AVEUX DE SAINT PAUL
auprès de vous une femme incrédule; c’est mor, Paul, « apôtre de Jésus-Christ, non de la part des « hommes, ni par aucun homme, mais par Dieu le « Père, et Jésus-Christ qu’il a ressuscité 1. »
On le voit donc ici avec l'évidence du plein midi : l’Apôtre , au lieu d’en appeler à l’ancienne parole du Seigneur, la révoque, pour la remplacer par un ordre opposé; en sorte que ce passage, bien loin d’invalider l'inspiration, la confirme hautement ; puisqu'il deviendrait un blasphème des plus outrageux , si l’Apôtre n’eût pas senti qu’en tenant ce langage il était la bouche de Dieu, et s’il eût osé dire de sa propre autorité : « Ce n’est pas le Sei- « gneur, C'EST MOI ! Mor, je vous dis, et non pas «le Seigneur : Si quelque frère a une femme in- « crédule, qu'il ne la renvoie pas! » —Le Seigneur avait dit tout le contraire ?.
Il faut done reconnaitre que ces versets de saint Paul , bien loin d’autoriser la supposition d'aucun mélange humain dans les Ecritures du Nouveau- Testament, sont là pour nous attester que, dans leurs épîtres , et dans les détails les plus familiers de leurs épîtres, les apôtres étaient la bouche de Dieu, et se plaçaient , non-seulement à la suite de Moïse et des anciens prophètes, mais encore au-
(1} Galat., 1, 1. — (2) Deut., vin, 8. — 1 Rois, xt, 2: — Esdr., 206: 14 LU
dessus d’eux ; comme une seconde parole de Dieu doit prévaloir sur celle qui l’a précédée, et comme le Nouveau-Testament doit surpasser l’Ancien, si ce n’est en excellence , du moins en autorité.
Nous avons entendu quelques personnes nous opposer encore, comme un aveu de l’intermittence et de l’imperfection de son inspiration, ces paroles de saint Paul, où, après avoir raconté aux Corinthiens1 son ravissement dans le troisième ciel, il ajoute : «A5 ce fut en corps, je ne sas; st ce fut hors du corps, je ne sais : Dieu le sait.» — Peut-on supposer, nous disait-on, que le Saint-Esprit ignorât comment ce miracle s'était accompli? Il faut donc qu’un tel verset soit de Paul, et non de Dieu.
Nous répondons que, si le Saint-Esprit ne l’ignorait pas, Paul l'ignorait; et que le Saint-Esprit a voulu qu’il nous informât lui-même de son ignorance. Oublierait-on que Dieu n’a cessé, dans les Écritures, d'employer, pour se révéler à nous, la personnalité des Écrivains Sacrés, et que c’est sous cette forme qu’il a voulu presque constamment instruire son église? — Quand David, « parlant par l'Esprit ?, » s’écrie, dans les Psaumes, «qu’il connaît
« ses transgressions, que son péché est continuel- « lement devant lui, et qu'il a été formé dans li-
(4) 2 Cor., xu1, 4.—(2) Mare, xur, 36. Act., 1v, 25.