EXFÉBIENOES DE DEY AUX
L'étude des lames solides ou liquides ,très minces a conduit, dans de nombreux cas, à des preuves intéressantes de la structure moléculaire de la matière. Nous nous contenterons de quelques exemples.
En premier lieu on a constaté que les constantes physiques de lames minces des corps purs commencent, au-dessous d'une certaine épaisseur, à changer de valeur, accusant ainsi, comme la tension superficielle en capillarité, la prépondérance des actions intermoléculaires smf les forces extérieures.
Ainsi la résistivité d'un métal en lame mince (argent) change progressivement de valeur quand l'épaisseur descend au-dessous de 60{x{x (Vincent). Les propriétés de la lumière réfléchie sur un miroir métallique mince commencent à changer pour des épaisseurs du même ordre.
Il est intéressent de rechercher l'épaisseur de métal qui est nécessaire pour modifier appréciablement les propriétés d'une surface métallique sous-jacente." La force électromotrioô de contact d'un métal et d'un électrolyte commence à varier quand on recouvre le métal de couches d'un autre métal ayant une épaisseur de 1 à 5|xjjt..
Les tacjie» noires des bulles de savon ont des épaisseurs de l'ordre de 6{X[x pour la première, de 12 [jl[jl pour la seconde. On a pu constater l'existence de plusieurs autres taches noires, dont réj)aiBseur paraît croître en progression arithmétique. La surface entière de la bulle
de savon paraît d'ailleurs avoir une structure lamellaire, dont les éléments ont environ 6(i.{ji. d'épaisseur (Perrin). C'est Jà sans doute l'ordre de grandeur de la distance à laquelle s'étendent les forces de cohésion intermoléculaires.
Ainsi on peut réaliser des couches matérielles de quelques millimicrons seulement d'épaisseur, et sous ces épaisseurs, l'influence des attractions intermoléculaires se manifeste d'une manière sensible ; c'est le signe que l'on commence à s'approcher du diamètre moléculaire.
Parmi les expériences de capillarité réalisées dans ce domaine les plus remarquables peut-être sont celles de Devaux, qui paraît avoir atteint les diamètres moléculaires eux-mêmes. Nous allons les relater brièvement.
On sait que si l'on projette sur de l'eau très propre une parcelle de camphre, celle-ci est animée de vifs mouvements irréguliers de gyration (Lord Kayleigh). Cette agitation, due à une altération locale et dissymétrique de la tension superficielle de l'eau, est arrêtée complètement si l'on dépose à la surface de l'eau une couche d'huile de faible épaisseur. L'épaisseur nécessaire est très minime, et cependant on peut réaliser dès couches plus minces encore qui restent inactives vis-à-vis de la gyration du camphre. Devaux a repris l'étude de ce phéno mène et l'a conduite très loin.
Si l'on dépose à la surface de l'eau une trace d'^^ate de soude ou d'huile d'olive, elle s'étale en une lame noire invisible, mais à bords nets : on la rend visible en saupoudrant le liquide de talc, et constatant qu'en sout liant ensuite légèrement dans le plan de la surface, le talc, au lieu d'aller se rassembler au fond de la cuve, reste attaché à la surface des taches d'huile ou vient s'arrêter sur leur bord. Les taches ont donc, malgré leur minceur extrême, qui ne leur permet plus de donner des couleurs d'interférence, une certaine cohésion. L'emploi de solutions