XIX. Qu'’ont fait les Juifs
Ils ont considéré les rabbins des siècles successifs de la Dispersion comme doués d’une infailhbilité qui les a mis au niveau (si ce n'est au-dessus) de Moïse et des Prophètes. Hs ont
attribué sans doute une espèce d'inspiration divine à la sainte Écriture; mais ils ont défendu d'en expliquer les oracles autrement que d’après leurs traditions. Ils ont appelé le corps immense de ces commandements d'hommes, la Loi Orale (na Gyaw nn), la Doctrine ou le Talmud (n9n) . la distinguant en MWishna ou Seconde Loi (n25n), et en Gémare, complément ou perfection (K193). — Ils l'ont dite transmise de Dieu à Moïse, de Moïse à Josué , de Josué aux prophètes, des prophètes à Esdras, d'Esdras aux docteurs de la Grande Synagogue, et de ceux-ce1 aux rabbins Zrtigone, Soccho, Shemaïa, Hillel, Schammaiï ; jusqu’à ce qu'enfin Juda le Sant l'ait consignée dans les Traditions ou Repetitions de la loi (MAËr, Seurépocas), qui, plus tard, avec leur commentaire ou complément (la gémare), ont formé, d’abord le Talmud de Jérusalem, et ensuite celui de Babylone.
« L'un des plus grands obstacles que nous rencontrions auprès des Juifs, dit le missionnaire Mac Caul, c’est leur invincible préjugé en faveur de leurs traditions et de leurs commentaires ; en sorte que nous ne pouvons obtenir d'eux qu'ils
achètent nos Bibles sans notes ni commentaires !. »
« La Loi, disent-ils, est du sel; la Mishna, du poivre; les talmuds, des aromates.» — «L’Ecriture
(1) Lettre de Varsovie, du 22 mars 1827.
est de l’eau; la Mishna, du vin ; la Gémare, du vin épicé. » — « Mon fils, dit Rabbi Isaac, apprends à donner plus d'attention aux paroles des seribes
qu'aux paroles de la loi. » — « Détournez vos en-
fants (disait, sur son lit de mort, Rabbi Éléazar, à ses écoliers, qui lui demandaient le chemin de la vie ), détournez vos enfants de l’étude de la Bible, et les mettez aux pieds des sages. » — « Apprends, mon fils, dit Rabbi Jacob, que les paroles des scribes sont plus aimables que celles des prophètes ! !! »