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LA FORME ABSTRAITE

La forme abstraite est plus particulièrement géométrique, quand on la peut définir rigoureusement à Taide des principes et de la méthode des sciences mathématiques.

20. Il faut distinguer ensuite la disposition abstraite ou le plan de construction, d'avec la disposition concrète ou esthétique.

La disposition abstraite relève de l'intellect proprement dit ;

elle peut être Tobjet d'une théorie scientifique parfaitement définie et positive. C'est cette théorie que nous avons tenté d'établir dans ces études.

La. disposition esthétique relève du sentiment; elle est l'objet d une appréciation souveraine qui dépend du tact de l'imagination et du sens artiste. C'est là que se révèle particulièrement le génie collectif des races et le génie particulier des individus.

La disposition esthétique est obtenue par l'appropriation et le balancement dans une unité confuse et harmonique des différentes particularités de forme, de grandeur, de relation, de proportion, d'échelle, etc., etc. On peut bien, à la rigueur^ énumérer et classer ensuite, suivant leur importance relative, les données essentielles qui contribuent à l'unité harmonique des dispositions -, mais il ne peut être permis d'en inférer qu'on les puisse réunir en un corps de doctrine, de l'application duquel découlerait, par ime suite de combinaisons et de constructions purement logiques, l'invention des formes.

Ces données, ou ces principes, demeurent dans l'esprit et le nourrissent; mais il ne faut rien de moins, pour les mettre en œuvre, qu'une vocation spéciale où sont réunis et le sens artiste et la pratique assidue d'un art ou d'un métier.

Tant de choses resplendissent dans ce monde qui échappent à toute catégorie préconçue, qu'il serait pour le moins chimérique de prétendre que la logique impersonnelle et savante puisse suppléer jamais le génie libre et actif de l'artisan.

2 1 . L'idée de l'ordre, essentiellement indépendante de l'idée de forme (en ce sens qu'elle est plus abstraite}, a cependant avec celle-ci une connexion étroite. Cette relation est telle, le plus souvent, que l'idée de l'ordre et la notion de la forme sont inséparables et se présentent simultanément à l'esprit. C'est ce qui arrive pour toutes les formes géométriques solides ou planes, et plus généralement pour les dispositions coordonnées en surface et les dispositions figurées.

L'idée de Tordre remporte de beaucoup et domine essentiellement dans tous les «arrangements qui se rattachent à la répétition linéaire ou successive, c'est-è-»dire dans les dispositions sériées.

22. « L'une des idées les plus générales, et peut-être la plus générale de toutes celles auxquelles Tesprit humain s'élève, est ridée abstraite d'ordre. »

Cette idée se spécialise et reçoit des formes particulières plus déterminées en s'appliquant au temps ou à l'espace, ou en s' associant à d'autres idées plus abstraites «ou ^plus éloignées des impressions sensibles, telles que les idées de combinaison et de nombre.

Après avoir considéré isolément des objets individuels, on est amené à concevoir que ces objets, suivant leur nature, se combinent ou se groupent deux à deux, trois à trois, etc. , pour former certains systèmes ou objets complexes, qui peuvent se combiner à leur tour pour former d'autres groupes ou systèmes plus composés, et ainsi de suite.

23. Les combinaisons abstraites et indépendantes des idées d'ordre et de forme au sens esthétique sont des combinaisons

' absolues.

Mais si l'on associe à l'idée pure de combinaison, celles de certains rapports d'ordre ou de situation, on a les combinaisons ordonnées où l'on tient compte, non-seulement des éléments associés, mais de Tordre dans lequel ils sont associés ou du rôle que joue chaque élément.

De plus, si les combinaisons ordonnées sont localisées dans l'espace, et corrélatives à des lignes ou à des«urfaces, ou, plus généralement, à T étendue figurée^ ou aurait les comJbinaisons figurées.

Enfin, les mêmes éléments peuvent être répétés dans les combinaisons, comme les lettres dans les .combîoaisons alphabétiques, les chiffres dans les combinaisons numérales, Jes motifs dans les dispositions ornementales, etc., d'où Tidée de

PRÉLIMINAIRES GÉNÉRAUX. a3

répétition corrélative à Tarrangement des divers éléments multipliés d'une combinaison.

La permutation est Topération par laquelle on substitue un arrangement a un autre, les choses arrangées ratant les

Tels sont les fondements rationnels de la syntactique ou de kt science de l'ordre et des combinaisons dont ks développements, exclusivement logiques ou mathématiques, doivent rester étrangers à ce livre.

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