‹ Théopneustie; ou, Inspiration plénière des Saintes ÉcrituresChapitre 17 sur 44 · XXI. Et qu'ont fait les Latins · texte numérisé non relu

XXI. Et qu'ont fait les Latins

Ils ont considéré les Pères, les Papes et les Co ciles des siècles successifs 2b l’église romaine, comme doués d’une infaillibilité qui les met au niveau, si ce n’est au-dessus, de Jésus, des prophètes et des apôtres. Ils ont, 1l est vrai, grandement différé les uns des autres sur la doctrine de l'inspiration des Écritures; et les Facultés de Douai et de Louvain, par exemple, se sont fortement élevées ? contre l'opinion des Jésuites, qui ne voulaient voir dans l'opération du Saint-Esprit qu'une direction préservant d'erreur les écrivains sacrés; mais ils ont tous défendu d'expliquer les saintes Écritures autrement que d'après les traditions Ÿ. Ils se sont crus en droit de dire, dans tous leurs conciles, comme les apôtres et prophètes de

(1) Marc, vai, 9. Voyez aussi 13 et Matth., xv, 3-9. — Le mal de ces traditions commence enfin à se révéler aux Juifs de nos jours. « Le temps est venu , dit le docteur Israëlite « Creissenach (Entwickelungs Geschichte des Mosaïschen « Ritual Gesetzes, Préf.), le temps est venu où le Talmud « précipitera la religion juive dans la déchéance la plus pro- « fonde et la plus humiliante, si tous les instituteurs popu- « aires des Juifs ne déclarent pas hautement que ses statuts « sont d’origine humaine et peuvent être changés: » —(2) Gensure de 1588.—(3) Concile de Trente, session 4, 2° décret du

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Jérusalem : « Zl à semble bon au Saint-Esprit et a nous.»Ils ont déclaré que c'était à eux qu'il appartenait de juger du vrai sens de l'Écriture sainte. Ils ont appelé le corps immense de ces commandements d'hommes la Loi Orale, les Traditions non écrites, la Loi non écrite. Vs les ont ‘dites transmises de Dieu, et dictées de la bouche de Jésus-Christ ou du Saint-Esprit, par une succession continuelle.

« Voyant, dit. le concile de Trente t, que la vé- « rité salutaire et la discipline des mœurs est con- « tenue dans les livres écrits et dans les traditions

«non écrites, lesquelles ayant été reçues par les.

«apôtres, de la bouche de Jésus-Christ, ou de « l'inspiration du Saint-Esprit, par succession « de temps, sont parvenues jusqu à nous, Suivant « l'exemple des Pères apostoliques , le Concile re- « çoit d’une même affection et révérence ( pari pie- « tatis et reverentiæ affectu ), et honore tous les «livres du Vieux et du Nouveau Testament (vu « que Dieu en est l’auteur), et ensemble LES TRA- « DITIONS Concernant tant la foi que les mœurs , « comme ayant été dictées de la bouche de Jésus-

28 avril 1546. — Bellarmin, De Eccl., lib. nr, cap. 14; lib. iv, cap. 8, d, 6, 7, 8.—Coton, lib. 11, cap. 24, 34, 35.—Du Perron contre Tilenus.

(1) Concile de Trente, premier décret, session 4.

-« Christ ou du Saint-Esprit, et gardées en l’Église « catholique par succession continuelle.» — « Si « quelqu'un ne reçoit pas lesdits livres tout en- «tiers , et avec toutes leurs parties, pour saints et «cCanoniques, comme ils ont accoutumé d’être lus « en l’Église Catholique, et en l’ancienne traduc- «tion vulgaire » (celle de Jérôme 1, laquelle fourmille, surtout dans Job et les Psaumes, de fautes très-nombreuses, très-graves, très-évidentes, et a même été corrigée plus tard abondamment par d’autres papes?) «ou, à son escient, méprise lesdites « traditions, qu'il soit maudit ! » |

Ils ont ainsi mis les bulles des évêques de Rome et les décrets de leurs synodes au-dessus des Écritures. — « La sainte Écriture, disent-ils, ne contient « pas tout ce qui est nécessaire au salut, et n’est « pas suffisante 3. » — « Elle est obscure £. » — « Ce «n’est pas au peuple à lire l’Écriture sainte 5. »— «Il nous faut recevoir avec obéissance de foi beau- « coup de choses qui ne sont pas dans l’Écrituref, »

(1) Ce fut en vain qu’au Concile l’abbé Isidore Clarius représenta qu’il y avait de la témérité à donner de l’inspiration à un écrivain qui assurait lui-même n’en avoir aucune ( Fra Paolo, tome I, livre 11, $ 51.) —(2) Voyez Thomas James : Bellum Papale, sive Concordia Discors Sixti V et Clementis VIII. (3) Bellarmin, De Verbo Dei, lib. 1v.—(4) Id., lib. m.—Charron, Vérité, 3.—Coton, lib.r, cap.19.—Bayle,traité.—(5) Bellarmin, De Verbo Dei, lib. 11, cap. 19.—(6) Bellarmin, lib. rv, cap. 3, et Du Perron contre Tilenus.—Coton, lib. 1, cap. 24

— «Ïl faut servir Dieu selon la tradition des an- « Ciens Î.»

La bulle Æxsurge de Léon X ? met au nombre des hérésies de Luther d’avoir dit : « Qu'il n’est pas en la puissance de l’Église ni du pape d'établir des articles de foi. »

La bulle U/rigenitus 3 condamne à perpétuité, comme étant « respectivement fausses, captieuses, « scandaleuses, pernicieuses, téméraires, suspectes « d’hérésie, sentant l'hérésie , hérétiques, impies, « blasphématoires , etc., » les propositions suivantes : « Il est utile, en tout temps, en tous lieux et à toutes sortes de personnes, d'étudier l'Écriture et d’en connaître l'esprit, la piété et les mystères (sur 1 Cor. xvi, 5) #. » — « La lecture de l’Écriture sainte, entre les mains d’un homme d’affaires et de finances, marque qu’elle est pour tout le monde (sur Act. vin, 28) 5. » — « L’obscurité sainte de la parole de Dieu n’est pas aux laïques une raison pour se dispenser de la lire (sur Act. vin, 39). » — «Le dimanche doit être sanctifié par la lecture des livres de piété, et surtout des saintes Écritures. C’est le lait que Dieu même, qui connaït notre cœur’, lui a

(1) Id. Bellarmin , lib. 1V, cap. 5. — Coton, lib. u, cap. 34, 35. — Concile de Trente. sesse 4. — (2) 1520. Conc., Harduini,t.IX, p. 1893.—(3) De Clément xr, du 8 septembre 1713. — (4) Proposition 79. — (5) Proposition 80.

donné. Il est dangereux de l’en vouloir sevrer (Act. XV, 29). » — « C’est une illusion que de s’imaginer que la connaissance des mystères de la religion ne doive pas être communiquée à ce sexe (les femmes ) par la lecture des livres saints, après cet exemple de la confiance avec laquelle Jésus- Christse manifeste à cette femme (la Samaritaine). » « Ce n’est pas de la simplicité des femmes, mais de la science orgueilleuse des hommes, qu'est venu l'abus des Éceritures, et que sont nées les hérésies (sur Jean, 1V, 26).»— «C’est fermer aux chrétiens la bouche de Jésus-Christ, que de leur arracher des mains le livre saint, ou de le leur tenir fermé, en leur ôtant le moyen de l'entendre (1.Thess. v, 2). » — « En interdire la lecture aux chrétiens, c’est interdire l’usage de la lumière aux enfants de la lumière, et leur faire souffrir une espèce d’excommunication (sur Luc, x1, 33) 1.»

Plus récemment enfin, en 1824, l’Épitre encyclique du pape Léon XII se plaint avec douleur des Sociétés Bibliques, « qui violent, dit-elle, les traditions des Pères (!!!) et le concile de Trente, en répandant les Écritures dans les langues vulgaires de toutes les nations. » — (« /Von vos latet, venerandi fratres | societatem quamdam, dictam vulgo BIBLICAM, per totum orbem audacter vagarti, qu®,

(1) Prop. 82, 83, 84 ct 85.

spretis SS. Patrum traditionibus (! 1 }), et contra notissimum T'ridentini Concilit decretum in id collatis viribus ac modis omnibus intendit, ut in vulgares linguas nationum omnium sacra vertantur vel polius pervertantur Biblia»s). — « Pour détourner cette peste, ajoute-t-1l, nos prédécesseurs ont publié plusieurs constitutions,.… tendant à montrer combien cette perfide invention est pernicieuse pour la foi et pour les mœurs ! (ut ostendatur quantoperè fidei et moribus vaferrimum hocce inventum noxium sil) » |

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