XVI .INTRODUCTION
"vers; l'Eglise romaine est une Eglise particulière dans l'Eglise " universelle : il est donc contre la foi d'identifier la foi romaine " avec la Foi Catholique, et contre la raison de ne pas convenir " que le tout est plus grand que la partie."^
Le secrétaire d'un Pape (Damase) avait déjà énoncé les mêmes principes. "Nec altéra Romanse, dit, en effet, saint Jérôme, " urbis ecclesia, altéra totius orbis existimanda est. Et Gallia, " et Britannia, et Africa, et Persis, et Oriens, et India, et omnes "barbarae nationes unum Christum adorant, unam observant " regulam veritatis. Si auctoritas quœritur, orbis major est urbe. "Ubicumque fuerit episcopus, sive Romse, sive Eugubii, sive " Constantinopoli, sive Rhegii, sive Alexandrise, sive Tanis, ejus- " dem meriti, ejusdem est et sacerdotii. Potentia divitiarum et "paupertatis humilitas, vel sublimiorem vel inferiorem episco- " pum non facit. Cœterum omnes Apostolorum successores sunt. " Sed dicis : Quomodo Romse ad testimonium diaconi presbyter " ordinatur 1 Quid mihi profers unius urbis consuetudinem ? " ^
Les termes Romanistes et Catholiques sont si loin d'être synonymes que la simple prétention à cette identité, élevée par la Papauté, et l'exclusion formelle qui s'ensuit au préjudice de la plus grande partie de la Chrétienté, devraient entraîner pour elle la perte du beau nom de Catholique, et la marquer du caractère de schismatique, tant à cause de cette exclusion, qu'à cause des additions arbitraires, — telles que les douze articles du symbole de Pie IV, et le dogme du 8 Décembre 1854, — qu'elle a faites à la vérité donnée aux saints une fois pour toutes.
L'incompatibilité existant entre la noble épithète de catho-
* Responsio ad Bellarminum, p. 218. Oxford, 1851. ' Epist. Ixxxv. aliter ci. éd. Bened, t. iv. p. 803.
INTRODUCTION. XVll
lique et l'Eglise de Rome est admirablement exposée par un illustre Archevêque anglais : " Assez de titres pompeux ont été *' donnés à l'Eglise romaine par ses partisans; je souhaiterais " pour ma part qu'elle les méritât, car nous aurions la paix ; " mais il en est tout autrement. Elle est une, en tant qu'Eglise " particulière, mais non ^'unique. Elle désire être considérée " comme sainte ; mais le monde peut voir, s'il ne veut point " s'aveugler, de quelle valeur est la sainteté dans cette cour et " dans ce pays. Elle n'est catholique dans aucun sens du mot, " car elle n'est point universelle, et ainsi elle n'est pas catholique " sous le rapport de l'étendue. Elle n'est point saine quant à la " doctrine, ni même dans les choses presque fondamentales, et " ainsi elle n'est point catholique sous le rapport de la foi. Elle " n'est point non plus l'Eglise mère du Christianisme, car Jéru- " salem fut cette mère, et ainsi elle n'est catholique, ni en tant " que source, ni en tant qu'origine, ni en tant que tête, ni en " tant que racine de l'Eglise Catholique." ^
Pie IX parle ensuite du Pontife romain comme étant "celui " que le Christ lui-même a divinement constitué son vicaire sur " la terre, pour maintenir la pureté de sa doctrine céleste, pour " en nourrir ses agneaux et ses brebis, et pour les confirmer dans "cette doctrine."^ Il ajoute que le "Saint-Siège, qui est le "centre et le siège de la vérité catholique, est toujours d'accord " avec lui-même ;" puis il dénonce ceux qui, se basant sur les saintes Ecritures, sur le témoignage irrécusable de l'histoire,
1 Laud, Conférence vnth Fisher, sect. xxxviii. § 26.
^ . . . " Christi hic in terris Vicarium ab Ipso ad cœlestis suae doctrina? puritatem tuendam, atque ad agnos ovesque eadem doctrina pascendas et confirmandas divinitus constitutum."
XVIU INTEODUCTION.
ainsi que sur le triste spectacle que nous offre la Papauté, proposent de revenir au Christianisme primitif par l'établissement d'Eglises nationales, et il s'écrie : " Combien (et Nous le disons " avec une amère douleur) combien d'apostats qui, parlant, non " au nom de Dieu, mais au nom de Satan, et se confiant dans "l'impunité qui leur est accordée par un funeste système de ** gouvernement, troublent les consciences, poussent les faibles à *' prévariquer, confirment dans les plus honteuses doctrines ceux " qui ont malheureusement succombé, et s'efforcent de déchirer " la robe du Christ, ne craignant pas de proposer et de conseiller " ce qu'ils appellent des Eglises nationales et autres impiétés du *' même genre ! "^ Pie IX parle ensuite des marques si unanimes d'amour envers lui, et exprimées de tant de manières différentes, aussi bien de la part des nations qu'il dit catholiques, que de celles qu'il considère comme non-catholiques j et il ajoute que *' tout cela montre avec le plus grand éclat combien il importe *' aux hommes dont les intentions sont droites de se tourner vers ^ cette Chaire du bienheureux Prince des Apôtres, chaire qui a ^' toujours enseigné la vérité et annoncé le salut, et qui ne ** cessera jamais, jusqu'à la consommation des siècles, d'enseigner *'les immuables lois de l'éternelle justice."^ Pie IX s'intitule également " le centre de la vérité et de l'unité catholique," le
' " Quot (cum incredibili animi Nostri dolore dicîmus) apostatse, qui non Dei sed Satanse nomine loquentes, ac impunitate ipsis a fatali regiminis systemate concessa fidentes, et conscientias exagitant, et infirmes ad praevaricandum impellunt, et misère lapeos m turpissimis quibusque doctrinis obfirmant, et Christi vestem laeerare contendunt, cum minime reformident Nationales, uti dixîunt, Ecclesias, aliasque id genus impietates proponere ac suadere ! "
^ " Unanimes erga Nos amoris signîficatîones . , . manif estissim^ ostendunt, quemadmodum liomînîbus Tectè-animatis op\is omaino ait bendeipe ad hanc