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c'est cette parole qui nous est annoncée; » c’est cette parole qui nous jJugera.
Maintenant donc nous allons finir nos preuves en repassant, sous ce point de vue, le ministère de Jésus-Christ, Suivons-le, depuis l’âge de douze ans jusqu’à sa descente au tombeau, ou plutôt jusque dans la nuée où il a disparu; et, dans tout le cours de cette carrière incomparable , voyons ce qu'ont été les Ecritures pour Celui qui « soutient toutes choses par la parole de sa puissance. »
Voyez-le d'abord, à l’âge de douze ans. Il a grandi, comme un enfant des hommes , en sagesse et en stature; il est au milieu des docteurs, dans le temple de Jérusalem; il ravit ceux qui l'entendent, à cause de ses réponses; car «il savait, disait-on, les Ecritures sans les avoir étudiées?. »
Voyez-le, dès qu'il a commencé son ministère. Le voilà rempli de l'Esprit saint; il est conduit au désert, pour y soutenir, comme le premier Adam en Eden, un combat mystérieux avec les puissances des ténèbres. L'esprit impur ose s'approcher de lui pour le renverser; mais comment le Fils de Dieu le repoussera-t-il, lui qui est venu pour détruire les œuvres de Satan? uniquement par la Bible. Sa seule arme, à trois reprises, l'épée de l'Esprit, dans ses mains divines, ce sera la Bible.
(1) Pier., 1, 24,25, — (2) Jeau, var, 15.
138 PREUVE SCRIPTURAIRE:
Il citera , par trois fois, le livre du Deutéronomet. À chaque tentation nouvelle, lui, la Parole faite chair, se défendra par une sentence des oracles de Dieu, et même par une sentence dont toute la force gît dans l'emploi d’un seul mot, ou de deux mots : d'abord, de ces mots (rw uivo) pain seulement; — ensuite de ces mots : Tu ne tenteras pas le Seigneur (ôvx éxraspéces Küpro); — puis enfin, de ces deux mots : (Geo rpooxuvioes ) tu adoreras Dieu.
Quel exemple pour nous ! — Toute sa réponse, toute sa défense, c’est : « Il est écrit ; » «retire-toi, Satan , car 1l est écrit; » — et, dès que ce combat terrible et mystérieux s’est terminé, les anges s’approchent pour le servir.
Mais, remarquez-le bien encore, telle est, pour le Fils de l'Homme, l'autorité de chaque mot des Ecritures que l'Esprit impur lui-même, cet être si puissant dans le mal, qui connaît ce que sont à ses yeux toutes les paroles de la Bible, n imagine pas de plus sûr moyen d’ébranler sa volonté que de lui citer (mais en le mutilant)un verset du Ps. xG1; — et aussitôt Jésus-Christ, pour le confondre, se contente de lui répondre encore une fois par « Il est écrit. » |
Voilà comment son ministère sacerdotal a commencé: par l'emploi des Ecritures. Et voilà com-
(1) Deutér., vin, 3; V1, 16, v1 13; x, 20.—Math., 1v, 1-11.
ment s'ouvre aussi bientôt après son ministère prophétique : par l'emploi des Ecritures.
Suivons-le encore, lorsque, engagé dans son travail, 1l va de lieu en lieu pour faire du bien; déployant, dans la pauvreté, sa puissance créatrice, toujours pour le soulagement des autres, et jamais pour le sien. Il dit, et la chose a son être: il chasse des démons ; il calme des tempêtes ; 1l ressuscite des morts. Mais, au milieu de toutes ces grandeurs, voyez ce que sont pour lui les Ecritures. La parole est toujours avec lui. Il la porte avec respect, non pas dans ses mains (1l la sait tout entière), mais dans sa mémoire et dans son cœur incomparable. — Regardez-le, lorsqu'il'en parle. — Quand il déroule le volume sacré, c’est comme s'ilouvrait la fenêtre des cieux pour nous faire entendre la voix de Jéhovah. Avec quelle révérence, avec quelle soumission il les expose, il les commente, il les cite parole après parole! —Voilà toute son affaire: guérir et prêcher les Ecritures; comme, plus tard, mourir et accomplir les Ecritures!
Le voici qui vient, « selon sa coutume, » dans une synagogue, en un jour de sabbat ; car «il enseignait dans leurs congrégations.» nous est-ildit{. ILentre dans celle de Nazareth. Qu’y fera-1-il, lui, « la sagesse éternelle, possédée par Jéhovah dès
(1) Luc, 1v, 15, 16.
140 PREUVE SCRIPTURAIRE.
le commencement de sa voie, engendrée avantqu'il y eût des abimes, avant que les montagnes fussent posées, et avant les coteaux : ? » Il se lèvera pour prendre la Bible; il ouvrira Esaïe; il y lira quelques paroles ; puis, ayant fermé le livre, 1l s’assiéra ; et, pendant que les yeux de toute la congrégation seront arrêtés sur lui, il dira : « Aujourd'hui cette Ecriture est accomplie à vos oreilles ?.»
Voyez-le parcourant la Galilée. Qu’y fait-11? — Il y tient encore dans ses mains le volume du livre; et 1l l'explique ligne après ligne, mot après mot; il en signale à notre respect les moindres expressions, comme il ferait de la loi des « dix paroles » prononcées sur Sinaï.
Voyez-le encore dans Jérusalem , devant le réservoir de Béthesda : que crie-t-il au peuple? « Sondez les Écritures (Jean, v)!»
Voyez-le dans le saint lieu, au milieu duquel il avait osé s’écrier : «[ly en a un iciquiest plus grand que le saint lieu (Matth., X11, 6). » Suivez-l’y devant les Sadducéens et les Pharisiens , pendant qu'il les reprend tour à tour par ces mots, » Ilest écrit, » comme il avait fait pour Satan.
Ecoutez-le, répondant aux Sadducéens qui niaient la résurrection des corps. — Comment les réfute-t-il ? par UN SEUL MOT d’un passage HISTO-
(1) Prov., vir, 22, 25.—(2) Luc, 1v, 21.
RIQUE de la Bible; par un seul verbe au temps présent, au lieu de ce même verbe au temps passé. — « Vous êtes dans une grande erreur, leur dit-il, PARCE QUE VOUS NE CONNAISSEZ PAS LES ÉCRI- TURES. » N’avez-vous pas lu ce que Dieu vous a déclaré, en disant : « Je suis le Dieu d'Abraham! » C’est ainsi qu’il leur prouve le dogme de la résurrection. — Dieu, sur la montagne de Sinaï, 400 ans après la mort d'Abraham, dit à Moïse, non pas «Je fus, » mais « Je suis le Dieu d'Abraham; je le suis maintenant (DH128 19 UN) que le Saint-Esprit traduit : (Ëyo eut 6 deès A6paäu ), Il y a donc une résurrection ; car Dieu n’est pas le dieu de quelques poignées de poussière, le dieu des morts, le dieu du néant : il est le dieu des vivants. « Ces hommes-là sont donc vivants pour Dieu f. »
Voyez-le ensuite devantles Pharisiens. C'est encore par la lettre de la Parole qu'il les confondra.
Quelques-uns déjà l'avaient suivi sur les confins de la Judée au delà du Jourdain, et étaient venus lui demander ses doctrines au sujet du mariage et du divorce. — Qu'avait fait Jésus-Christ ? — Il aurait pu certes répliquer d'autorité, et donner ses propres lois. N’est-il pas lui-même le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs ? Mais non; c’est à la Bible qu'il en avait appelé, pour fonder encore ici
(1) Matth., xxn, 31,32.
142 PREUVE SCRIPTURAIRE.
le dogme ; c'était à de simples mots pris dans un passage tout historique de la Genèse ! : « N’AvEz- « VOUS PAS LU que Celui qui les fit dès le commen- «cement fit un homme et une femme; en sorte « qu'ils ne sont plus deux, mais une seule chair ? « Que donc ce que Dieu a uni, l'homme ne Île sé- « pare point ?. »
Mais écoutez-le surtout, lorsque, dans le temple, il voulait prouver à d’autres Pharisiens, par les Écritures, la divinité du Messie attendu. — {1 insistaitencore ici, pour la démontrer, sur l'emploi d'un SEUL MOT, qu'il allait prendre au livre des Psaumes. — «Si le Messie est fils de David, leur disait- «il, comment David , Par L’EspriT, l’appelle-t-il « SEIGNEUR ; lorsqu'il dit (au psaume ex) : Le Sei- « gneur à dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma «droite? Si done David l'appelle son Seigneur, « comment est-il son fils 5? »
Pourquoi ne s'est-il pas trouvé, parmi ces Pharisiens, quelqu'un pour lui répondre : Quoi! prétendriez-vous insister sur un seul mot, et encore, sur un terme emprunté d'une poésie éminemment lyrique, où le psalmiste royal a pu, sans conséquence, employer une construction trop vive , des expressions exagérées, et des mots que sans doute il n’a-
(1) Genèse, 1, 27; 11, 24. — (2) Math., xix, 4, 5, 6. — (3) Math., xxn. 43. É
LES EXEMPLES DE JÉSUS-CHRIST. (43 vait pas théologiquement balancés dans son esprit, avant de les jeter dans son vers? Suivriez-vous la méthode à la fois fanatique et servile d’une interprétation minutieuse de chaque expression ? adoreriez-vous jusqu’à ce point la lettre des Écritures? construiriez-vous tout un dogme sur un mot?
Oui; je le ferai, répond Jésus-Christ ; oui, je m'appuierai sur un mot, parce que ce mot est de Dieu! Et pour couper court à toutes vos objections, je vous déclare que C’EST PAR L'ESPRIT que David a écrit toutes les paroles de ses cantiques ; et je vous demande « comment, si le Messie «est son fils, David, Par L’EsPriT, peut l’appeler « son Seigneur, lorsqu'il dit : « Le Seigneur a dit « à mon Seigneur ? »
Étudiants de la parole de Dieu, et vous surtout qui serez ses ministres, et qui, pour vous préparer à la prêcher, voulez d’abord l’avoir reçue dans un cœur honnête et bon, voyez ce qu'était, pour votre Maître, chaque parole, chaque mot du livre de Dieu. Allez, et faites de même!
Mais il y a plus. Qu'on l’entende encore même sur sa croix. I] y répandait son âme en oblation pour le péché; tous ses os étaient disjoints ; il s’écoulait comme de l’eau; son cœur était comme de la cire , fondu dans ses entrailles ; sa langue tenait à son palais ! ; il allait rendre son esprit à son
{1) Psaume xx11, 16-18,
(44 PREUVE SCRIPTURAIRE.
Père. Mais que fit-1l encore auparavant ? Il voulut recueillir ce qu’il lui restait de forces, pour réciter un psaume que léglise d'Israël chantait depuis mille ans en ses fêtes religieuses , et qui disait, l’une après l’autre, toutes ses douleurs et toutes ses prières: « El, Eli, lamma sabachtani (mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as tu laissé ) ? » Il fit même plus encore : écoutez-le. Il restait dans les Ecritures un mot qui n était pas accompli : il fallait encore qu'on lui eût donné du vinaigre sur cette croix (le Saint-Esprit l'avait déclaré depuis mille ans, au psaume LXIX). «Après cela done, est-il «écrit, Jésus, sachant que toutes choses s’accom- « plissaient déjà, dit, afin que l'Ecriture fût con- « sommée, J’ai soif! — Et quand Jésus eut pris le « vinaigre, il dit : C’est accompli! — Et ayant baissé « la tête, il rendit l'esprit 1. »
David, quand il chantait ce psaume LxIX, sur Sosannim, et le psaume xxI1, sur Ajeleth, David avait-il connu le sens prophétique de chacun de ces mots : de ces mains et de ces pieds percés,, de ce fiel versé, de ce vinaigre , de ces vêtements partagés, de cette robe tirée au sort, de ce peuple moqueur , hochant la tête et faisant la moue ? — Peu nous importe s’il l’avait compris; le Saint- Esprit du moins l'avait compris ; et David parlait
(1) Jean, x1x, 28-30.
PAR L'ESPRIT, a dit Jésus-Christ. — Les cieux et la terre doivent passer ; mais il n’y avait pas dans ce livre un trait de lettre qui dût passer sans s’accomplir (Jean, x, 35; x11, 34).
Cependant, voyez quelque chose de plus frappant encore, s’il est possible. — Jésus-Christ sort du tombeau ; il a vaincu la mort; il va retourner au Père, pour y reprendre cette gloire qu’il possédait auprès du Père, avant que le monde fût. Suivez-le done dans ces rapides moments qu'il veut encore donner à la terre. — Quelles paroles descendront de sa bouche rendue à la vie ? — des paroles de la sainte Ecriture. — Il la cite encore; il l'explique, il la prêche encore. Le voilà d'abord sur le chemin d'Emmaüs, marchant avec Cléopas et son ami ; plus tard, dans la chambre haute; et plus tard encore, sur les bords du lac. Que fait-il ? il expose les livres sacrés; 1l commence par Moïse, et continue par tous les Prophètes et par les Psaumes; il leur montre ce qui a été dit de lui, dans toutes les Ecritures ; il leur ouvre l'esprit pour les leur faire comprendre; il leur fait brüler le cœur , pendant qu’il leur en parle f.
Mais nous n'avons pas fini. Toutes ces citations nous montrent ce qu'a été la sainte Bible pour Celui en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et (1) Luc, xx1v, 27-44.
140 PREUVE SCRIPTURAIRE.
de l'intelligence (Col., 11, 3), et par qui toutes choses subsistent (Col., 1, 17). Mais écoutons encore, sur la lettre des Ecritures, deux déclarations et un dernier exemple de notre Seigneur.
«ILest plus facile, a-t-il dit ; que le ciel et la terre passent, qu'il ne l’est qu’un seul trait de lettre (zspaix) de la loi vienne à tomber t; »et, par la loi, Jésus-Christ entendait l’ensemble des Ecritures, et même plus particulièrement le livre des Psaumes ?.
Quelle parole pourrions-nous imaginer, qui “exprimât avec plus de précision et plus de force le principe que nous défendons, je veux dire l’autorité, l'entière théopneustie et la pérennité de toutes les parties et de la lettre même des Éceritures ? —— Étudiants de la parole de Dieu, voilà la théologie de votre Maître. Soyez donc théologiens à sa manière ; ayez la même Bible que le Fils de Dieu ! De celle-là, «pas un seul trait de lettre ne peut tomber! »
Mais écoutons encore une autre déclaration. Notre Seigneur la prononça dans son discours de la montagne.
« Jusqu'à ce que le ciel et la terre aient passé, a-t-1l dit, il ne passera pas DE LA LoI un seul iota, ni un seul trait de lettre (Math., v, 18).— Toutes les paroles DES ÉCRITURES, jusqu’à la moindre des
(1) Luc, xvi, 17. — (2) Jean, x, 34; comme faisaient aussi les Juifs : x11, 34. Rom., nr. 19.
lettres et jusqu'au moindre trait de lettre, sont donc autant que des paroles DE JÉSUS-CHRIST ; car il à dit aussi : Le ciel et la terre passeront un jour, mais MES paroles ne passeront point (Luc, xx1, 33).
Les hommes qui combattent ces doctrines nous demandent si nous osons prétendre que la sainte Écriture soit une loi de Dieu jusque dans ses mots, comme un hysope ou comme un chêne est une œuvre de Dieu jusque dans ses feuilles. — Nous répondons, avec tous les Pères de l’Église : Oui ; — ou plutôt Jésus-Christ, notre Sauveur et notre Maïtre, lève sa main vers le ciel, et répond : Oui, jusque dans ses « mots ; même jusqu'à («ère &, % nie xpaix ) un unique iota, ou un seul trait de lettre!»
Mais, après ces deux déclarations , considérons enfin un dernier exemple de notre Seigneur, que nous n'avons point allégué.
C’est encore Jésus-Christ qui va citer les Écritures, mais en réclamant, pour leurs moindres paroles, une telle autorité, qu'on est obligé de le ranger au nombre des plus ardents partisans de l’inspiration verbale, et que nous ne pensons pas qu'en compulsant tous les écrits de nos théologiens les plus exigeants dans leur orthodoxie, on pût trouver nulle part l'exemple d’un respect porté plus loin pour la lettre des Écritures , et pour la plénitude de leur théopneustie,
C'était en un jour d'hiver. Jésus se promenait
148 PRÈUVE SCRIPTURAIRE.
dans le lieu saint, sous la colonnade du portique oriental ; les Juifs l’entourèrent , et alors il leur dit (Jean, x, 27 ) : «Je donne la vie éternelle à mes « brebis; elles ne périront jamais; nul ne les ra- « vira de ma main : moi et le Père nous sommes «un, » On s’étonna d'un tel langage ; mais 1l l'enhardit encore, jusqu’à ce qu’enfin les Juifs, criant au blasphème, apportèrent des pierres pour le lapider, en lui criant : « Nous te lapidons, parce que, «étant homme, tu te fais Dieu ?. »
Or maintenant, qu'on veuille bien remarquer les divers traits de la réponse de Jésus-Christ. Il va citer un mot pris d'un cantique, et il va fonder toute sa doctrine sur ce seul mot : car «1l se faisait égal à Dieu, » dit ailleurs saint Jean (v, 18). Pour soutenir le plus sublime et le plus mystérieux de ses dogmes, pour légitimer la plus inouïe de ses prétentions, 1l va s'appuyer sur un mot du psaume LxxxI1, Mais, remarquez-le bien, avant de le prononcer, ce mot, il a soin de s’interrompre ; il s’arrête dans une solennelle parenthèse, et il s’écrie avec autorité : Et L’Écriture ne peut étre anéantie (ui où Juvarai kuÿval à Jpégn) | |
Y a-t-on pris assez garde ? — Non-seulement l'argument du Seigneur est 101 fondé tout entier sur l'emploi que le Psalmiste a fait d’un seul mot; et
(1) Jean, x, 27 et suiv.
non-seulement 1l va édifier sur ce seul terme la plus étonnante de ses doctrines ; mais encore, en citant ainsi le livre des Psaumes, pour nous faire mieux comprendre qu’à ses yeux le livre est tout entier une Écriture du Saint-Esprit, dans laquelle chaque parole doit nous servir de loi, Jésus l'appelle du nom de Lor, et il dit aux Juifs : « N’est-il pas écrit dans votre loi, J'ai dit, Vous êtes des dieux? » — Ces mots sont placés au milieu d’un ecantique ; ils pourraient sembler échappés à la ferveur irréfléchie du prophète Asaph, ou à la verve ardente de sa poésie. Et si l’on n’admettait pas la pleine inspiration de tout ce qui est ccrit, on serait tenté de les taxer d'indiscrétion, puisque l'usage imprudent qu’en aurait fait le Psalmiste eût pu conduire le peuple à des usages réprouvés ailleurs par la parole de Dieu , et à des pensées idolâtres. — Comment donc, encore une fois, ne s'est-il pas trouvé là, sous le portique de Salomon, quelque scribe rationaliste des universités d'Israël, pour lui dire : Vous ne pouvez pas, Seigneur, vous autoriser de cette expression. L'emploi qu'en à fait Asaph a pu n’êtreniréfléchi, n1 bienséant. Quoiqueinspiré dans les pensées de sa piété, 1l ne pesait sans doute pas ses moindres paroles, avec une prévision métieuleuse de l'usage qu’on en pourrait faire mille ans après lui. {l serait donc imprudent d’y prétendre insister.
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Mais maintenant , qu’on observe comment notre Seigneur prévient la profane témérité d'une telle évasion. —— Voyez-le : il se reprend avec solennité ; il vient de prononcer sur lui-même des paroles qui seraient un blasphème dans la bouche d’un archange : « Moiet le Père nous sommes un ; » mais 1l s’interrompt, et aussitôt qu'il a dit : « N’est- «il pas écrit dans votre loi, J’ai dit, Vous êtes des « dieux ? vil s'arrête; et fixant avec autorité ses regards sur les docteurs qui l'entourent, il s’écrie : « ET L'ÉCRITURE NE PEUT ÊTRE ANÉANTIE ! » — Comme s'il eût dit : Prenez-y garde ! il n'y a pas, dans les livres sacrés, un seul mot qu'on puisse reprendre, ni un seul mot qu'on puisse négliger. Celui que je vous cite, dans ce psaume LXXXIT , est tracé de la main qui a fait les cieux. Si donc il a voulu donner le nom de dieux à des hommes, en tant qu'ils étaient des christs (des oints) et des types du véritable Christ, de l'Oint par excellence, et en ayant soin cependant de rappeler aussitôt « qu'ils mourraient comme des hommes; » combien ne in'appartiendra-t-1l pas davantage de le prendre , ce nom, à moi, « le Père d’éternité 1, lEmmanuel, l’Homme-Dieu, qui fais les œuvres de mon Père, et que le Père a marqué de son sceau ?»
{) Esaïe; 1x, 6; vit, 14.—Jean, vi, 27. , ? ? 3
Nous le demanderons donc 1ei à tout lecteur sérieux (et notre argument, remarquez-le bien, est entièrement indépendant du sens orthodoxe ou du sens socinien qu'on voudrait donner à ces paroles de Jésus-Christ) ; nous le demanderons : est-il possible d'admettre que l’Etre qui fait un tel usage des Ecritures NE CROIE PAS A LEUR PLEINE INSPIRA- TION VERBALE ? Et S'il eût imaginé que les mots de la Bible ont été laissés au libre choix et aux pieuses fantaisies des écrivains sacrés, eût-1l jamais abordé la pensée de fonder de tels arguments sur l'emploi d'un tel mot ? — Le Seigneur Jésus, notre sauveur et notre Juge, croyait donc à la plus complète inspiration des Ecritures ; et, pour lui, la règle première de toute herméneutique , et le commencement de toute exégèse, c'était cette simple maxime, appliquée aux moindres expressions de la parole écrite : « ET L'ÉCRITURE NE PEUT ÊTRE ANÉAN- TIE ! »
Que le Prince de la vie, la Lumière du monde, nous range donc tous à son école! Ce qu'il a cru, recevons-le. Ce qu'il a respecté, révérons-le. Cette parole, à tous les mots de laquelle il a soumis son cœur de Sauveur et toutes les pensées de son humanité sainte, serrons-la sur notre cœur malade, et soumettons-y toutes les pensées de notre humanité déchue. Cherchons-y Dieu dans ses moindres passages; plongeons-y chaque jour toutes les
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racines de notre être, comme l'arbre planté près des eaux courantes, qui donne son fruit dans Sa saison, et dont le FRRIURE ne se flétrira jamais.