CHAPITRE I. a
à mesure que les rayons interceptés s'y accumulent; ou, si elle est formée d'eau glacée , elle devient liquide ; si cette lame de glace est exposée aux rayons d'un flambeau, elle laisse passer avec la lumière une chaleur sensible.
Nous avons pris pour mesure de la conducibilité extérieure d'un corps solide un coefficient h, exprimant la quantité de, chaleur qui passerait, pendant un temps déterminé (une minute), de la surface de ce corps dans l'air atmosphérique, en supposant que la surface ait une étendue déterminée (un mètre quarré), que la température constante du corps soit i , que celle de l'air soit o , et que la surface échauffée soit exposée à un courant d'air d'une vitesse donnée invariable. On détermine cette valeur de h par les observations. La quantité de chaleur exprimée par le coefficient se forme de deux parties distinctes, qui ne peuvent être mesurées que par des expériences très-précises. L'une est la chaleur communiquée par voie de contact à l'air environnant; l'autre, beaucoup moindre que la première, est la chaleur rayonnante émise. On doit supposer, dans les premières recherches, que la quantité de chaleur perdue ne change point, si Ton augmente d'une quantité commune et assez petite la température du corps échauffé et celle du milieu.
Les substances solides diffèrent encore , comme nous l'avons dit, par la propriété qu'elles ont d'être plus ou moins perméables à la chaleur ; cette qualité est leur conducibilité propre: nous en donnerons la définition et la mesure exacte, après avoir traité de la propagation uniforme et linéaire de la chaleur. Les substances liquides jouissent aussi de la faculté
a£ THÉORIE Mi LA CHALEUR.
de transmettre h chaleur 4e molécule à molécule^ et la v*leur numérique de, leur conducibilité, varia suivant la nature de ces substances; mais on en obtsecve docilement l'effet dans les liquides , parce que leurs molécules changent de situation en changeant de température. C'est de ce déplacement continuel que résulte principalement \fi propagation de la chaleur, toutes les fois que les parties inférieures de la masse sont les plus exposées à l'action du foyer. Si , au contraire, on applique le foyer à la partie de. la niasse qui est la plus élevée, comme cela avait lieu dans plusieurs de nos expériences, la transmission de la chaleur, qui est très-lente, n'occasionne aucun déplacement, à moins que l'accroissement de la température ne diminue le volume, ce que Ton remarque en effet dans des cas singuliers voisins des changements d'état.
A cet exposé des résultats principaux dea observations, il faut ajouter une remarque générale sur l'équilibre des températures ; elle consiste en ce que les différents corps qui sont pjaoés^dans un même lieu , dont toutes les parties sont et demeurent également échauffées, y acquièrent aussi une température commune et permanente.
Supposons que tous les points d'une masse M aient une température commune et constante a, qui est entretenue par une cause quelconque : si l'on met un corps moindre m en contact parfait avec la masse M , il prendra la température commune a. A la vérité, ce résultat n'aurait lieu rigoi** reusement qu'après un temps infini ; mais le sens précis de la proposition est que si le corps m avait la température ç avant d'être mis en contact, il la conserverait sans aucun