‹ Theorie de l'art du comédienChapitre 98 sur 131 · SOUFFLEUR · texte numérisé non relu

SOUFFLEUR

C'est un homme qui est au-devant dti théà — ^ tre et de l'orchestre, et placé plus bas, dénia nière à n'être vu et entendu que des acteurs pour suivre attentivement, sur la pièce crite ou imprimée , ce que les acteurs ont dire , et le leur suggérer si ia mémoire vient i leur manquer. Voici une anecdote qui fera sentir l'utilité des souffleurs. On jouait, à viUe , la Méhmide-àe la Chaussée 5 Factewr remplissait le rôle de Darviam , dans le mesit de la déclaration d'amour^ manqua dî^ mémoire k t^ point , <{ue le soiïffiear ffttx)lri[ig& de réciter à haute voix 'toute ta tirade. Quand il eut (fini, l'acteur, sans se déconcerter, s4? versl'actrioe, «tkii'dit, enhA montranc

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souffleur : Mademoiselle^ comme monsieur us a dit^ etc. On peiU,, juger des éclats de eqifexcita, dans toute la salle, le sang-froid cet acteur.

X)ites au comédien, dont la méiipoire est ornairement la plus infaillible , qu'il doit jouer cis souffleur, et vous le verrez aussitôt, p^eiu^

trouble et d'inquiétude , cliercher se^ phra' s, oublier ses répliques ,; décojiorer .son rôle

manquer tous ses effets, Qu0 le sfouffleur se au contraire à l'acteur le moins doué de tte faculté : Soyez sans crainte, je ferai atation à vous ; je soignerai votre grand cou- 3( , etc. , vous n'entendrez pas l'acteur faillir ue syllabe. L'eu^ploi du spu^^bin: est peu tribué, il est cependaiat parfois; trq$-pé^ible } ais enfin , souffler u'eM *p?s jouer . ; ( DicL éâtrcd.) ,

On a vu des acteurs jpujsr .presqu'ei^tièrer entun rôle d'après le souQleur^ jxvf^^ 4^1 <^^ Mcuier cas, ils sont tçiujpurs {x^édiocre^s^ ç^v d^ est en effet qu'une répétitiop; d#:Sons^|:^i;^ç îuvent avoir ni âme., ni cb^jl]ej^]f;j^:i,|, , . . j

La capote de bois quiçpuyrcl^ sq^lliei|Lr,: i^^^ Ltraordinairement, il |'ill^sipj[i.^. Qm pep^.is'^^ )nvaincre lorsqu'à l'Opéra le ballet; gtiJ^g^., ^ aecette niche est enlp^^e^ le.lji^tfi%pa|çaît^ïnêle plus grand, et l'on voitiesact^ups ;ie^(^^

4l8 MANUEL TKÉAT^kh.

SOUVEinR.

Réminiscence; impression que la mémoire conserve d*une chose.

Les souvenirs sont la ressource inépuisable de l'acteur ; ce n'est donc que dans son âme , dans ses propres sensations et dans leurs souvenirs , qu'il doit chercher les grandes émotions. Il doit être sans cesse avec eux , afin d'en disposer à volonté lorsqu'il veut exciter en lui les sensations qu'il doit peindre ; mais il faut les bien placer et ne point en abuser. Généifalement on ne peut bien exprimer que ce qu'on a senti ; l'homme qui -aura toiljoors été heureux ne représentera jamais parfeitement les souffrances de l'infortune, commi celui qui a toujours joui de sa liberté n'e comprendra jamais la privation.

L'expérience prouve que les souvenirs son la principale cause qui procure à l'acteùf - oétt» mobilité avec laquelle il se pénètre si viv< ment de passions qui ne sont pas les siènm et qu'il peut reproduire à volonté les monv mens les plus terribles , et ceux de la pins douent sensibilité.

U est inutile d'insister sur l'empire que te» souvenirs exerxcent sur nos sens. Tout kôxnaie

^ les siens, et souvent îl suffit d'une seule réminiscence pour faire vibrer encore les muscles et les fibres qui ont tressailli dans telle ou telle circonstance.

On sait qu'on fut obligé de défendre, dans

Jes régimens suisses , qu'on jouât l'air connu

$ous le nom de ranz des vaches. Cette musique

nationale, dépourvue d'harmonie pour une

Oreille ordinaire , remuait tellement l'âme de

Ces malheureux, qu'ils désertaient en foule

pour aller retrouver leurs montagnes et leur^

chaumières, que ces accens patriotiques leurs

rappelaient.

Le souvenir du plaisir, et surtout celui de la douleur, forment la sensation de toute la vie. Le comédien qui peut se rappeler les émotions qu'un mouvement spontané de l'âme a provoqué en lui , peut être sur qu'elles sont encore empreintes dans tout son être.

U faut se rappeler aussi les sons de voix que produisaient en nous de vives émotions , telles que la colère , la rage et l'indignation ; penser aussi aux attitudes dans des circonstances frappantes.

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