COMÉDIE
imitation des mœurs mises eh action.
Le mot comédie , d'origine grecque , est formé de itvfAm (comè) village ; et de «*>io (ado) je chante. En effet, les poètes, quand la coméaie prit naissance, allaient 'de villagie èà village chanter sur des trétaux les pièces qii^ls avaient composées.
Eu général , dans la comédie, on doit avoir un air joyeux et tranquille ^ à moins qu'oa ne soit agité d'une violente passion.
^.malice ni^turelle aux homm^es esjt le principe de la comédie. Nous vpjro^s les défauts de nos semblables avec une çomplaisance mêlée de mépris , lorsque ces défçtuts ne sont ni assez affligeans pour exciter la poii^passion, ni assez révoltans pour donner àe jfiL jiiaine, ni assez dangereux pour îns-
W>e Veffroi. ^ .
i|^ comédie est un portrait ; eU^,. diffère
, particulièrement de la tragédie dans son principe y dans ses moyens, et dans sa fin. :. Le style comique doit être simple j^ clair et familier, sans être ni bas ni rampant. On lui permet quelquefois de s'élever j mais , dans ses plus grandes hardiesses , il ne doit point s'oublier : s'il osait monter jusqu'au ton de la tragédie , il serait hors de ses limites. En un mot, ce style doit être assaisonné de pensées fines , délicates , et d'expressions plus vives qu^éclatantes.
Ce n'est qu'en se donnant la comédie à soi-même y qu'on peut parvenir à la bien jouer. Quand OB représente un personnage comique sans y prendre du plaisir , on n'a l'aîr que d'un mercena^ire qui exerce la profession de comédien par l'impuissance de se procurer d^autres i'essources.
En'èomédie, il né faut jamais s'efforëer d'être plaisant , comtne un tragédien ne doit jamais s^î^Ôorcér de paraître sensible ou noble; c'est dans ce cas qu'on n'est jaîùais ce' qu'où
veut être.
La haute comédie sera toujours le désespoir de la médiocrité ; car il est très-diffifcile de faire et de jouer une bonne comédie. Dans le drame , on se sauve avec de la chaleur', du mouvement; mais dans la haute , la boane
comédie , il faut payer de sa personne; il &at de Taisance, du naturel; il faut agir, parler sans paraître contraint ; il faut forcer les spectateurs à s'étudier , à se corriger tou^ au moins de leurs défauts extérieurs. Il faiit en imposer dans ces beaux rôles où l'auteur a eu dessein de représenter l'homme de cour dans toute sa perfection , et vraiment décoré de ce vernis social si propre à remplacer des vertus dont on se rît , et à tenir lieu dii vrai mérite que l'on a négligé d'acquérir. Pour réussir dans la haute comédie , il feut avoir reçu une éducation brillante ;, il faut avoir fréquenté les sato/is , s'être trouvé à des réunions choisies, composées dé jeuûé^ gens aimables, d'hommes faits, de femmes char-' mantes , coquettes même ^ car la coquetterie ne va jamais sans les grâces. Il faut aussi faire paraître un grand fond de suffisance , un tofri bieti dédaigneux; il faut faire de soi-même son idole j dédaigner , critiquer, traiidier; avoir souvent l'irohîe sur les lèvres; être caustique j^ mordant, railleur; fouler la terre aVéfc audace, avec fracas; enfin tout faire, tOUtdîre , (Somme dit et fait l'homme qu'on appelle daiia: te monde homme dé bon ton.
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