‹ Théorie analytique de la chaleurChapitre 15 sur 287 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

sur les surfaces, elle ne s'oppose point au changement de figure , mais seulement à celui du volume occupé. L'emplo du calcul ferait mieux connaître comment la force répulsive de la chaleur, opposée à l'attraction des molécules ou à la compression extérieure, concourt à la composition des corps solides ou liquides, formés d'un ou plusieurs principes, et détermine les propriétés élastiques des fluides aériformes ; mais ces recherches n'appartiennent point à l'objet que nous traitons, et rentrent dans les théories dynamiques.

On ne peut douter que le mode d'action de la chaleur ne consiste toujours, comme celui de la lumière, dans la communication réciproque des rayons , et cette explication est adoptée aujourd'hui de la plupart des physiciens; mais il n'est point nécessaire de considérer les phénomènes sous cet aspect pour établir la théorie de la chaleur. On reconnaîtra, dans le cours de cet ouvrage,, que les lois de l'équilibre de la chaleur rayonnante et celles de la propagation, dans les masses solides ou liquides, peuvent, indépendamment de toute explication physique , être rigoureusement démontrées comme des conséquences nécessaires des observations communes.

SECTION III

Principe de la communication de la chaleur.

Nous allons présentement examiner ce que les expériences nous apprennent sur la communication de la chaleur. Si deux molécules égales sont formées de la même sub-

4o THÉORIE DE LA CHALEUR.

stance et ont la même température, chacune d'elles reçoit de l'autre autant de chaleur qu'elle lui en envoie; leur action mutuelle doit donc être regardée comme nulle , parce que le résultat de cette action ne peut apporter aucun changement dans l'état des molécules. Si, au contraire, la première est plus échauffée que la seconde, elle lui envoie plus de chaleur qu'elle n'en reçoit; le résultat de l'action mutuelle est la différence de ces deux quantités de chaleur. Dans tous les cas , nous faisons abstraction des quantités égales de chaleur que deux points matériels quelconques s'envoient réciproquement; nous concevons que le point le plus échauffé agit seul sur l'autre, et qu'en vertu de cette action, le premier perd une certaine quantité de chaleur qui est acquise par le second. Ainsi l'action de deux molécules , ou la quantité de chaleur que la plus échauffée communique à l'autre, est la différence des deux quantités qu'elles s'envoient réciproquement.

Supposons que l'on place dans l'air un corps solide homogène, dont les différents points ont actuellement des températures inégales; chacune des molécules dont le corps est composé commencera à recevoir de la chaleur de celles qui en sont extrêmement peu distantes, ou leur en communiquera. Cette action s'exerçant pendant le même instant entre tous les points de la masse, il en résultera un changement infiniment petit pour toutes les températures : le solide éprouvera à chaque instant des effets semblables ; en sorte que les variations de température deviendront de plus en plus sensibles. Considérons seulement le système de deux molécules égales et extrêmement voisines, met», et cher-

Page 1