CHALEUR
Grande affection.-
Ëyitez cependant une chaleur factice Qui séduit quelq[uefois et vit par artifice ,
8o MANUEL THÉÂTRAL.
Touf^ces irëpigneinenf et de pieds et denuûnt , Gonvulsîoas de Taj^t, grimaces de pantins , Dans ces vains niouvemens qu'on prend pour de laflammef N'allez point sur la scène éparpiller votre âme.
Lorsque la chaleur s'adresse au cœur et qu^elle est portée à un très-haut degré , elle devient ce pathétique dont les efiets sont quelquefois si déchirans. Pour faire entendre ces accens , il faut que ce ne soit plus Facteur, mais son cœur qui parle ; que livré à rémotion qui l'agite, ce ne soit pas des applaudissemens qu'il demande , qu'il ne pense pas à se faire admirer , mais à voir la passion qui l'anime , animer ceux qui Pécoutent ; alors son jeu aura une qualité précieuse, l'abandon sanâ lequel le langage des passions ne se fait point entendre.
11 faut toujours en scène, lors même qu'on dit des choses peu importantes, avoir une certaine chaleur interne qui anime et empêche que le public voie un acteur où il ne doit jamais voir qu'un personnage.
MA.NUEL THÉATRfl,. 8l
CHAII6S'>(<le la)
La charge \0st une .^xag^raùoji dictée jpar hj^ouement. .»;
U li'est paÀ ; 'douteux que ; le ; comédien ne puisse et ne doive quelquefois user d^ charge.
On se sert , mal-à-propos , du mot charge , en parlant du trop de véhêniéiicé de la déclamation d'un acteur tragique. Lorsqu'un peintre , d^n^ un tableau , destiné à . . nçus tpaclier , fiait grimacer ses figi|ires , , on . ne dit pa^ qu'il charge , o;i dit qu'il rend mal ce qu'il veut exprimer.
. La charge est, au théâtre, la même chose que dans la peinture : c'est un excès qu'on ^permet pour se moquer ou pour faire
D faut en quelque sorte que la charge défaisonne avec raison , et qu'elle conserve toe espèce de règle dans son désordre. Qn consent qu'un . peintre peigne une figure avec un nez d'une longueur excessive , mais on veut que , ce nez soit analogue aux autres nez qu'on connaît, et qu'il soit à* la place que la nature lui a assignée.
\\ ne faut pas non plus que la charge soit tTiop fréquente.
GOBUR.
Le siège des passions y le fond de tdme.
Le cœur est le foyer de toutes les afieclions morales ; il clément bientôt le jugement des yeux.
Consultez votre comr , c'est la qu'il faut chercher Le secret de nous plaire et Part de nous toucher.
Quand le coeur parle, toutes les fibres de l'organisation Itii sont subordonnées , et ne lui fournissent que les moyens nécessaires à son explosion.
La base de la véritable élocpiencé est d^ns le cœur.
Cœur, en anatomie, est un corps mûseuleuï situé dans la cavité de la poitrine , où toutes les veines aboutissent, et d'où toutes les artères sortent, et qui, par sa contraction et sa dilatation alternatives , est le pnncipàl instrument de la circulation du sang et <le principe de la vie.
L'usage du cœur est de pousser le sailg dans toutes les parties du corps , à quoi cou-' tribue principalement son mouvement alternatif de contraction et de dilatation. Par la dilatation , appelée diastole , ses cavités s*ott-
AlANUEL THÉÂTRAL. 83
vrent et se dilatent pour recevoir le sang que. les veines apportent ; et par ifn^ Cond^aetien appelée, sjrstoU\ ses cavités se resserrent fct se -ccwiractent pour repousser de nouveau te sang dans' les artères.