DES ERREURS DANS L'EGLISE
^ Part. I. ^ g'écarter complètement de ce qui est juste ; car, sans aucun doute, plusieurs fois la sentence chez les Juifs sembla être peu juste, soit h, l'une, soit à l'autre des parties en dispute ; et pourtant dans ce cas Dieu leur permit de faire ce qui dans leur jugement personnel semblait, et même peut-être semblait avec raison, être désapprouvé par la loi. Car si Dieu n'est pas l'Auteur de la confusion, mais de la paix, il ne peut pas alors être l'Auteur de notre refus, mais de notre acquiescement à nous arrêter h, quelque sentence définitive ; sans quoi il est presque impossible que nous évitions la confusion, ou même que nous ayons l'espérance d'obtenir la paix. Il eût été peu utile que le Concile de Jérusalem s'assemblât, si, une fois qu'il eut formulé sa décision, les hommes avaient pu ensuite défendre leurs premières opinions. C'est pourquoi, lorsqu'il eut prononcé sa sentence définitive, toute controverse dut cesser. On discuta sur les choses avant qu'elles eussent été déterminées; les hommes ensuite ne durent plus discuter, ils durent obéir. La sentence des juges mit fin à leurs débats, ce que leurs disputes avaient été incapables de faire avant le jugement."
Laud, Conférence with Fisher, sect. 32 et 33, p. 216. " L'Eglise n'est jamais outragée avec plus de ruse que lorsque les hommes, se servant de cette vérité qu'elle peut tomber dans l'erreur [quand elle est représentée dans ce qu'on appelle un Concile Général], en déduisent ce mensonge, qu'elle ne doit pas être obéie. On ne pourra jamais dire avec justesse : Elle peut tomber dans Verrew ; par conséquent elle ne peut pas gouverner."
^. Sous quels rapports les particuliers peuvent-ils tomber dans l'erreur dans l'Eglise, aussi bien que des Eglises nationales entières ?
3^. Principalement par les Hérésies et par les Schismes.
^, Quelle est la signification du mot hérésie ?
i^» Il vient du Grec, aip6aù<;, choix,^ et il signifie
une adoption arbitraire, en matière de foi, d'opinions
Rom. xvi. en désaccord avec les doctrines enseignées par Jésus-
2 Thess. iii. Christ et par ses Apôtres, et reçues d'eux par l'Eglise
2's. Jean, 10. Catholique.
' TertuU. Prœscript. Hœret. 6. " Sed et in omni psene epistolâ Paulus Apostolus de adulterinis doctrinis fugiendis inculcans,
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kœreses taxât, quarum opéra sunt adultéras doctrinae ; Hœreses dicts8 Chap. V.
Grœcâ voce ex interpretatione electionis, quâ quis sive ad instituendas
sive ad suscipiendas eas utitur. Ideo et sibi damnatum dixit hœre-
ticum, quia et in quo damuatur, sibi elegit. Nobis vero nihil ex
nostro arbitrio inducere licet, sed nec elifjere quod aliquis de arbitrio
8U0 induxerit. Apostolos Domini habemus auctores, qui nec ipsi
quicquam ex suo arbitrio, quod inducerent, elegerunt, sed acceptam
a Christo disciplinam fideliter nationibus adsignaverunt. Itaque
etiamsi Angélus de cœlis aliter evangelizaret, anathema dlceretur a Gai. i. 8, 9,
nobis,"
S. Hieron. In Epist. ad Titum, c. 3. — " Hœresis Grœce ab electione venit, quod scilicet unusquisque id sibi eligat quod ei melius videatur."
(^, Tout homme qui professe une erreur en matière de religion doit-il être appelé hérétique ?
3^. Non. Une erreur qui n'est ni adoptée volon- s. Luc, xii. tairement, ni défendue obstinément, ne rend pas s.'jacq.iv. l'homme hérétique ; mais une erreur/ adoptée avec s. Jude, 22. intention, avouée publiquement et maintenue opiniâtrement, rend l'homme hérétique.
■ ^ s. August. Ep. 43, t. ii. p. 131. '* Qui sententiam suam quamvis falsam atque perversam nullâ pertinaci animositate defendunt, prœsertim quam non audaciâ prœsumptionis suai pepererunt, sed a seductis atque in errorem lapsis parentibus acceperunt, quserunt autem cautâ solicitudine veritatem, corrigi parati cum invenerint, nequaquam sunt inter hœreticos deputandi."
S. August. De Civ. Dei, xviii. 51. '* Qui in Ecclesiâ morbidum aliquid pravumque sapiunt, resistunt contumaciter, suaque pestifera et mortifera dogmata emendare nolunt, sed defensare persistunt, hœretici fiunt."
Bramhall, Œuvres, t. î. p. 110. Oxford, 1842. — Reformatio Legum, p. 8. — Hooker, Ecclesiastical Politij, liv. V. chap. Ixii. 5. Saint Cyprien, dans la question du baptême hérétique, était "dans l'erreur, mais non dans l'hérésie." — Taylor, Liberty of Prophesying, chap. i. ii.
^» En quoi consiste le péché d'hérésie ? 3^. En ce que ceux qui en sont coupables pré- 1 cor. iv. e. tendent dans leur orgueil être sages par rapport aux