PEINTURE
JDèscnptionviveet naturelle de quelque chose.
L'acteur se sert de deux langues : l'une par- , et l'autre physionomique.
Il ne doit jamais perdre de vue qu'il est
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peintre , et que c'est une partie de lui-mêoMi qui est sa toile.
Il faut , comme nous l'avons dit à rartici expression, proscrire toute imitation des et jets qui frappent les sens et exiger simplemez: qu'on exprime les sentimens que ces objets fan naître.
Engel raconte un exemple d'un effet très-pathétique produit par la peinture d'un sentiment violent; il est tiré de Marianne de Gotterj drame aUemand (acte 3 scène dernière),
«Unemère malheureuse reçoit la funeste nonvelle , que son fils , qui a déjà été la cause de la mort de sa fille , est devenu le meurtrier de Waleri emportée par la rage et parla douleur elle adresse à son mari ces paroles terribles « Plût à Dieu qu'on l'atteignit , ce fils adoré » qui donne de si belles espérances , et qa'oi » le traînâx enchaîné devant la maison de soi X amante ! que j'entendisse les acclamations ta » multueuses de la populace qui ne manqui >i jamais de se réjouir du malheur d'autroi I q» Mson père, témoin de sa juste punition, vi «r couler son sang!)» Lorsque j'entendis ce passa ge, mon imagination me représenta l'être le plu emporté et le plus révoltant ; je crus voir 1 plus effrayante expression de la rage ; un coirp fortement jeté en arrière , des yeux sortant d
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leur orbite , étincelans , égarés ; des bras tendus avec effort plutôt vers le ciel que vers la terre, avec une physionomie dont tous les traits détraqués et convulsifs offraient Fimagedu désespoir- Tel fut aussi en effet le tableau que me fit voir Tactrice à la première exclamation : « Plût à Dieu qu'on l'atteignît! » Mais à la seconde, où malheureusement elle s'attacha à la peinture des liens qui devaient garrotter le coupable, tout ce jeu s'évanouît; son corps prit soudainline position verticale, ses bras s'affaissèrent , et ses mains se croisèrent sur les jointures des poignets ; toute l'expression de la rage, qui seule pouvait excuser une explosion aussi contraire au cri de la nature , fut détruite , et la vérité , ainsi que l'illusion , se dissipèrent avec elle.»
L'expression et la peinture ne peuvent être ^^unies par le jeu de l'acteur dans une physio- ^oinie imitée , que dans les cas où l'imitation ^^ l'objet ajoute à l'expression, et cela n'a or- ^^airement lieu que dans les scènes plaisantes.