‹ Théorie analytique de la chaleurChapitre 261 sur 287 · CHAPITRE IX. Sm · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. Sm

variables , qui dépendent de la température , ou de l'état des corps. Mais dans l'application aux questions naturelles qui nous intéressent le plus, on peut attribuer à ces coefficients des valeurs sensiblement constantes.

Le premier coefficient c varie très -lentement, à mesure que la température s'élève. Ces changements sont presque insensibles dans un intervalle d'environ trente degrés.. Une suite d'observations précieuses, dues à MM. les professeurs Dulong et Petit, indique que cette valeur de la capacité spécifique croît fort lentement avec la température.

Le coefficient A, qui mesure la pénétrabilité de la surface, est plus variable, et se rapporte à un état très-composé. Il exprime la quantité de chaleur communiquée au milieu, soit par l'irradiation, soit par le contact. Le calcul rigoureux de cette quantité dépendrait donc de la question du mouvement de la chaleur dans les milieux liquides ou aériformes. Mais lorsque l'excès de température est une quantité assez petite, les observations prouvent que la valeur du coefficient peut être regardée comme constante. Dans d'autres cas, il est facile de déduire des expériences connues une correction qui donne au résultat une exactitude suffisante.

On ne peut douter que le coefficient k , mesure de la perméabilité, ne soit sujet à des variations sensibles; mais on n'a encore fait, sur ce sujet important, aucune suite d'expériences propres à nous apprendre comment la facilité de conduire la chaleur change avec la température et avec la pression. On voit par les observations , que cette qualité peut être regardée comme constante dans une assez grande partie de l'échelle thermométrique. Mais ces mêmes observations nous porteraient à croire que la valeur du coefficient dont il

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s'agit, est beaucoup plus changée par les accroissements de température, que celle de la capacité' spécifique.

Enfin la dilatabilité des solides, ou la disposition à augmenter de volume , n'est point la même à toutes les tempe'ratures : mais dans les questions que nous avons traitées, ces changements ne peuvent point altérer d'une manière sensible la précision des résultats. En général , dans l'étude des grands phénomènes naturels qui dépendent de la distribution de la chaléur, on est fondé à regarder comme constantes les valeurs des coefficients. Il est d'abord nécessaire de considérer sous ce point de vue les conséquences de la théorie. Ensuite la comparaison attentive de ces résultats avec ceux d'expériences très-précises , fera connaître quelles sont les corrections dont on doit faire usage, et l'on donnera aux recherches théoriques une extension nouvelle, à mesure que les observations deviendront plus nombreuses et plus exactes. On connaîtra alors quelles sont les causes qui pourraient modifier le mouvement de la chaleur dans l'intérieur des corps, et la théorie acquerra une perfection qu'il serait impossible de lui donner aujourd'hui.

La chaleur lumineuse, ou celle qui accompagne les rayons de lumière envoyés par les corps enflammés, pénètre les solides et les liquides diaphanes , et s'y éteint progressivement en parcourant un intervalle de grandeur sensible.

On ne pourrait donc point supposer, dans 1 examen de ces questions , que les impressions directes de la chaleur ne se portent qu'à une distance extrêmement petite. Lorsque cette distance a une valeur finie, les équations différentielles prennent une forme différente : mais cette partie de la théorie ne présenterait des applications utiles qu'en se fondant sur des

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