â dv. Hœreses, iii. 40, " Spiritûs Sancti non sunt participes qui non concurrunt ad Ecclesiam, sed semet ipsos fraudant a vitâ. Ubi enim Ecclesia Dei ibi Spiritûs Dei."
^. Cette manière d'envisager la conduite de Dieu envers les hommes est-elle confirmée par des exemples tirés de la Sainte Ecriture ?
i^. Oui. La Sainte Ecriture nous offre plusieurs cas dans lesquels Dieu ayant établi des moyens spéciaux pour la conservation des hommes, tous ceux qui refusèrent de profiter de ces moyens furent voués à la destruction.
(!â. Citez-en quelques-uns.
Gen. vii. 23. 1^. H était nêcessaîre d'entrer et de rester dans
1 s. Pier. iii. l'Arche (qui est la figure de l'Eglise ^), pour se mettre
à l'abri du Déluge ; il était nécessaire d'avoir les
Exod.xii. 7, llutcaux dc sa porte^ arrosés de sang, et que personne
jos. ii'. 18, ne sortît de sa maison, pour être à l'abri du glaive
de l'Ange exterminateur; et il était nécessaire que
les membres de la famille de Eahab ^ restassent chez
eux s'ils voulaient échapper à la mort.
^ TertuUian. De Baptism. 8. " Ecclesia est Arca figurata." v. De Idol. vers la fin. — S. Cyprian. Ep. Ixix. p. 181 ; Ep. Ixxiv. p. 198. — S. Hieron. Ad Esa. xi. " Quod Arca in Diluvio hoc Ecclesia praestat in Mundo." — S. Aiigust. iv. p. 1315. De Civ. Dei, xv. 27.
"Procul dubio Arca Noe figura est peregrinantis in hoc seculo Chap. IV. Ecclesiœ, quse fit salva per lignum in quo pependit Christus." Voyez plus haut, p. 10.
Hooker, Fcdesiastical Polity, liv. V. chap. Ixviii. 6. " Le privilège de l'Eglise visible est d'être sur ce point comme l'arche de Noë; car, autant qu'il nous est permis d'en juger, tous ceux qui sont en dehors d'elle sont des brebis perdues."
2 S. Cyprian. De Unit. Eccles. p. 110. " Sacramentum Paschœ in Exodi lege nihil aliud continet quam ut agnus, qui in figura Christi occiditur, in domo unâ edatur. Nec alia ulla credentibus prscter unam Ecclesiam domus." — Voyez aussi Part. ii. chap. iv.
3 S. Iren. i. 3. — Origen. In lih. Jesu Naue, Hom. iv. " Extra hanc domum, id est, extra Ecclesiam, nemo salvatur."
S. Cyprian. Fp. 69. " Rahab typum portabat Ecclesise, cui dicitur, Omnis, qui exierit domus tuse foras, reus sibi ei'it.-^Quo sacramento declaratur, in unam domum solam, hoc est, in Ecclesiam, victuros colligi oportere."
Pearson, Exposition of the Creecl, Art. ix. " Comme personne ne fut sauvé du déluge, excepté ceux qui étaient dans l'Arche de Noé, construite pour les recevoir par l'ordre de Dieu ; comme aucun des premiers-nés d'Egypte ne vécut, excepté ceux qui se trouvaient dans des habitations dont les linteaux de la porte étaient arrosés de sang, Dieu en ayant ordonné ainsi pour leur conservation ; comme aucun des habitants de Jéricho ne put se sauver, excepté ceux qui étaient dans la maison de Rahab, pour la protection desquels une alliance fut faite ; de même aucun de ceux qui ne seront pas de l'Eglise de Dieu n'échapperont au courroux de Dieu. Ce sont là les vaisseaux du Tabernacle, emportés ça et là pour être enfin transportés et fixés dans le Temple."
^. Qu'apprenons-nous par ces exemples ?
M. Ils nous enseignent par analogie que, puisque Dieu a établi l'Eglise comme la dispensatrice des moyens de pardon, de grâce et de salut à l'égard des hommes, nous ne saurions concevoir l'espérance d'échapper à la mort, ni celle d'hériter de la vie, si nous ne voulons pas en faire partie, c'est-à-dire si nous n'y entrons point pour nous y fixer.
^. Eésulte-t-il directement de la Sainte Ecriture
Part. I.
qu'il n'existe point d'autre voie certaine de salut en dehors de l'Eglise de Jésus-Christ ?
iH. Oui. L'Eglise est appelée dans la Sainte Ecri-
coi. i. 18. ture le Corps de Jésus-Christ ; et tandis qu'il est dit dans l'Ecriture que le Seigneur ajouta à Y Eglise ceux
Act. ii. 47. qui étaient dans la voie du salut (tov^ aœ^ofiévov;), et que Jésus-Christ est le Sauveur de son Corps '^ {(Twfia), qui est l'Eglise,'^ nulle part le salut n'est promis à ceux qui ne sont pas membres de ce Corps.^
1 Eph. V. 23. " 2wT7)p TOT (rcéiiaros " (où l'Apôtre se sert de la connexion qui lie ces mots Grecs aw/M et a-do^w). — Col. i. 18, " auras iari Ke(j)a\i) TOT (twimitos, rrjs 'EKKXrjffias." D'où oî (TU)Q6[X€voi (Act. ii. 47) sont ceiix qui sont incorporés dans le awfxa ou Corps de Jésus-Christ, l'Eglise, étant ainsi placés dans la voie du salut.
^ S. August. In S. Joann. Evan. Tract, xxvi. 13, " Vis vivere de Spiritu Christi ? In Corpore esto Christi."
^ Pearson, Exposition of the Creed, Art. ix. " Jésus-Christ n'a jamais institué deux voies pour parvenir au Ciel, pas plus qu'il n'a bâti une Eglise pour sauver les uns, et créé une autre institution pour le salut des autres hommes."
Taylor, ITie Doctrine and Practice of Eepentance, Œuvres, t. ix. p. 258. " Il n'y a, ordinairement, d'autre voie vers le Ciel o^ue celle qui consiste à servir Dieu de la manière qu'il nous a commandée par son Fils ; c'est-à-dire la voie de l'Eglise, qui est son Corps, et dont il est le Prince et le Chef."
^. Mais ne peut-il y avoir plus d'une Eglise dans lesquelles on puisse opérer son salut ?
id. Non. L'Eglise est Una, Universa, et Unica ;^ icor. xi. 3; Unie, Universelle et Unique. Jésus-Christ est le
xii 12 27
Col. i.'i8,* Chef de chaque homme, dit saint Paul. Comme seul Kph. iv. ■ Chef, il n'a qu'un seul Corps spirituel ; et ce Corps, ainsi que nous le dit l'Apôtre, c'est TEglise, et personne ne peut être attaché au Chef s'il n'est pas dans ce Corps. De plus, l'Eglise est appelée dans l'Ecri- Eph. i. 23. ture la plénitude de Celui qui accomplit tout en tous.
DU SALUT DANS l'EGLISE. 31
Cette plénitude universelle n'admet pas d'antre pléni- 2L!:^:iI: tude. D'un autre côté, l'Eglise est l'épouse de Jésus- Clirist, unie à lui à jamais, de Jésus-Clirist qui is. ixii. 5. l'aima et qui se donna pour elle, et qui n'a d'autre ^ph. v. ou seconde épouse outre celle qu'il a sanctifiée et 32. purifiée par l'eau et par la parole, afin qu'il pût se présenter V Eglise'^ glorieuse, n ayant ni tache, ni ride, ni autre chose semblable. Elle est l'épouse unique 2 cor.xi. 2.
s. Jean x.
d'un seul Epoux.^ Il n'y a qu'un seul troupeau et lè. qu'un seul Berger ; un seul Seigneur, une seule Foi, un seul Baptême ; et ainsi l'Eglise est une pour nous hommes et pour notre salut.*
1 S. Ambros. Eexaëm. iii. 1. " Non multœ Congregationes sunt ; sed una est Congregatio, una Ecclesia."
2 Eph. V. 27. " 'Iva irapaffTiqcrri kavT<p çvSo^ov THN êKK\7](riau" Il faut observer dans l'original la force de l'article qui exprime que l'Eglise est une.
3 S. Firmilian. Ap. Cyprian. p. 224, " Neque enim multœ Sponsae Christi ; una est, quae est Ecclesia Catholica, quaG sola générât Dêi filios."
2 Cor. xi. 2. " rjpfiocrdixrjv vfxâs kv\ àvSpl irapQçvov àyvrjv' (po^ovfiai 5è jurfirore, ùs 6 0^15 Evau e^TîTrctrijcrej/ èv T77 Trauovpyia aùrov, ourws (pOaprj rà vo-qfmra vfx.ûi' àiro rrjs dirXoTrjTos ttjs eîs rhv Xpia-TÔv."
* Clemens Alexandrin. Strom. vii. 17. "'E/c tQu çîp'qp.évûiv (pavçpbv oîfiai jeyçurjcrGai /xiav eîuai tt]v àXTjôij 'EKK\7)(Tlav rrjv t^ vvti opxaioi', ets ^v oî Kurà •KpoQçaiv diKaioi èyKaraKiyovTai' kvos "yàp tvros Tov &€ov, Koi éifàs tov Kvplov, Sià. tovto koX rb &KOWS ri/xiov Kurà ^.uvoxTiv èiraivelrai, jxiixriixa ov dpxv^ "^V^ fxiâs. —Kai rj è^ox'^ Tijs 'E/cKÀrjctas Kadâirep 7] dpxv rijs (xvcrrdcreœs Karà ttju /xovdda èarly irdvTa T à âWa virep^aAXovffa Ka\ /xrjSe;' ^xovcra 6(xo7ov ^ X(Tov éavTT)."
S. Cyprian. ^^9. Ixxiv. p. 216. Ed. Fell. " Deus unus et Christu» unus, et una Spes et Fides una, et una Ecclesia." — Voyez ibid. p. 83. " Sacerdotiurn novum fieri prœter unum altai-e et unum Sacerdotium non potest." — Idem, Ep. Ixix, p. 181. Ed. Fell. " Quod autem Ecclesia una sit, déclarât in Cantico Canticorum Spiritus Sanctus, ex personâ Christi dicens, Una est Columba Mea." — De Unit. Bccl. p. 119.
Part. T. g^ Optât, i. 7. " Prseter unam Ecclesiam altéra non est."
S. Hieron. In Usa. xix. " Cuncta altaria quse contra Ecclesise eriguntur altare, sciamus esse non Domini."
S. August. Serm. cxxv. " Quia unica est Ecclesia, per totum orbem unitas salvatur. Ab unitate ergo noli recedere, si non vis esse immunis a salute."
Pearson, Exposition of ihe Creed, Art. ix. "A moins qu'un homme ne soit de \ Eglise Catholique, il ne peut être à'aucune. Car puisque l'Eglise qui est vraiment Catholique contient dans son sein toute» les Eglises véritables, quiconque n'est pas de l'Eglise Catholique ne peut être de la véritable Eglise. Toute Eglise qui prétend à un nouveau commencement, prétend en même temps à une nouvelle institution ; et toute Eglise qui est nouvelle w'est pas une Eglise.
^. Quelle autre preuve la Sainte Ecriture nous donne-t-elle de cette vérité ?
H. L'Eglise était figurée d'avance par Eve, la Gen. iii. 20. mève de tous les vivants ; et comme pour nous
Gai. iv. 2G. ., , . • i, • ,,
nommes il n existe point d autre naissance naturelle que de descendre d'Adam et d'Eve, il n'existe pas non plus d'autre naissance spirituelle pour nous, en tant qu'hommes Chrétiens, que d'être créés par Jésus- Christ et par l'Eglise.^ Comme Adam était uni à Eve,
1 Cor. XV. 47. Jésus-Christ, le second Adam, l'est également à son Eglise ; et personne n'appartient à Jésus-Christ s'il n'appartient pas à l'Eglise de Jésus-Christ. Christianus non est qui in Christi Ecclesia non est? Que
s. Matth. V homme ne sépare point ce que Dieu a uni.
^ Origen. Ap. Routh, Reliquiœ Sacrœ, t. iii. p. 265. — S. Methodius, Conviv. Virg. iii. 8. — Galland, Bihl. Patrum, t. iii. p. 688.
S. Hieron. Ad Ephes. c. v. *' Quomodo de Adam et uxore ejus omne hominum nascitur genus, sic de Christo et Ecclesia omnis credentium multitudo generata est." — S. Chrysost. In Ephes. c. v. p. 864. Ed. Savil. — S. Ambros. In S. Luc. iii. 22. " Adam novissimus Chi'istus est: Costa Christi vita Ecclesise. Hsec est Eva mater omnium viventium." — S. August. Serm. xxii. " Parentes qui nos genuerunt ad mortem, Adam et Eva ; parentes qui nos genuerunt ad vitam, Christus et Ecclesia." — Voyez aussi t. iv. p. 498, et
Tractât, in S. Joann. xi. et Contra Faustum, xiii. 8.— S. August. In Chap. iv.^ S. Joann. Tract, ix. " Dormit Adam ut fiât Eva ; moritur Christus ut fiât Ecclesia. Dormienti Adse fit Eva de latere ; mortuo Christo lanceâ percutitur latus ut profluant sacramenta quibus formetur Ecclesia."
Hooker, Ecclesiastical PoUty, liv. V. chap. Ivi. 7. " L'Eglise est en Jésus-Christ, comme Eve ëtait en Adam. Oui, par la grâce nous sommes dans Jésus-Christ et dans son Eglise, comme par nature nous sommes dans nos premiers parents. Dieu forma Eve d'Adam. Et quant à son Eglise, il l'a construite de la chair même, du côté même blessé et saignant du Fils de l'Homme. Son corps crucifié et son sang répandu pour la vie du monde, sont les véritables éléments de cet être céleste qui nous fait pareils à lui-même, de qui nous venons." — Voyez aussi Cudworth, Œuvres, t. ii.
Beveridge, Discourse upon the XXXIX Articles, Art. xxv. t. ii. p. 210. Oxford, 1840.
' S. Cyprian. Âd Anton, p. 112.
^. Quel était sur ce point le jugement de l'Eglise primitive 1
îd. Elle déclara dans ses symboles^ que les moyens de grâce et de salut ne peuvent s'obtenir que dans l'Eglise ; que là seulement on peut trouver la remis- voyez plus sion des pécliés ; que le Sacrement de l'Eucharistie/ les dons de l'Esprit' et la Parole de Dieu,* pure et exempte de corruption, ne peuvent être reçus que dans l'Eglise ; que la Prière ne peut être offerte d'une manière agréable à Dieu, et que la bénédiction ne peut être reçue qu'en communion avec l'Eglise de Jésus-Christ.^ Selon les expressions de saint Jérôme :^ Qui matrem Ecclesiam contempserit, morte morietur. Selon celles de saint Augustin : Sanctus mons Dei sancta Ecclesia ejus ; qui non ei communicant, non exaudiuntur ad vitam œternam. Selon celles de saint Ambroise :' Ecclesia est Corpus Christi: et ille negat Christum, qui non omnia^ quœ Christi sunt, confitetur. Saint Augustin ^ nous dit encore : Ecclesia CathoUca
XUl. XIV. XV.
Part. T.
34 DU SALUT DANS L'eGLISE. |
sola corpus est Christî, cujus ille Caput est et Salvator corporù sut. Extra hoc corpus neminem vwificat Spiritus Sanctus. Nulla salus, nisi in Ecclesia, voilà le langage unanime de toute l'antiquité Chrétienne ; et pour nous servir des termes de saint Cjrprien^ et de saint Augustin:^ Nemojpotest Jiahere Deum Patkem, qui non habet EcCLESIAM Mateem.
1 S. Cyprian. Ad Magn. " Credis remissionem peccatorum et vitam œternam per sanctam Ecclesiam."
S. August. Enchir. vi. p. 379. " Extra Ecclesiam non remit fcuntur peccata : ipsa nam proprie Spiritus Sancti pignus accepit sine quo non remittuntur peccata."
Voyez Kettlewell, Practical JBeliever, part, ii, chap. vi. et vii. p. 323—335. Ed. 1713.
8 S. Ignat. Ad Ephes. v. " àh.v fi-i^ ris ^ êvros tov OvffiaarTjplov, iffrepelrai tov âprov rov 06oû." — Comp. Ad Trall. c. vii.
^ S. Iren. iii. 40. *' Spiritus non sunt participes qui non concurrunt ad Ecclesiam ; qui non participant eum neque a mammillis Matris nutriuntur in Vitam, neque percipiunt de Corpore Christi procedentem nitidissimum fontem, sed efifodiunt sibi lacus detritos de fossis terrenis, et de cœno putridam bibunt aquam, effugientes fidem Ecclesiœ — nunquam scientiam stabilem babentes, non fundati super unam Petram sed super arenam."
* S. Iren. iii. 4. "Non oportet apud alios quserere Veritatem, quam facile est ab Ecclesia sumere, cum Apostoli quasi in depositorium dives plenissimè in eam contulerint omnia quaa sint Veritatis, uti omnis quicunque velit sumat ab eâ potum vitse. Haec est vitse introitus. Omnes autem reliqui fures sunt et latrones."
6 S. Prosper Aquit. Tn Psalm. cxlvii. 13. " Benedixit filios in te. Extra Jérusalem nulla benedictio est : quia non sanctificatur nisi qui Ecclesise, quse est Christi corpus, unitur."
^ S. Hieron. In Mich. vii. i. — S. August. iv. p. 520 ; vi. p. 976, In S. Joan. 118, Contra Lit. Petil. c. 38.
' S. Ambros. In S. Luc. iv. c. 9.— S. Cyprian. p. 96. Ed. Fell. " Cum Apostolus [Eph. v, 31] Christi pariter atque Ecclesiae unitatem individuis nexibus cohœrentem sanctâ suâ voce testatur, quomodo potest esse cum Christo qui cum sponsâ Christi et in ejus Ecclesia non est ? "
8 S. Cyprian. p. 109, et p. 119. Ed. Fell.
Andrewes, Sermon sur S. Matth. vi. 17. "Ceci est certain:
DU SALUT DANS L'EGLISE. i35
Aucun homme n'a Dieu pour Père, qui n'a pas l'Eglise pour Mère ; et Chap. IV. une ou deux fois dans les Proverbes nous recevons l'ordre de garder les préceptes de notre Père, et de ne pas abandonner l'enseignement de notre Mère. Ira Patris et dolor matris se trouvent ensemble dans le même verset ; celui qui afflige la dernière, irrite le premier."
^, Vous dites qu'il n'y a de salut que dans l'Eglise, et que l'Eglise se distingue de toutes les autres sociétés par la foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ. Prétendez-vous dire, en parlant ainsi, que tous ceux qui sont nés avant la venue de Jésus-Christ, et que tous ceux qui depuis son Incarnation ne l'ont point connu, sont exclus de l'espérance du salut ?
30i. Non, certes, non. L'Eglise se compose du peuple entré dans Talliance de Dieu, dans tous les pays et dans tous les temps, soit avant, soit après la venue de Jésus-Christ; et l'objet de sa foi a toujours été un et le même, Jésus-Christ. Les membres de s. Jean, -viii.
l'Eglise avant la venue du Sauveur croyaient en lui i cor. x. coînme devant venir ; nous croyons en lui comme étant 2 cor. w. 13. venu. Les temps de l'Eglise sont changés, mais sa foi ^^-^s. n'est point changée et ne peut changer,^ et nous ne doutons pas que par cette foi les hommes n'aient été sauvés dans tous les âges et dans tous les pays du monde.
1 s. August. Tract, in Joann. xlv. iii. p. 2131. " Ânte adventum Domini Nostri Jesu Christi, quo humilia venit in came, prsecesserunt justi, sic in eum credentes venturum, quomodo nos credimus in eum qui venit. Tempora variata sunt, non fides. Diversis quidem temporibus sed per unum fidei ostium videmus ingressos. — Voyez aussi S. August. ii. p. 415, 420, et plus haut, p. 5, 6, et p. 16. — S. Iren. iv. 13— 24.— Barlow, Remains, 582— 592.— XZZ/Z Articles^ Art. vii. " Dans l'Ancien et dans le Nouveau Testament la vie éternelle est offerte au genre humain par Jésus-Christ." D 2
36 ' DU SALUT DANS L'EGLISE. j
Part. I. ^^ Mais que dire alors de ceux qui sont plongés dans une ignorance complète à l'égard de Jésus- Christ?
3^, Nous ne pouvons nous hasarder à en rien dire, s.Luc,xii.48. sauf toutefois que la responsabilité de l'homme varie avec ses privilèges, que les mérites et la miséricorde du Seigneur sont infinis/ et que ces personnes sont entre les mains de Dieu et non entre les nôtres. Notre devoir sur la terre consiste à adorer en silence la profondeur de la richesse de la sagesse et de la connaissance de Dieu, et à remplir ces devoirs pratiques que la considération de leur cas nous impose.
* Barrow, Sermons on Universal Rédemption^ Œuvres, t. iii. p. 464. — Butler, Analogy of Religion Natural and Revealed, Part. ii. chap. vi, " Chaque homme sera traité avec équité." — Comp. Macknight et Whitby sur Rom. ii. 14, et Eph. ii. 3.
^. Quels sont ces devoirs ?
3^. D'abord, le devoir de reconnaissance envers 2Tim. i. 9. Dieu, de ce qu'il nous a appelés par une vocation
1 Thess. ii. . ^ x x jt